Et bonnes vacances...
Les collèges et lycées publics, notamment ceux des académies de Lille, Créteil et Versailles, perdront 8.830 postes équivalents temps plein d'enseignants à la rentrée 2008, selon le projet ministériel de carte scolaire, dont l'AFP a obtenu copie mercredi.
En revanche, 700 créations de postes sont prévues pour l'école primaire et 300 pour les infirmières scolaires.
Ces 8.830 suppressions nettes en collèges-lycées font partie des 11.200 prévues dans la loi de finances 2008 adoptée dans la nuit de mardi à mercredi, les autres, soit environ une sur cinq, étant pour l'essentiel à la charge de l'enseignement privé sous contrat.
Ce document préparatoire sera examiné vendredi par le comité technique paritaire mixte (CTPM), puis les répartitions des créations-suppressions par académies seront transmises aux recteurs, à charge pour eux d'opérer la répartition par département, puis par établissement.
Dans le détail, 1.500 postes sont supprimés au titre de la baisse des effectifs d'élèves dans le second degré (environ 34.000, essentiellement au lycée) et 1.700 au titre de la "rationalisation des moyens" (disciplines en surnombre notamment).
Par ailleurs, 3.500 équivalents temps plein sont "transformés" en 63.000 heures supplémentaires revalorisées et défiscalisées.
Enfin, 2.130 enseignants partant à la retraite ne seront pas remplacés par le biais d'une diminution de plus de 4.000 postes aux concours de recrutement. Son concours en poche, un jeune professeur stagiaire n'effectue en effet que 8 heures devant élèves.
La répartition par académie de la suppression des stagiaires ne figure pas dans le document préparatoire, le ministère n'ayant pas encore affiché le nombre de postes aux concours pour la session qui commence fin janvier.
S'ajoutent 400 suppressions de postes administratifs et 300 de surveillants (MI-SE).
Toujours dans le second degré, 6.000 assistants pédagogiques (non statutaires) supplémentaires assureront plusieurs heures par semaine d'"accompagnement éducatif" auprès des élèves de collèges, dont 1.000 dès janvier dans l'éducation prioritaire.
Comme en 2007, l'académie de Lille est la plus touchée en valeur absolue avec en tout 687 suppressions de postes (sur 27.000 enseignants), sans compter donc les emplois de stagiaires. Juste derrière, Créteil perd 637 postes (sur 29.000), puis Versailles (578 postes en moins sur 34.600).
En proportion, l'académie d'Amiens perd près de 2% de ses effectifs enseignants, de même que la Martinique.
A l'inverse, les académies de Montpellier, Toulouse, Corse et Guadeloupe sont relativement épargnées.
Du côté du primaire, "il a été décidé qu'aucune académie ne connaîtrait de retrait de moyens à la rentrée scolaire 2008", précise le ministère dans le document, en raison des augmentations d'effectifs élèves (17.000 enfants supplémentaires attendus).
Au grand dam des syndicats, les rectorats ont reçus la consigne de Xavier Darcos de n'entamer les concertations avec les mairies sur les créations-suppressions de classes sur le terrain qu'après les élections municipales de mars.
* Au rapport. Celui du jour est de Bentolila sur la maternelle. En voici les annonces (toujours d'après l'AFP) :
Un rapport préconise la scolarité obligatoire à 3 ans, en maternelle
Le linguiste Alain Bentolila préconise dans un rapport sur l'école maternelle qu'il doit remettre mercredi à Xavier Darcos "un nouveau mot par jour", la "scolarité obligatoire à trois ans" mais déconseillée à deux, ou encore "un pacte entre les parents et la maternelle".
Commandé fin septembre par le ministre, ce rapport, ainsi que les conclusions d'un groupe de travail piloté par la Direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco) et réunissant syndicats et parents d'élèves, doit donner lieu à des mesures "début 2008", selon le ministère.
Le célèbre linguiste préconise en premier lieu que la maternelle soit inscrite dans la scolarisation obligatoire, aujourd'hui entre 6 et 16 ans. En revanche, il recommande un "désengagement progressif" de la scolarisation à deux ans.
M. Bentolila souhaite que les apprentissages de la langue prennent une place plus importante, afin que les enfants arrivent au CP avec "un degré de lucidité" suffisant sur le fonctionnement du langage pour "entrer dans l'écrit".
Il recommande également l'apprentissage d'"un nouveau mot par jour", ainsi que la lecture de textes par les enseignants, "deux fois par jour".
Par ailleurs, parmi ses quinze recommandations, il préconise un "pacte" avec "des rencontres individuelles obligatoires avec les parents en début d'année et chaque trimestre", ainsi qu'une meilleure "formation" initiale et continue des enseignants, avec un module spécifique de 50 heures "obligatoires".
Enfin, il suggère la rédaction de "programmes" de l'école maternelle qui détailleraient "pour chacune des trois années (...) les progressions spécifiques".
* Sinon, comme tout le monde le sait, grève le 24 janvier. Meilleur communiqué (c'est le cas de le dire) de presse pour le Snalc :
MARRE DE SE FAIRE BAISSER !
Le SNALC-CSEN, deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré, participera activement à la journée de grève dans la fonction publique le 24 janvier 2008, afin de protester contre la politique salariale en trompe-l’œil du gouvernement : lorsque l’évolution de l’indice de traitement mensuel brut de base des fonctionnaires est de 1,7% en 2007 et celle de l’ indice des prix à la consommation de 2,4% (source Insee), la seule augmentation qui existe est celle de … la baisse !
[et il va y avoir de l'action, lisez la suite :]
Par ailleurs, le SNALC-CSEN appelle tous les personnels à agir ce 24 janvier auprès de l’Elysée, de Matignon, des ministères de l’Education nationale et de la Fonction publique, des rectorats, des inspections académiques et des inspections départementales, en envoyant par mail des messages exprimant leur mécontentement.
Retenez-moi ou je fais un mail-heur...