Manipulation du discours

Face à la manipulation du discours sur le monde éducatif que faire ?

1/ Tout d'abord le dénoncer :

*Pour cela commencez par aller voir la page spéciale du
Mammouth Déchaîné, à ne pas manquer : un Copé d'honneur vient d'être décerné par la rédaction, au premier tour de vote, à l'unanimité. Devinez à qui.

Vous aurez accès à la réponse sur la page de Une du Mammouth (à droite du titre).
http://www.le-mammouth-dechaine.fr

2/ Ensuite le dénoncer :
* Voici encore un sociologue qui s'y colle et qui est clair :

« En matière scolaire, l'apocalypse est à la mode et le saignant fait la une. Qu'on se hasarde à faire état d'une initiative où des élèves, contre toute attente, témoignent de leur capacité de réflexion et de création... et l'on est considéré comme un pauvre attardé qui s'attendrit sur des bluettes de patronage. Qu'en revanche, on décrive l'École comme un chaos livré à de petits tyrans vindicatifs et machistes – d'origine étrangère de préférence - où règnent l'ignorance et la barbarie... et l'on est considéré comme un intellectuel lucide qui ose regarder la réalité en face »

C'est l'objet de la publication de G. DE, VECCHI, Ecole : Sens commun... ou bon sens ? Manipulations, réalité et avenir. Delagrave, 2007, 352 pages, 18,5 €.

4e de couverture : Sous le prétexte que tout le monde est allé à l’Ecole, chacun pense s’y connaître, savoir ce que l’on doit y faire. Mais qu’y a-t-il de vrai dans toutes ces croyances ? (...) Cet ouvrage fait le point sur tous ces sujets et propose une analyse argumentée de tous les problèmes que pose aujourd’hui l’éducation. Il montre comment on manipule les parents… mais aussi les enseignants. Il analyse comment va véritablement l’Ecole aujourd’hui, ce qu’il en est exactement du niveau des élèves (...). Il fait le point sur les résultats et la valeur des méthodes traditionnelles. Il montre ce qu’il y a derrière cette « pédagogie » moderne que beaucoup voudraient voir bannir. Et il avance un grand nombre de propositions sur ce que pourrait, ce que devrait être l’Ecole de demain.

Pourvu que ces dernières relèvent aussi du bon sens ...

3/ Enfin, le dénoncer (encore) :
En essayant de réflechir à ce que veulent dire les sondages
(ou à ce qu'on veut leur faire dire), ce que ne font pas franchement les journalistes. Par exemple, voyez comment l'AFP de ce jour détourne dans son titre un sondage demandé par le SNIUPP.

AFP — 54% des jeunes instits contre l'idée de "recentrer l'enseignement sur les fondamentaux" (sondage)
[ou : sont-ils vraiment tous cons ces enseignants ? ]

Un peu plus de la moitié (54%) des professeurs des écoles débutants sont en désaccord avec l'idée de "recentrer l'enseignement au primaire sur les fondamentaux, lire, écrire, compter", selon un sondage du CSA pour le SNUIpp-FSU (majoritaire au primaire) publié jeudi.
A la question "certains estiment que pour lutter contre l'échec scolaire, il faut recentrer davantage l'enseignement au primaire sur les fondamentaux, lire, écrire, compter, quitte à délaisser certaines matières", 54% répondent qu'ils ne sont "pas d'accord", contre 46% qui se disent "d'accord".
[mais plus loin on lit :]
Selon le sondage, les facteurs qui expliquent le mieux l'échec scolaire sont "les effectifs trop importants par classe (73% des sondés), puis "la situation sociale des familles" (61%).
Les "différences de niveaux au sein de la classe" sont "les problèmes les plus importants auxquels ils sont confrontés".
Pour 75% d'entre-eux, "baisser le nombre d'élèves" par classes est l'"accent à mettre en priorité en maternelle et élémentaire dans les prochaines années."
Par ailleurs, 82% des professeurs des écoles débutants ont le sentiment d'exercer un métier "plutôt dévalorisé" (contre 59% lors d'une enquête de 2001).
84% des professeurs des écoles estiment que l'objectif de la réussite de tous les élèves peut être atteint "dans une école transformée".
Les choses qui satisfont le plus ces enseignants, sont "la réussite des élèves" (69%) puis "le fait de transmettre des connaissances" (55%).

Donc finalement les 54 % du titre ne veulent pas dire ce que dit le titre : ils disent juste qu'avant de se préoccuper des apprentissages, les professeurs des écoles pensent qu'il faudraient mieux que le classes soient moins chargées. Ce qui est tout autre chose... et qui à vrai dire n'est pas très original.

|

Code du travail

* Vous vous y connaissez, vous, en code du travail ? Non ? Eh bien écoutons les spécialistes qui évoquent les réformes qui arrivent. C'est pas du joli.

C'est la casse du code du travail

C'est le résultat et la référence à un travail d'un ancien inspecteur du travail, Richard Abauzit, qui a mis à profit le temps libre de la retraite pour analyser en détail les incroyables « réformes » mises en œuvre par nos « représentants » qui, manifestement, ne défendent plus du tout l’intérêt général mais autre chose.

Il s'agit d'un travail de 45 pages (ne me maudissez pas) qui est disponible ici.
Un résumé de 8 pages (bénissez-moi) est ici.

En gros :
L’ordonnance du 12 mars 2007 [réformant le code du travail] est sortie dans un silence médiatique d’autant plus impressionnant que l’on était en campagne électorale. Pourtant, 964 pages format A4, des milliers d’articles réécrits, recodifiés et ...sans table de correspondance pour pouvoir faire la comparaison .... auraient dû pousser les organisations syndicales - qui pourtant ont participé aux séances de relecture (même si – et d’autant plus que- leur avis n’a pas été pris en compte) - à crier au feu, à faire et à faire faire l’analyse...qui est la suivante :

1/ la réécriture ne s’est pas faite à droit constant, certaines dispositions disparaissant, d’autres apparaissant, d’autres enfin se voient modifiées notamment par le changement de compétences.
2/ la technique générale consiste à transférer le droit du travail du législatif (parlement) au réglementaire (gouvernement) ce qui assure la rapidité, l’opacité et donc l’efficacité de toutes les régressions. Les règlements et décrets doivent paraître d’ici le 1er mars 2008 au plus tard.
3/ la dépénalisation des infractions patronales au droit du travail s’y fait notamment par la suppression presque systématique des peines de récidive !
4/ la résultante, ce sont des régressions : toujours plus de liberté d’exploiter pour les employeurs, toujours moins de droits individuels et collectifs pour les salariés et des promesses, déjà perceptibles, de régression

Il explique avec une démonstration s'appuyant sur les textes de loi comment vont se faire les opérations suivantes :
I / SUPPRIMER LE STATUT DE SALARIÉ
II / DIVISER LES TRAVAILLEURS EN DIVISANT LES DROITS
III / DES CONTRATS DE TRAVAIL PLUS PRÉCAIRES
IV / DES CONDITIONS DE TRAVAIL PLUS DURES
V / DISSOLUTION DE LA LOI
VI / DISSOLUTION DES JUGES
VII / DISSOLUTION DE LA DÉFENSE COLLECTIVE DES TRAVAILLEURS

Tiens, tiens ! Et voilà qu'aujourd'hui
Parisot propose de supprimer la durée légale du travail (Reuter, repris par Le Monde ici)
Pour Laurence Parisot "les deux axes principaux à travailler" sont de baisser les prélèvements obligatoires sur les entreprises et de remettre sur la table la question de durée légale du travail pour aller vers une durée du travail négociée branche par branche."Les heures supplémentaires, le dispositif (d'exonération de charges sociales) mis en place par la loi TEPA va dans le bon sens mais a-t-il assez de force, assez d'intensité pour qu'il y ait des effets significatifs et rapides. Je ne suis pas certaine", a déclaré Laurence Parisot."Si j'additionne les assouplissements antérieurs plus cet assouplissement, on arrive à de telles usines à gaz que c'est rébarbatif", a-t-elle dit."C'est là que je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail"
Ceci dit, si elle ne le demande pas sous un gouvernement de droite, elle ne le demandera jamais...

* Vous vous croyez épargnés parce que vous êtes profs dans le public ? Pas certain. Voyez plutôt ce que l'on demande aux profs d'EPS de faire pour les "orphelins de 16 heures" :

Accompagnement éducatif :
La circulaire n° 2007-115 du BO du 19/07/2007 donne le cadre du dispositif qui est destiné à favoriser la réussite de tous [et à nous faire travailler après 17 heures au lieu de partir en courant].
[….] Avec l’aide aux devoirs et aux leçons et la pratique artistique et culturelle, la pratique sportive sera au cœur même de ce dispositif. Aussi, pour répondre à ce dispositif, il nous semble opportun que chaque équipe pédagogique d’EPS engage dès maintenant une réflexion sur la modalité de mise en œuvre
[d'un inspecteur : "Et je ne comprendrais pas que vous fassiez la politique de la chaise vide !"]

Trace écrite de l’enseignement dispensé :
L’intérêt de cette trace n’échappera à personne : informer la communauté éducative de la réalité de l’enseignement en EPS [parce que l'on risquerait d'en douter ?], support de jugement en cas d’accident, exigence institutionnelle.

Coordination :
Le coordonnateur EPS joue un rôle fondamental localement. Il est un animateur pédagogique, un moteur de la réflexion didactique et un collaborateur administratif du chef d’établissement.
[Collabo : c'est une catégorie officiellement reconnue maintenant]

Merci Luc

Une question à l'Assemblée nationale a justement été posée sur ce point. Vous pouvez admirer la réponse du ministère, c'est ici.

*Confusion des genres et code éthique à revoir : selon le sondeur Opionway, les Français soutiennent à 66 % le gouvernement. Rappellons que Opionway est l'organisme qui a reçu la charge du gouvernement de faire les études d'opinion sur le bien être des profs et qui doit servir à la commission Pochard (dont nous parlions avant hier, ici).

* Enfin, Guy Môquet appelle à la grève reconductible ! On parle du collège (92) cette fois : un collège de résistants il faut croire. Bravo ! Cela a le mérite de bouger un peu les représentations syndicales.

Motion pour la grève reconductible du collège Guy Môquet de Gennevilliers (92)
La réunion intersyndicale (avec des syndicalistes de CNT, SUD et SNES notamment) du collège Guy Môquet, Gennevilliers (92) réunie le 19 novembre 2007,

- considère que les convergences actuelles des mobilisations peuvent enfin permettre de stopper la politique de Sarkozy, en cours ou annoncée, la casse et la privatisation de la protection sociale et des services publics (à commencer par l’éducation nationale asphyxiée par les milliers de suppressions de postes), la fin des statuts et de la fonction publique, l’atteinte aux libertés fondamentales et la répression des mouvements sociaux...

- se prononce pour la reconduction de la grève dès le 21 novembre, pour que la grève du 20 appelée par l’ensemble des fédérations de l’Education Nationale et de la Fonction Publique ne soit pas un succès sans lendemain. Même si le Pouvoir apparaît moins sûr de lui, pour espérer gagner sur le budget, l’emploi, les salaires et les retraites, il faut se donner les moyens d’un mouvement fort et durable, en synergie avec les autres fonctionnaires, avec les étudiants, de plus en plus nombreux contre la loi LRU, avec les travailleurs des entreprises publiques, de l’Opéra, avec les avocats...

La réunion intersyndicale du collège Guy Môquet, Gennevilliers (92) mandate 2 délégués pour défendre cette position à l’assemblée générale régionale qui suivra la manifestation (18 h Bourse du travail de République), aussi à l’AG 92 nord, qui se réunira mardi 20 novembre de 10h à 11h à l’école Joliot Curie, à Gennevilliers.
Si suffisamment d’établissements appellent à la reconduction de la grève, les personnels se réuniront le mercredi 21 au matin pour mettre en œuvre cette reconduction. Nous tentons de contacter les parents d’élèves, les établissements proches du collège, ainsi que les travailleurs et les jeunes actuellement mobilisés sur la ville.

L’intersyndicale du collège Guy Môquet (92) demande aux syndicats d’appeler, dans l’unité la plus large possible, à la reconduction de la grève dès le 21 novembre.

|

Retours de manif

* Tout d'abord comme une mise en bouche (par Vidberg (revu par Bruno) et Cabu), les résultats de la journée :

vidberg_172_pourcent

ishot-1

* Ensuite qui pourrait nous confirmer cette info trouvée sur le site de la CNT et relayée par IndymediaGrenoble.

Le gouvernement remplace des grévistes pour casser la grève dans l’Education Nationale. Le service minimum mis en place dès le 20 novembre ?! Le ministre de l’Education Nationale a écrit une lettre aux recteurs les enjoignant de faire en sorte que les élèves soient pris en charge un jour de grève des enseignant-e-s. Il leur demande de prévoir l’accueil des élèves en lien avec les collectivités territioriales.
Cela s’appelle payer des travailleurs-euses pour briser une grève.C’est une première dans l’Education Nationale. Devedjian, à Antony (92), a ainsi prévu que les centres municipaux de loisir s’occuperaient des élèves des enseignant-e-s grévistes ! Le service minimum ne devait être « discuté » qu’à partir de janvier prochain mais le ministre le souhaite effectif dès ce 20 novembre !

Cela manque un peu de précision et de faits exacts... dommage.

* Puis cette déclaration de la PEEP, qui n'étonnera personne :

Les parents de la Peep indignés par la grève des enseignants mardi


La Peep, deuxième fédération de parents d'élèves, s'est élevée lundi contre le mouvement de grève mardi chez les enseignants, dans le cadre d'un mot d'ordre dans la fonction publique.
"Les revendications affichées sont loin des intérêts directs des élèves et de leur réussite. Une fois encore les enseignants grévistes vont imposer aux écoliers, collégiens et lycéens une journée sans classe", a déclaré la fédération dans un communiqué.
"Ce n'est pas avec des messages tronqués que le monde enseignant sensibilisera utilement les parents à la difficulté de leur métier", dit la Peep.
Evoquant
des professeurs "désertant" les écoles, elle a ajouté qu'ils ne contribuaient pas ainsi à "la valorisation de leur fonction".
La Peep a enfin ironisé sur la demande du ministre de l'Education Xavier Darcos aux recteurs d'"aider les parents dans l'organisation de cette journée", la jugeant "louable" mais "qui confine l'école à un simple rôle de garderie".

* Enfin, "Quand j'entends siffler le train..." de la CFDT et bien je le prends. Aller simple même pour son patron.

Fonctionnaires: Chérèque (CFDT), chahuté, quitte en courant la manifestation


Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, cible de huées mardi dans la manifestation parisienne des fonctionnaires, est parti en courant de la manifestation, protégé par son service d'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.
Après une heure environ dans la manifestation, et alors que son homologue de la CGT, Bernard Thibault, avait déjà quitté, dans le calme, le cortège,
François Chérèque est parti en courant avec une escorte.
Les quolibets et les sifflets émanant de quelques dizaines de personnes, ininterrompus le temps de son trajet dans la manifestation, ont redoublé au moment de son départ.
Certains de ces manifestants ont tenté de le suivre, mais il s'est engouffré rapidement dans une voiture, qui a filé.

|

Préparons la grève ...

*Tout d'abord se méfier de ce que l'on dit : Comment désinformer en informant ? Et bien faire comme l'AFP qui publie la dépêche ci dessous. On lui demmanderait bien pourquoi. Parce que présenté de cette façon il est difficile de prendre bien au sérieux les revendactions des fonctionnaires, et en fait même une bande de branleurs privilègiés.

La Voici :
AFP— Les salaires des fonctionnaires constituent l'une des principales sources de grogne des syndicats, qui demandent des négociations sur le point d'indice, base de calcul des rémunérations, afin d'améliorer leur pouvoir d'achat.
- En 2004, le salaire moyen net mensuel (primes comprises) était de 2.108 euros dans la fonction publique d'Etat (FPE) et 1.578 euros dans la fonction publique territoriale (FPT), contre 1.849 euros dans le secteur privé. Dans la fonction publique hospitalière (FPH), il était de 1.909 euros en 2003, médecins inclus (pas de données disponibles pour 2004).
- La rémunération indiciaire de base constitue l'essentiel du salaire d'un fonctionnaire: elle s'obtient en multipliant l'indice de l'agent (calculé selon son grade et son échelon) par la valeur du point d'indice fonction publique.
La valeur du point d'indice est actuellement de 54,41 euros brut par an.
Une augmentation de 1% du point d'indice représente plus de 1,5 milliard d'euros de budget pour couvrir les trois fonctions publiques, dont 800 millions pour la seule fonction publique d'Etat.

2 100 € c'est sûr c'est plus que les autres. Rien dans le texte ne vient expliquer les raisons structurelles de cette situation, ce qui est quand même fort dommage. Pourtant elles sont simples les raisons (peu d'ouvriers dans la fonction publique, peu de temps partiels imposés, pyramide des âges...).

Bref, l'intoxication au service des journaux.

* Ensuite essayer de réfléchir et y voir clair. Là n'ont plus c'est pas simple. Cette vidéo apportera peut-être des éléments de réflexion. Il y a beaucoup de choses dans le discours qui suit. Cela ne concerne pas que l'E.N., loin de là. C'est toute une vision de la société que développe Loïc Wacquant, sociologue. Et c'est pas celle qu'on voit sur TFI et France 2.


Wacquant
envoyé par jeanbeatles


* Plus spécifiquement E.N., cette fois, les contributions de N. Mons, dont on a déjà parlé. Extraits :

"L’étude montre que ni le libre choix dans le réseau public, ni le développement du secteur privé ne sont associés à une amélioration du niveau général des élèves. Ce résultat met en défaut les théories néo-libérales qui affirment que le libre choix permet une émulation entre les établissements et donc une stimulation des équipes pédagogiques, ce qui au final se traduirait par de meilleurs apprentissages des élèves. Les choses ne sont pas aussi simples".
"En France, les enseignants et parents pensent que les résultats seraient meilleurs dans un système qui présenterait des classes voire des filières scolairement plus homogènes. Or, c’est le contraire. Il y a désormais un quasi-consensus sur le sujet dans la recherche, et mon étude va dans ce sens. Ce sont les systèmes qui, dans l’enseignement obligatoire, mixent le plus possible les élèves de niveaux scolaires et de conditions sociales différents qui sont les plus efficaces".
"Au milieu du gué, confrontée à la persistance d'un échec scolaire prégnant qui la singularise désormais par rapport à la majorité des pays de l'OCDE", écrit-elle, "la France ne peut demeurer dans ce statut quo de façade... Face aux deux modèles d'avenir qui se dessinent - l'école de la « différenciation intégrée » ou l'école de la « différenciation désarticulée » -, le pays devra choisir".

Un entretien à lire sur le site du Café pédagogique.


*Les solutions pour s'en sortir ? On nous reparle autonomie des établissements et décentralisation. Cette fois c'est la région Ile de France qui s'en charge en signant une convention pour copiloter le système éducatif. Ca vous étonne ? Le Mammouth vous le disait déjà il y a au moins 5 ans.

Convention entre le Ministère de l’Education Nationale et le Conseil Régional d’Ile-de-France concernant l’échange d’informations nécessaires au pilotage du système éducatif (C'est là)

On y apprend que la région :
- participera activement à la construction d'indicateurs de pilotage partagés ;
- accédera aux bases de données de l'E.N. [souvenez-vous du fameux fichier base-élèves] elle ne les vendra [l'E.N. sait faire ça toute seule, cf. le bac] ou ne les utilisera dans le but de faire de la gestion individuelle. Jamais, craché, juré.

Tout cela si c'est pas pour développer une politique particulière et remettre en question la portée nationale de l'Éducation, c'est pour quoi alors ?


|

Pochardisation de l'école

* C'est un brin surprenant cette enquête d'opinion. Tout d'abord, elle est commandée par la commission Pochard pour la revalorisation de condition d'enseignant. Ensuite, elle se fait sur le net et par une entreprise privée (on s'y attendait). Puis, il semblerait que seuls certains enseignants aient été choisis (un panel représentatif certainement, les chanceux) pour y répondre. Le But : repérer les perceptions des enseignants sur leur métier et leurs attentes.
Enfin, des questions à la con (à réponses prédéfinies) assez extraordinaires :
- Qu'est-ce qui vous soucie en ce moment ? [des hémorroïdes diront certains, mais y a pas la case]
- Quelles sont vos sources de joie ? [là, dans la liste : mes revenus ; la situation politique en France ; vivre à Paris / en province]
- Quel prestige pour certaines professions ?
- Questions sur le prestige des profs, comment se considèrent les profs par rapport aux cadres du privé .
- Questions plus professionnelles sur la charge de travail, les relations avec les parents, le stress.
- Des questions à choix multiples pour les quelles tous les choix peuvent être bons (sans que l'on puisse y répondre). du genre :
ishot-1

Ou encore :
ishot-2

Puis des salves du même tonneau sur l'inspection (je ne vois pas comment elle peut s'en sortir), le travail en équipe, puis on trouve ça :

ishot-3
Puis questions sur la vocation, avant que vienne cela :

ishot-4

Séries sur l'enseignement en ZEP et le mouvement de mut.

Puis une des dernières questions (avant que l'on vous demande ce que fait votre conjoint) :

ishot-5

On sent que derrière tout cela il y a de l'analyse fine...


le vrai test n'étant accessible avec un
login personnel
il m'est impossible de vous en donner l'adresse. Mais c'est pas une farce.


* Ce délégué syndical là est-il du Sgen-CFDT ? Je ne crois pas...
(Derniers en grève, premiers au boulot)

Je sais cela a déjà été publié ici, mais on ne s'en lasse pas.




* Martine, encore. Cette fois Bruno est très créateur. Mais c'est sans doute la dernière fois car il apparaît (sur le site du générateur de Martine) que, sur la demande de Casterman, ils ferment.

martine_11200

|