Notation des profs (encore)

*Tout d'abord chez note2be.com on lit le blog-à-part du Mammouth. La faute, le lapsus très révélateur, que l'on mentionnait avant hier (ici) a été corrigée. C'est déjà ça. Et la résistance s'organise, on l'a vu ici.

Sinon,
Darcos a estimé n’avoir «pas à commenter puisqu’il s’agit d’un site privé» (Libé).


* Le monde universitaire est également touché par cette notation par les élèves. Voyez cet article de Rue89, ou celui de Libération. Mais cette fois, c'est lui-même qui l'organise, la servitude volontaire, c'est bien mieux. Enfin presque ! Car voilà ce que reçoivent les enseignants du supérieur pour leur expliquer tout le bien fondé d'une telle démarche. Bien fondé très rémunérateur pour ces organismes privés qui, à grands renforts de moyens informatiques modernes, vendent des solutions très complètes aux universités. Ce n'est donc pas totalement anodin, et c'est une façon d'ouvrir des marchés dans le domaine de la culture et de l'éducation. Ils l'avaient bien dit que tout serait possible.

Bien sur, on va dire qu'il n'est pas question de noter, mais juste d'évaluer. Des questionnaires sont en cours de réalisation dans certaines universités et dans ceux-ci les questions peuvent tout de même être de l'ordre : "le cours est-il bien structuré ?" " le sujet annoncé est-il celui traité ?" Seuls les enseignants concernés devraient recevoir le résultat de l'enquête, mais ... Ainsi progressivement sous prétexte d'une "démarche qualité", il en revient à l'usager de décider ce qu'il faut dire du service qu'on lui propose. Calibrage des enseignements avec implicitement la définition d'une norme (par ex, c'est bien de faire ce qu'on a dit qu'on ferait, gare à celui qui digresse dans ses cours ou change d'avis en plein semestre ou passe "trop" de temps sur certains textes et ne fait donc pas tous ceux qu'il a choisi pour son fascicule de TD…).
Il paraît cependant, et c'est peut-être par là qu'il faut chercher l'erreur dans ce beau système, que finalement les étudiants ils s'en fichent de noter leurs profs.

Un exemple : Evasys. Voici leur prospectus de présentation:EvaSysPresentation2ishot-2



* Sinon, petites infos du jour, trouvées ça et là :

- Les chefs d'établissement finissent par dénoncer les dotations horaires minables qu'ils ont reçu. Mieux vaut tard que jamais. Cependant, ce qu'ils déplorent c'est de ne pas pouvoir mettre les contrats Région-établissement en place, faute de moyens.

- Le
Sénat a refusé le texte de loi visant à abroger le financement des écoles privées par les communes. Les écoles privées seront donc financées par les communes.

- Le
SNES déplore que le président de la commission sur internet et l'école soit "un membre actif du MEDEF".

Notez que "un membre actif du MEDEF", moi je vois bien ce que ça peut être en ce moment...

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Et de deux (en attendant mieux)

* Hier on vous parlait d'un second site de notation des profs, en ligne. Depuis quelques jours il est en maintenance nous dit la page d'accueil. Grâce au cache de google, on arrive cependant à trouver la page d'accueil. Tout le monde constatera que l'objectif est tout aussi clair que l'autre.


ishot-2

Le petit "plus" : les meilleurs blagues des profs, avec un classement...
Ca promet...
Sinon, la lutte s'organise et le Mammouth la diffuse : un blog s'y spécialise : http://contrenote2be.unblog.fr/

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Un livre vert (de gris)

Beaucoup de choses aujourd'hui. tout d'abord, le vrai rapport est là. 271 p.

* Une nouvelle étude fait le point sur l'évolution salariale des profs, avec tout un tas de nuances. Les syndicats semblent l'accepter. Son résumé sur Le monde.fr qui donne un titre un peu réducteur (n'en tenez pas compte, lisez jusqu'au bout, cela relativise bien). Extraits :

"Entre 1990 et 2005, les augmentations des salaires nets des professeurs sont similaires à celles des professions intermédiaires de la fonction publique d'Etat (personnels administratifs de catégorie B). Ces augmentations sont également identiques à celles de l'échelon supérieur de la fonction publique (catégorie A), avec toutefois une exception notable : celles des enseignants en milieu de carrière (40-50 ans), pour lesquels la progression salariale est moindre (1,7 % contre 2, 5 %). "Ce décrochage salarial est la conséquence d'une politique de rémunérations complémentaires (primes et indemnités) moins dynamique dans l'éducation nationale que dans d'autres secteurs de la fonction publique, explique M. Maurin. En brut, un professeur du secondaire va avoir une rémunération proche de celle d'un cadre catégorie A, mais il va gagner en net près de 50 % de moins du fait d'indemnités et de primes beaucoup plus faibles."
"Présenté aux syndicats enseignants à la mi-décembre, ce travail n'a pas suscité de critiques de fond. "C'est un diagnostic modéré, qui décrit une situation qui n'a rien de fantastique, considère M. Maurin. Les enseignants continuent à être moins bien payés que les autres cadres de la fonction publique ou du privé tout en gardant leur place dans la hiérarchie salariale."

* Retour sur LE site à la con de la semaine, celui qui note les profs.

En fait il y en aurait un second du même tonneau : http://www.note-tes-profs.com/
(il était en dérangement à 18 heures...)

Plusieurs infos sur note2be.com/:

Ses auteurs seraient : Stéphane COLA Collaborateur politique 35 ans (ancien collaborateur de Philippe Séguin, ancien chef de cabinet de Margie Sudre, Secrétaire d'Etat à la Francophonie , ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Epinal, ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Argenteuil, ancien chargé de mission à la Fédération des Maires de Villes Moyennes (FMVM) -ouf !-) et Anne-François de Lastic (prorpiétaire du château de Parentignat).

sinon, il semble que le SNALC ait saisi la Cnil (voir ici), et qu'il revient à tout à chacun de faire de même. Il semblerait que l'on puisse directement s'adresser à l'auteur du site pour faire enlever son nom (voire le nom d'un établissement), c'est en vertu de l'article 38 alinea 1 de la loi informatique et libertés.



* Ensuite, retour sur la remise du rapport tout d'abord :
- Darcos remercie Rocard. C'est dans son discours à Pochard, le jour de la remise du rapport du même nom. Extrait :

"Je veux rendre un hommage tout particulier à Michel Rocard qui, en démissionnant à la veille de la remise du rapport, a voulu exprimer son profond désaccord avec les tentatives de récupération et de déformation des travaux de cette commission. « Rémunération au mérite », « flexiprof », « libéralisation du système » sont autant d'expressions militantes de tout bord qui ne sont pas, en effet, à la hauteur des enjeux de la réflexion que nous cherchons à conduire depuis près d'un an et à laquelle la commission Pochard vient d'apporter une première contribution très substantielle."

Comment renvoyer la balle à l'envoyeur...

- Sinon il fixe le calendrier : 3 mois pour proposer et discuter (mais c'est pas clair...) (même source) :

"Le temps de la décision, sera en effet celui du livre blanc qui rassemblera les propositions du gouvernement pour faire avancer la condition enseignante. Je me donne trois mois pour parvenir à en définir le contenu et à le discuter avec les syndicats, que j'associerai prochainement à la définition du calendrier et de la méthode de travail qui sera la nôtre. J'aurai à cœur, naturellement, d'approfondir les grands thèmes ouverts par la commission Pochard autour de l'amélioration des conditions de travail, de la reconnaissance sociale et des évolutions de carrière."

Donc il approfondira les thèmes mais que fera-t-il des propositions ? Mystère et dialectique.

- Et rappelle son idée fixe (mais couillonnée) :

"Mais j'aurai une préoccupation centrale : celle de permettre aux enseignants d'améliorer substantiellement leur pouvoir d'achat en leur donnant la possibilité de travailler plus pour gagner plus, comme le Président de la République en a déjà offert la possibilité à tous les Français. "

Et encore merci, fallait pas... non, non vraiment. Sans façon.

*Enfin le rapport, en lui même. Le meilleur compte-rendu (pour l'instant) est celui du snalc (pour ceux qui ne veulent pas tout lire, c'est donc là). Extrait sur le temps de service des enseignants :

"Si les rapporteurs de ce texte proposent une classification pour le moins claire des missions et activités des professeurs (définition d’un « socle commun » et d’activités modulables, ceci se justifiant parfaitement dans le cadre de la multiplication « sauvage » des tâches annexes), leur prise en compte peut laisser perplexe. Plusieurs options sont envisagées pour intégrer l’ensemble de ces missions dans le temps de travail, sans qu’aucune ne soit véritablement satisfaisante :

1ère option : l’alignement sur les 1607 h des autres fonctionnaires, mais la commission reconnaît elle-même la difficulté de mise en œuvre…

2ème option : une obligation de service, soit hebdomadaire, soit annuelle, limitée au seul temps d’enseignement, soit 648h, communes aux certifiés et agrégés, avec complément de rémunération pour les agrégés. Si cette solution a le mérite de proposer une contrepartie financière à l’allongement de la durée de travail des professeurs agrégés, il n’est pas évident que cette compensation soit suffisante (c’est-à-dire équivalente à trois heures supplémentaires-semaine). Par ailleurs, cette proposition suppose bien évidemment l’annualisation du temps de travail…

3ème option : une obligation de service incluant enseignement et activités dites « indissociables » (accompagnement des élèves, conseils de classe, orientation, etc), celles-ci étant soit incluses dans le temps de travail (ce qui signifie une diminution des horaires d’enseignement eux-mêmes), soit ajoutées statutairement au temps d’enseignement (avec rémunération supplémentaire), soit modulées au niveau des établissements eux-mêmes (le chef d’établissement décidant d’un nombre d’heures ou de jours dûs, avec rémunération correspondante). "

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Jusqu'où s'arrêteront-ils ? [MAJ]

Hier (et aujourd'hui aussi d'ailleurs), c'était Pochard (le livre vert est là). Mais voilà, il y a encore mieux :

*Attali l'a dit. D'autres l'ont (déjà) fait. La notation des profs par les élèves, tous les outils sont prêts.

C'est sur ce site là :
http://www.note2be.com/

On connaissait ça déjà pour les USA ou encore en Allemagne, mais là tous les établissements français sont en ligne.

Lapsus révélateur ? Un internaute attentif nous signale une petite curiosité sur la page Presse. On y lit la phrase suivante :

"Enfin, l'utilisation du forum de discussion implique l'acceptation par le membre
d'une charte qui prescrit « les propos indécents, insultants, violents, obscènes, sexuellement explicites, choquants, diffamatoires, calomnieux ou à caractère commercial, pornographique, raciste, homophobe ou tout simplement contraire à l'ordre public, à la dignité de la personne et aux bonnes mœurs »".

Un site à proscrire, c'est sûr.
Voici qui en dit long sur le véritable objectif de ce site. Merci Gilles.


*L'anglais pour les nuls.
Des profs plus performants ? même pas. De la vision conférence. C'est mieux. C'est le Figaro qui nous le dit, ici.

Le plan Darcos pour améliorer l'anglais à l'école

Face aux résultats plutôt médiocres des élèves, le ministère veut développer les visioconférences qui permettent de converser avec des anglophones.
Apprendre l'anglais à distance avec un véritable anglophone. Telle est la piste qu'explore l'Éducation nationale face à la disparité de l'enseignement des langues à partir du CE1, obligatoire depuis cette année.
Hier, le ministère a dévoilé la liste des 40 sites pilotes qui vont tester ce mode d'enseignement, à l'image de ce qui se déroule à Élancourt, dans les Yvelines (lire ci-contre). À la rentrée prochaine, le dispositif sera étendu dans 1 000 écoles, en complément d'un cours traditionnel en classe.

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