Temps (trop) fort
(sur le site de l'UNSA)
"Les instances de l’UNSA Education, réunies le 16 juin, ont décidé de proposer à l’ensemble des fédérations, syndicats et associations qui défendent le service public d’éducation l’organisation d’une journée nationale d’action, courant octobre 2008, sous forme d’une manifestation nationale pour exiger une autre ambition pour l’Ecole. L’UNSA Education souhaite que cette proposition rallie l’ensemble des acteurs qui luttent contre des budgets de régression et des mesures qui affaiblissent le service public d’éducation.
L'UNSA Education
propose une initiative en octobre
Les instances de l’UNSA
Education, réunies le 16 juin, ont décidé de proposer
à l’ensemble des fédérations, syndicats et
associations qui défendent le service public
d’éducation l’organisation d’une journée nationale
d’action, courant octobre 2008, sous forme d’une
manifestation nationale pour exiger une autre
ambition pour l’Ecole.
L’UNSA Education souhaite que cette proposition
rallie l’ensemble des acteurs qui luttent contre des
budgets de régression et des mesures qui
affaiblissent le service public d’éducation. Elle
souhaite que les soutiens les plus nombreux se
manifestent autour de cette initiative et que, dès la
rentrée, des mobilisations l’accompagnent ainsi
qu’une large campagne d’information, par divers
moyens, soit mise en oeuvre. L’UNSA Education
s’adressera à tous les partenaires
qui souhaitent défendre et moderniser le service
public d’éducation afin qu’il puisse assurer égalité
et cohésion sociale."
* Les
enseignants à l'hôtel pour les corrections du bac
? Déjà des tensions
dans la future organisation de l'an prochain.
C'est le Figaro qui le dit. On se demande comment
en effet cette réforme peut amener des économies,
alors que les correcteurs toucheront plus d'argent
par copie (mais en auront moitié moins à corriger)
et qu'il faudra leur payer des frais de
déplacement supplémentaires. A moins que les
économies ne soient ailleurs...
Le figaro - "Le nouveau système de correction de
copies du baccalauréat, qui regroupe les enseignants
dans les centres d'examen, vise à gagner du temps.
Dans plusieurs académies, des enseignants ne
décolèrent pas et vont jusqu'à dénoncer un «flicage
inutile». Pour gagner du temps, en raison de la
reconquête du mois de juin et donc du recul des dates
du bac d'une semaine, ils doivent désormais corriger
les copies au sein même des lycées centres d'examen.
Dans l'académie de Besançon, par exemple, ils
enchaînent commission d'entente, corrections puis
commission d'harmonisation des notes au même endroit
pendant trois à quatre
jours. Le rectorat leur paie donc des nuits d'hôtel
sur place ou leur rembourse des frais de
déplacement, car beaucoup viennent d'autres villes de
l'académie.
«En quoi le fait de
réunir les professeurs permet-il d'aller plus
vite ? Allons-nous corriger plus
efficacement ? Rien n'est moins sûr»,
explique Jean-Luc, un enseignant d'anglais qui a une
cinquantaine de copies à corriger. Un professeur
d'histoire-géographie explique quant à lui qu'il est
«incapable de corriger pendant huit heures d'affilée.
Quand on a devant soi des écritures illisibles, je
peux vous dire que ça fait mal à la tête . Mais je
n'ai pas le choix.» Il
s'interroge sur les frais de nuits d'hôtel et sur les
500 % d'augmentation accordés aux enseignants
cette année par copie. (...)
«Infantilisant»
Au rectorat, on fait valoir que la présence des
inspecteurs d'académie par discipline devrait
faciliter l'harmonisation des notes. Et le remboursement des frais
d'hébergement ne devrait pas dépasser les frais de
transport versés jusqu'à présent. À Rouen, un
système de correction semblable a été évoqué un
temps, avant d'être rejeté en raison du manque de
souplesse invoqué par les enseignants. Dans
l'académie d'Amiens, le rectorat profite de
l'expérimentation pour tester «des formes plus
dynamiques de correction» dans certaines matières.
Les enseignants sont regroupés en ateliers placés
sous l'autorité d'un inspecteur pendant un à deux
jours. «Nous tentons l'expérience depuis trois ans.
Au début, les professeurs, méfiants, considéraient
qu'on ne leur faisait pas confiance. Mais maintenant,
ça se passe bien», affirme une inspectrice régionale
d'anglais.
Au Snes, syndicat d'enseignants, on juge néanmoins ce
nouveau système «inutile» et «infantilisant». David
Roou, professeur d'histoire-géographie à Mende
(Lozère), craint une correction de moindre qualité
même si elle permet de gagner un peu de temps.
«Corriger entre 35 et
40 copies en deux jours et demi, alors qu'on en
corrigeait auparavant environ 80 en une dizaine de
jours, la correction risque d'être quelque peu
bâclée !»
[pour info, au
Brevet des collèges, en Histoire géo, les correcteurs
ont souvent entre quarante et cinquante copies à
corriger en 2 jours, copies qui n'ont rien à voir
avec celles du bac (mais pour le brevet on est
quasiment pas payé en plus). Il s'agit clairement
d'améliorer la "performance" des correcteurs du
Bac...]
Les réformes, ça déconne ?
* La fin de la carte scolaire aggrave la ségrégation. C'est un rapport de l'E.N. que Le Monde publie aujourd'hui. C'est là. Mais pour Darcos, c'est de la daube ce rapport. Voici ce qu'il dit à l'AFP :
Rapport sur carte scolaire et ghettos: "double ânerie" (Darcos)
Xavier Darcos a parlé mercredi de "double ânerie" après la publication la veille dans la presse d'un rapport de deux inspecteurs généraux de l'Education évoquant une ghettoïsation aggravée du fait de l'assouplissement de la carte scolaire.
Au cours de l'émission "Questions d'info/France Info/LCP", le ministre a noé que "ce rapport a été écrit au moment où nous commencions tout juste, dans les quelques jours qui ont suivi la rentrée".
"Evidemment", ce qui a été perçu, c'est que "les élèves ont cherché à quitter les établissements les plus difficiles". "En conséquence, on avait le sentiment que ces établissements allaient devenir un peu plus des ghettos", a observé M. Darcos.
Mais "ce n'est pas en une semaine que ça se fait, la carte scolaire, c'est un très vaste projet" qui, "petit à petit, va répartir les aides différemment", s'est exclamé le ministre.
"C'est une double ânerie", a-t-il tranché. Premièrement, "parce qu'on ne me persuadera jamais, même pas mes inspecteurs généraux, que c'est une liberté plus grande que d'être assigné à résidence dans un établissement, au lieu de choisir l'établissement qu'on veut".
Deuxièmement, "ce rapport ne tient pas compte d'un phénomène central: lorsque des établissements ont commencé à perdre des élèves, nous avons décidé de leur maintenir les moyens", a expliqué le ministre.
"On ne peut pas décider au mois de septembre 2007 qu'une décision prise quelques jours avant est de nature à favoriser des ghettos. Il faut voir sur une longue échelle ces établissements qui vont conserver des moyens en perdant des élèves". "Evidemment, ils vont renverser la vapeur".
Donc "ce rapport que j'avais moi-même commandé, il ne me paraît pas présenté de bonne manière", a dit M. Darcos.
Donc, les rapports, on s'en fiche. C'est marrant, ça ne marche pas à tous les coups ça...
* On n'a plus le Shoah en CM2, c'est Libé qui nous le dit ici. Le parrainage de la mémoire d'un petit déporté, c'est fini.
Un projet de circulaire de Xavier Darcos enterre, avec des baguettes, l'idée de Nicolas Sarkozy de «confier la mémoire des enfants français déportés» à «tous les élèves de CM2».
* Le mois de juin, par contre, il l'a dans l'os (avant que cela change, là aussi tout est possible).
Darcos: en 2009, le mois de juin "reconquis" pour le travail scolaire
Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, a assuré mercredi que l'an prochain, le mois de juin serait "reconquis" pour le travail des lycéens, au lieu d'être perturbé par l'accueil des épreuves du baccalauréat.
Au cours de l'émisson Questions d'info (LCP/France Info/AFP), M. Darcos a observé qu'en 2008, la situation s'était normalisée déjà "dans quatre académies et deux départements" où est expérimentée "la reconquête du mois de juin". "Nous allons le généraliser l'an prochain".
C'est à dire que "les épreuves se passeront plus tard, les examens ne se passeront pas dans les établissements scolaires et seront surveillés par des personnes qui ne sont pas des enseignants", a précisé le ministre.
"Et donc les enseignants continueront à faire cours et corriger les copies du bac en même temps et nous les paierons beaucoup mieux - 5 euros par copie - et les conseils d'orientation et les conseils de classe seront repoussés aussi", a-t-il poursuivi.
"L'an prochain, on peut considérer que le mois de juin aura été reconquis", a-t-il promis.
"Ce n'est pas rien", a lancé M. Darcos. "Un mois d'école de plus, pour des élèves qui sont dans des établissements qui sont centres d'examen depuis la classe de 6ème, c'est six à sept mois de plus".
"Un mois de classe au lycée, ça coûte un milliard d'euros ou 250 millions par semaine", a-t-il noté.
Ben alors, pour faire des économies il faut le supprimer ce mois de juin...
Ou alors supprimer le bac comme
* T'es handicapé ? Bien passe ton bac d'abord, et si t'as de la chance, t'auras ton ordi.
Xavier Darcos offre un ordinateur à 200 bacheliers handicapés.
Communiqué de presse - Xavier Darcos
19/06/2008
"Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, souhaite encourager la poursuite d'études des lycéens handicapés et leur éviter des démarches administratives très lourdes lorsqu'ils accèdent à l'enseignement supérieur.
A cet effet, le ministre vient de décider la cession pure et simple du matériel informatique prêté par l'état aux lycéens handicapés.
Au niveau national, chaque année, environ 200 élèves de terminale perdent leur matériel en quittant le lycée. Constatant les nombreuses démarches administratives qu'un élève en situation de handicap est amené à faire pour renouveler son matériel après son baccalauréat (il lui faut des mois pour attester de ses besoins, solliciter des devis, attendre les divers accords), Xavier Darcos a décidé de ne plus réclamer le matériel adapté dès lors que l'élève a été reçu à son baccalauréat.
Ce transfert, très attendu par les familles, permettra d'améliorer la continuité du parcours scolaire des lycéens handicapés."
Et si il n'a pas le bac, on lui retire tout ! Non mais ce n'est pas l'armée du salut notre nouvelle France qu'on a. Déjà qu'on aide ces salauds de chômeurs qui ne veulent pas travailler... c'est encore Libé qui le dit.
Récapitulons : qui a signé ?
* Ont signés :
La FSU (tendance Unité et Action & Ecole Emancipée)
l'UNSA
le SGEN-CFDT
Le SNALC
* Ont refusé de signer :
SUD (voir là)
FO (voir là)
La CGT (ce matin)
Avec un extrait de la déclaration de la CGT, la plus claire :
"Ce texte n’est qu’un
concentré du rapport Pochard, à peine édulcoré pour
le rendre un peu plus présentable. Cette "réforme" du
lycée a, comme la destruction des BEP, une logique
purement comptable : le gouvernement cherche à
trouver les dispositifs lui permettant de supprimer
20.000 postes par an pendant 4 ans ! La réforme
nécessaire des lycées ne peut se faire dans le cadre
fixé par la RGPP de suppressions massives
d’emploi."
Ces
derniers vont-ils faire un front uni ? Sans doute que
non car, SUD, le petit nouveau qui monte est dénigré
par les deux autres, FO ne peut s'entendre avec la
CGT car se sont des énemis jurés et c'est vrai
Thibault a eu tendance à tout singer ces derniers
temps, la CGT elle ne veut pas perdre sa place de
leader et de partenaire syndical (partenaire, c'est
bien le problème).
Bref, victoire
totale pour le gouvernment.
* Ca c'est de la
réforme. Vous le
savez certainement, on va donner des
places de cinéma aux élèves qui restent en cours en
juin. Retour en
musique sur ce point :
Lycée en juin
En gros, une évolution en plusieurs temps :
- externalisation du bac dans un premier temps, dans l'espace (vers les lycées privés) comme pour les profs (on prendra bien des retraités pour surveiller).
- le poids du nouveau système reposera sur les profs : moins de temps pour corriger, et avec en plus les classes de seconde a assurer. Mais ils seront mieux payés.
- puis évolution (nécessaire) du bac en lui même : comme tout va être très lourd (largement autant qu'aujourd'hui mais en moins de temps) on ira vers le contrôle continu.
Tiens ils n'ont pas encore pensé aux vigiles. Se serait une idée non ?
*Pendant ce temps là dans l'US (mensuel du SNES-FSU) on découvre que le gouvernement veut que le bien du système et oeuvre à l'amélioration du lycée. C'est d'ailleurs pour cela que ledit syndicat a signé les points de convergence et les principes directeurs de la réformes du lycée.
C'esy l'US 668, en pdf ici (page 4-5)
En effet, dit le journal, les réformes
- ne "sont pas conditionnées ou pilotées par la volonté gouvernementale de réduction de l'emploi public" (ah bon, c'est pour quoi alors ?)
- "n'imposent pas des solutions préétablies" (et le rapport Pochard, c'est quoi ?)
- "n'induisent pas de transformations non débattues" (id., et c'est sur une fois à la tables de négociation elles seront débattues et ce sera trop tard).
Alors, bêtes, naïfs ou cons au SNES ?