Performance
* Evaluer les enseignants : la droite à plein d'idées pour travailler la performitude
Les échos.fr
Un rapport propose de lier la revalorisation des enseignants à leur performance
[ 02/11/09 ]
La proposition est sensible. Alors que le ministère de l'Education nationale et les syndicats sont actuellement en pleine négociation sur la revalorisation des carrières des enseignants, un rapport rendu public vendredi par le député UMP Dominique Le Mèner propose de récompenser davantage « la performance de l'enseignant devant les élèves ». Critiquant le système actuel de notation des enseignants - ceux-ci sont inspectés tous les trois à cinq ans dans le premier degré et tous les six à sept ans dans le second degré selon le rapport -, le député propose deux pistes d'action : soit mettre en place « une évaluation moins formelle et plus qualitative, conduite conjointement par le chef d'établissement et l'inspecteur », soit noter la valeur ajoutée « collective » de l'établissement, en évaluant ce que celui-ci a apporté de plus à ses élèves par rapport à des établissements comparables. Dans tous les cas, il s'agirait de verser « des rémunérations complémentaires » à ceux « dont l'action pédagogique est jugée exceptionnelle ».
Le rapport est intégralement là.
* Retour sur les fausses promesses de Sarko autour de la réforme du Lycée.
C'est le site de sprofessionnels de la fonction publicque territoriale qui remet les choses au clair, en précisant ces jours-ci que tout ce qu'à dit notre trop cher Président à propos de la partcipation des jeunes dans les asociaitons, c'est en gros du pipeau, car ils ont déjà tous les droits possibles.
Dans son discours sur la réforme du lycée du 13 octobre 2009, le Président de la République a annoncé « l'abaissement de l'âge légal de la prise de responsabilité associative de 18 à 16 ans. »
Curieuse annonce puisque aucun texte législatif ou règlementaire n'interdit la prise de responsabilité associative aux mineurs. Être élu au conseil d'administration ou au bureau, c'est se voir confier un mandat, ce qui est possible pour un mineur selon les dispositions de l'article 1990 du Code civil : « Un mineur non émancipé peut être choisi pour mandataire ; mais le mandant n'aura d'action contre lui que d'après les règles générales relatives aux obligations des mineurs ».
Une association peut donc élire un mineur en qualité de dirigeant, même si il est vrai que, en cas de faute, une association ne pourrait pas se retourner contre un dirigeant mineur aussi facilement que contre un dirigeant majeur. Ajoutons que le certificat de formation à la gestion associative créé par l'arrêté du 11 avril 2007 (JO du 20 avril) est accessible dès l'âge de 16 ans.
Seule une recommandation du ministère de la Jeunesse et des Sports (circulaire n° 85-16 du 24 janvier 1985), mais sans valeur juridique, préconisait que les mineurs n'occupent pas des fonctions de président, trésorier ou secrétaire. L'article « Quelle place pour les mineurs dans les associations ? » du numéro 101 d'Associations mode d'emploi (août-septembre 2008) soulignait que les limites à la participation et à la gestion d'une association sont souvent dues à une méconnaissance des droits des mineurs. Comment va donc se concrétiser cette annonce présidentielle ?
* Les fédérations de chasse dans les écoles. Même dans les maternelles!
Une cinquantaine d’associations condamne l'intervention des chasseurs dans les établissements scolaires, par le biais d’une lettre adressée à Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale (qui est ici).
Usant du prétexte de «découverte de la faune et de la nature», les fédérations de chasse organisent de plus en plus d’actions auprès des écoles. Un accord entre ministères aurait été conclu sur une labellisation des fédérations des chasseurs en vue d’actions de découverte de l’environnement dans le milieu scolaire.
Un accord entre ministères aurait été conclu sur une labellisation des fédérations des chasseurs en vue d’actions de découverte de l’environnement dans le milieu scolaire
«En Sologne, la chasse… en classe !». Dans Le Parisien ( 13 octobre 2009) un président de fédération de chasse explique : «Il faut que les jeunes possèdent une autre image de la chasse. Chasser, ce n’est pas uniquement tuer des animaux, c’est aussi s’intéresser à la gestion de la nature et à la régulation du monde animal». Selon l’intervenante «Les enfants ont une image négative de la chasse. Je leur explique qu’il est pourtant utile de tirer sur les animaux». Elle aurait également indiqué comment «repérer les différentes techniques de piégeage» et conclu en dévoilant que «expliquée simplement, la chasse sera mieux tolérée.»
Chassez le naturiste, il revient au bengalow...
* Le primé se rebiffe.
Boris Burle, chercheur lauréat d’un prix décerné par le Conseil Européen de la Recherche, explique pourquoi il ne se rendra pas au cocktail organisé par le ministère à cette occasion
Madame la Ministre,
Je vous remercie de votre invitation à participer au cocktail que vous organisez en l’honneur des lauréats du Conseil Européen de la Recherche (European Research Council, ERC), et qui aura lieu le 22 octobre.
Je ne participerai pas à ce cocktail dont un des objectifs est manifestement de célébrer les "arbres qui cachent la forêt", alors même que les réformes que vous mettez en œuvre déciment les arbres de ces mêmes forêts. Comment célébrer la qualité de la recherche française quand les discours officiels méprisent ouvertement les chercheurs ? Si vous croyez, madame la Ministre, que la recherche n’avance que grâce à un nombre limité de chercheurs "excellents", j’ai le regret de vous dire que vous vous trompez : la recherche est, par essence, une œuvre collective, de longue haleine, dans laquelle tous les acteurs jouent un rôle fondamental, du technicien au chercheur primé. Le gouvernement auquel vous participez, et vous même, défendez une conception très hiérarchique, pyramidale de l’organisation de la recherche, où seuls ceux qui sont au sommet de la pyramide ont droit de citer. Il est facile de voir que même ceux qui, selon cette conception que je conteste, se tiennent au sommet de la pyramide n’y sont maintenus que par la masse de ceux qui sont au dessous, les "médiocres" (puisque non excellents) d’après vos critères. Supprimez ces "médiocres", et toute votre pyramide s’écroule, précipitant à terre les "excellents".
Depuis des siècles, les scientifiques se définissent comme des "pairs’’, c’est-à-dire des égaux, et la notion de hiérarchie, avec des "bons" et des "mauvais", n’a jamais fait partie du vocabulaire académique. C’est bien la sphère politique qui a introduit ces conceptions dans le monde de la recherche afin d’y appliquer un mode de gestion managerial et entreprenarial. Mais la recherche n’est pas, et ne doit pas devenir, une entreprise, car elle a pour but, non le profit, mais l’avancée de la connaissance pour le bien de l’Humanité.
Il me semble, Madame la Ministre, que vous, et bien d’autres au gouvernement, confondez les concepts d’excellence et d’élitisme. Il ne fait aucun doute, ni pour moi, ni pour l’immense majorité de mes collègues, que la recherche scientifique doit viser l’excellence, ne serait-ce que parce que nous sommes financés par des fonds publics issus de l’impôt, et que, plus que tout autre encore, cet argent doit être utilisé à bon escient pour de la recherche de haut niveau. D’ailleurs, et contrairement aux discours officiels, la recherche française n’a pas à rougir de sa qualité : l’exemple des "ERC Starting Grants" que vous voulez célébrer est de ce point de vue très informatif : la France se classe 2ème au niveau européen en terme de lauréats sur l’ensemble des disciplines, et première en sciences de la vie. Qui disait, le 22 janvier dernier, que la recherche française était de mauvaise qualité ? Les experts européens disent en tous cas clairement le contraire.
Mais ce n’est pas l’excellence qui est promue aujourd’hui, c’est bien l’élitisme, ce qui est très différent. Dans cette conception élitiste, on fixe, arbitrairement, que seul un certain pourcentage de projets (ou de chercheurs, ou d’équipes etc...) doit être soutenu et financé. Qu’importe que ceux qui se trouvent juste en dessous de la barre soient, eux aussi, "excellents" : ils ne sont pas assez excellents (vous m’accorderez que ce concept "d’excellents mais pas assez" est pour le moins "étrange") pour recevoir les lauriers de la gloire. Ils resteront donc sans financement, ou quasiment, et ne seront pas invités à vos "cocktails" de félicitations. Combien de projets de recherche, excellents, ont ainsi été retardés, voire abandonnés, faute de moyens ? Vous comprendrez donc, Madame la Ministre, que je ne peux pas accepter de jouer, pour vous, la vitrine étincelante d’une recherche que vos réformes méprisent. Je n’accepte pas que soit utilisée ma réussite, ponctuelle, pour faire oublier que la recherche française est mise à mal. Je ne peux accepter d’être utilisé pour promouvoir un élitisme qui entrave le développement de bon nombre de chercheurs et de projets excellents.
Boris BURLE, Lauréat ERC Starting Grant, Chercheur CNRS en Lutte, dans un Laboratoire en Lutte