L'être de mission
L’académie d’Alsace est académie pilote pour la mise en place de pas mal de dispositifs, dont les lettres de mission à destination des profs principaux dans le secondaire.
Un abus de langage fréquemment répandu par les médias confond tout changement, toute « réforme », avec un nécessaire progrès . Dans le contexte actuel d’offensive libérale, il s’agit plutôt d’une attaque en règle des acquis (et non des « privilèges » comme le répètent à l’envi les journaux), entérinés à l’issue de la deuxième guerre mondiale et faisant suite aux propositions du Conseil national de la résistance .
Aujourd’hui, la fonction publique en général et pour ce qui nous concerne l’Education nationale sont victimes de ces « réformes ». En s’appuyant sur la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole du 23 avril 2005 (BOEN n° 18 du 5 mai 2005), les chefs d’établissement de l’Académie de Strasbourg sont amenés depuis cette année à « proposer » aux personnels une lettre de mission en avançant l’argument d’une reconnaissance personnelle qui reviendra à atomiser le traitement des carrières et rendre quasiment impossible toute revendication collective.
SUD-éducation Alsace avec la Fédération Sud-éducation entend ici les dénoncer et informer nos collègues des logiques à l’œuvre qui, pour l’instant sur la base du volontariat, vont radicalement transformer le métier d’enseignant ; et ce, non pas pour le bien des personnels, ni pour celui des élèves, puisque nos conditions de travail vont se dégrader au (faux) prétexte de gagner en efficacité, avant de voir pointer l’argument de la rentabilité (termes empruntés au vocabulaire managérial).
Lettre de mission, avant que ce soit, contrat à objectifs certainement...
* «Nous répartissons autrement les moyens, nous faisons des priorités.» C'est la réponse de Darcos aux profs d'Aubervilliers (et aux autres) qui sont en grève pour demander la récupération des postes qu'ils ont perdu. Au moins c'est clair. Il y a des choix politiques assumés.
* Confusion histoire, mémoire, enseignement et pédagogie, encore (épisode 28, si ce n'est plus), après la décision de Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah.
Déjà quelques réactions syndicales. On vous conseille toujours l'excellent site du CVUH (à cette adresse là) qui fait le point sur tous les usages douteux de l'histoire et de la mémoire dans notre belle république (dernier en ligne une analyse autour de l'usage de la mémoire de 14-18).
Une réaction "utile" :
"Ségolène
Royal a jugé jeudi que l'initiative du président
Nicolas Sarkozy de confier à partir de la rentrée
prochaine à chaque enfant de CM2 la mémoire de l'un
des 11.000 enfants français victimes de la Shoah "va
dans le bon sens".
"Ce
sont des initiatives qui sont déjà prises beaucoup
dans des associations et dans de nombreuses écoles.
Ça va dans le bon sens"
Elle
ose tout celle-là.
Toujours plus...
Le Snes juge "intolérables" les mesures de Darcos sur l'enseignement privé
Le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans les collèges et lycées, a jugé jeudi "intolérable" la décision du ministre de l'Education Xavier Darcos de créer "un fonds spécifique" pour attirer l'enseignement privé en banlieue.
M. Darcos a annoncé jeudi lors d'une conférence de presse sa décision de créer "un fonds spécifique d'intervention" sur le budget de l'Education nationale pour financer, d'ici la rentrée 2008, cinquante classes d'enseignement privé en banlieue.
"Cette décision est intolérable", a estimé le Snes dans un communiqué. Pour lui, elle vise à "+appâter+ financièrement l'enseignement privé pour qu'il intervienne dans ces secteurs où, sans cette carotte, il refuse d'intervenir" et à "une nouvelle fois, augmenter les crédits dont (il) dispose aujourd'hui".
Selon le syndicat, le ministre suppose que "les difficultés scolaires dans les quartiers difficiles seraient, au moins pour une part, dues à l'absence de l'enseignement privé dans ces zones, érigeant au passage l'enseignement privé en modèle de réussite".
"Les personnels qui enseignent dans ces quartiers, avec le lot de difficultés qu'ils rencontrent, apprécieront", poursuit-il, ajoutant qu'il "interviendra auprès du ministre pour que ce projet soit abandonné.
* Réactions de Mélanchon au discours de Srrko qui entame encore une fois le rôle de l'école à côté de celui des religieux.
Shoah: Sarkozy veut "infliger une cure de mémoire" à l'école (Mélenchon, PS)
Le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué jeudi l'initiative du chef de l'Etat de "confier la mémoire" d'un enfant victime de la Shoah à chaque élève de CM2, jugeant que Nicolas Sarkozy veut "infliger une cure de mémoire" aux écoliers.
"Vraiment ce président est incroyable! Un jour, il est prédicateur, il nous fait des prêches sur Dieu, la religion et le reste. Maintenant le voilà transformé en instituteur! C'est lui qui décide de ce qui est bon ou mauvais sur la manière de former les jeunes enfants", s'est exclamé M. Mélenchon sur LCI.
"Qui a demandé une chose pareille? Personne, ni le Crif, ni aucune synagogue de ce pays n'a demandé qu'on aille faire cette démarche", a-t-il ajouté.
"On n'en finira plus à ce moment-là! Combien de fois va-t-on, pour des raisons pédagogiques, prendre nos enfants et vouloir à tout prix leur infliger une cure de mémoire sur ceci, sur cela?", a demandé M. Mélenchon.
"On pourrait faire une liste de tous les esclaves qui ont été esclavagisés par des Français, on pourrait faire la même chose pour la Commune de Paris. Franchement, est-ce qu'on ne peut pas laisser la politique et la religion à l'écart de l'école?", a-t-il lancé.
"Les maîtres de l'école publique font leur travail" et "M. Sarkozy n'est pas un maître de l'école publique", a-t-il insisté.
M. Mélenchon a aussi dénoncé le concept de "radicalité de vie" développé par M. Sarkozy. "N'importe quel fou de Dieu peut être mis aussi sur le plan d'une radicalité de vie. Ce n'est pas ce que nous cherchons à enseigner à nos enfants, nous essayons de leur enseigner l'équilibre, la tolérance", selon lui.
Dans son discours lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) mercredi, le président avait estimé que "le curé, le pasteur, l'imam ou le rabin" témoignent "d'une transcendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de vie".
* Agrégation contestable. Ce n'est pas de la provoc, mais c'est bien ce que l'on puut dire de l'agrégation de droit —qui n'a rien à voir avec les autres, véritable cooptation qui ouvre sur un poste de professeur des universités— dont le major de promo est un militant nazi de premier ordre. C'est 20 minutes qui se fait écho des remous que cela provoque chez les historiens du droit.
Mobilisations [MAJ]
Rappel : toujours un site qui vous dit comment faire si vous vous retrouvez sur note2be ou un autre : http://contrenote2be.unblog.fr/
Une pétition contre ce genre de pratique est aussi en ligne là :
Le comble (I), c'est peut-être aussi qu'apparaît sur ce site de notation de la publicité confiée par une entreprise publique.
Le comble (II), c'est que l'auteur de Le site à la con, ne craint rien et se présente aux municipales à Paris. Les cons ils osent tout c'est même à ça qu'on les reconnaît. C'est l'expresse qui révèle l'affaire dans cet article.
il veut noter les profs... et se présente à Paris
Stéphane Cola, l'un des deux créateurs du site internet note2be.com, qui propose aux élèves de noter leurs enseignants en citant leur nom, est candidat aux municipales à Paris sur la liste de Pierre Lellouche dans le VIIIè.
"Ce sont deux activités totalement distinctes. Le projet de monter ce site internet est un projet de longue haleine, totalement déconnecté du calendrier politique", a déclaré ce chef d'entreprise âgé de 36 ans, affirmant être le "responsable de la campagne" de Pierre Lellouche.
Membre de l'UMP, il a précisé que le co-créateur du site, Anne-François de Lastic, "ne partageait pas du tout (ses) opinions politiques". "Il n'a aucun engagement", a-t-il dit.
aucun engagement, vraiment ?
* Primaire : réforme annoncée dans quelques jours (d'après France info).
*Grève. Après quelques mobilisations voici désormais 15 jours, certains établissements s'installent dans la lutte. Exemple (d'après AFP).
Suppressions de postes: un collège-lycée d'Aubervilliers en grève depuis lundi
Une grande partie des professeurs du collège-lycée Henri-Wallon à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) a fait grève mardi pour la deuxième journée consécutive pour demander le maintien de toutes les classes et postes à la rentrée prochaine, selon des sources concordantes.
Selon le rectorat, la grève a été suivie par 70% des professeurs de collège devant faire cours mardi et 80% des effectifs enseignants du lycée, alors que les grévistes faisaient état de 88 et 77% de participation.
La communication récente à l'établissement de sa future "dotation horaire globale", c'est-à-dire le nombre de postes par discipline dont il disposera pour la rentrée prochaine, suscite l'inquiétude parmi les professeurs, qui s'attendent à la supression de 7 classes (6 au lycée, 1 au collège) et 14 postes d'enseignants.
Dans cette cité scolaire de 930 élèves, "quelques supressions de classes" sont envisagées à la rentrée, a déclaré à l'AFP le rectorat qui précise "que la baisse du nombre de postes correspond strictement à la baisse des effectifs d'élèves prévue dans l'établissement". "Globalement, le taux d'encadrement sera maintenu, ainsi que la série d'autres moyens dont dispose l'établissement", assure-t-on à Créteil.
Reçus mardi au rectorat, les professeurs sont ressortis "amers". "Au moment où l'on nous annonce un plan banlieue, on décapite les équipes et on supprime les moyens, c'est une honte", a commenté Orazio Loris Castellani, du Snes (syndicat majoritaire).
La grève a été reconduite pour mercredi et un appel à une journée morte lancé pour jeudi.
Glissements progressifs...
Pas pour vous ?
*Usine ou école ? Les deux mon capitaine. Encore un rapprochement E.N. avec une grande multinationale toujours, nous dit-on, pour le bien commun.
L'Education nationale a confirmé le partenariat avec Toyota
Bernard Dubreuil, recteur de l'académie du Nord et Didier Leroy, président de Toyota ont signé une convention de partenariat.
La manifestation s'est déroulée dans les locaux de l'usine onnaingeoise Toyota en présence notamment de Marc Burg, sous-préfet de Valenciennes et de nombreux représentants de l'Education nationale. Cette convention a pour but de rapprocher l'école de l'entreprise. Découverte des différents métiers et de leur évolution, des formations, de l'organisation du travail, préparation à l'insertion dans le monde professionnel pour les jeunes et les personnes en difficulté sont quelques uns des points de ce partenariat. Ainsi, Toyota s'engage pour l'accueil de stagiaires et de jeunes en formation en alternance. Le constructeur japonais apportera sa contribution aux besoins en véhicules et éléments de carroserie à des fins pédagogiques aux établissements publics locaux de l'académie de Lille.
La Voix du Nord
Bref, il faut être conforme.
* Contre la pochardisation de l'Education nationale, voici la Lettre d'info des militants combattants pour le Front Unique des syndicats de l'E.N. Il s'agit d'une tendance de la FSU. C'est dans la suite logique de l'accord syndical signalé à l'article précédent.
En gros, après une analyse du rapport, voici l'objectif de ce front Unique :
Combattre pour que se réalise le Front Unique des
syndicats enseignants sur ce mot d’ordre, combattre
par conséquent et s’organiser dans ce but pour que
les dirigeants syndicaux boycottent la concertation
proposée par Darcos sur la liquidation du statut,
voilà ce que proposent les militants du courant Front
Unique.
La voici en .doc. : LL 125
Bien c'est parfait,
si au moins ils arrivent à convaincre la direction de
la FSU ...
*
La CFDT
joue la négociation (ça ne nous étonne pas).
Voici les positions de deux branches 'éducation' du
syndicat (public et privé).
- Sgen Cfdt
partage "l’idée de la commission Pochard de la
nécessité pour une plus grande réussite des élèves de
faire autrement et de faire évoluer le métier. Mais
ces évolutions pour être acceptées par les personnels
doivent
s’accompagner de contre-parties et de garanties pour
une part inscrites dans un statut rénové".
- Fep
Cfdt, premier syndicat du privé, "est prête à discuter
des mesures permettant d’amener de la
souplesse et une meilleure adaptation de
l’enseignement aux besoins des élèves" mais relève
deux points précis du rapport. "Si l’autonomie des
établissements peut être source de progrès et de
dynamisme pédagogique, ce ne saurait être la panacée.
Le fonctionnement des établissements privés sous
contrat, basé sur une certaine autonomie, ne donne
pas pour autant la certitude que c’est la condition
de la réussite des élèves". Enfin la Fep est satisfaite que la
commission ait repris une de ses demandes en vue
d'autoriser les profs du privé sous contrat à
enseigner dans un établissement public.
Un mot (réel) d'un
représentant syndical de la CFDt (non E.N. il est
vrai) : "Quant on
rétablira l'esclavage, la CFDT négociera le poids des
chaînes".
*Encore
au service ? Oui, mais pour les retraités. Ca
racole dur en ce moment. Voici ce que
reçoivent les retraités de l'E.N. du côté de
Créteil :
«Madame,
Monsieur,
Vous
avez été admis à faire valoir vos droits à la
retraite après avoir exercé des fonctions de
professeur dans l’Académie de
Créteil.
Je
vous informe que vous
avez la possibilité, si vous le souhaitez, de
reprendre une activité enseignante au sein des
collèges et des lycées de
l’Académie.
Cette activité, qui peut être exercée pour quelques
heures hebdomadaires sur des suppléances de courte ou
de moyenne durée, est rémunérée sous formes de
vacations. Elle est désormais compatible avec la
condition de retraité de la fonction publique (…).
»
*Enfin
un extrait audio d'un sketch de Jean Dell,
criant de vérité parfois. En podcast. L'instituteur
(moderne)
Merci Manuel
La dure lutte (finale ?)
Manquent à l'appel le SGEN et l'UNSA. Vous trouvez ça curieux ?
Communiqué de presse des organisations syndicales de second degré
SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, SNES-FSU, UNSEN-CGT, SNEP, SUD-EDUCATION, SNUEP
Attachés à une amélioration du système éducatif, une relance de la démocratisation, pour la réussite de tous les jeunes, les organisations syndicales du second degré soussignées expriment leur volonté d’une véritable amélioration et revalorisation des métiers de l’éducation.
Le rapport Pochard, qui se fixait officiellement cet objectif, en se plaçant d’emblée dans le cadre d’une logique budgétaire contrainte, d’une aggravation des conditions de travail et de la charge de travail, d’une individualisation des rémunérations et carrières, d’une mise en concurrence des personnels et des établissements, d’une déréglementation des obligations de service refusée massivement par la profession l’an dernier, ne peut servir de basse à une négociation.
C’est pourquoi les organisations syndicales SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, SNES-FSU, UNSEN-CGT, SNEP, SUD-EDUCATION, SNUEP signifient au ministre de l’Education Nationale leur exigence d’ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la prise en compte des réalités du métier et que soit revalorisé ce dernier dans le respect du statut.
Elles appellent leurs organisations au niveau local à se rencontrer pour maintenir la mobilisation pendant la période des congés de février avec des initiatives diversifiées.
Elles conviennent dès maintenant de se retrouver le 20 février pour envisager des suites communes.