Biseness is biseness
* Le compte n’est pas bon ? « je vais leur dévaloriser la gueule ».
C’est ce qu’aurait pu dire Chatel pour les enseignants. En effet, d’après certains décomptes syndicaux, il apparaît que l'enseignant « revalorisé » va perdre 16 860 € sur les 2 ans !
De source syndicale - revalolo.
Bilan : 25 260 – 42 120 = -16 860 € Cet enseignant « revalorisé » va perdre 16 860 € sur les 2 ans !
Cette « revalorisation » va se poursuivre jusqu’à l’échelon 4 (anciennement échelon 6) nous dira-t-on. Faisons le calcul. Il bénéficiera de 9 points pendant 2 ans 4 mois (échelon 2), de 8 points (échelon 3) pendant 2 ans 11 mois et de 4 points pendant 2 ans 11 mois (échelon 4) soit en tout une augmentation de 3 125 € brut sur 8 ans …. Au final sur les 10 ans qui suivent sa réussite au concours (fin M1 aujourd’hui) ou en M2 demain, un enseignant aura perdu, malgré la « revalorisation », : 16860 – 3125 = 13 725 € .
Vous avez bien lu, la masterisation et la
revalorisation vont se traduire, pour les futurs
enseignants, par une perte globale de 13 725 € sur
les 10 ans qui suivent l’année de
M1 !
Ne serait-on
pas pris pour des imbéciles ?
* Provoc’action !
propos de Sarko
: «Le budget de
l'Enseignement augmente tous les ans. Est-ce que pour
autant nous
avons les meilleurs enseignants du
monde?» (ici)
Le budget de
L'Elysée (et des cabinets ministériels) augmente
aussi tous les ans. Est-ce que pour
autant...
* Brevet et
(in)compétences requises.
L’association des
profs de lettres dénonce la forte ambiguité de
certains item de la nouvelle
« l’attestation de maîtrise des
connaissances et compétences du socle commun au
palier 3 « (à savoir le Brevet).
Le tout est là. Extrait :
Si l’on considère (...)
la « compétence » qui, avec la cinquième (« culture
humaniste »), regarde plus précisément l’APL, à
savoir « la compétence 1 », « la maîtrise de la
langue française » , on constate qu’elle se décline
en quatre parties : « lire », « écrire », «
s’exprimer à l’oral », « utiliser des outils ».
Chaque partie comporte de nombreux « items », vingt
au total. Tout cela paraît sérieux à l’extrême, mais
on a tôt fait de déchanter en constatant que nombre
de ces items ne se situent pas sur le même
plan. Nous découvrons
ainsi , dans la « compétence écrire » un item qui
regroupe les deux aptitudes suivantes : « copier un
texte sans erreur » ,puis à la ligne en-dessous «
écrire lisiblement et correctement un texte
spontanément ou sous la dictée ». Quand un élève sait
copier un texte mais ne sait pas écrire un texte sous
la dictée, doit-on cocher la case oui ou la case non
? La « compétence lire
» suscite le même dilemme : si un élève sait « lire à haute
voix, de façon expressive, un texte en prose ou en
vers » mais ne sait pas « lire des œuvres littéraires
intégrales, notamment classiques, et rendre compte de
sa lecture », doit- on ou non
valider ladite « compétence » ? Presque tous les items traitant de
la « maîtrise de la langue » présentent les mêmes
inconvénients.
* Tire ta langue. L’ump ne sait pas la tenir et
crache le morceau (qui dépassait déjà pas mal
d’ailleurs).
Libéscience - MASTÉRISATION
: LA VÉRITÉ SORT DE LA BOUCHE DU DÉPUTÉ
La mastérisation
sert à détruire des postes d'enseignants. Et elle se
traduira par une accentuation du sentiment de
dévalorisation du métier. Tract syndical ? Non,
rapport du député UMP Dominique Le Mèner, présenté à
l'Assemblée nationale en octobre.
Rassurons tout de suite l'électorat UMP,
Jean-François Coppé (le patron des députés UMP) et
Nicolas Sarkozy, Dominique Le Mèner est... pour cette
réforme de la formation et du recrutement des
enseignants. Il est donc d'autant plus intéressant de
le citer. Voici ce qu'il écrit à la page 7 de son
rapport : «D’autre part, le
schéma d’emplois du projet de budget est directement
issu de cette réforme (Note de SH la mastérisation),
dont l’un des effets est d’affecter, à compter du 1er
septembre 2010, dans les écoles et les établissements
scolaires, les enseignants nouvellement recrutés. En
conséquence, en venant s’ajouter à la suppression de
600 emplois administratifs, cette mesure entraînera
la suppression, à compter de cette date, de : –
9 182 emplois d’enseignants stagiaires (soit 3 061
équivalents temps plein travaillé ou ETPT) dans le
1er degré ; – 6 733 emplois d’enseignants
stagiaires (soit 2 244 ETPT) et 411 emplois de
conseillers principaux d’éducation stagiaires (soit
137 ETPT) dans le 2nd degré ; – 1 876 emplois de
stagiaires dans l’enseignement privé (soit 625
ETPT).»
* Un
nouveau syndicatcaca du Business education.
Fondé par le
conseiller du maire de Lille et du Conseil régional
d’Ile de France,
tous
deux dits de gauche (mais
on est pas obligé d’y croire).
cocedit
-
Project Education annonce la création du Speof,
premier syndicat français des professionnels du
business education
Le
Syndicat des Professionnels de l’Éducation, de
l’Orientation et de la Formation sera officiellement
présenté aux professionnels dans le cadre du Salon
européen de l’éducation.
Le
contexte
• La création du Speof s’inscrit dans un contexte
politico-social français où le débat en matière
d’éducation est pauvre ; où les think tanks (cercles
de réflexion indépendants) consacrés à ce sujet, sont
quasi inexistants ; où la compétitivité n’est plus de
mise, les universités françaises ayant perdu de
nombreuses places dans les classements
internationaux, et où l’éducation est rarement
considérée comme un investissement. Et pourtant,
selon le ministère de l’Éducation nationale, les
dépenses intérieures pour l’éducation représentent
130 milliards d’euros – soit 6,6%du PIB –, dont
10,5milliards sont imputables aux ménages, avec une
dépense annuelle moyenne de 7 100 euros par
élève.
Les
objectifs
•
Ouvrir le
dialogue entre les acteurs du business
education • Les
protagonistes français et européens du marché de
l’éducation – sociétés privées, associations ou
consultants indépendants, qui représentent des
dizaines de milliers de professionnels – vont
désormais disposer, avec le Speof, d’un espace
d’expression afin d’organiser leur métier, légitimer
leur savoir-faire et structurer leur développement.
• Rapprocher le
monde de l’entreprise et celui de l’éducation
• L’un des objectifs
majeurs du Speof consiste à développer une
interactivité entre ces deux univers, à améliorer,
par exemple, l’adéquation des diplômes aux besoins
des entreprises. Le Speof a la volonté de participer
activement, non seulement en France, mais aussi en
Europe, à la réflexion sur la réforme de
l’apprentissage, l’impact de la crise sur les
dépenses en matière d’éducation, l’apprentissage tout
au long de la vie et l’articulation entre formation
initiale et formation continue, la reconnaissance des
enjeux spécifiques au secteur en matière de services
à la personne, etc.
• Devenir
l’interlocuteur des pouvoirs publics
• Cette force de
proposition ainsi constituée permettrait que les
sujets de l’éducation, enjeu majeur de notre société,
soient mieux pris en compte auprès des autorités
territoriales, nationales, européennes et
internationales. En véritable think tank, ce
regroupement d’experts serait tout naturellement
disposé à émettre des propositions de politique
publique. Au rang des questions qu’il pourrait
soulever : quel est l’impact d’un système
d’orientation scolaire sur l’évolution de l’activité
économique d’un pays ?
L’impulsion d’une
équipe • C’est
sous l’impulsion de Maxime Legrand et de son équipe
de consultants qu’est né le Speof. Ce
normalien
de 34 ans dirige
Project Education, premier cabinet européen de
conseil en stratégies éducatives. Agrégé
d’économie et gestion,
diplômé de Sciences Po
Paris et de
plusieurs masters, il dispose d’une expérience
internationale comme entrepreneur et universitaire.
Il est enseignant à
Sciences Po Paris, à l’université de la
Sorbonne et dans plusieurs masters d’économie de la
culture et des sciences de l’éducation. Comme
conseiller du maire
de Lille, il a
été en charge du projet éducatif de la ville.
Comme
conseiller du président du Conseil régional
d’Île-de-France,
il suivait les dossiers Enseignement supérieur,
Recherche et Innovation. Maxime Legrand est également
président - fondateur de Parrains d’Avenir et
vice-président du Comité Richelieu.
* Toujours plus
proche du bon Dieu : le SE-UNSA organise la
concertation des enseignants, la répartition
des
moyens. Et plus si affinités ?
Luc Chatel, dans un courrier
adressé aux chefs d’établissements, indique qu’il a
décidé « d’accorder à chaque
établissement deux demi-journées banalisées au cours
du premier semestre 2010 pour permettre à la
communauté éducative de s’approprier la
réforme ».
C’est la réponse du
ministre à une demande du SE. Certains sont apparemment mieux
écoutés de d’autres... ET ces deux syndicats
d’ajouter :
« Le geste est
appréciable, alors que depuis plusieurs années,
l’administration a tendance à refuser toute réunion
qui entraînerait une absence des enseignants.
Le SE-UNSA demandera que 2 temps différenciés soient
organisés, un temps pour les professionnels et un
temps avec les parents et les élèves.
Il rappellera au
ministère sa demande de propositions de scénarios
organisationnels et pédagogiques qui pourraient servir de supports
aux réflexions. Inutile de
réinventer l’eau tiède dans tous les
lycées ! »
Ouais,
ben l’eau tiède... Et ils comptent aussi faire les
TRMD, choisir les postes à supprimer, les sections à
fermer ?