Les pétitions ne vont pas suffire...

Pour ceux qui viennent ici sans passer par la Une du Mammouth, sachez qu'elle a été mise à jour.
Vers le Mammouth Déchaîné

* Bruits de couloirs désormais persistants : passage à 20 heures du service des enseignants. Cela se ferait pendant les vacances d'été. C'est plus discret.


*Nouvelles menaces sur les décharges d'enseignement (retour de De Robien)? Le Snalc nous en informe et rejoint l'intersyndicale.
(trouvé sur le site dudit syndicat)

DE ROBIEN II : LE RETOUR

Le SNALC-CSEN, second syndicat le plus représenté de l’enseignement secondaire, tient à exprimer sa très grande perplexité face aux annonces ministérielles relatives à la réouverture de la chasse aux décharges d’enseignement.
Le SNALC-CSEN croyait pourtant avoir entendu de la bouche même du Président de la République que les décrets de ROBIEN avaient été abrogés à la rentrée 2007/2008 … Il est, dès lors, parfaitement légitime de se demander pour quelle raison le gouvernement a cru bon d’initier une pause d’une année scolaire avant de procéder à une nouvelle baisse des conditions de rémunération des professeurs
Le SNALC-CSEN constate, une fois de plus, que les personnels de l’Education semblent voués, à eux tous seuls, à éponger les déficits qui grèvent le budget de la Nation. Il est désormais clair que, derrière les effets d’annonce, l’actuelle majorité semble surtout désireuse d’assouvir une hostilité jamais démentie à l’égard d’un corps enseignant dont elle feint de méconnaître la dureté des conditions de travail.
Le SNALC-CSEN, qui a rejoint l’intersyndicale du second degré, se battra sans concession contre toute réforme qui conduirait, sous couvert de modernisation, à une nouvelle dégradation ainsi qu’à une nouvelle dénaturation de la mission des professeurs.
Paris, le 15 mai 2008

On attend tout de même des explications un peu plus explicites des autres organisations syndicales.


* Résultats du BAC payants : c'est officiel, au moins dans l'académie d'Orléans-Tours : après une expérimentation l'année passée dans certaines académies, les proviseurs sont sommés par le recteur de ne pas donner les résultats du bac le soir des délibérations des jurys. Ils devront attendre le lendemain matin. Entre les deux, une entreprise privée s'en charge, moyennant finance, bien sûr.


* Désinformation sur ce que l'on dit des programmes de primaire (bon argumentaire repris d'un blog de médiapart, ici):

"- Les enseignants sont favorables aux nouveaux programmes. Ils apprécieraient aussi la simplification opérée... ? (Darcos)
Ainsi, dès le 29 avril, un mouvement spontané des écoles de l’Hérault nous a conduit à réaliser par mail un questionnaire auprès des enseignants des écoles pour vérifier les paroles de Monsieur le Ministre. Plus de 136 écoles ont répondu, ce qui correspond à plus de 950 enseignants, soit près du double des 500 parents d’élèves interrogés dans un sondage commandé par le ministère sur la perception des nouveaux programmes.
Le résultat est sans appel :
A la question, comment qualifieriez-vous l'avis que vous avez rendu lors de la journée de consultation sur les nouveaux programmes ? 91 % des enseignants ont un avis défavorable sur ces nouveaux programmes (36 % défavorable, 55 % très défavorable). Seul 8 % ont un avis nuancé. Il n’y a eu qu’une réponse favorable. Le ministère reste toujours aussi sûr de lui.
A la question, est-ce que ces programmes sont plus simples ? 43 % pensent qu’ils sont plus simples contre 57 %. Mais sur les 43 % estimant que les programmes sont plus simples, 88 % n’apprécient pas cette simplification (certains utilisent le terme de « simplistes » ou « réducteurs »).
Enfin, 81 % des enseignants estiment que les programmes ne permettront pas l’amélioration des résultats des élèves, voire les aggraveront. 15 % pensent qu’ils seront sans aucune influence et 4 % sont sans opinion. Aucun enseignant n’estime qu’ils permettront aux élèves de progresser.

- renforcement du français et des mathématiques ?
Cette désinformation est organisée puisqu’il a été déclaré que ces nouveaux programmes sont l’occasion « d’un recentrage sur le français et les mathématiques ». Rien n’est plus faux quand on sait qu’une heure de français a été retirée au CP, que pas une minute de plus n’a été attribuée en français et en mathématiques pour les CE1 et que les CE2, CM1 et CM2 feront 8h de français (contre 7h30 pour les programmes 2002) et 5h en mathématiques (contre 5h30 en 2002)."

*Désinformation orchestrée à grande échelle et par tous les ministres :

Défiler pour plus de moyens, une façon "égoïste" de voir les choses (Woerth)

Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth a estimé jeudi sur i-Télé que "défiler avec des pancartes pour dire +je veux plus de moyens+, c'est une manière très égoïste de voir les choses".
"Il faut accepter de se remettre plus en cause. Ce n'est pas un problème de droite, ce n'est pas un problème de gauche, c'est un problème d'efficacité du service public", a-t-il poursuivi.
"C'est tellement facile de demander plus d'argent, plus de moyens. Si c'est pour ne rien en faire, à quoi ca sert?", s'est interrogé M. Woerth.
Selon lui, "on n'a jamais mis autant de moyens dans l'école. Aujourd'hui, un lycéen français coûte 20% plus cher qu'un lycéen de l'OCDE".
Il a également estimé que le problème de l'école qui "n'a pas les résultats qu'elle devrait avoir", ne doit pas être posé en termes de coût mais "en termes de contenu des programmes".

|

Vers la grève ... pendant qu'il est encore temps (et qu'on le peut)

* Coup dur pour les grévistes : le parti socialiste apporte son soutien au mouvement.

AFP -Le Bureau national (BN) du PS a apporté mardi son soutien à la journée d'action du 15 mai dans la Fonction publique et l'Education nationale, dénonçant une "offensive sans précédent contre l'Etat et ses agents".
"La suppression de 36.000 postes de fonctionnaires en 2009 et le non-remplacement systématique d'un agent sur deux partant à la retraite constituent la seule ambition de la droite pour l'Etat et les services qu'il rend aux Français", déclare le BN dans un communiqué.
"Face à cette offensive sans précédent contre l'État et ses agents, le Parti socialiste apporte son soutien aux manifestations organisées le 15 mai à l'initiative de l'ensemble des organisations syndicales, et appelle ses militants à rejoindre les cortèges présents dans toute la France", ajoute le texte.
Quant à "l'école publique", elle "est violemment attaquée par la droite : progressivement spoliée de ses moyens, elle est aujourd'hui la première victime de la réduction massive des emplois dans la Fonction publique", argumente le Bureau national.

Faut-il rappeler à certains : 1/ qui a lancé les premières réformes ? 2/ Qui est Claude Allègre ? 3 / qui est à l'origine de la LOLF ? 4/ Qui a proposé pendant la campagne que les profs travaillent 30 heures dans leurs établissements ?

* Calendrier. Donc si on retient les infos du Monde de ce week end on a :

- le 10 juillet : nomination d'une personnalité chargée de faire des économies dans l'EN à l'aide du rapport Pochard.
- en septembre, annonce des mesures prises par la dites personnalité, c'est à dire l'officialisation du rapport Pochard + la disparition des redoublement au Lycée + la généralisation des Bac Pro en 3 ans.
- rentrée 2009 : mise en place du bordel.


* SUD appelle à la Grève générale. Encore faut-il déjà être en grève. Et c'est pas gagné, même si, même si...
Au passage, voici l'analyse de ce syndicat de la procédure de démantèlement de l'EN. Cela me semble être plus que plausible :

1ère étape : la formation
Création d’un Master professionnel “Métiers de l’Education et de l’Enseignement” au sein des universités, dont la 5e année verrait les stagiaires - pardon, les étudiants - travailler à mi-temps pendant toute l’année dans les établissements scolaires, pour le plus grand bénéfice de l’Etat. Il y aurait évidemment une sélection à l’entrée en Master (les directeurs d’Iufm proposent même une double sélection, à l’entrée en master 1 puis en master 2, histoire de bien développer le bachotage).
2e étape : le recrutement
A minima, ils proposent d’alléger les concours, de créer des Capes bivalents, voire polyvalents (suite logique du Master des métiers de l’enseignement !), de régionaliser les concours du Second degré.
Mais c’est encore insuffisant ! Le rapport Pochard est explicite : on pourrait se passer de tout concours et se contenter de l’établissement d’une liste d’enseignants à recruter par l’instance locale (Rectorat, IA, BEC, circonscription du 1er degré, ce n’est pas très précis) parmi les titulaires du Master, correspondant aux besoins (enfin, à leurs besoins !). Ou même, troisième hypothèse, la possibilité que les titulaires du master fassent acte de candidature auprès des établissements et passent un entretien d’embauche (auprès du Drh ?). Il faudrait cependant, ajoute Pochard sans rire, fixer des règles nationales.
L’ouverture à la concurrence s’accentue puisque les ressortissants de l’UE, titulaires d’un Master, pourront postuler aux postes d’enseignants en France.
Dans aucun de ces rapports, le mot fonctionnaire d’Etat n’apparaît : sous quel statut seront recrutés les futurs collègues ? Probablement en Cdi pour respecter l’harmonisation européenne.
3e étape : pas de formation, pas de statut
Mais ce n’est pas assez, le rapport propose également le recrutement de “professeurs associés”, pour une durée limitée, éventuellement à temps partiel, et sans aucune condition de diplôme. Le développement de la précarité, il est vrai que le Ministère le connaît déjà…
Le rapport Pochard préconise la promotion de jeunes issus des zones difficiles, celles où les enseignants ne veulent pas rester, par l’attribution de bourses après la troisième : “On renforcerait ainsi le vivier d’enseignants issu de la promotion sociale et dont on peut espérer qu’ils constitueraient une population plus stable dans les académies fuies aujourd’hui par les néo-titulaires.” Belle perspective pour les jeunes des ghettos de s’y voir confiner dans le rôle de grands frères pompiers.
Même si le recrutement par concours est imparfait, il permet un traitement égal des candidats et garantit l’accès à la Fonction publique. Sud éducation, dans l’unité, appellera les personnels à se mobiliser devant toute remise en cause des statuts.

*Puis un faux entretien avec X. Darcos sur Le post. Ce n'est peut-être pas si éloigné que cela de la réalité...

C'est là

* Enfin, la Chine n'a qu'à bien se tenir. Lisez plutôt cela (rien à voir avec l'EN, quoi que...).

|

Darcos attaque

Aujourd'hui, tout le monde s'en prend, grâce à Darcos. Il n'y a pas de raison...

* Les grévistes tout d'abord, qui vont être sommés de se déclarer. Une vraie loi antigrève (AFP).

Darcos: "s'il le faut", une loi obligeant les profs à se déclarer grévistes


Le ministre de l'Education Xavier Darcos a affirmé mardi sur RMC qu'il souhaitait ne pas recourir à une loi pour obliger les enseignants à se déclarer grévistes 48 heures avant une grève, mais que s'il le fallait, "il le ferait".
"Je demande aux enseignants de bien vouloir se déclarer 48 heures à l'avance pour que nous puissions nous organiser. C'est ce qui fait l'objet de discussions tendues avec les syndicats et fera éventuellement l'objet d'une loi parce que c'est nécessaire que nous sachions quand et où les professeurs seront en grève", a-t-il déclaré.
"J'espère que je n'arriverai pas à la loi, que je ne serai pas obligé, mais s'il le faut je le ferai", a-t-il insisté, assurant qu'"à la fin du quinquennat le service minimum d'accueil (SMA) se sera imposé".


* Les Inspecteurs ensuite (mais qui s'en plaindra ?) :
(AFP)
Education: des inspecteurs indignés par des propos de Darcos sur leur fonction

Le SI-EN-Unsa, majoritaire chez les inspecteurs de l'Education nationale dans le primaire, s'est indigné mardi d'un "commentaire injurieux et vindicatif" selon lui de Xavier Darcos sur le système d'inspection actuel qu'il avait qualifié le 29 avril devant la presse de "fondé sur la défiance".
"Je connais trop la qualité des enseignants pour maintenir un système d'inspection fondé sur la défiance", avait déclaré le ministre de l'Education lors d'une conférence de presse de présentation de son nouveau projet de programmes du primaire.
"Une phrase qui a fait beaucoup de ravages, on a eu tellement de remontées de collègues qui nous ont demandé de réagir !", a expliqué à l'AFP Patrick Roumagnac, secrétaire général de ce syndicat.
Dans un communiqué, il a rappelé que "la confiance des enseignants ne se décrète pas, elle se gagne au quotidien,
à leurs côtés dans l'action". "Les inspecteurs se flattent de cette confiance construite dans la durée et s'attachent à la conserver, par leur travail et leur engagement", a-t-il ajouté. [pouf, pouf]
Pour lui, "ce n'est pas par des déclarations abruptes et démagogiques que vous parviendrez à remettre en cause le crédit réciproque qui lie inspecteurs et enseignants".
"Voulant séduire les enseignants, vous blessez les inspecteurs", a-t-il encore commenté en promettant de "rester les serviteurs vigilants de l'Ecole" mais de "ne jamais devenir des valets soumis à l'exécutif".
|

l'UIMM et la réforme des Bac Pro en 3 ans, puis Sarko

* La réforme des Bac pro était-elle prévue depuis longtemps ? OUI. L'info nous avait échappée, mais il semblerait bien qu'elle vienne directement de l'UIMM branche de MEDEF. Voici quelques extraits de la convention-cadre conclue entre le ministère de l'Education nationale et l'Union des Industries Métallurgiques et Minières le 29 décembre 2006, applicable pour cinq années à compter du 1er janvier 2007 :

"Le ministère chargé de l'Education nationale et l'UIMM conviennent de s'associer au niveau territorial pour créer des structures de partenariat de droit privé, à l'nstar des instituts des techniques d'ingénieur de l'industrie (ITII) pour la formation d'ingénieurs en partenariat, pour mettre en œuvre des licences professionnelles et des mastères professionnels correspondant aux métiers de la métallurgie."
"Pour les diplômes de l'enseignement technologique et professionnel relevant de son secteur, les recteurs et les UIMM territoriales adhérentes à l'UIMM se concertent, dans le cadre de la préparation du plan régional de développement des formations professionnelles des jeunes et de ses conventions annuelles d'application sur :
l'évolution de la carte scolaire ;
l'ensemble des formations préparées par la voie de l'apprentissage ;
• le développement de parcours de formation individualisés à durée variable, notamment pour des jeunes préparant, sous statut scolaire et en apprentissage, le baccalauréat professionnel en 3 ans ou en 1 an après le bac général, ou un BTS.Seront ainsi favorisées les actions visant à l'individualisation des parcours de formation et le recours aux îlots de formations techniques individualisées (IFTI), développés par l'UlMM et ses réseaux avec l'appui des partenaires sociaux de la branche ;
la conclusion de conventions entre les lycées professionnels et technologiques et les CFA de la branche, sous l'égide des UIMM territoriales, dans un souci d'optimisation des ressources."»


Ainsi le texte qui fixe le début de l'expérimentation du Bac pro en 3 ans est une Convention générale de coopération entre l'EN et l'UIMM., le syndicat patronal de la métallurgie.
C'est une info SUD-Education (avril mai 2008). Merci bien.


* Mille colombes. Un grand moment d'éducation civique et culturelle.



*Enfin, il faut bien écouter cet entretien d'Emmanuel Todd. Vous avez le temps pendant ce grand week end. D'abord parce que l'analyse de l'oeuvre de Sarkozy est intéressante, ensuite parce qu'il dit que la fracture sociale de Chirac n'a jamais existé (alors que c'est lui qui l'a inventée, enfin parce qu'il remet clairement en cause la société libérale. Alors là, c'est un retournement...
Une vidéo Ru89-France info.


|