Après Pochard...

* Depuis un certain temps (déjà) c'est au tour du Sénat de mettre son nez dans la grande réforme de l'EN. Encore une fois, la question telle quelle est posée indique déjà la réponse :

(Trouvé sur le site du Sénat, commission des affaires culturelles)

A quoi sert le baccalauréat ?

A l'initiative de M. Jacques Legendre (UMP - Nord), la commission des affaires culturelles, présidée par M. Jacques Valade (UMP - Gironde), vient de créer un groupe de travail chargé de réaliser un « état des lieux » du baccalauréat.
Le groupe est composé de :
M. Jacques Legendre, président, M. Yannick Bodin (Soc ‑ Seine‑et‑Marne), M. Pierre Bordier (UMP ‑ Yonne), M. Jean-Pierre Chauveau (UMP ‑ Sarthe), Mme Brigitte Gonthier-Maurin (CRC ‑ Hauts-de-Seine), Mme Colette Mélot (UMP ‑ Seine‑et‑Marne), Mme Catherine Morin-Desailly (UC-UDF ‑ Seine-Maritime) et M. Michel Thiollière (RDSE ‑ Loire).
Le groupe de travail s'attachera à montrer les évolutions qu'a connues cet examen, aussi bien du point de vue historique que sociologique, à un moment où la valeur du baccalauréat en tant que diplôme comme en tant que sésame vers l'enseignement supérieur fait débat.
Le groupe de travail entend
proposer des pistes de réforme qui feront l'objet d'un rapport d'information présenté au mois de juin 2008.
Et hier, (le 20/02) , ce groupe organisa une table ronde avec les représentants des parents d’élèves : Faride HAMANA, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE) ; Anne KERKHOVE, présidente de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) ; Véronique GASS-DINTROZ, présidente, et Dominique DHOGGE, membre du bureau national, de l’Union nationale des associations de parents d’élèves de l’enseignement libre (UNAPEL) ;
Cela pour auditionner Guy VAUCHEL, secrétaire national des Syndicats généraux de l’éducation nationale - Confédération française démocratique du travail (SGEN-CFDT) ; Roland HUBERT, cosecrétaire général, Mireille BRETON, secrétaire nationale, et Philippe LAUDOU, secrétaire académique, du Syndicat national des enseignements de second degré - Fédération syndicale unitaire (SNES-FSU) ; Luc BENTZ, secrétaire national de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA-Education).

Rappelons que c'est cette commission qui a auditionné au début du mois un certain Pochard et devant laquelle celui-ci a donné trois pritorités absolues d'une éventuelle réforme :
"- le développement de la responsabilité des établissements, avec la création notamment d'établissements publics dans le primaire ;
- le développement d'une gestion de proximité des enseignants ;
- la mise en place d'un temps de présence obligatoire des enseignants dans l'établissement scolaire."

*Darcos for ever. Ce pourait être aussi le titre de l'article que consacre Le Figaro au ministre de l'E.N. Une biographie rapide qui flatte tous les aspects contradictoires du personnage, vante son intelligence et ses goûts intellectels, mais lui fait dire aussi quelques gros mots pour montrer le côté prolo (d'un fils de trésorier payseur). Cependant rien sur une carrière au sein d'un establishment ou se développent de nombreux enjeux de pouvoir. Bref, un ange. C'est sur cette page là.

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Enseignement religieux à l'école publique et concours

* Personne n’y a prêté attention mais dans son discours au dîner du CRIF, le Président de la République aurait-il bel et bien annoncé qu’il entendait introduire un enseignement religieux à l’école publique ? Cette annonce a été éclipsée par celle du parrainage des enfants de la Shoa. C'est Bakchich qui nous décripte le reste du discours de Nique Ola.

"C’est l’autre bombe du discours prononcé par Nicolas Sarkozy au dîner annuel du CRIF, le 13 février. Une bombe encore plus lourde de conséquences que la proposition de confier aux élèves de CM2 la mémoire des 11 000 enfants français juifs exterminés par les nazis.
En violation du principe de séparation de l’’Eglise et de l’Etat, le
Président de la République a tout simplement annoncé son intention d’introduire à l’école publique un enseignement religieux. Une intention formulée en ces termes : « Nos enfants ont aussi le droit de rencontrer, à un moment de leur formation intellectuelle et humaine, des religieux engagés qui les ouvrent. »
C’est donc bien dans l’enceinte de l’école, lieu privilégié de la « formation intellectuelle et humaine » que cette rencontre avec des religieux doit intervenir. Le cheminement rhétorique qui conduit à cette annonce est, sur ce point, sans équivoque.
Premier mouvement, Nicolas Sarkozy se prononce pour l’enseignement d’une morale laïque à l’école. Il souligne aussitôt que morale laïque et morale religieuse sont complémentaires. Dès lors, il peut revendiquer – c’est le troisième mouvement de la démonstration – une place pour l’enseignement religieux, au moins équivalente à celle qu’occupera l’enseignement de la morale laïque.
Raisonnement dont on discerne tout de suite la faille : la laïcité, par un tour de passe-passe sémantique (laïcité/ morale laïque), devient une… confession parmi d’autres, alors qu’elle se borne à organiser leur coexistence."



*Réforme des concours : plus vite que prévu ? Plus radicale en tout cas. Voici ce que dit l'AFP d'un rapport donné ce jour. Tout ce met en place pour avoir des fonctionnaires-à-tout-faire. Avec un couplet sur les concours plus spécifiquement d'enseignement. Voir aussi ici sur le site du ministère le communiqué officiel.

Capes, agrégation: réforme en 2008 de tous les concours de l'Etat

Le gouvernement va engager en 2008 une réforme des concours d'accès à la fonction publique, qui touchera les quelque 700.000 candidats aspirant chaque année à devenir enseignant, contrôleur des impôts, infirmier, policier ou faire carrière dans l'un des 500 corps de l'Etat.
"L'objectif pourrait être de recentrer les recrutements autour
d'un nombre réduit de grands concours professionnalisés, en lieu et place des milliers de procédures annuelles qui existent actuellement" ont annoncé mardi les ministres Eric Woerth et André Santini, qui ont reçu dans la journée un rapport sur le sujet, remis par l'inspectrice générale de l'administration Corinne Desforges.
Les ministres comptent également "modifier substantiellement" les épreuves des concours, pour les rendre "plus adaptées à la recherche des compétences, pour permettre l'égalité réelle des chances entre tous les candidats et pour répondre au souci légitime des fonctionnaires d'être promus en fonction de leurs compétences professionnelles" ont ajouté les ministres.
Les concours d'entrée dans la fonction publique, dont les plus connus sont le Capes et l'agrégation pour les enseignants, sont accusés dans le rapport de Mme Desforges de nuire à la diversité des profils et de privilégier les savoirs académiques sur la valorisation des compétences professionnelles.
Le rapport de Mme Desforges montre que "
l'Etat sélectionne ses agents au lieu de les recruter", souligne le ministère, car les concours sont "des machines à sélectionner des candidats sans objectif précis en termes d'emplois à pourvoir".
Le rapport critique aussi "l'opacité" du cadre juridique des concours. "Chaque statut particulier des plus de 500 corps de l'Etat fixe des règles différentes" avec une information "difficile d'accès, éclatée et incomplète". "
Les savoirs académiques évincent par trop la valorisation d'autres compétences" ajoute le rapport.
Son auteur propose d'organiser des procédures de recrutement autour de quelques grands concours, dont
les épreuves seraient "aussi professionnalisées que possible".
Pour accroître la diversité et lutter contre les discriminations, le rapport propose également la création d'une option bac professionnel "métiers de la fonction publique" et
l'organisation d'une formation universitaire sur les savoirs de base pour entrer dans la fonction publique en catégorie A.

Délirant. Ce la confirme le fait que l'on veut des animateurs et non des enseignants capables d'argumenter leur propre discipline.


* Enfin, on attendait mieux tout de même d'un membre de l'UMP. Le site Note2be annonce qu'il va peut-être migrer à l'étranger si la législation nationale le persécute. Ca c'est du vrai esprit de la droite décomplexée qu'on a : tout est bon pour se faire de l'argent. Bravo à son fondateur membre de l'UMP. Qu'il ne viennent pas nous faire la morale.

Que d'actualité ! Et dire que c'est les vacances...

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Intuition et pédagogie ...

... font-ils bon ménage ?


*Darcos : "dès la rentrée prochaine, nous allons proposer une démarche pédagogique pour répondre à l'intuition du président de la République" (RTL, ce lundi).

Moi j'ai l'intuition qu'il pourrait bien se prendre une raclée aux prochaines élections.

*Réaction du
CVUH (voir le site là) :

Les bataillons scolaires de la mémoire (suite)


Le Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire (CVUH) a déjà largement souligné que, depuis quelques mois, le passé et l’histoire ne sont plus seulement l’objet d’une politique commémorative et d’organisation du souvenir, mais deviennent les instruments privilégiés de contrôle du débat public et de régulation de la vie politique. Nous sommes ainsi face à un pouvoir qui fait de la provocation mémorielle un système de gouvernement.

La dernière proposition présidentielle qui confie à chaque enfant de CM2 la mémoire d’un des 11000 enfants français victimes de la Shoah a suscité de nombreuses réactions critiques que nous partageons. Elles soulignent les risques d’accentuation de la communautarisation et des concurrences mémorielles, d’importation démesurée des affects dans la relation au passé, d’empiètement du pouvoir politique sur les prérogatives pédagogiques des enseignants, et enfin des conséquences psychologiques d’une telle mesure sur les enfants. Il a été remarqué à juste titre que la décision semble exclure de cette politique mémorielle les enfants juifs non nationaux. Ajoutons que l’instrumentalisation politique d’un drame aussi singulier que le génocide des Juifs, qui camoufle au passage les responsabilités de l’ensemble des acteurs de la collaboration, ne permet pas une véritable quête d’intelligibilité de cet épouvantable moment historique. Il y a bel et bien là un processus de déshistoricisation par le choc de la violence qui réduit la raison au silence.

La surenchère du lendemain à Périgueux qui impose l’apprentissage dans les écoles de l’hymne national « à l’écoute duquel ils [les enfants] devront se lever » vient confirmer une mécanique désormais bien rodée : Nicolas Sarkozy poursuit son œuvre de prestidigitateur en amalgamant la loi, la décision personnelle, la morale , l'histoire et l'émotion ou en transformant des figures historiques individuelles ou collectives en emblèmes nationaux. Cette confusion calculée repose sur l’articulation systématique du patriotisme, du sacrifice et de l’identification . La lecture de la lettre de Guy Môquet dans les Lycées a bien créé un précédent .

Le CVUH ne considère pourtant pas l’école comme un sanctuaire à l’abri de toute réflexion mémorielle, et ne dénie aucune légitimité au rôle de l’émotion dans l’enseignement de l’histoire. La transmission d’un passé tragique relève d’une combinaison délicate entre le sensible et l’analyse plus froide de la complexité de l’événement. Dans cette progressive mise à distance repose la possible compréhension. A cet égard, l’école primaire dispose déjà de nombreux outils pédagogiques pour enseigner le génocide des Juifs. Par son approche pluridisciplinaire, elle permet la rencontre entre la parole singulière portée par l’art ou la littérature et la discipline historique, et interdit toute attitude empathique passive. La mémoire de ces enfants morts mérite mieux que l’identification sous contrainte ordonnée par la mesure présidentielle.

Les incessants bricolages mémoriels du gouvernement nécessitent aujourd’hui une véritable réflexion collective sur le fonctionnement de ces nouvelles technologies
de pouvoir qui conduisent à des perspectives très inquiétantes quant aux représentations que nos sociétés produisent d’elles-mêmes et de leur histoire.

On nous signale à paraître un ouvrage de Laurence De Cock, Fanny Madeline, Nicolas Offenstadt, Sophie Wahnich (dir) , Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France, collection Passé/Présent, Agone, avril-mai 2008.


*Vidberg en grande forme ces jours-ci :

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Noubliez pas de visiter son site.

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Résistance : tout un programme (petit rappel)

Il est bon peut-être aujourd'hui de redonner de la mémoire à ce qui le mérite et non pas uniquement aux drames larmoyants de l'histoire.

Il faut donc faire bien plus que commémorer ce programme progressiste qui date de 60 ans et qui est de plus en plus d'actualité. Ca c'est du vrai redressement moral.



Voilà ce qui devrait être connu de tous les écoliers de CM2 : créer c'est résister.


Bravo Martin ! un petit Vidberg, de qualité (toujours de qualité quant il évoque la politique)

052

Noubliez pas de visiter son site.

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