Service minimum généralisé

* Déclarations syndicales (I). Voici les réactions de nos représentants syndicaux rassemblées par l'AFP suite à la volonté de Darcos de mener des négociations pour établir le service minimum.
Je vous laisse les apprécier :

AFP -"Le résultat de la discussion est déjà écrit avant même qu'elle ait commencé! Quelle conception du dialogue social !", a protesté Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU, majoritaire au primaire.
"Quelles sont les marges de discussion ? Le ministre présente les choses comme étant déjà fermées", a renchéri Luc Bérille, son homologue du SE-Unsa (2e dans le premier degré).
Accord ou pas, loi ou pas loi, l'objectif d'instaurer l'obligation de se déclarer gréviste est fixé d'avance par le ministre, a-t-on reconnu dans l'entourage de M. Darcos.
De son côté, Thierry Cadart (
Sgen-CFDT) s'"agace du côté comminatoire" du discours de M. Darcos: "on ne travaille pas sous la menace !"
Les syndicats reprochent également au ministre d'avoir dit qu'il ne "pouvait pas y avoir d'argument en faveur de ne pas se déclarer grévistes". "Il va bientôt parler à notre place !", a réagi M. Cadart, tandis que M. Bérille ironisait: le ministre "fait les questions et les réponses".
"C'est quand même surprenant qu'au soir d'un mouvement puissant chez les enseignants, M. Darcos se borne à ne répondre que sur le service minimum, ignorant complètement les revendications des personnels", a dénoncé M. Moindrot.
Les grévistes protestaient notamment contre la suppression de 11.200 postes dans l'Education à la rentrée 2008 et des coupes encore plus importantes attendues les années à venir dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).
Enfin,
les syndicats estiment que le ministre "aurait pu avoir la courtoisie de (les) prévenir" (Snuipp-FSU) sur l'ouverture de ces discussions. "Nous sommes en contact hebdomadaire avec les syndicats", a-t-on répondu au ministère.
"M. Darcos est dans une grande difficulté car le budget que Bercy lui concède ne va pas lui permettre de mener sa politique éducative. De ce fait, il cherche un dérivatif et tente de déplacer les sujets dans les domaines où il peut avoir l'appui de l'opinion publique", a analysé M. Cadart.



*Déclaration syndicales (II). Attention, ça fiche les jetons. C'est le communiqué de presse des syndicats suite à la grève du 25. A minima (et même moins).

Communiqué commun des organisations syndicales de la Fonction publique
UNSA - CGT - FO - FSU - CFDT - CFTC -Solidaires

Après la journée d'action du 20 novembre, la mobilisation du 24 janvier confirme l'ampleur du mécontentement et des attentes des personnels de la Fonction publique en matière de salaires, d'emploi et de missions. Ce mouvement rencontre l'adhésion majoritaire de l'opinion.

Pour l'instant, la seule réponse ministérielle est un rendez vous tardif le 18 février, alors que la revendication unitaire est portée depuis l'été 2007. A cela s'ajoute une menace inacceptable de remise en cause des conditions d'exercice du droit de grève dans l'Education voire au-delà.

Les organisations soussignées appellent le gouvernement à prendre d'urgence la mesure des exigences des personnels et à apporter les réponses qu'ils attendent. Elles exigent l'ouverture de négociations salariales dès la première semaine de février. Il serait incompréhensible que le gouvernement organise une "semaine de la Fonction publique" sans répondre aux revendications des personnels : si le ministre a des propositions à faire, il n'y a aucune raison d'attendre trois semaines. Elles écrivent dans ce sens au Premier Ministre. Elles se réuniront le 1er février pour apprécier les réponses du gouvernement.

D'ores et déjà les organisations appellent les personnels à maintenir la pression par des initiatives unitaires (conférences de presse, interpellations des élus, rassemblements, manifestations,...) en particulier à l'occasion de la "semaine de la Fonction publique" organisée par le gouvernement du 1er au 8 février
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Communiqué de presse du vendredi 25 janvier 2008.
Et pendant qu'on y est on pourrait peut-être harceler de messages vengeurs tous les représentants de l'Etat...


*Une vidéo de la fin d'actualité mais qui traduit (aussi) un certain énervement (de ma part au moins, surtout après ce que l'on vient de lire). Attention c'est plein de gros mots.



Bref, quant est-ce qu'on se réveille ?
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Prévisions de réformes (lycées + Attali)

* Précisions normandes ? On peut se demander pourquoi Darcos lance quelques infos dans LeFigaro sur ses orientations pour le lycée, alors qu'il a dit qu'il n'annoncerait rien avant mai (et surtout avant les élections).
Voilà ce qui ressort de l'entretien qu'il donne au journal officiel de la république de droite qu'on a (l'article est là):

Le fig. :Où en est la réforme des filières générales du lycée ?
Darcos : C'est un sujet très complexe, sur lequel nous souhaitons engager une réflexion approfondie d'ici 3 ou 4 mois. Le diagnostic est connu de tous : il existe un fort déséquilibre entre les filières, avec une section S (scientifique) qui n'oriente pas assez ses élèves vers les filières scientifiques de l'enseignement supérieur, une section L (littéraire) qui est réduite à la portion congrue et ne fournit pas non plus l'élite littéraire du pays. Tandis que la section ES (économique et social) n'en finit pas de grossir alors qu'on connaît mal sa finalité. Une chose est sûre, elle ne forme pas non plus les dirigeants de nos grandes entreprises, qui passent très souvent par la section S. La sophistication de notre dispositif est beaucoup trop lourde. Il faut que nous regardions ce que font nos voisins, chez qui le lycée s'organise la plupart du temps autour d'un tronc commun avec de grandes options. Le cas le plus original est celui de la Finlande, où il n'y a pas de cours en terminale : les élèves vont suivre les enseignements qui les intéressent, travaillent le plus souvent seuls, rencontrent leurs enseignants pour faire le point sur leurs recherches et sont responsabilisés très tôt.
[Donc, résumons : il faut que nous étudions une réforme, mais on sait que ce que l'on va faire ce sera un tronc commun avec des options. alors pourquoi étudier la réforme si on sait déjà ce que l'on va faire ? Pour que la CFDT s'y sente associée ? A moins que ce soit pour tester les réactions et faire autre chose... de pire.]

La lettre de mission du président de la République vous poussait à inciter les élèves des lycées sensibles à tenter leur chance en prépa…
Dans les jours qui viennent, une circulaire va être adressée à tous les proviseurs de lycée, en particulier ceux situés dans les zones sensibles, afin qu'ils présentent de manière systématique 5 % de leurs élèves les plus méritants des filières générales et technologiques et 8 % pour les seules filières générales en classe préparatoire. Toute demande formulée par ces élèves sera automatiquement acceptée dans une classe préparatoire. Nous devons résoudre deux problèmes : d'une part, celui des 400 lycées qui chaque anné ne présentent jamais aucun dossier de classes préparatoires pour leurs élèves , d'autre part, la sous-représentation dans les classes préparatoires des élèves issus des milieux défavorisés et qui ont eu un mérite particulier pour se hisser parmi les meilleurs. Les élèves issus de milieux défavorisés bénéficieront en outre de mesures d'accompagnement personnalisé, et notamment d'une priorité d'accès aux internats et aux logements étudiants. Nous avons la même ambition pour tous les lycées de ce pays.

Votre volonté de faire passer la durée d'obtention des diplômes de lycée professionnel de quatre ans à trois ans a-t-elle pour objectif de supprimer des postes d'enseignants ?
Je ne raisonne pas de cette façon. L'idée du bac pro en trois ans n'est pas nouvelle, puisque c'est Jean-Luc Mélenchon qui l'a initiée en 2001, aux côtés de Lionel Jospin. Avec cette réforme, qui sera généralisée en 2009, je veux augmenter le nombre de lycéens obtenant un baccalauréat professionnel, diplôme davantage valorisé que les brevets d'études professionnelles (BEP). Aujourd'hui, les lycéens mettent quatre ans pour obtenir un bac pro, alors qu'ils mettent trois ans pour obtenir un bac technologique. Cette année d'étude en plus décourage des jeunes souvent en échec scolaire. La déperdition est énorme dans la filière. Seuls 39 % vont jusqu'au bout.
[Bac pro et Bac techno, ne concernent pas tout à fait les mêmes élèves... c'est là le problème]

Comment faire évoluer les carrières des enseignants lorsqu'ils n'ont plus la foi ?
Le travail que je veux entreprendre à partir des constats que formulera la commission Pochard vise, justement, à redonner aux enseignants le plaisir et la fierté d'exercer leur métier. Cela étant, je crois qu'il est nécessaire de réfléchir aussi à la mise en place de passerelles vers d'autres fonctions pour ceux qui ont envie d'entreprendre une seconde carrière.
[Donc ceux qui veulent une revalorisation, qu'ils se cassent ! ]


* Pochard, c'était déjà bien. Attali ce sera encore mieux sans aucun doute. Voici quelques extraits de son rapport (qui n'engage à rien, mais bon...). Sur les prof, c'est tout ce que promettait Sarko, avec une louche en plus. Le rapport est disponible ici. Ce qui concerne l'école est à partir de la page 20. Comme la lecture est aisée, je ne ferai pas résumé.

En gros vous prenez tout ce que vous avez entendu de plus libéral dans les propos de Sarko, vous en rajoutez une couche et vous y êtes.


* Pas de vidéo de la fin aujourd'hui, MAIS un document de la fin. De retour de manif, et si comme moi vous en avez plein le dos de ces non-grévistes qui au lieu de vous dire qu'ils ne veulent pas perdre un rond vous font la morale et disent que cela ne sert à rien la grève car on ne peut rien faire, dites leurs que si la grève échoue c'est peut-être bien de leur faute car ils ne la font pas et placez sous leurs yeux le document suivant.

Il s'agit de la fiche de paie d'un salarié d'une entreprise de démarchage par téléphone qui -avec toute sa boite- est en grève depuis dix jours. Ca calme.
Chapeau.
fichedepaie
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53 % de grèvistes demain !

* On sera 53 % de grévistes demain. Et oui, c'est le SNIUPP qui a déjà les chiffres. Il paraît que ce sera moins que pour le 20 décembre (et plus que pour la prochaine grève ?). Mais, c'est déjà un Moindrot mal.


* TIC,l'entrée des entreprises privées dans l'éducation nationale.

Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, installe la mission « E-educ » sur les technologies de l'information et de la communication pour l'Enseignement le 23 janvier 2008 de 9h00 à 9h40 au ministère.
Le ministre va confier à Jean Mounet, président de SYNTEC informatique, une réflexion globale et ambitieuse visant au développement des technologies de l'information et de la communication pour l'Enseignement (TICE) au sein du monde éducatif.
Cette mission, d'une durée de trois mois,
rassemblera des représentants de l'Éducation nationale et des professionnels du secteur informatique. Les propositions feront l'objet d'un rapport qui sera remis à Xavier Darcos courant avril aux fins d'envisager de nouvelles actions dès la rentrée 2008.
De plus, un forum d'une durée d'un mois sur ce sujet sera installé sur le site du ministère.
Ce forum sera ouvert aux enseignants et aux familles qui souhaitent s'exprimer sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication en milieu scolaire.


* Service minimum et droit de grève. Darcos veut une loi obligeant les enseignants à se déclarer gréviste deux jours avant la grève. Propos tenus sur RTL reportés par LaTribune.fr

AFP - Le ministre de l'Education Xavier Darcos a reconnu mercredi qu'il n'excluait pas une loi obligeant les enseignants du primaire à se déclarer grévistes deux jours à l'avance et accusé la direction du parti socialistes d'avoir donné des "directives" aux maires pour ne pas organiser de service minimum d'accueil des enfants du primaire le 24 janvier, jour de grève dans la fonction publique.
"Si le service d'accueil ne fonctionne pas bien (...) je suis disposé à aller plus loin et à souhaiter que les grévistes veuillent bien le faire savoir 48 heures à l'avance", a-t-il déclaré sur RTL, précisant "je ne l'exclus pas" à la question "ça veut dire qu'il faut faire une loi?".
Le ministre a ensuite accusé "la direction du parti socialiste" qui "visiblement a donné des directives très précises" aux maires pour refuser d'organiser un service d'accueil minimum pour les élèves du primaire.


* Grève du zèle chez les intendants ? Cela fait suite aux contestations liées à la prime des chefs d'établissement. Libé nous le dit (article ici):

"Après les protestations des enseignants de la FSU, de la CFDT, du Snalc (Syndicat National des lycées et collèges), c’était au tour hier du syndicat Administration et Intendance, regroupant des gestionnaires et des administratifs, de dénoncer l’injustice et d’appeler à une grève du zèle ".


* La vidéo de la fin. Aujourd'hui l'Américano.


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Toujours plus

[Dernière minute : grève à l'imprimerie de Choisy qui imprime les sujets de concours de l'EN. Les sujets des agreg et capes internes qui arrivent ne partiront pas. Voir là. ]


* Puisqu'on vous a dit décompléxé. Il n'y a pas de raison que cela s'arrête. Darcos s'étend encore un peut sur le service minimum.
Service minimum à l'école: Darcos prêt à aller "plus loin"

AFP — "Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, s'est dit prêt dimanche [sur Canal +] à aller "plus loin" sur le service minimum à l'école en cas de grève, en affirmant qu'il pourrait demander à l'avenir aux enseignants de se déclarer grévistes deux jours à l'avance.
Invité de l'émission "Dimanche+" sur Canal+, M. Darcos a réaffirmé que le service minimum d'accueil n'était "pas une atteinte au droit de grève". Le ministre a ajouté que "si ça ne marchait pas", il irait "peut-être plus loin, en particulier en
demandant aux professeurs de se déclarer grévistes deux jours avant" le mouvement.
Le ministre a par ailleurs estimé que "
ce n'est pas avec des grèves que nous règlerons les problèmes de l'école de la nation".
"Croire que la réponse aux problèmes que nous avons aujourd'hui, y compris à l'Education, c'est de protester contre des ministres qui ne rêveraient que de démanteler le service public, de lui faire du tort (...) c'est une vision qu'il faudra peut-être un peu réviser. Il faut que ce pays bouge", a ajouté M. Darcos."

Ceci dit allez voir sur le site du ministère l'agenda du ministre vous remarquerez combien, en cette semaine grève, il est omniprésent dans les média. Mieux vaut attaquer que défendre, c'est sûr.

* Le MEDEF travaille aux programmes scolaires (suite). Après une offensive sur les manuels de SES puis d'Histoire-géo (voir nos articles des semaines passées), le MEDEF entend encore "renforcer la formation dans les Tic et développer la formation par les Tic" (et toc). Pour cela voici qu'il publie un rapport, soutenu par l'industrie de l'informatique, qui dit par exemple :

"qu'il convient désormais d’innerver toutes les disciplines avec les TICE, dont il est démontré que l’application peut concerner aussi bien les arts plastiques et le développement de l’infographie, les disciplines littéraires avec des ateliers d’écriture collaboratifs, des processus pédagogiques ludiques ou des exercices d’entraînement. La recherche dans ces domaines mérite d’être largement encouragée"
"Pour susciter et repérer des vocations d’ingénieurs informaticiens, il est souhaitable d’intégrer dans les programmes de technologie ou de mathématiques une première approche de programmation simple soit au collège, soit dans les filières scientifiques et techniques. Cela implique de créer un CAPET et d’une agrégation TIC qui n’existent pas actuellement"

Vous en reprendrez une louche en allant voir le rapport là.

* TIG (et non TIC cette fois).

Darcos veut des travaux d'intérêt général éducatif pour les élèves violents


Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a assuré lundi à Amiens, qu'il souhaitait substituer des "travaux d'intérêt général éducatif" aux habituels jours d'exclusion pour les élèves ayant commis des infractions dans un établissement, a annoncé son ministère.
"Plutôt que d'exclure quelques jours les élèves qui ont commis des infractions dans le cadre scolaire, je veux qu'ils puissent effectuer des travaux d'intérêt général éducatif au sein même de leur établissement", a déclaré le ministre, qui participait à une table ronde présentant les dispositifs de prévention et de lutte contre la violence scolaire en vigueur dans l'académie d'Amiens.
Il s'agit pour lui de "
rompre avec les sanctions qui ne servent à rien".

C'est vrai, cela ne s'est jamais fait dans les étalbissements scolaires. Jamais. Et c'est dire si cela a fait ses preuves.

* Attali ou Attila ? Les Echos (dans cet article là) font le point des propositions du rapport Attali relatives à l'2ducation : pas moins de 30 (sur 300), c'est dire si ce rapport pour doper l'économie nous concerne.

Résumons :
- il faut intensifier les réformes, tout en "faisant beaucoup mieux avec les mêmes moyens".
- des points traditionnels de la la pensée libérale qu'on a : suppression de la carte scolaire, priorité donnée aux enseignements fondamentaux en primaire, autonomie des établissements...
- pour le supérieur ; développer le tutorat, les fondations,
renforcer les stages - un semestre en licence -, aller plus loin dans l'autonomie. Deux risquent cependant de faire couler beaucoup d'encre. D'une part, le rapport préconise que les chercheurs soient aussi enseignants, recrutés sur des contrats de quatre ans.
- il suggère de
« distinguer dix pôles universitaires de taille mondiale », susceptibles d'être financés à 80 % par le privé, et au passage de doubler le nombre d'élèves scolarisés dans les dix grandes écoles d'ingénieurs parisiennes


* Encore un vidéo de la fin qui vaut le détour. Face à tous ces syndicats qui s'accordent de la flexisécurité voilà une nouvelle forme de proposition syndicale mise en musique :

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Réformes de l'Université et des concours

Ne manquez pas aujourd'hui la vidéo de la fin

* L'Université tout d'abord. Il faut savoir que viennent d'être envoyées au ministère, depuis les universités, un certain nombre de maquettes (propositions pour la réforme des cursus) pour la prochaine réforme des premiers cycles universitaires.

Selon nos informations les demandes du ministère qui ont conduit à ces maquettes ont été de ne pas mettre d'enseignements disciplinaires en première année de Licence, mais de placer en grande quantité des heures de méthodologie, un peu de droit, un peu de questions actuelles, des langues, du français.
C'est à partir de cela que les enseignants du supérieur doivent construire un portail commun, c-a-d une première année pour toutes les sciences humaines par exemple(mais sans découverte des disciplines !).
La cerise sur le gâteau, si l'on peut dire, sera en plus la mise en place d'une UE "Projet personnel professionnel"… dont on peut imaginer l'objectif.

En ce qui concerne les emplois de profs on a pas fini de rire non plus, car il est dit qu'à terme ces premiers semestres sans discipline seraient assurés par des enseignants du secondaire, manière sans doute de ne pas recruter de trop chers maîtres de conférences. La course aux places est donc dors et déjà lancée dans le secondaire...

De plus, il semblerait que la meilleure des ambiances règne dans le milieu universitaire. La plus grande opacité est entretenue sur ces réformes, et les projets (maquettes) qui sont formulés au sein même des universités sont tenus secrets. Certains universitaires "gauchistes" sont même carrément exclus de la concertation sur le sujet, de peur qu'ils balancent des infos subversives trop tôt.


* De l'Université aux concours, il n'y a qu'un pas. On (re)parle de leur suppression.
L'affaire n'est pas neuve, le bruit court depuis 1989 au moins. L'intégration des IUFM dans l'université il y a quelques années a montré aussi une direction. Mais voilà que par plusieurs canaux (syndical, université, et IUFM), l'idée de créer un Master professionnel à l'Université qui remplacerait les concours nationaux fait son chemin. Attention les changements vont être nombreux et fondamentaux.

Pour l'instant c'est le snalc qui lance les informations les plus précises, et en particulier la parution en novembre 2007 d’un rapport de la Conférence des directeurs d’IUFM envisageant un certain nombre de possibilités quant au recrutement des profs.
 
Extrait de la déclaration du snalc sur ledit rapport :               
 " Avant même tout recrutement, il s’agirait d’introduire des éléments de pré-formation dès la première année de licence, dans le cadre d’un "parcours professionnel vers les métiers de l’enseignement" : le futur professeur, outre les contenus strictement disciplinaires, recevrait au cours des trois années de licence une formation en recherche documentaire, TICE, langue(s) vivante(s) étrangère(s), suivrait des modules d’épistémologie de sa discipline et d’histoire de son enseignement scolaire, de connaissance du système éducatif (...) ainsi qu’un enseignement dans une ou plusieurs disciplines connexes (permettant, bien entendu, de préparer une future bi, voire polyvalence, que pédagogistes et gestionnaires appellent de leurs vœux !). Cette pré-formation serait complétée par des stages en établissements scolaires, de la maternelle à l’université (...) Après cette primo-formation courant sur l’ensemble de la licence, trois options sont proposées :
Première option : les étudiants passeraient, en même temps que leurs examens de licence, un "concours de recrutement d’Etat" (ce qui laisse supposer qu’un recrutement à l’échelle nationale est maintenu…), dont les épreuves seraient à la fois disciplinaires et pratiques (s’appuyant sur les contenus de pré-professionnalisation antérieurs). Ils entreraient ensuite en M1, avec un statut de professeur stagiaire ou d’allocataire, pour suivre à la fois un approfondissement disciplinaire, une formation à la didactique des disciplines enseignées et des enseignements transversaux articulés en particulier autour de la psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Les futurs professeurs seraient également amenés à accomplir des stages de pratique accompagnée dans les classes de collègues expérimentés. L’année de M2 serait ensuite conçue comme une année de spécialisation dans un niveau d’enseignement donné, "sur la base des choix exprimés par l’étudiant et de ses résultats aux évaluations de première année". La titularisation interviendrait après obtention du master, sur critères pédagogiques (évaluation de pratiques) et universitaires (travail d’études et de recherche).
Seconde option, aucune sélection n’est envisagée avant l’obtention du master lui-même : tous les étudiants le désirant pourraient suivre la formation en alternance précédemment décrite. Le recrutement effectif, a priori par concours national, s’effectuerait en fin de seconde année de master, immédiatement après l’obtention de ce diplôme, et serait suivi d’un stage alternant formation et pratique d’une durée de un an, dont la validation permettrait ou non la titularisation.
Troisième option : le "recrutement par paliers successifs" est la troisième option proposée, et l’on comprend assez rapidement - quoi qu’ils s’en défendent - que c’est celle qui séduit le plus les auteurs de ce rapport. Un premier palier de recrutement serait ainsi mis en place en fin d’année de licence, permettant de sélectionner un nombre d’étudiants en fonction des besoins de l’Institution. Les enseignements de M1 seraient les mêmes que dans les options précédentes. Une seconde sélection serait effectuée pour le passage en M2, les étudiants ayant échoué étant réorientés vers d’autres filières. Enfin, l’obtention du master constituerait le dernier palier de recrutement, "appuyé éventuellement sur le classement établi". "

Autant d'infos qui sont à recouper avec les annonces de la mise en place d'un "Collège universitaire" dont on commence à parler dans le supérieur et qui serait créé par la prochaine réforme de l'Université (maquettes évoquées plus haut), et plus encore avec les propositions présentées en août 2007 par la Commission européenne sous le titre "Propositions visant à améliorer la qualité des études et de la formation des enseignants dans l’Union européenne" et que l'on peut consulter ici .

On peut remarquer dans tous les cas que il n'est plus question d'agrégation. Il semblerait aussi qu'il y ait un autre risque majeur dans ces évolutions, c'est que le recrutement passe totalement dans les mains de l'inspection, des rectorats et des conseillers pédagos divers et variés (sauf les universitaires mettent le nez dans toutes ces histoires ce qui n'est pas certain). On voit bien aussi comment derrière un concours qui pourrait rester national, se profile une territorialisation certaine.


* La vidéo de la fin. On y prend goût a ces petites vidéos. Aujourd'hui, de toutes ces réformes, mieux vaut en rire que s'en foutre, c'est aussi la devise de celui-là qui est en train de réinventer le militantisme :



Didier Super, un grand chanteur social à découvrir de toute urgence si vous ne le connaissez pas : allez sur son site.
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