Bonnets rouges d'EN

* Réforme des statuts : échos des GT.

D’après les premières discussions dans les groupes de travail il semble que :

- la base de 1607 heures annuelles pour les profs du secondaire a bien disparu.
-
les horaires hebdo soient bien reconnus comme des maxima, comme à l’heure actuelle (pour ceux qui ne le savent pas encore, il ne s’agit pas de minima)

Mais comme autres joyeusetés on notera la persistance du ministère (avec l’aide de certains syndicats) de proposer les choses suivantes :

- Vers des
chefs d’établissement en Primaire.
- les enseignants “participent aux actions d’éducation principalement en assurant un service d’enseignement”. Cela veut-il dire qu’il sera demandé autre chose que de l’enseignement disciplinaire ?
- les “
activités d‘évaluation” deviennent des “missions liées à l’activité d’enseignement” : faut-il considérer qu’elles ne font plus partie intégrante de notre enseignement (et par conséquent qu’elles ne relèvent plus du temps horaire devant élèves) ?
- des “
missions complémentaires” pourront être fixées au niveau de chaque établissement, votées en CA sur proposition du Conseil pédagogique et du Chef d’établissement et ouvrir soit à des rémunérations complémentaires soit a des allègements de service. Les implications sont claires....

Sans parler de l’épineuse question des décharges supprimées...


* Les caves se rebiffent : CPGE : bonnets rouges de l’EN.

Alors que tous les syndicats (y compris ceux cités ci dessous) se disent satisfaits des groupes de travail sur la réforme des statuts, 8000 profs de prépa menacent de descendre dans la rue. Chiche !

Si deux syndicats (SNES et SNALC) et une tripotée d’associations spécialisées sont à la pointe dans la défense de cette catégorie de personnel, la menace de grève est encore loin, même si un préavis est déposé pour le 9 décembre Pourtant, dans certains lycées défavorisés (Henri IV, Louis Le Grand...) certains pensent à la grève dès lundi.

Bien plus vite que tout autre corps de l’Education nationale, les professeurs de CPGE sont reçus dès lundi par le ministère pour avoir des éclaircissements. Nul doute qu’ils seront rassurés... même si Peillon ne cache pas son aversion pour ces filières très coûteuses au budget de l’Etat.

Les CPGE en grève ? Peillon peut au moins espérer faire des économies sur leurs maigres salaires (bilan ici).

Espèrerait-il même la grève reconductible ?

Et si vous avez raté le Palmipède de la semaine :
Le Canard enchainé - 2013.11.27 - La révolte des profs de prépa (Peillon s'en prend à leur rémunération)


* Peillon veut-il en faire trop ?

"Je serai en campagne, sur le terrain, et je serai présent, au ministère "

Élève médiocre champion de l'absentéisme:

"Un classement des députés européens socialistes sortants établi par Rue89 en 2009 calculait leur travail réel en comptabilisant leurs interventions, rapports et questions. Certes, Vincent Peillon n’était pas le dernier mais arrivait à la 22e place sur... 24 ! source

ou candidat dynamique ayant le don d'ubiquité ?

"Aurais-je la force de travail pour tout affronter ? Quand je regarde le travail déjà accompli au cours des 18 derniers mois, je n’ai pas de doute. Je serai en campagne, sur le terrain, et je serai présent, au ministère de l’éducation nationale pour piloter les différentes réformes : de l’éducation prioritaire, des programmes, du numérique, des rythmes scolaires – car cette réforme n’en est qu’à ses débuts." source

Bref, multicompétent ?
dessinludo
©ludo

*"Gouvernance" des écoles: UNSA , SGEN et directeurs "Gédésidiens" ont des idées...

Autonomie plus forte des établissements scolaires avec des directeurs aux pouvoirs "pédagogique, organisationnel et  partenarial" plus reconnus et renforcés, des directeurs qui seraient à même d'exercer "un métier à part entière" alors qu'actuellement ils ne pourraient plus assumer "leurs missions de service public d'éducation en tant que responsables du fonctionnement de l’école également chargés de classe", c'est ce que réclament l'UNSA, le SGEN-CFDT et le GDID (groupement de défense des idées des directeurs, association groupusculaire mais fort active dont les propositions s'inscrivent semble-t-il dans une "ligne similaire" à celles du parti Debout la République de Dupont-Aignan), comme on le voit ici.

"Il est temps, disent l'UNSA, le SGEN et le GDID dans un courrier adressé au ministre de l'éducation nationale (source)  de s’interroger sur la gouvernance du premier degré et d’aborder franchement la question de la création d'un établissement public local d'éducation et celle d’un statut d’emploi pour leurs directeurs. Cette évolution pourrait s’inscrire dans un cadre expérimental. "

Ah ! Les charmes de l'expérimentation !...
Mais Peillon fera-t-il à la demande de l'UNSA et du SGEN ce que Darcos et Chatel n'avaient pas osé faire ?

Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le GDID et les risques qui s'attachent au métier de directeur gédésidien...
réponse ici:
http://www.youtube.com/watch?v=reDaYV_N6Sc


* Pas de label qualité / prix en vue pour les activités périscolaires

Le gouvernement veut promouvoir pour les colonies de vacances un label de qualité que l’État serait bien incapable par ailleurs de garantir pour les activités périscolaires malgré les aides financières offertes (pour l'instant) aux communes.

En effet,
selon 20minutes, "La ministre des Sports et de la Jeunesse, Valérie Fourneyron, veut expérimenter en 2014 un label pour les colonies de vacances afin de distinguer notamment celles qui jouent la carte de la mixité sociale, annonce-t-elle lundi dans un communiqué à l'AFP.

La ministre, qui prône depuis plusieurs mois une réduction du coût des colonies de vacances, devenues trop chères pour les classes moyennes, lance «une mission chargée de définir le cadre des "colos de demain"».

Selon le communiqué, les «
exigences» prises en compte seront «la mixité sociale», «l’accessibilité des activités de loisirs de qualité, sans considération de revenus», «la proximité et la simplicité», «le développement durable et la citoyenneté», «le respect et la découverte de l’environnement», et enfin «un projet pédagogique fort et lisible pour les parents».

Si ces exigences étaient effectivement prises en compte pour les colos, elles auraient bien de la chance, car, pour ce qui est des centres aérés et de loisirs et en ce qui concerne les activités périscolaires, il est assez difficile de l'envisager: seules 80% des communes ont en effet opté pour la gratuité et le prix parfois proposé aux familles peut être fort dissuasif pour les pauvres.
D'autres communes ont opté pour une gratuité sélective en cherchant à diminuer les coûts: c'est ainsi qu'à Roubaix, les plus pauvres sont exclus du dispositif:  comme le rapporte Le Monde, les enfants dont les parents sont chômeurs doivent ainsi rentrer à la maison durant les activités périscolaires.


En ce qui concerne «l’accessibilité des activités de loisirs de qualité, sans considération de revenus» et «la mixité sociale», on est donc loin du compte pour les activités périscolaires et l
es prises de position du président de la FCPE  pour tenter de promouvoir des activités à moindre coût (ateliers jeux de société et ennui!) dans les communes pauvres ne vont pas vraiment dans ce sens !
http://le-mammouth-dechaine.fr/Ndj/files/1581c7341a3e2950ca23c35ad5665119-993.html

Quant au «projet pédagogique fort et lisible pour les parents», il semblerait que ceux-ci ne s'en soient pas encore aperçu partout au vu de l'ampleur des manifestations de ces derniers temps...
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