Les arts à l'école : à quand la fin ?
"En attendant leur annonce officielle, Le Figaro , qui a pu se procurer le rapport, en livre quelques orientations. À travers vingt propositions et huit recommandations, Éric Gross revient sur la nécessité de proposer «un parcours construit, cohérent et progressif » tout au long de la scolarité des enfants. Il souligne l'obligation du partage des responsabilités entre les deux ministères et les collectivités locales, désormais de véritables acteurs en ce domaine. À côté de mesures symboliques, comme la possibilité pour chaque élève de France de pouvoir visiter quelques-unes des institutions majeures de la nation, Éric Gross évoque également la formation des enseignants ou l'ouverture des écoles sur le monde de la culture.
La formation des professeurs . Outre la formation obligatoire des stagiaires et la formation continue des professeurs en matière artistique et culturelle, le rapporteur préconise de créer symboliquement une section «histoire de l'art» aux concours de l'agrégation et au Capes. Il demande la gratuité d'accès à 34 musées et 100 monuments pour les enseignants.
Un portail public. Éric Gross propose la création d'un grand portail interministériel de l'éducation artistique et culturelle sur lequel les enseignants s'informeront et échangeront leurs expériences. Pour un meilleur accès, il préconise également la gratuité des ressources numériques publiques sur ces thèmes.
Un projet par établissement . Le rapporteur propose que chaque établissement travaille autour d'un projet artistique et culturel. Il suggère le développement de partenariats avec les institutions culturelles qui en feraient une mission prioritaire, ainsi que la création, au sein des établissements scolaires, de lieux de culture tels que salle d'exposition ou ciné-club.
La visite scolaire. Éric Gross suggère que tous les élèves français puissent visiter dans de bonnes conditions les hauts lieux culturels de la nation. Sont notamment évoqués le Louvre, le Musée du quai Branly, le Centre Pompidou, le Musée Guimet ou la Cité nationale de l'immigration. Pour faciliter ces visites, le rapporteur préconise la création d'un centre d'hébergement près de Paris il cite l'île Seguin pour les classes de province.
Cours de musique et de pratique artistique. L'art s'enseigne aussi en dehors de l'école. Le rapporteur rappelle que les parents peuvent utiliser les dispositifs de la loi de 2005 sur les services à la personne, comme le crédit d'impôt et le paiement par chèque-emploi pour les cours de pratique artistique qu'ils font personnellement donner à leurs enfants.
Écoles d'art. Le rapporteur préconise d'ouvrir les écoles d'art nationales et territoriales aux enfants, qui pourraient ainsi bénéficier de leur potentiel pédagogique et de leurs locaux. "
Je proposerais bien
au Figaro de rajouter une dernière rubrique connexe à
leur article :
Supprimer les capes d'art plastique et d'éducation
musicale. C'est la
conclusion qui manque juste...
Salut les artristres !
Si la droite le dit...
* Dans le figaro un long article nous apprend comment les recteurs s'organisent pour réduire l'impact du bac en juin. On en sait un peu plus que ce qu'ils avaient dit il y a quelques semaines à la sortie du ministère. Extrait :
"Finalement, les recteurs sont tombés d’accord pour optimiser les locaux des établissements. L’idée est de libérer des salles de classe pour que les lycéens de première et seconde puissent continuer à suivre leurs cours. Davantage de lycées seront érigés en centres d’examen. Le rectorat de Besançon souhaite ainsi doubler leur nombre en faisant davantage appel à des établissements privés et aux lycées qui ont de la place pour accueillir plus d’élèves. Le rectorat songe même à acheter des tables d’une personne au lieu des habituelles tables à deux places, utilisées par un seul élève lors du bac pour éviter les fraudes. Ceux qui ne passent pas le bac pourraient être regroupés dans d’autres établissements.
Pour Michel Richard, secrétaire national du syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN), l’intention du ministère est louable mais «complexe à mettre en place» : si, aujourd’hui, les lycées ne font pas cours pendant les épreuves du bac, c’est parce que «la quasi-totalité des salles sont occupées et tous les professeurs, sollicités». Difficile selon lui de faire cohabiter le bac et les cours habituels : «Les bacheliers doivent pouvoir passer l’examen en toute sécurité. En cas de bruit, certains ne manqueraient pas de porter plainte...»
Surcroît de travail
Le
deuxième défi pour le ministère est de dégager les
enseignants des tâches de surveillance pour qu’ils se
reconcentrent sur les classes de première et seconde
: «Leur
métier, c’est de faire cours ! Pas de surveiller
quatre heures d’examen»,
affirme-t-on dans l’entourage de Xavier Darcos.
D’autres personnels que ceux de l’Éducation nationale
pourront être sollicités, comme des surveillants,
des enseignants en retraite ou des étudiants. Mais
les surveillants ne peuvent «rester seuls, sans la
tutelle d’un enseignant de la discipline concernée»,
objecte le recteur de Rouen. Au
ministère, on estime que l’enseignant pourrait venir
«les dix premières minutes d’examen le temps de
vérifier qu’il n’y a pas d’erreurs dans les sujets».
Le report
des conseils de classe de seconde à la fin juin,
toujours pour gagner du temps sur les cours, ne sera
pas évident à organiser selon le SNPDEN, car le choix
d’orientation, l’affectation, l’inscription,
l’éventuel recours des parents et leur réception par
le chef d’établissement devront tenir en quinze jours
au lieu d’un mois : «Cela
imposera aux parents et aux enseignants de partir
plus tard en vacances», prévoit
le syndicat."
*
Dans le
même article du même journal on apprend aussi
que la
réforme du bac est repoussée. Il n'y aura pas
d'annonce en janvier, mais
que en mai.
"
Pour les
chefs d’établissement, la question de la
réorganisation du bac pose nécessairement celle de sa
simplification car c’est selon eux «un plus petit
nombre d’épreuves qui permettrait de remettre les
professeurs devant les élèves». Pour le
moment, la réforme des filières du bac annoncée pour
janvier a été reportée au mois de
mai. Le
sujet, est, il est vrai, plus que sensible."
*
Le
conseil régional d'Alsace, le seul à droite,
s'inquiète
sérieusement (après celui de Bretagne) de l'avenir
des
formations courtes du type BEP.
AFP — La
Région Alsace, inquiète de la réforme du baccalauréat
professionnel qui induit la suppression d'un grand
nombre de brevets d'enseignements professionnels
(BEP), réclame "une concertation large" avec le
recteur, dans une motion rendue publique mercredi à
Strasbourg.
La
"généralisation subite du bac pro en trois ans" au
lieu de quatre et la suppression, "sans réelle
concertation", d'un "nombre très important" de
sections préparant en deux ans au BEP, suscitent
"l'émoi autant des élèves et de leurs familles que
des personnels de l'enseignement professionnel déjà
touchés par des suppressions de postes", selon la
motion déposée par l'intergroupe PS-Verts et adoptée
à l'unanimité.
Le
Conseil régional d'Alsace, à majorité de droite, se
dit "préoccupé face à
ce bouleversement en cours qui impacte directement ou
indirectement toute la formation professionnelle
initiale par la voie scolaire ou par
l'apprentissage".
Il souhaite que le recteur de l'académie de
Strasbourg "assure une concertation large sans
laquelle l'adhésion des familles, des élèves, des
personnels et des acteurs économiques ferait défaut",
selon le texte.
Et bonnes vacances...
Les collèges et lycées publics, notamment ceux des académies de Lille, Créteil et Versailles, perdront 8.830 postes équivalents temps plein d'enseignants à la rentrée 2008, selon le projet ministériel de carte scolaire, dont l'AFP a obtenu copie mercredi.
En revanche, 700 créations de postes sont prévues pour l'école primaire et 300 pour les infirmières scolaires.
Ces 8.830 suppressions nettes en collèges-lycées font partie des 11.200 prévues dans la loi de finances 2008 adoptée dans la nuit de mardi à mercredi, les autres, soit environ une sur cinq, étant pour l'essentiel à la charge de l'enseignement privé sous contrat.
Ce document préparatoire sera examiné vendredi par le comité technique paritaire mixte (CTPM), puis les répartitions des créations-suppressions par académies seront transmises aux recteurs, à charge pour eux d'opérer la répartition par département, puis par établissement.
Dans le détail, 1.500 postes sont supprimés au titre de la baisse des effectifs d'élèves dans le second degré (environ 34.000, essentiellement au lycée) et 1.700 au titre de la "rationalisation des moyens" (disciplines en surnombre notamment).
Par ailleurs, 3.500 équivalents temps plein sont "transformés" en 63.000 heures supplémentaires revalorisées et défiscalisées.
Enfin, 2.130 enseignants partant à la retraite ne seront pas remplacés par le biais d'une diminution de plus de 4.000 postes aux concours de recrutement. Son concours en poche, un jeune professeur stagiaire n'effectue en effet que 8 heures devant élèves.
La répartition par académie de la suppression des stagiaires ne figure pas dans le document préparatoire, le ministère n'ayant pas encore affiché le nombre de postes aux concours pour la session qui commence fin janvier.
S'ajoutent 400 suppressions de postes administratifs et 300 de surveillants (MI-SE).
Toujours dans le second degré, 6.000 assistants pédagogiques (non statutaires) supplémentaires assureront plusieurs heures par semaine d'"accompagnement éducatif" auprès des élèves de collèges, dont 1.000 dès janvier dans l'éducation prioritaire.
Comme en 2007, l'académie de Lille est la plus touchée en valeur absolue avec en tout 687 suppressions de postes (sur 27.000 enseignants), sans compter donc les emplois de stagiaires. Juste derrière, Créteil perd 637 postes (sur 29.000), puis Versailles (578 postes en moins sur 34.600).
En proportion, l'académie d'Amiens perd près de 2% de ses effectifs enseignants, de même que la Martinique.
A l'inverse, les académies de Montpellier, Toulouse, Corse et Guadeloupe sont relativement épargnées.
Du côté du primaire, "il a été décidé qu'aucune académie ne connaîtrait de retrait de moyens à la rentrée scolaire 2008", précise le ministère dans le document, en raison des augmentations d'effectifs élèves (17.000 enfants supplémentaires attendus).
Au grand dam des syndicats, les rectorats ont reçus la consigne de Xavier Darcos de n'entamer les concertations avec les mairies sur les créations-suppressions de classes sur le terrain qu'après les élections municipales de mars.
* Au rapport. Celui du jour est de Bentolila sur la maternelle. En voici les annonces (toujours d'après l'AFP) :
Un rapport préconise la scolarité obligatoire à 3 ans, en maternelle
Le linguiste Alain Bentolila préconise dans un rapport sur l'école maternelle qu'il doit remettre mercredi à Xavier Darcos "un nouveau mot par jour", la "scolarité obligatoire à trois ans" mais déconseillée à deux, ou encore "un pacte entre les parents et la maternelle".
Commandé fin septembre par le ministre, ce rapport, ainsi que les conclusions d'un groupe de travail piloté par la Direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco) et réunissant syndicats et parents d'élèves, doit donner lieu à des mesures "début 2008", selon le ministère.
Le célèbre linguiste préconise en premier lieu que la maternelle soit inscrite dans la scolarisation obligatoire, aujourd'hui entre 6 et 16 ans. En revanche, il recommande un "désengagement progressif" de la scolarisation à deux ans.
M. Bentolila souhaite que les apprentissages de la langue prennent une place plus importante, afin que les enfants arrivent au CP avec "un degré de lucidité" suffisant sur le fonctionnement du langage pour "entrer dans l'écrit".
Il recommande également l'apprentissage d'"un nouveau mot par jour", ainsi que la lecture de textes par les enseignants, "deux fois par jour".
Par ailleurs, parmi ses quinze recommandations, il préconise un "pacte" avec "des rencontres individuelles obligatoires avec les parents en début d'année et chaque trimestre", ainsi qu'une meilleure "formation" initiale et continue des enseignants, avec un module spécifique de 50 heures "obligatoires".
Enfin, il suggère la rédaction de "programmes" de l'école maternelle qui détailleraient "pour chacune des trois années (...) les progressions spécifiques".
* Sinon, comme tout le monde le sait, grève le 24 janvier. Meilleur communiqué (c'est le cas de le dire) de presse pour le Snalc :
MARRE DE
SE FAIRE BAISSER !
Le
SNALC-CSEN,
deuxième syndicat le plus représenté chez les
professeurs du second degré, participera
activement à
la journée de grève dans la fonction publique le 24
janvier 2008, afin de protester contre la politique
salariale en trompe-l’œil du gouvernement :
lorsque l’évolution de l’indice de traitement mensuel
brut de base des fonctionnaires est de 1,7% en 2007
et celle de l’ indice des prix à la consommation de
2,4% (source Insee),
la seule augmentation qui existe est celle de … la
baisse !
[et il va y avoir
de l'action, lisez la suite
:]
Par ailleurs, le
SNALC-CSEN appelle
tous les personnels à agir ce 24 janvier auprès de
l’Elysée, de Matignon, des ministères de l’Education
nationale et de la Fonction publique, des rectorats,
des inspections académiques et des inspections
départementales,
en envoyant par mail des messages exprimant leur
mécontentement.
Retenez-moi
ou je fais un mail-heur...
Darcoseries au coin du peu
*Protocole de discussion de la pédale douce. C'est à la mode ces protocoles (voir aussi ici on en parlait pour le primaire), Darcos remet ça avec les syndicats pour la réforme du Bac Pro. Cela veut dire, qu'il y a des gens qui pensent qu'il y a des trucs à négocier... Voyez plutôt la dépêche AFP :
Bac pro: signature d'un "protocole de discussion" mardi entre Darcos et des syndicats
Le ministre de l'Education Xavier Darcos et plusieurs syndicats vont signer mardi un "protocole de discussion" sur l'organisation de la réforme du bac professionnel en trois ans, a-t-on appris lundi de sources concordantes.
Le Snetaa-EIL (majoritaire), le SE-Unsa et le Sgen-CFDT, ont indiqué à l'AFP qu'ils allaient signer mardi avec M. Darcos un "protocole de discussion" sur la rénovation de l'enseignement professionnel, dont le bac professionnel, dans la mesure où ils disent avoir des garanties du ministre.
Il s'agit que celui-ci formule des "signes d'apaisement" sur la mise en oeuvre de sa réforme de ce bac professionnel en trois ans (au lieu de quatre).
Un quatrième syndicat, le Snalc-Csen (minoritaire), s'est aussi dit "prêt à signer", dans un communiqué. (...)
Selon les syndicats, M. Darcos a indiqué qu'il allait diffuser "une nouvelle note aux recteurs" qui prévoit de "mettre la pédale douce" (Sgen-CFDT) sur cette augmentation du nombre d'élèves accueillis en bac pro à la rentrée 2008, voire de "geler la situation pour 2008" (Se-Unsa), et de se donner "le temps de la réflexion".
Pourquoi toujours cette volonté de gérer la pénurie ? je vous le demande...
*Négociations dans l'enseignement agricole. C'est parti, ce mercredi, alors que les mouvements ici et là se multiplient.
AFP - Ouverture de négociations mercredi dans l'enseignement agricole public
Des négociations sur l'enseignement agricole public vont s'ouvrir mercredi entre le ministère de l'Agriculture et quatre syndicats, ont annoncé ceux-ci lundi dans un communiqué commun.
A l'appel d'une intersyndicale (Snetap-FSU, Sfoerta-FO, Syac-CGT et Sud Rural), 600 personnes selon les organisateurs, 500 selon la police - enseignants, parents d'élèves et lycéens - avaient manifesté vendredi à Paris pour protester notamment "contre la baisse des moyens dans l'enseignement agricole".
La direction du cabinet (du ministère de l'Agriculture) "nous a annoncé que des négociations seraient ouvertes par le cabinet du ministre avec l'intersyndicale le mercredi 19 décembre, sur l'ensemble des points à l'ordre du jour" vendredi, écrit l'intersyndicale.
Ces points sont: "le maintien des classes de 4e et 3e dans l'enseignement agricole public, un moratoire sur les fermetures", "la précarité et la situation dégradée de l'emploi des contractuels et des vacataires", "le régime indemnitaire des TOS (techniciens et ouvriers de service)", ou encore "la question des mutations d'office", précise-t-elle.
*Enfin, Louis (de France) fait chauffer la carte scolaire londonienne. C'est Libé qui nous apprend comment on naît libre et égaux en droit, mais certains plus que d'autres, bien sûr.
Le lycée français de Londres «pousse les murs» pour Louis Sarkozy
Louis Sarkozy a été inscrit au Lycée français de Londres alors que les listes d'attente étaient closes depuis longtemps.
Foi
*Souvenons-nous. Petit rappel de propos de présidentiable, profession de foi libérale, qui préfiguraient bien ce qu'allait être la LRU :
"
—
Vous vous fixez comme objectif de ne laisser
aucun enfant sortir du système scolaire sans
qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet
objectif ?
—
Par exemple dans
les universités,
chacun choisira sa filière, mais
l'Etat n'est pas obligé de financer les filières qui
conduisent au chômage.
L'Etat financera davantage de places dans les
filières qui proposent des emplois, que dans des
filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.
—
Si je veux faire littérature ancienne, je devrais
financer mes études ?
—
Vous avez le droit de faire littérature ancienne,
mais le contribuable n'a pas forcément à payer vos
études de
littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants
pour deux places. Les universités auront
davantage d'argent pour créer des filières dans
l'informatique,
dans les mathématiques, dans les sciences
économiques.
Le plaisir de la connaissance est formidable mais
l'Etat doit se préoccuper d'abord de la réussite
professionnelle des
jeunes. "
Voilà,
tout est dit.
Propos, avec d'autres, rappelés par le site
20minutes,
en particulier
ici.
*
Kto.
Après avoir réussi à
faire payer leurs profs par l'État,
après avoir obtenu des collectivités publiques
la prise en charge des travaux de sécurité
de
leurs établissements, après le bénéfice d'une
loi qui oblige les communes à leur verser de
l'argent (et
j'en oublie certainement),
l'enseignement catholique attaque,
décomplexé,
pour le retour de la foi.
C'est le Figaro qui nous le dit :
Dans un
document adressé fin novembre aux 250 000
établissements catholiques implantés dans le monde,
le Vatican
rappelait à tous les
responsables qu’ils ne
devaient plus se contenter de délivrer des
diplômes. Le texte
soulignait que les écoles catholiques devaient
réaffirmer leur caractère confessionnel. En France,
cette question suscite depuis longtemps pas mal de
réflexion. En haut de l’échelle, tous sont d’accord.
Il faut effectivement renforcer
la formation des religieux et des laïcs baptisés qui
travaillent dans l’enseignement
catholique.
Objectif : offrir une ouverture
chrétienne explicite aux élèves et aux
enseignants situés souvent à des années-lumière de
l’Église.
Éric de
Labarre, le secrétaire général de l’enseignement
catholique estime donc que ce texte
arrive «à point nommé». Dans une
lettre aux directeurs diocésains, il invite les
catholiques présents dans les établissements à suivre
une formation pour «mieux
articuler l’intelligence de la foi avec la tâche
professionnelle». Devant
les évêques réunis à Lourdes, il avait d’ailleurs
récemment rappelé que «dans le contexte de la laïcité
et du pluralisme religieux, il faut oser réaborder la
question religieuse dans les établissements
catholiques». Pas si simple quand on scolarise plus
de deux millions de jeunes en France qui viennent de
tous milieux et de toutes
confessions.
La suite
sur le site du Figaro.
*
Foi,
mais en crise, cette fois (ah ah).
Celle de
l'enseignant ordinaire, petit intellectuel de
base. Au delà des restrictions budgétaires, des
ambitions pédagogistes, des positions réacs, ou des
volontés de l'OCDE, la crise de
l'école actuelle n'est-elle pas tout
simplement la volonté même de la société dans
laquelle nous vivons ? Prémonitoire et très
lucide ce texte, paru en 1970, de Henri Gunsberg :
(Repris depuis
dans L'école
de la lâcheté de Maurice T. Maschino (page
215-216). Trouvé sur un forum)
"Les
professeurs seront laminés par le
système. Ils seront tenus au
plus grand conformisme, mais sous l'apparence du
renouveau : n'enseigneront-ils pas les techniques
nouvelles et n'élargiront-ils pas leur enseignement
en picorant dans la vie quotidienne?[...]
On ne lui demandera pas plus [au professeur] de
cultiver des intelligences que de tailler sur le bon
patron les futurs producteurs, consommateurs et
vendeurs. Son travail sera donc moins intense et son
enseignement très superficiel; par contre, son temps
sera dévoré par ses nouvelles tâches et il connaîtra
l'usure plus que la fatigue.
Il sera peu à peu relégué assez bas dans l'échelle
sociale [...]
Les professeurs, nivelés par leur usure, assujettis à
la machine sociale par leur nouveau statut, perdront
liberté et originalité d'esprit, et enfin,
l'intellectuel sera rejeté à son véritable rang dans
la société moderne : le dernier [...]
Ce sera un résultat logique.
Le nouvel Etat industriel [...] ne peut vivre que
grâce [...] à la vente de masse et à la manipulation
du consommateur. Il lui faut donc des clients
malléables, de préférence coulés
dans le même moule et ayant mêmes goûts, mêmes
désirs, mêmes ambitions - des hommes qui se plaisent
avant tout à se rendre et à se sentir identiques : la
nouvelle société industrielle se nourrit de
ressemblances.
Aussi l'intellectuel en est-il l'ennemi exécré [...],
il faut l'asservir et détruire son
influence."