Droite, gauche...

* Que donne un débat entre un ministre de l'éducation de droite et un député socialiste (normalement dit de gauche, la précision est de rigueur en ces temps troublés) ?
Bien la confusion la plus totale, la perte des repères, des valeurs de notre belle société. Bref tout fou le camp. C'est plus ce que c'était !

Voilà ce que publie Libé suite à une confrontation Darcos (UMP) - Filipetti (PS). Ebouriffant.

"« Mais dites moi, vous ne seriez pas de gauche finalement? » ironise Gérard Lefort. Le journaliste de Libération, médiateur du débat, s’adresse à Xavier Darcos,  actuel ministre de l’Education nationale, qui était opposé à Aurélie Filippetti, député PS de Moselle, sur la question « l’école forme-t- elle encore des citoyens » ? Rires dans le public. Sourire du ministre. L’ambiance est détendue. Quelques bons mots, un peu d’impertinence… pas vraiment de polémique.

Non l’école ne va pas si mal,  oui les ZEP sont stigmatisées, en effet, il y a un problème de formation des enseignants, c’est vrai, la lutte contre l’illettrisme doit être une priorité, etc. Sur ces points, évoqués pour certains par le public, les deux invités se rejoignent."

C'est dommage Libé n'en dit guère plus sur son site.


Comment voulez-vous alors que les jeunes ne connaissent pas une certaine perte de repères ?
A moins que ce soit la société politique faite de vieux qui n'en ai plus. La crise ne serait donc pas là ou l'on croit ?

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Réforme du Bac : premières désorientations

* Darkos a annoncé la réforme du bac pour 2008. Il fixe clairement (même si "on doit en parler") les orientations du nouveau bac dans un entretien sur RMC. Le même pour tous, mais avec des options différentes.

Selon AFP.

"L'idée d'un baccalauréat général commun, avec des options, est "à retenir" (Darcos)


Le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a affirmé jeudi sur RMC que l'idée d'un baccalauréat général commun, sans filière, mais avec des options, est "une orientation qui mérite d'être retenue".
Interrogé sur les différentes filières du bac, à la question "
pourquoi pas une filière commune, un seul bac avec des options?", M. Darcos a répondu : "C'est une question qu'on peut débattre, c'est certainement une orientation vers laquelle il faut aller, mais ça ne peut pas se faire sans qu'on en ait parlé très longtemps auparavant avec nos collègues".
"C'est une orientation qui mérite d'être retenue. On a le droit de parler de tout", a-t-il ajouté. (...)"

En fait il semble que derrière tout cela se cachent des projets qui sont déjà vieux et qui ont été largement ébauchés par des rapports de l'inspection générale.
Et c'est curieux
on y retrouve toutes les annonces révolutionnaires de notre ministre. Comme quoi il a des idées.

Plusieurs textes aident sérieusement à son inspiration :
1/ Celui sur les performances du lycée est par exemple ici (audit sur les performances, décembre 2006), dont voici les propositions :

" Des mesures peuvent être prises dès la rentrée 2007 pour réduire les coûts des enseignements et financer la loi d’orientation du 23 avril 2005. Plan de rénovation des langues vivantes: renforcer l’équipe du projet «langues vivantes», en associant àla DGESCO et àl’IGEN des compétences budgétaires et académiques. La mission propose que l’allègement des effectifs en classe de langues en première et en terminale à 20 élèves en moyenne ne s’effectue qu’au rythme de la suppression des groupes inférieurs à15 élèves.
Dédoublements de classe: limiter les dédoublements au profit d’une prise en compte personnalisée des besoins des élèves.

Séries technologiques:
évaluer les premiers résultats pédagogiques et budgétaires de la réforme de la série sciences et techniques de gestion entrée en vigueur àla rentrée 2005. Mener à son terme la réforme des autres séries technologiques et veiller davantage à la qualité du processus de réforme des filières, des séries, des enseignements et des grilles horaires associées.
Pilotage du système et mobilisation de ressources qualifiées pour réussir l’application de la LOLF: allouer les moyens aux académies et aux établissements en fonction de leurs objectifs et mettre en place àbrève échéance une première liste d’indicateurs et une procédure d’évaluation des résultats obtenus par rapport aux objectifs fixés.
Une réduction significative des horaires ne pourra être obtenue sans une réforme d’ensemble de l’organisation des enseignements et du pilotage du système éducatif : l’orientation principale soutenue dans le rapport est de piloter le système éducatif par les objectifs en faisant davantage confiance aux académies et aux établissements.
Amplitude effective de l’année scolaire: retrouver 36 semaines d’enseignement effectif en réformant l’organisation des examens de fin d’année (cf. audit de modernisation de décembre 2005).
Plafonnement de l’horaire annuel de classe du lycéen: concevoir dans sa globalité et son annualité l’horaire de l’élève, en prenant en considération non seulement les heures d’enseignement en classe, mais aussi les temps de préparation et d’approfondissement personnels.
Le lycée public devrait se réapproprier ce temps de travail personnel, sauf à renoncer à sa finalité sociale. Le choix des plafonds proposés s’inspire directement des exemples étrangers les plus performants.
Référentiels horaires nationaux: fixer un seuil minimal annuel par discipline et confier les marges de manœuvre dégagées (15 à20 % du total) aux équipes déconcentrées (académies et EPLE) pour bâtir des offres adaptées aux besoins des élèves et donner un sens aux projets
des établissements.

Classe de seconde:

• aménagement du mécanisme actuel de redoublement,
• rétablissement, dès la rentrée 2006, d’une évaluation nationale à l’entrée en classe de seconde,
• classification de la seconde langue étrangère en enseignement obligatoire,
réduction du nombre d’options de détermination en classe de seconde
Création d’un département de langues vivantes: un département unifiéde langues vivantes devrait être mis en place dans chaque établissement, avec un objectif ambitieux : 100 % des lycéens français doivent avoir obtenu leur certification B2 (utilisateur autonome) à l’horizon 2010 dans au moins une langue vivante.

Impacts attendus
L’organisation horaire des enseignements ne peut pas être abordée uniquement sous l’angle technique. L’amélioration des performances du lycée général et technologique qui est attendue d’une réforme de la grille horaire de ses enseignements nécessite une réflexion approfondie sur les objectifs assignés au système et sur ses modalités de régulation.
Cette réflexion devra attacher une importance toute particulière à l’impact de la réforme sur les conditions du métier enseignant et éviter que le pilotage par les objectifs et les résultats soit perçu uniquement sous l’angle de l’efficacité et des injonctions adressées aux agents pour les amener à cette efficacité, et non sous l’angle du projet et de la liberté qu’il donne."

2/ Celui sur la revalorisation de la série littéraire (juillet 2006) qui est là.

Et qui dit en gros qu'il y a trois solutions :
Soit fondre les séries dans une filière unique,
Soit diluer les littéraires dans les économistes,
Soit vendre la littérature à la communication et l’enseignement général à la technologie.

Vous trouverez un contre rapport sur le site de Sauvez les lettres, exactement ici. Pasque ils craignent le pire, les profs de lettres.


En gros: ça va être autoritaire les gars, faudra s'y faire ! Et pas question de la ramener.
Heureusement qu'il va y avoir discussion, que de tout ça on va en parler. Tiens on dirait de la démocratie participative. Du genre, débat sur l'école bien sûr.

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Pomme d'Api

* Il paraît que depuis qu'il est arrivé au ministère, Darkos ne parle plus de TICE. Certains s'en plaignent d'ailleurs, ici et là.
Et bien, c'est pas tout à fait vrai. Le voilà qui tripote des iPod devant des collègiens pour leur montrer comment avec cet outil ils vont résoudre leurs problèmes scolaires.
Si si, c'est vrai, c'était ce matin dans MatinPLus, le magazine gratuit de Bolloré (tiens, encore lui ?).

« 240 collégiens privilégiés vont pouvoir réviser leurs cours sur un iPod. En guise d'expérimentation et pour la première fois en Ile-de-France, des baladeurs numériques vidéo seront distribués dans huit classes de huit collèges du département des Yvelines. Les enfants pourront télécharger les cours de leurs professeurs et un mico associé permettra de travailler les langues étrangères. »
« L'objectif de cette initiative est de permettre à tous les enfants d'avoir accès à la nouvelle technologies, leur donner l'envie d'apprendre de façon plus ludique et d'étudier dans et en dehors de l'établissement scolaire. [...] Si l'expérience s'avère être une réussite, ce partonariat avec la société Apple sera étendu à l'ensemble des collèges du département à la rentrée 2008. »

ishot-1

"Etudier en dehors de leur établissement" ils disent. Le problème ce ne serait pas plutôt d'étudier à l'intérieur de leur établissement, parce que j'en connais certains qui n'en font pas lourd... alors si en plus ils ont des iPod alors là...0

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E.S. que tu as mal ?

*Pour en finir une bonne fois pour toute avec les fausses allégations de DarKozy sur la série E.S., l'asso des profs de S.E.S. (l'APSES) réagit :

L’A.P.S.E.S. dénonce les propos erronés de Xavier Darcos sur la série E.S.

"A plus de 3 reprises depuis la fin août, Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale a déclaré que la filière E.S. était « sans débouché évident », attirerait « beaucoup d’élèves qui occupent ensuite de grands amphis mais se retrouvent avec des diplômes de droit, psychologie, sociologie... sans toujours un emploi à la clef »., ou encore qu’elle donnait « très peu d’élèves dans les filières d’excellence ». Des déclarations qui vont à l’encontre des études et statistiques produites par les propres services du Ministère, méconnaissent les débouchés des filières de l’enseignement supérieur, ou font à peu de frais l’économie d’une réflexion plus globale sur l’enseignement post-baccalauréat en France."

Tout l'argumentaire sur cette page.

Le Monde nous explique peut-être pourquoi après tout cette filière dérange :

"La filière ES - créée en 1967 et longtemps appelée B - a une histoire mouvementée. Plusieurs ministres lui ont cherché des noises, le dernier en date étant Claude Allègre. Elle est souvent mise en cause en raison de son caractère composite, sans équivalent universitaire. Les professeurs de SES soulignent qu'ils ont "toujours fait le choix du questionnement sur la société". Cet aspect, ainsi que leurs affinités avec le mensuel Alternatives économiques indisposent les milieux patronaux, qui accusent régulièrement cette filière de donner "une image négative de l'entreprise". (voir à la fin de cet article)

C'est vrai, avec tous ces professeurs trotskistes...

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