Droite, gauche...
Bien la confusion la plus totale, la perte des repères, des valeurs de notre belle société. Bref tout fou le camp. C'est plus ce que c'était !
Voilà ce que publie Libé suite à une confrontation Darcos (UMP) - Filipetti (PS). Ebouriffant.
"« Mais dites moi, vous ne seriez pas de gauche finalement? » ironise Gérard Lefort. Le journaliste de Libération, médiateur du débat, s’adresse à Xavier Darcos, actuel ministre de l’Education nationale, qui était opposé à Aurélie Filippetti, député PS de Moselle, sur la question « l’école forme-t- elle encore des citoyens » ? Rires dans le public. Sourire du ministre. L’ambiance est détendue. Quelques bons mots, un peu d’impertinence… pas vraiment de polémique.
Non l’école ne va pas si mal, oui les ZEP sont stigmatisées, en effet, il y a un problème de formation des enseignants, c’est vrai, la lutte contre l’illettrisme doit être une priorité, etc. Sur ces points, évoqués pour certains par le public, les deux invités se rejoignent."
C'est dommage Libé n'en dit guère plus
sur son site.
Comment
voulez-vous alors que les jeunes ne connaissent pas
une certaine perte de repères ?
A moins que ce soit la société politique faite de
vieux qui n'en ai plus. La crise ne serait donc pas
là ou l'on croit ?
Réforme du Bac : premières désorientations
Selon AFP.
"L'idée d'un baccalauréat général commun, avec des
options, est "à retenir" (Darcos)
Le
ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a
affirmé jeudi sur RMC que l'idée d'un baccalauréat
général commun, sans filière, mais avec des options,
est "une orientation qui mérite d'être retenue".
Interrogé sur les différentes filières du bac, à la
question "pourquoi
pas une filière commune, un seul bac avec des
options?", M. Darcos a répondu :
"C'est une question qu'on peut débattre,
c'est
certainement une orientation vers laquelle il faut
aller, mais ça ne peut pas se
faire sans qu'on
en ait parlé très longtemps auparavant avec nos
collègues".
"C'est une orientation qui mérite d'être retenue. On
a le droit de parler de tout", a-t-il ajouté. (...)"
En fait il
semble que derrière tout cela se cachent des
projets qui sont déjà vieux et qui ont été largement ébauchés
par des rapports de l'inspection générale.
Et c'est curieux on y retrouve toutes
les annonces révolutionnaires de notre
ministre. Comme
quoi il a des idées.
Plusieurs textes aident sérieusement à son
inspiration :
1/ Celui sur les
performances du
lycée est par exemple ici (audit sur les performances,
décembre 2006),
dont voici les
propositions :
" Des mesures peuvent être prises dès la rentrée 2007
pour réduire les coûts
des enseignements et financer la loi
d’orientation du 23 avril 2005. Plan de rénovation
des langues vivantes: renforcer l’équipe du projet
«langues vivantes», en associant àla DGESCO et
àl’IGEN des compétences budgétaires et académiques.
La mission propose que l’allègement des effectifs en
classe de langues en première et en terminale à 20
élèves en moyenne ne s’effectue qu’au rythme de la
suppression des groupes inférieurs à15 élèves.
Dédoublements de classe: limiter les
dédoublements au profit d’une prise en compte
personnalisée des besoins des élèves.
Séries technologiques: évaluer les
premiers résultats pédagogiques et budgétaires de la
réforme de la série sciences et techniques de gestion
entrée en vigueur àla rentrée 2005. Mener à son terme
la réforme des autres séries technologiques et
veiller davantage à la qualité du processus de
réforme des filières, des séries, des enseignements
et des grilles horaires associées.
Pilotage du système et mobilisation de ressources
qualifiées pour réussir
l’application de la LOLF: allouer les moyens
aux académies et aux établissements en fonction de
leurs objectifs et mettre en place àbrève
échéance une première liste
d’indicateurs et une procédure d’évaluation
des résultats obtenus par rapport aux objectifs
fixés.
Une
réduction significative des horaires ne pourra
être obtenue sans une réforme d’ensemble de
l’organisation des enseignements et du pilotage du
système éducatif : l’orientation principale soutenue
dans le rapport est de piloter le système
éducatif par les objectifs en faisant
davantage confiance aux académies et aux
établissements.
Amplitude effective de l’année scolaire: retrouver 36
semaines d’enseignement effectif en réformant
l’organisation des examens de fin d’année (cf.
audit de modernisation de décembre 2005).
Plafonnement de l’horaire annuel de classe du lycéen:
concevoir dans sa
globalité et son annualité l’horaire de
l’élève, en prenant en considération non
seulement les heures d’enseignement en classe, mais
aussi les temps de préparation et d’approfondissement
personnels.
Le lycée public devrait se réapproprier ce temps de
travail personnel, sauf à renoncer à sa finalité
sociale. Le choix des plafonds proposés s’inspire
directement des exemples étrangers les plus
performants.
Référentiels
horaires nationaux: fixer un seuil
minimal annuel par discipline et confier les
marges de manœuvre dégagées (15 à20 % du total) aux
équipes
déconcentrées (académies et EPLE) pour bâtir
des offres adaptées aux besoins des élèves et donner
un sens aux projets
des établissements.
Classe de seconde:
• aménagement du mécanisme actuel de redoublement,
• rétablissement, dès la rentrée 2006, d’une
évaluation nationale à l’entrée en classe de seconde,
• classification de la seconde langue étrangère en
enseignement obligatoire,
• réduction du nombre
d’options de détermination en classe de
seconde
Création
d’un département de langues vivantes: un
département unifiéde langues vivantes devrait être
mis en place dans chaque établissement, avec un
objectif ambitieux : 100 % des lycéens français
doivent avoir obtenu leur certification B2
(utilisateur autonome) à l’horizon 2010 dans au moins
une langue vivante.
Impacts
attendus
L’organisation horaire des enseignements ne peut pas
être abordée uniquement sous l’angle technique.
L’amélioration des performances du lycée général et
technologique qui est attendue d’une réforme de la
grille horaire de ses enseignements nécessite une
réflexion approfondie sur les objectifs assignés au
système et sur ses modalités de régulation.
Cette réflexion devra attacher une importance toute
particulière à l’impact de la réforme sur les
conditions du métier enseignant et éviter que le
pilotage par les objectifs et les résultats soit
perçu uniquement sous l’angle de l’efficacité et des
injonctions adressées aux agents pour les
amener à cette efficacité, et non sous l’angle du
projet et de la liberté qu’il donne."
2/ Celui sur la
revalorisation de la série littéraire (juillet
2006) qui est là.
Et qui dit en gros
qu'il y a trois solutions :
Soit fondre les séries
dans une filière unique,
Soit diluer les littéraires dans les économistes,
Soit vendre la littérature à la communication et
l’enseignement général à la technologie.
Vous trouverez un contre
rapport sur le site de Sauvez les
lettres, exactement ici. Pasque
ils
craignent le pire, les profs de lettres.
En
gros: ça va être autoritaire les gars, faudra s'y
faire ! Et pas question de la ramener.
Heureusement qu'il va y avoir discussion, que de tout
ça on va en parler. Tiens on dirait de la démocratie
participative. Du genre, débat sur l'école bien
sûr.
Pomme d'Api
Et bien, c'est pas tout à fait vrai. Le voilà qui tripote des iPod devant des collègiens pour leur montrer comment avec cet outil ils vont résoudre leurs problèmes scolaires.
Si si, c'est vrai, c'était ce matin dans MatinPLus, le magazine gratuit de Bolloré (tiens, encore lui ?).
« 240 collégiens privilégiés vont pouvoir réviser leurs cours sur un iPod. En guise d'expérimentation et pour la première fois en Ile-de-France, des baladeurs numériques vidéo seront distribués dans huit classes de huit collèges du département des Yvelines. Les enfants pourront télécharger les cours de leurs professeurs et un mico associé permettra de travailler les langues étrangères. »
« L'objectif de cette initiative est de permettre à tous les enfants d'avoir accès à la nouvelle technologies, leur donner l'envie d'apprendre de façon plus ludique et d'étudier dans et en dehors de l'établissement scolaire. [...] Si l'expérience s'avère être une réussite, ce partonariat avec la société Apple sera étendu à l'ensemble des collèges du département à la rentrée 2008. »
"Etudier en
dehors de leur établissement" ils disent. Le problème
ce ne serait pas plutôt d'étudier à l'intérieur de
leur établissement, parce que j'en connais certains
qui n'en font pas lourd... alors si en plus ils ont
des iPod alors là...0
E.S. que tu as mal ?
L’A.P.S.E.S. dénonce
les propos erronés de Xavier Darcos sur la série
E.S.
"A plus de 3 reprises
depuis la fin août, Xavier Darcos, Ministre de
l’Education Nationale a déclaré que la filière E.S.
était « sans débouché évident », attirerait
« beaucoup d’élèves qui occupent ensuite de
grands amphis mais se retrouvent avec des diplômes de
droit, psychologie, sociologie... sans toujours un
emploi à la clef »., ou encore qu’elle donnait
« très peu d’élèves dans les filières
d’excellence ». Des déclarations qui
vont à l’encontre des études et statistiques
produites par les propres services du
Ministère, méconnaissent les débouchés des
filières de l’enseignement supérieur, ou font à peu
de frais l’économie d’une
réflexion plus globale sur l’enseignement
post-baccalauréat en France."
Tout l'argumentaire
sur cette
page.
Le Monde nous
explique peut-être pourquoi après tout
cette filière dérange :
"La filière ES - créée en 1967 et longtemps appelée B
- a une histoire mouvementée. Plusieurs ministres lui
ont cherché des noises, le dernier en date étant
Claude Allègre. Elle est souvent mise en cause
en raison de son caractère composite, sans équivalent
universitaire. Les professeurs de SES soulignent
qu'ils ont "toujours fait le choix du questionnement
sur la société". Cet aspect, ainsi que leurs
affinités avec le mensuel Alternatives économiques
indisposent les
milieux patronaux, qui accusent régulièrement cette
filière de donner "une image négative de
l'entreprise". (voir à la fin de cet
article)
C'est vrai, avec
tous ces professeurs trotskistes...