Réformation
Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l'académie d'Aix-Marseille depuis juillet 2004.
Un habitué des salons parisiens de l'EN paraît-il.
* Promesses et protocole d'accord sur la rénovation de la voie professionnelle signé avec trois organisations syndicales. Et pas n'importe lesquels....
"Trois premières organisations syndicales (le SNETAA-EIL, syndicat le plus représentatif des professeurs de lycées professionnels, le SNPDEN-UNSA éducation et ID-FAEN, syndicats des chefs d'établissements) signeront avec Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, le protocole d'accord relatif à la rénovation de la voie professionnelle, le vendredi 23 mai à 12 heures.
Ce processus de signature, qui reste ouvert à d'autres organisations, est l'aboutissement des réunions engagées le 18 décembre 2007 dans le cadre du « protocole de discussion ».
La rénovation de la voie professionnelle permettra à tous les jeunes d'accéder à un diplôme de niveau V. Elle contribuera à augmenter le niveau général des qualifications en créant un « cycle de référence en 3 ans » pour l'obtention du baccalauréat professionnel. Les modalités pédagogiques et organisationnelles de la rénovation, qui visent notamment à introduire plus de souplesse en développant les passerelles entre les formations et à développer des parcours plus individualisés pour les jeunes, sont précisées dans le relevé de conclusions annexé au protocole d'accord.
Des modules de soutien et de remédiation permettront d'aider les élèves qui seraient en difficulté. En outre, il est rappelé que le diplôme du B.E.P. sera maintenu et qu'une session de rattrapage sera introduite au baccalauréat professionnel au fur et à mesure de l'avancement de la rénovation de la voie professionnelle.
La rénovation s'accompagnera d'améliorations statutaires pour les professeurs de lycées professionnels."
ah, ben alors ça va mieux....
Sinon, la question Mammouth du jour : comment entretenez-vous votre sinistrose ambiante dans votre établissement ?
Nous, on ne se regarde plus à a photocopieuse, on s'ignore dans les couloirs, on s'interroge sur le temps et la hauteur de la pelouse...
Exprimez-vous dans les commentaires...
Une journée d'action le 15 août ?
Une nouvelle journée d’action est prévue dans l’éducation le samedi 24 mai, à l’appel de 19 organisations dont la FSU, UNSA-Éducation, SGEN-CFDT, les parents d’élèves de la FCPE, l’UNL, l’UNEF, la Ligue de l’enseignement, le CRAP... avec des manifestations dans tous les départements. L’intersyndicale de l’Éducation nationale, réunie ce 19 mai, a confirmé son appel à l’action pour le 24 mai. Les fédérations de l’Éducation nationale se réuniront à nouveau pour décider des suites de l’action en fonction des réponses qui seront apportées par le gouvernement et en particulier, par le ministre de l’Éducation nationale. Côté fonction publique, la réunion des fédérations de fonctionnaires à laquelle participaient FSU, CGT, Solidaires, FO, a évoqué la piste à confirmer d’une nouvelle journée d’action à la mi-juin.
On parle déjà du 16 juin ici et là.
* La CFDT toujours plus proche de Dieu (Les échos; d'après AFP):
La CFDT signe un accord sur le dialogue social dans la Fonction publique
L'Union CFDT des fédérations syndicales de fonctionnaires (UFFA-CFDT) va signer le principal relevé de conclusions issu des négociations sur le dialogue social dans la Fonction publique, a-t-elle annoncé mardi dans un communiqué.
L'UFFA-CFDT, "à l'unanimité des fédérations qui la composent, décide de signer le relevé de conclusions relatif à la rénovation du dialogue social dans la Fonction Publique". "Ce relevé de conclusions vise à une rénovation en profondeur des relations professionnelles dans les trois versants de la Fonction publique", précise la deuxième organisation syndicale de fonctionnaires, estimant que les "mesures clés" du texte "vont permettre d'apporter par la négociation des réponses concrètes et pertinentes aux attentes des agents".
L'union syndicale souligne par ailleurs qu'elle ne signera pas le second volet relatif à la modification des commissions administratives paritaires (CAP), instances consultatives chargées de gérer la carrière professionnelle des agents. A l'issue d'une ultime séance de négociation sur le dialogue social dans la Fonction publique, le 6 mai, le gouvernement avait remis aux organisations syndicales deux projets d'accord, comportant des "avancées" selon les syndicats, qui ont jusqu'à vendredi pour se prononcer.
Le premier relevé de conclusions prévoit notamment de renforcer le poids des élections pour mesurer la représentativité des syndicats et de mieux prendre en compte les voix des agents non titulaires. Le second relevé sur les CAP rencontre l'opposition unanime des syndicats qui craignent que ces instances ne perdent une partie de leurs prérogatives. (source AFP)
*En attendant le grand jour de la grève générale, une sélection musicale pour patienter (à retrouver aussi sur la page Best of):
Les cons, ils osent tout ...
* Après la manif du dimanche Darcos annonce aux syndicats une lettre.
C'est bien, mais on préférerait des mots, voire des phrases.
* "Manuel pour bien préparer son entrée dans un gouvernement de droite quand on s'est dit un jour de gauche", par Claude Allègre, sortie imminente. Chapitre 278 : sachez être d'accord avec votre futur maître. Exemple (sur le site d'Europe 1, bien sûr) :
Allègre veut dégraisser les syndicats d’enseignants
Créé le 17/05/08
L’ancien ministre de l’Education a affirmé sur Europe 1 samedi matin qu’il était en faveur du projet de loi sur le service minimum d’accueil dans les écoles proposé par Nicolas Sarkozy jeudi après une journée de mobilisation des enseignants. "Il ne faut pas espérer des propositions des syndicats, il n’en ont pas", a assuré Claude Allègre.
Je pense qu’à terme, ça arrêtera les grèves parce qu’à partir du moment où on verra qu’on ne gêne pas d’une manière terrible les citoyens, on verra l’inefficacité de la grève qui est à mon avis un moyen archaïque de négociations" : Claude Allègre, invité d’Europe 1 samedi matin, a salué la proposition faite par Nicolas Sarkozy jeudi soir d’imposer un service minimum d’accueil dans les écoles les jours de grève. "Moi je suis pour le service maximum", a expliqué l’ancien ministre de l’Education nationale.
Claude Allègre a attaqué au passage les syndicats
d’enseignants dans leur
ensemble. "Il ne faut pas espérer des propositions
des syndicats, ils n’en ont pas", a jugé l’ancien
ministre.
Celui
qui en son temps avait créé une vaste
polémique en
affirmant qu’il voulait "dégraisser le mammouth" a
par ailleurs à nouveau réaffirmé son opposition à
tout maintien ou augmentation des effectifs dans
l’Education nationale. "Depuis 20 ans, depuis 30 ans,
pas un projet, de n’importe quel ministre de droite
ou de gauche, a recueilli l’accord des syndicats
d’enseignants. La seule chose qui recueille un accord
c’est l’augmentation des postes", a lancé Claude
Allègre.
*
Grève et complot médiatique ? C'est ce que
croit ce
grand site ou l'objectivité règne en maître, S.O.S.
Education. La preuve.
La grève du 15 mai a échoué
La majorité des grands médias se félicite à sons de
trompe du succès qu’aurait prétendument connu le
mouvement de protestation du 15 mai au sein de
l’Education nationale. Les chiffres montrent qu'il a
au contraire essuyé un échec.
• La manifestation nationale organisée à Paris
n’a pas rassemblé plus de 18 000 personnes selon la préfecture
de police, dont les chiffres sont généralement
fiables. Encore ce cortège ne réunissait-il
pas seulement les lycéens en goguette et les
enseignants en grève, mais surtout des fonctionnaires n’ayant rien à
voir avec l’Education nationale. Pour
mémoire, on recense en France 884 000 enseignants
(dont 739 000 dans le public) et près de 5,5
millions de collégiens et lycéens (filières générales
et professionnelles confondues). Moins de 2
% d'entre eux participaient au défilé.
• Selon le ministère, le pourcentage
d’enseignants grévistes a atteint en moyenne 46,16 %
pour les professeurs des écoles et 33,55 % pour les
enseignants des collèges et lycées : « près d’un
instit sur deux étaient (sic !) en grève, un tiers
des profs des collèges et lycées », triomphe dans un
français approximatif le quotidien Le Parisien, qui
parle d’ « un mouvement de grève particulièrement
suivi dans l’Education nationale ». Inversons le
rapport : plus d’un instituteur sur deux et près des
deux tiers des enseignants des collèges et lycées
n’ont pas jugé nécessaire de suivre le mouvement. On
peut en conclure que la majorité du corps enseignant
s’accommode du projet de réforme de Xavier Darcos.
Les réactions de certains médias qui jugent
nécessaire de travestir la réalité, soulignent
l’enjeu de la bataille qui se livre. En prétendant notamment réformer les
programmes, Xavier Darcos porte atteinte à
l’idéologie égalitariste dominant à la fois au sein
de l’Education nationale et de la petite classe
médiatique.
Un article publié dans le Monde le 14 mai, veille de
la journée de débrayage, est particulièrement
révélateur de cette collusion idéologique. Revenant
sur le faible taux de grévistes enregistré parmi les
enseignants lors de la précédente « journée d’action
», les journalistes Luc Cédelle et Catherine Rollot
tentent de l’expliquer en reprenant à leur compte les
arguments des syndicats.
Selon eux, certains enseignants seraient
favorables au mouvement sans y participer
formellement : « Dans le secondaire, écrivent-ils,
les professeurs qui ne sont pas de service le jour de
la grève évitent, sauf zèle militant, de perdre une
journée de salaire. » L’argument ne tenant pas pour
le primaire, où les instituteurs travaillent tous les
jours, d’autres raisons sont avancées : « Même le
plus militant des syndiqués ne fera pas grève s’il
accompagne une classe de neige. » Au mois de mai ???
La mauvaise foi
médiatique ne parvient pas à masquer l’échec global
des syndicats opposés aux réformes de Xavier
Darcos. Le ministre est en passe de gagner le bras de
fer parce qu’il a
jusqu'à présent tenu bon, avec notre soutien.
Il doit continuer.
Un seul truc
à retenir : mauvaise foi, en effet...
*
Vive la réforme. Retour de la vidéo de la fin.
Merci encore à la
Chanson du Dimanche.
Plein la gueule... et c'est pas fini
* Le lycéens en grève sont semble-t-il assez sanctionnés : le Contre-journal lance un appel car il semble bien que L’administration et les proviseurs ont été en première ligne pour dissuader les lycéens de manifester contre la loi Darcos. Interventions policières, exclusions temporaires, menaces de sanctions… Le Contre-journal a réuni des premiers témoignages publiés dans Libération. Une suite est prévue: apportez vos témoignages.
Lycéens sanctionnés : vos témoignages,
allez voir ici.
Exemple dans mon
bahut : outre
les "ils ont enfin compris" lâchés par les collègues
en voyant des élèves entrer malgré le blocus, outre
un "votre blocus n'est pas démocratique" lâché par le
proviseur mardi dernier alors que les AG se tiennent
régulièrement sans expression de contestation face au
mouvement, les "bloqueurs" ont eu droit à 5
arrestations dans la nuit de mercredi à jeudi, avec
un tour au poste, des chefs d'inculpation redoutables
: "vol de ficelle", "leader"... Tous les jours la
BAC, la Police municipale, les coups de bigo au
proviseur qui a fini par craquer et dit qu'il allait
appeler les flics (ça a même été rapporté à la
télé).
*
Un service qui ne fait pas le maximum ?
En tout cas
il ne
fait pas le plein partout. A
Nice par
exemple, même si Christain Estrosi, nouveau maire et
caniche fidèle de Sarkozy, était tout
fier de
mettre en place le service minimum
d'accueil à l'occasion
de la grève dans l'enseignement hier.
Ce fut
un bide retentissant :
«Nous
avons pris nos dispositions pour accueillir 1200
élèves dans les
centres de loisirs de la ville. Tout à bien
fonctionné», analyse Christian Estrosi. Mais il y a
un hic : seulement 186
enfants se sont
rendus dans les centres de loisir
(source).
* L'université n'est
pas encore suffisamment réformée ?
Il faut le croire si
l'on suit le dernier colloque de
la CPU (Conférence des Présidents
d’Universités) intitulé: «Les Universités
Européennes: nouvelles frontières, nouvelles
perspectives» s’est tenu du 2 au 4 avril 2008 à
Bruxelles. En voici un C.-R. (merci à hg du Forum
unitaire)
Le Colloque de la CPU «de 2008 profite d’un contexte
exceptionnel qui lui donne une importance
stratégique: celui de la future présidence française
de l’Europe en juillet prochain». Comme la CPU en
février 2007 avait élaboré ses «20 propositions» à
l’intention des candidats aux élections
présidentielles (les principaux les ayant approuvées
et l’élu les ayant appliquées), c’est le programme de
la présidence française que la CPU dessine, la
présence très appuyée de la Ministre de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche lui
donnant tout son caractère officiel.
La CPU a
clairement indiqué, lors de la discussion du projet
de la LRU, que, pour elle, cette loi n’était qu’une
étape nécessaire, mais transitoire, vers une loi
définitive, celle qui abrogerait toutes les lois et
décrets: l’Etat ne devrait plus intervenir!
La
commission ATTALI, pour sa part, juge que «
malgré la réforme de l’été 2007, les universités ne
sont pas encore assez autonomes » et demande
d’appliquer la « décision 19 : Renforcer l’autonomie
des universités ».
C’est ce
que propose la CPU à la Présidence Française de
l’Union Européenne.
Passer des Universités françaises aux Universités
européennes autonomes dans «un nouveau pays :
l'Europe»
C’est la
proposition 8: «les Universités auront comme
partenaires majeurs, comme interlocuteurs
privilégiés, les Régions européennes».
Le
fondement de l’Université n’est plus républicain et
laïque, il deviendrait «territorial, régional ou
inter-régional» en partenariat avec le
privé dans le cadre de «clusters» (les PRES).
Dans le «pays Europe», remplacer les
statuts de fonctionnaires d’Etat par des «garanties
sociales» européennes :
La LRU octroie notamment la «liberté» pour les
universités de recruter sans limite des contractuels
sous la «responsabilité» de «respecter le plafond de
masse salariale» imposé par l’État, remettant en
cause le statut général de la fonction Publique. Mais
il y a encore des lois et règlements.
Aussi les Présidents proposent-ils
une «charte de qualité» définissant notamment les
«garanties sociales» dans le nouveau cadre de
«l’autonomie de gestion de l’ensemble des
personnels» donné par la LRU. On sait
ce que valent de telles garanties…
Dans le «pays Europe», des
certifications qui remplacent les diplômes
:
La CPU propose «l'inscription des diplômes dans le
Répertoire National des Certifications
Professionnelles (RNCP) qui met l'accent sur les
compétences à acquérir doit être favorisée, de même
que l'intégration de ce même Répertoire au sein du
Cadre Européen de Certification». Les diplômes LMD
actuels étaient élaborés localement, mais dépendaient
encore d’une habilitation nationale donnée par
l’Etat. C’est cette habilitation qui disparait, et
donc la notion même de diplôme, remplacé par
un
processus de certification commun au privé et au
public!
j'aurai un sujet
de thèse à proposer aux présidents d'universités :
"Progrès social et présidence d'université au XXIe
siècle : oxymore ou complot ?"
*
Petit répit ? Pas sûr ! Le décret
transférant les Tos aux régions est
annulé. (AFP, je
pense)
"le
Conseil d'Etat annule un décret transférant des
charges aux collectivités
Le
Conseil d'Etat a annulé vendredi
un décret de décembre 2005, qui
transférait aux départements et aux régions des
services du ministère de l'Education
nationale, sans
toutefois donner à cette annulation un caractère
rétroactif. e
décret gouvernemental du 26 décembre 2005 fixait les
modalités de transfert aux départements et aux
régions des "services ou parties de services qui
participent, dans les collèges et les lycées, aux
missions d'accueil, de restauration, d'herbergement
et d'entretien général et technique, à l'exception
des missions d'encadrement et de surveillance des
élèves". le texte
transférait également aux mêmes collectivités les
missions "de recrutement et de gestion des
personnels techniciens, ouvriers et
de service" (TOS, ndlr) exerçant dans les collèges et
les lycées. "
