Guy Môquet : mauvaise idée ?

* La défaite de l'équipe de France de Rugby (contre les Argentins) est-elle la faute de Guy Môquet ?
Moquez-vous, moquez vous mais, il paraît que la lecture de ladite lettre à l'équipe leur a fichu le bourdon (une bande de mauviettes, oui !). Sans doute une idée de Sarkozy, relayée par le futur secrétaire d'État de Laporte.

Par conséquent,
dans la volonté de ne sauvegarder les résultats du Bac 2008,
il serait fort recommandable
de ne pas faire lire ladite lettre à nos élèves.
Merci (pour eux).

En effet, voici comment Laurent Bénézech, consultant de l'Equipe, explique la déroute :

«Comment expliquer cette défaite française, aussi surprenante que cinglante ?
Je veux revenir sur l'approche du match côté français. Il y a eu
une énorme erreur de gestion de la pression pendant les douze heures qui ont précédé la rencontre. On voulait du côté du staff que les joueurs soient émotionnellement au top au coup d'envoi et au contraire, ils se sont retrouvés complètement vidés. Le problème est que l'encadrement a voulu en rajouter et a fait lire au groupe la lettre de Guy Moquet, ce qui a créé un surplus d'émotion. Les joueurs avaient les larmes aux yeux. Le match était quasiment cinq heures après. Il y a eu aussi la remise des maillots aux huit joueurs qui étaient dans les tribunes, cette cassure, donc, dans le groupe des trente, deuxième pic émotionnel. Et ce qui devait arriver est arrivé : les joueurs étaient vidés au moment du match. Ils ont joué le match dans leur tête plusieurs fois et ils ont eu en fait les jambes en coton au mauvais moment. Ils n'ont pas pu mettre la main sur le ballon pendant les vingt premières minutes. Certains joueurs pensaient à ce match depuis quatre ans. Et tout a été anéanti par cette montée en pression ratée. Le staff a complètement loupé cette entrée en matière.

Ce-ci dit pour nos élèves, la montée en pression est toute relative. A moins qu'il ne s'agisse de bière.

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L'idée dans l'air (suite) : 35 h.

*Que faut-il retenir de l'aticle de F. D'ORCIVAL dans le Figaro Magazine d'hier (on lit ce que l'on peut) ? Voici un déclinologue qui a trouvé les raisons du déclin : les profs travaillent de moins en moins. Voilà c'est dit et puisque c'est le Figaro qui le dit...

Donc, voici le début
de l'article (que vous trouverez là) qui donne le ton :


Les profs aux 35 heures ?

"L’idée est dans l’air. Même à l’Education nationale ! On commence à se rendre compte que, si l’on veut inculquer aux élèves la valeur du travail et de l’effort, il ne serait pas absurde que les enseignants montrent l’exemple. "

On ne s'attendait pas à mieux de la part du Fig Mag. De la belle analyse, fine, et tout et tout. Soit.

Mais que faut-il entendre par "l'idée est dans l'air" ? D'ORCIVAL a-t-il l'habitude d'être bien informé ?
Si quelqu'un le sait ou en sait plus sur ce qui se dit et se pense dans les milieux informés ...

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Idées reçues (suite)

*il ne faut pas faire dire aux gens ce qu'ils ne disent pas :
le sondage du jour :

88 %
des Français (parents et élèves) sont très satisfaits
de l'école et de la formation des enseignants

Ben comme quoi ...

C'est là (site TNS Sofress) et tout le sondage est téléchargeable là.

Alors pourquoi vouloir tout changer tout le temps ?
Messieurs les décideurs de tourner en rond vous pourriez pas nous lâcher un peu ?
Siouplait ? merci...

Il faut croire que les 12 % qui restent constituent le "tout le monde sait bien" si cher à nos dirigeants.

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Le ministre nous brouille l'écoute

* Peut-on construire une politique (scolaire, entre autre) autrement que sur des évidences tapageuses et qui, qui plus est, n'en sont pas ?
Siouplait , m'sieur ?

En effet, le grand art du "tout le monde sait bien" a encore frappé et cette fois il y a un mort : le collège unique.

Parce que justement tout le monde sait bien (moi aussi je peux le dire) que ce n'est pas aussi simple, et que même ledit collège unique a bien rempli ses missions (on en parlait déjà là, belotte).

Rebelotte, on maintient : voilà aujourd'hui ce que disent deux chercheurs . tout d'abord N. Mons :

" Le collège unique souffre d’une image négative en France, les enseignants et parents pensent que les résultats seraient meilleurs dans un système qui présenterait des classes voire des filières scolairement plus homogènes. Or, c’est le contraire. Il y a désormais un quasi-consensus sur le sujet dans la recherche, et mon étude va dans ce sens. Ce sont les systèmes qui, dans l’enseignement obligatoire, mixent le plus possible les élèves de niveaux scolaires et de conditions sociales différents qui sont les plus efficaces… Les dispositifs qui tendent à raccourcir le tronc commun - par exemple en France le module Découverte professionnelle de 6 heures qui exclut du collège les élèves les plus faibles dès la fin de la 4ème -, ce type de dispositifs est contre-productif en termes de performances scolaires… Les systèmes précocement sélectifs ne sont pas associés à des élites numériquement plus nombreuses. L’école unique n’aboutit donc pas à un sacrifice des élites".

Et en plus il a eu bien du mérite nous dit Jean-Paul Delahaye :

"Malgré toutes les difficultés rencontrées, le collège a globalement atteint les objectifs qui lui étaient fixés" affirme . "Les enseignants de collège, les pionniers de 1975 comme les professeurs qui leur ont succédé, ont permis à un nombre sans cesse plus important d’élèves d’acquérir les connaissances et les compétences attendues dans le tronc commun de formation, alors même que les moyens étaient comptés au collège et que le contexte social dégradé rendait de plus en plus difficile l’action pédagogique en direction d’adolescents".

Merci à ces deux là d'apporter un autre son de cloches.
Voir leurs articles qui sont
là (celui de Mons) et là (celui de Delahaye).

Merci au Céfé pédagogique de publier ces deux interviews.

Enfin, Claude Lelièvre, historien de l’éducation, précise ce qui fait peut-être le fond de l'histoire (c'est sur Rue89) :
"Très tôt, on a tiré à vue sur le collège unique. A droite, pour deux raisons: parce que la tradition libérale veut que chacun reste à sa place et vive son destin –c’est de cet héritage que Nicolas Sarkozy est porteur–, ou par souci, plus conservateur, de permettre l’émergence de quelques bons élèves, y compris d’origine populaire, en faisant un système pour les méritants. Xavier Darcos appartient plutôt à cette deuxième école de pensée."

Alors que d'autres spécialistes (comme Agnes Van Zanten, sociologue spécialiste de l’éducation et des inégalités à l’Observatoire sociologique du changement ) disent clairement que :

Les systèmes scolaires qui sont organisés selon des logiques de filières sont très inégalitaires. Décider d’orienter encore davantage les élèves médiocres, soit-disant pour sauvegarder la scolarité des bons en sixième, est non seulement pas si efficace pour les bons, mais catastrophique pour les élèves en difficulté.

Malgrè tout, pour le dix de der, je crois que c'est mal parti...

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Y'a qu'à

* Un petit rapport de l'OCDE sur l'éducation en France qui va toujours dans le même sens (normal il s'appuie toujours sur les tests PISA, dont on connaît la critique).

Il se trouve là.

Je vous mets juste les quelques recommandations de performances qui le ponctuent. ishot-2

*Ensuite, Le Monde d'hier republie un article du mois de mars qui dit comment repenser le métier d'enseignant.

Vous pouvez aller le voir il est là.

Qui peut bien l'avoir écrit ?
Et bien tout en bas on trouve les noms d'anciens directeurs au ministère de l'EN.

C'est vrai que eux, ils savent ce que c'est que le métier d'enseignant. Ils proposent l'autonomie, la bivalence imposée, une meilleure formation initiale, une évaluation efficace ...
Bref, tout ce qu'ils n'ont pas mis en place efficacement pendant qu'ils étaient en poste quoi !

C'est quand même curieux d'entretenir et de diffuser un discours de gestionnaire sans se poser la question de savoir ce qui se passe sur le terrain et d'interroger les praticiens.

Hé, les profs vous, vous voulez quoi ?
Pas la peine de répondre, de toute façon on s'en fiche...


* Enfin si vous êtes impatient de lire du Nicolas (du Henri Guaino en fait, et c'est un peu lourdingue il paraît) son manifeste scolaire est à cette adresse là. 32 pages, mais c'est écrit gros (c'est certainement pour les vieux bigleux qu'on ne remplacera pas l'année prochaine).

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Clarifications

* Voilà. C'est dit. On y reviendra plus. C'est dans la "lettre aux éducateurs" que Notre Président président adresse à tous les profs :


"Dans l'école que j'appelle de mes vœux, où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours (…), les enseignants, les professeurs, seront moins nombreux."

Et on peut faire ainsi beaucoup d'économies (extrait de l'article du Monde de ce jour) :

"Les syndicats enseignants ont fait leurs calculs.
"La suppression d'une heure de cours dans l'ensemble du primaire public permettrait de récupérer 9 400 équivalents temps plein", estime Guy Barbier, chargé des questions de budget au SE-UNSA" [et] "plus de 7 400 équivalents temps plein au collège et 4 034 au lycée qui pourraient disparaître, selon Frédérique Rolet, cosecrétaire du Syndicat national des enseignants du second degré (SNES), là aussi par la suppression d'une heure de cours."

* Suite logique (qui a en fait précédé le discours de notre Président) :

"Les élèves ont besoin d'une autre forme de présence",
estime le ministre de l'Education.


(c) Reuters

il faut "que les enseignants travaillent différemment", a déclaré le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, vendredi 31 août sur France-2, estimant que "les élèves ont besoin d'une autre forme de présence".
Interrogé sur
l'éventualité d'une hausse du temps de travail des enseignants, Xavier Darcos a assuré: "il faut qu'ils travaillent différemment". "Leurs obligations de service aujourd'hui, ça consiste à dire: 'vous devez tant d'heures de cours d'une discipline'", or, estime le ministre, "les élèves ont besoin d'une autre forme de présence et de soutien".
"Ce que nous devons faire, c'est non pas rajouter encore des heures, rajouter encore des options, rajouter encore des enseignements mais nous occuper de manière plus personnelle, plus individuelle des élèves en difficulté".
Pour cela, a-t-il certifié, il ne faut "pas considérer qu'il suffit de mettre des grandes masses, de rajouter des cubes dans un grand système". Il a privilégié "la souplesse", "la réactivité", des établissements "plus autonomes".
Xavier Darcos souhaite "mettre de l'autonomie, de l'initiative partout plutôt que de croire qu'il faut injecter massivement des moyens, aveuglément".

Quelqu'un pourrait m'expliquer en quoi des établissements "plus autonomes" mais sans davantage de moyens que maintenant vont pouvoir privilégier "la souplesse" et la "réactivité" (à par celle de leur personnel pressé par l'augmentation du temps de travail) ? A moins que ce soit souplesse et réactivité dans la gestion de la pénurie, bien sûr.

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"Amélioration" du temps de travail

* Vous êtes tous une bande de mesquins arcboutés sur vos privilèges de fainéants de petits bourgeois et qui ne savez pas servir la Nation française.
C'est en résumé la teneur des propos de Darkos dans un collège de ZEP du nord de la France. Il y parle du temps de travail qu'il compte "
améliorer", du fatalisme, et des meneurs d'hommes.

d'après AFP.

Darcos veut revoir "le temps de travail et de service" des enseignants

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a estimé lundi devant la presse, en marge d'un déplacement au collège Anne-Frank de Roubaix (Nord) pour la rentrée des enseignants, que "l'organisation de (leur) temps de travail et de service" devait "être améliorée".
Alors qu'une grande concertation sur le métier d'enseignant doit s'ouvrir en septembre, le ministre a déjà précisé que, selon lui, la différence de temps passé devant les élèves par les certifiés (Capes, bac + 4, 18 heures hebdomadaires) et par les agrégés (agrégation Bac + 5, 15 heures) n'avait "de sens que s'il y avait des différences de missions".
"Il faut faire en sorte que le temps de service ne soit pas seulement fixé au premier jour de la carrière d'un professeur", a-t-il argumenté, jugeant que ce système n'était "pas adapté aux besoins de l'école".
Pour lui, les textes (de 1950) prévoyant que "M. Untel doit faire tant d'heures de sa discipline", ne sont plus "adaptés aux besoins d'aujourd'hui". "Il faut faire autre chose", a-t-il estimé refusant de se prononcer plus avant.
Dans le collège Anne-Frank, classé "Ambition réussite", c'est-à-dire bénéficiant de 6 professeurs et 17 assistants pédagogiques supplémentaires, M. Darcos a rencontré les 63 membres de l'équipe pédagogique qui accueillent 520 élèves de 22 nationalités et les tirent jusqu'à 71 % de réussite au brevet.
"Notre ennemi, c'est le fatalisme", a-t-il répondu à une enseignante chargée de coordonner les PPRE (plans personnels de réussite éducative, heures de soutien prévues par la loi Fillon) et qui défendait leur utilité.
Interrogé par les journalistes en marge de cette rencontre, il a estimé que la
suppression de 11.200 postes prévus au budget 2008, n'aura "pas un effet quelconque sur la pédagogie", notamment, a-t-il précisé, "parce que c'est un chiffre dérisoire, ce n'est que 0,8 % de la masse". "C'est l'épaisseur du trait", a-t-il conclu.
Pour M. Darcos en outre "la logique des zones d'éducation prioritaires est un peu épuisée". Il a prôné le glissement d'"une logique de zones vers une logique d'établissements".
Le ministre a enfin plaidé pour une rénovation du métier de chef d'établissements. "Il faudrait que nous refaisions les carrières" pour "attirer des gens différents,
des meneurs d'homme, des gens passionnés", "des gens qui ont le dynamisme pour le faire", a-t-il expliqué, alors que la recherche d'une plus grande autonomie des établissements fait partie des directives de Nicolas Sarkozy dans sa lettre de mission.
"
L'Ecole doit avoir un management beaucoup plus moderne et réactif adapté aux exigences locales", a-t-il résumé.
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On croit rêver !

* Déclaration du ministre dans le Parisien du jour. Une désinformation à ce point là on a rarement vu :

"Ce dont je veux parler avec les syndicats, qui en sont d'ailleurs d'accord, c'est de prévoir l'accueil des élèves, au moins jusqu'au collège, les jours de grève", dit-il. [note de moi : ne seraient-ils pas déjà accueillis dans les collèges les jours de grève, ne serait-ce par des personnels qui eux n'ont pas le droit de grève ?]
Xavier Darcos qualifie par ailleurs d'"absurdité de notre système" le fait que dans certains collèges, les conseils de classe se tiennent parfois "dès fin mai", ce qui fait perdre un mois de cours aux élèves.[Note de moi : Par la faute de qui ? ]
Il propose, pour y mettre un terme, que les baccalauréats soient organisés ailleurs que dans les établissements scolaires.
"(...) on peut imaginer qu'ils se déroulent dans des universités, des gymnases, des centres d'examens... On doit trouver des solutions. Et notamment pour la surveillance, qui peut être assurée par d'autres agents que les professeurs, dont ce n'est pas le métier", affirme le ministre. [Id. :Des policiers ? Et pourquoi pas l'armée, comme cela elle pourrait peut-être servir à quelque chose, en voilà une idée]

"Nous demanderons aux enseignants, sur la base du volontariat, de corriger les copies en dehors de leurs heures de cours. Et la rémunération de la correction devra être plus élevée qu'elle ne l'est actuellement", poursuit-il. [id. : Ben il va falloir l'augmenter sérieusement, ou alors délocaliser en Inde et faire que des QCM]

Estimant que généraliser le principe du redoublement est "une mauvaise tactique" [id. : j'avais pas perçu ça comme une tactique, moi], le ministre se déclare en revanche favorable à des groupes de niveaux. [On dit pas des groupes de niveau mais de groupes de besoin, sinon c'est pas très pédago. Mais on sait ce que cela donne...]

"C'est pourquoi je pense qu'il faut plus d'autonomie dans les établissements. Même si je vais avoir les syndicats contre moi...", dit Xavier Darcos.

Le Parisien c'est pas un journal d'intellos au fait de l'enseignement, mais quand même...

* Enfin, en cette journée de prérentrée, et
si vous n'êtes pas complément assommé par tout ce que vous avez entendu aujourd'hui, allez faire un petit tour sur France Culture. Et Podcastez !

Deux reportages qui valent le détour sur l'école :

le premier analyse
l'enseignement de l'histoire. C'est là (et ça continue les jours qui viennent)

Le second évoque
la vie en ZEP en relation avec le livre de François Bégaudeau. C'est là.
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L'expression du jour

Peigner la
Girafe


Voilà, c'est tout. C'est pour ce lundi.

Le
Mammouth déchaîné vous rappelle également sa grande lutte :

sauvez les mouches!

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