Réforme du Bac : premières désorientations
Selon AFP.
"L'idée d'un baccalauréat général commun, avec des
options, est "à retenir" (Darcos)
Le ministre de
l'Education nationale Xavier Darcos a affirmé jeudi
sur RMC que l'idée d'un baccalauréat général commun,
sans filière, mais avec des options, est "une
orientation qui mérite d'être retenue".
Interrogé sur les différentes filières du bac, à la
question "pourquoi
pas une filière commune, un seul bac avec des
options?", M. Darcos a répondu :
"C'est une question qu'on peut débattre,
c'est
certainement une orientation vers laquelle il faut
aller, mais ça ne peut pas se
faire sans qu'on
en ait parlé très longtemps auparavant avec nos
collègues".
"C'est une orientation qui mérite d'être retenue. On
a le droit de parler de tout", a-t-il ajouté. (...)"
En fait il
semble que derrière tout cela se cachent des
projets qui sont déjà vieux et qui ont été largement ébauchés
par des rapports de l'inspection générale.
Et c'est curieux on y retrouve toutes
les annonces révolutionnaires de notre
ministre. Comme
quoi il a des idées.
Plusieurs textes aident sérieusement à son
inspiration :
1/ Celui sur les
performances du
lycée est par exemple ici (audit sur les performances,
décembre 2006),
dont voici les
propositions :
" Des mesures peuvent être prises dès la rentrée 2007
pour réduire les coûts
des enseignements et financer la loi
d’orientation du 23 avril 2005. Plan de rénovation
des langues vivantes: renforcer l’équipe du projet
«langues vivantes», en associant àla DGESCO et
àl’IGEN des compétences budgétaires et académiques.
La mission propose que l’allègement des effectifs en
classe de langues en première et en terminale à 20
élèves en moyenne ne s’effectue qu’au rythme de la
suppression des groupes inférieurs à15 élèves.
Dédoublements de classe: limiter les
dédoublements au profit d’une prise en compte
personnalisée des besoins des élèves.
Séries technologiques: évaluer les
premiers résultats pédagogiques et budgétaires de la
réforme de la série sciences et techniques de gestion
entrée en vigueur àla rentrée 2005. Mener à son terme
la réforme des autres séries technologiques et
veiller davantage à la qualité du processus de
réforme des filières, des séries, des enseignements
et des grilles horaires associées.
Pilotage du système et mobilisation de ressources
qualifiées pour réussir
l’application de la LOLF: allouer les moyens
aux académies et aux établissements en fonction de
leurs objectifs et mettre en place àbrève
échéance une première liste
d’indicateurs et une procédure d’évaluation
des résultats obtenus par rapport aux objectifs
fixés.
Une
réduction significative des horaires ne pourra
être obtenue sans une réforme d’ensemble de
l’organisation des enseignements et du pilotage du
système éducatif : l’orientation principale soutenue
dans le rapport est de piloter le système
éducatif par les objectifs en faisant
davantage confiance aux académies et aux
établissements.
Amplitude effective de l’année scolaire: retrouver 36
semaines d’enseignement effectif en réformant
l’organisation des examens de fin d’année (cf.
audit de modernisation de décembre 2005).
Plafonnement de l’horaire annuel de classe du lycéen:
concevoir dans sa
globalité et son annualité l’horaire de
l’élève, en prenant en considération non
seulement les heures d’enseignement en classe, mais
aussi les temps de préparation et d’approfondissement
personnels.
Le lycée public devrait se réapproprier ce temps de
travail personnel, sauf à renoncer à sa finalité
sociale. Le choix des plafonds proposés s’inspire
directement des exemples étrangers les plus
performants.
Référentiels
horaires nationaux: fixer un seuil
minimal annuel par discipline et confier les
marges de manœuvre dégagées (15 à20 % du total) aux
équipes
déconcentrées (académies et EPLE) pour bâtir
des offres adaptées aux besoins des élèves et donner
un sens aux projets
des établissements.
Classe de seconde:
• aménagement du mécanisme actuel de redoublement,
• rétablissement, dès la rentrée 2006, d’une
évaluation nationale à l’entrée en classe de seconde,
• classification de la seconde langue étrangère en
enseignement obligatoire,
• réduction du nombre
d’options de détermination en classe de
seconde
Création
d’un département de langues vivantes: un
département unifiéde langues vivantes devrait être
mis en place dans chaque établissement, avec un
objectif ambitieux : 100 % des lycéens français
doivent avoir obtenu leur certification B2
(utilisateur autonome) à l’horizon 2010 dans au moins
une langue vivante.
Impacts
attendus
L’organisation horaire des enseignements ne peut pas
être abordée uniquement sous l’angle technique.
L’amélioration des performances du lycée général et
technologique qui est attendue d’une réforme de la
grille horaire de ses enseignements nécessite une
réflexion approfondie sur les objectifs assignés au
système et sur ses modalités de régulation.
Cette réflexion devra attacher une importance toute
particulière à l’impact de la réforme sur les
conditions du métier enseignant et éviter que le
pilotage par les objectifs et les résultats soit
perçu uniquement sous l’angle de l’efficacité et des
injonctions adressées aux agents pour les
amener à cette efficacité, et non sous l’angle du
projet et de la liberté qu’il donne."
2/ Celui sur la
revalorisation de la série littéraire (juillet
2006) qui est là.
Et qui dit en gros
qu'il y a trois solutions :
Soit fondre les séries
dans une filière unique,
Soit diluer les littéraires dans les économistes,
Soit vendre la littérature à la communication et
l’enseignement général à la technologie.
Vous trouverez un contre
rapport sur le site de Sauvez les
lettres, exactement ici. Pasque
ils
craignent le pire, les profs de lettres.
En
gros: ça va être autoritaire les gars, faudra s'y
faire ! Et pas question de la ramener.
Heureusement qu'il va y avoir discussion, que de tout
ça on va en parler. Tiens on dirait de la démocratie
participative. Du genre, débat sur l'école bien
sûr.