Le niveau baisse
Entretien trouvé dans la Dépêche du Midi (Publié le 27 mars 2008)
Le recteur dénonce «les syndicats rétrogrades»
"La réforme de l'école primaire prévoit que « dès les prochaines vacances, le mois prochain, les élèves en difficulté pourront être accueillis dans les écoles pour des cours de soutien ». Une formule basée sur le volontariat des familles… mais aussi des enseignants, invités ainsi à raccourcir leurs vacances. Cette proposition, bien qu'assortie d'une rémunération substantielle (+25% en heures supplémentaires), a été immédiatement rejetée par les syndicats qui appellent à la boycotter. Une position qui fait bondir le recteur Olivier Dugrip.
Que vous inspire ce refus ?
Je suis un recteur en colère, car cette attitude est contraire à l'intérêt des élèves, des familles et des idéaux républicains de solidarité. En fait, je suis atterré devant ces syndicats réactionnaires qui n'ont rien compris et qui vont à contre-courant de l'école républicaine. Je les invite à se ressaisir.
Plus largement, les syndicats protestent contre les réductions de postes…
Il y en aura en tout et pour tout 46. Soit 0,3 % de l'effectif global.
Le reste n'est qu'un transfert de moyens en heures supplémentaires.
Et pas pour autant de réductions de moyens ?
Non, car cette cuisine interne modifie les conditions de service des enseignants, mais pas les volumes horaires ni les moyens mis en place pour les élèves.
Et là, la question des heures sup va se reposer. Les enseignants vont-ils accepter de les faire ?
Chacun devra prendre ses responsabilités. Mais je veux dire à chacun qu'on ne peut pas prétendre défendre le service public d'éducation et dans le même temps en organiser le sabotage. Sur le fond, je reste confiant. Tous les enseignants, loin s'en faut, ne sont pas aux ordres de syndicats dont encore une fois, je regrette le caractère rétrograde. "
Propos qui ont entraîné un certain scandale. Pour la réaction des syndicats, parents d'élèves et élus, voir un autre article du même journal.
Ils ne doivent plus avoir beaucoup d'arguments pour faire passer leurs conneries, car on remarque que maintenant ils tapent dans l'affectif des profs et appellent à la responsabilité (soi disant professionnelle). Et ces pauvres élèves qui n'auront pas leur heures de soutien pendant leur vacances, cela pourrait bien être votre faute ...
Pour ce recteur, il va falloir acheter du Dugripant.
* Baisse du niveau en Français. Nouvelle étude dont Le Monde fait état (dans cet article), en extrait ci dessous. Nous rappellerons pour mémoire et explication, la pétition de Sauver les lettres qui fait un état de l'horaire de français (et le compare à celui de 1976). Edifiant. On en a déjà parlé, on vous encourage à aller voir là.
Nouvel élément à l'appui de la "baisse du niveau" scolaire : qu'il s'agisse de la lecture, du calcul ou plus encore de l'orthographe, une "note d'alerte" , émanant des services statistiques du ministère de l'éducation et dont Le Monde a pu prendre connaissance, conclut à une baisse importante des performances des élèves en fin de CM2 entre 1987 et 2007.
La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a tenté de "mesurer objectivement l'évolution des compétences des élèves" à vingt ans d'intervalle. Pour cela, elle a repris à l'identique en 2007 et auprès d'un nouvel échantillon d'élèves de fin de CM2 une enquête "Lire, écrire, compter" menée en 1987. Les élèves ont été soumis à des épreuves de lecture (compréhension de huit textes courts et variés), de calcul (portant sur les quatre opérations) et d'orthographe (une dictée d'une dizaine de lignes assortie de questions).
Synthétisés dans la "note d'alerte", les premiers résultats de cette reprise comparative montrent que la baisse des performances est la plus marquée en orthographe. Sur une dictée de 85 mots, la proportion d'élèves faisant plus de 15 erreurs, qui était de 26 % en 1987, est passée à 46 % en 2007. Ce sont principalement les erreurs grammaticales qui ont augmenté, passant de 7 en moyenne en 1987 à 11 en 2007. Ainsi, alors que 87 % des élèves écrivaient correctement "tombait" dans la phrase "le soir tombait", ils ne sont plus que 63 % en 2007. Alors que 61 % des élèves orthographiaient correctement le mot "certainement" en 1987, ils ne sont plus que 50 % en 2007. En revanche, sur des conjugaisons difficiles pour les élèves de CM2, comme l'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir, le pourcentage de réussite n'évolue pratiquement pas : en 1987, seulement 32 % des élèves, écrivaient correctement "vus" dans la phrase "elle les a peut-être vus" ; en 2007, ils sont 29 %. (...)
Déclarations diverses
Donc : suppression de toutes les options en seconde. Les élèves feront tous un peu de chaque enseignement autrefois optionnel. Tout cela pour ne préparer que deux bacs : un général et l'autre technologique.
* SA SUFFISANCE... Le Glaude.
[extrait de Politis, en ligne]
jeudi 27 mars 2008
L’ancien ministre et tout aussi ancien socialiste Claude Allègre « ne sait pas » les raisons pour lesquelles il n’est pas entré au gouvernement et ne croit d’ailleurs pas que celui-ci « ait été remanié ». Avec un argument imparable lancé dimanche au Grand Jury-RTL : « S’il avait été remanié, il n’est pas totalement impossible que j’en aie fait partie. » En somme, rien d’important n’existe s’il n’y est pas associé. Difficile d’afficher plus de suffisance ! Mais puisque Môssieur le Professeur prétend entretenir « un dialogue assez suivi avec le président de la République sur un certain nombre de sujets »...
Rien a dire de plus.
* Meilleur titre de la presse sur les manifs de ces derniers jours revient à 20 minutes :
Manifestation: «Non à l'éducation bling-bling»
"Etudiants et enseignants ont battu le pavé ensemble, ce jeudi, pour protester contre la suppression des postes dans l’Education nationale, prévue à la rentrée 2008. A Paris, les milliers de manifestants ont défilé du quartier Saint-Michel au ministère de l’Education nationale. Sur leur pancarte, des slogans comme «Profs au rabais», «Président grossier=mauvaise éducation» et «Non à l’éducation bling-bling»."
*Enfin, dormez braves gens, tout va bien dans l'éducation nationale. C'est Darcos qui le dit en mentant un peu (mais si peu...).
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a assuré aux lycéens jeudi sur France 3 que "à la rentrée prochaine ils retrouveront le même service public" car, a-t-il entre autrers argumenté, "sur ces 8.000 postes il y en a 5.000 qui sont en fait des conversions en heures supplémentaires".
Ah si tous les profs voulaient un petit peu être de droite dans ce pays et acceptaient les HS cela fonctionnerait mieux...
Aller plus loin dans les réformes...
Qui dit :
"En attendant ces groupes de travail, rêvons un peu. Rêvons que les lycées de demain soient durablement installés sur les territoires, ce qui intéressera les collectivités territoriales qui peinent à stabiliser les cartes des formations. Qu’ils offrent des ressources pour les habitants : des centres de documentation, un accès accompagné aux équipements numériques, aux enseignements qui profitent aussi aux adultes, et à tous ceux qui reprennent un parcours de formation. Ces « Maisons des savoirs et de la formation » que doivent devenir les lycées et collèges avec le concours des collectivités territoriales et des mouvements d’éducation populaire, devraient rester largement ouvertes en dehors des heures de classe.
Rêvons que les
enseignements qui y seront dispensés libèrent et
unissent au lieu d’enfermer. C’est autant
affaire de contenu que d’approches pédagogiques, de
finalités assumées que d’accompagnement quotidien.
Le choix
de l’interdisciplinarité et de l’autonomie de
l’élève qu’impliquent par exemple les Travaux
Personnels Encadrés en est une illustration. Ne pas
le voir, c’est enfermer le débat sur l’école dans des
considérations corporatistes sur le nombre d’heures
par disciplines. Par-dessus tout, il est utile de
rappeler l’importance de l’évaluation « terminale »,
qui, depuis longtemps, ouvre sur des pratiques de
bachotage, lesquelles irriguent tout l’enseignement
secondaire - voire bien en amont - et qu’on retrouve,
bien en aval, comme déterminant supplémentaire à la
préparation au métier enseignant."
Voilà c'était juste
pour rappeler que vraiment il y en a certains qui
militent pour la destruction de l'Education
nationale. Et dans toutes les dimensions...On en
déduit que pour ces gens là le lycée (et sans doute
aussi le collège) est un élément d'oppression (un
appareil idéologique d'Etat sans doute ?), que le
savoir disciplinaire n'est pas si fondamental que
cela, et qu'il faut une finalité doctrinaire à
l'Education. Et vive les TPE qui permettent surtout à
certains enseignants d'en faire le moins possible et
d'être payer le mieux possible et de faire croire à
des élèves ignares (sur des sujets qu'ils préparent
pourtant longuement) qu'ils sont de férus
spécialistes.
Pour ceux qui doutaient encore de la nature de
Cafépédagogique.net...
*
Toujours plus loin même, et cette fois
c'est le
Mammouth déchaîné qui s'y met.
Comme bientôt les idiomes locaux seront de nouveau
enseignés, nous devançons l'appel et traduisons notre
site en Ch'timi. Merci à ceux qui avaient déjà
inventé le Martine Cover generator pour leur
Ch'timisator. Allez le voir là : http://chti.logeek.com/ (je vous
conseille surtout la traduction de la Une du Figaro, une vraie poilade).
Voila ce que cela donne sur la page d'hier :
L'Canard absolu
24/Mar/2008
10:00
*
Chans vouloir reprendre les idéologèmes
ed' Judith Henri (chouvenez-vous),
voici une
nouvelle déclaration ed' notre ministre
Darcos,
aveu qui n'étonnera personne. Voici ch'qu'il répond
dans un Tchiot biloute chur Lemonde.fr à l'kose
:
quel avenir envisagez-vous pour l'cayelle ES
[économique et chociale] ? Pourquoi vouloir
absolument chauver une filière littéraire qui n'a
plus trop ed' chuccô, hormis dans certains grands
lycées ed' grandes villes ?
Xavier Darcos : "Il n'est pas exact que l'filière
littéraire choit chans trinqueballer.
Nous avons besoin de linguistes, d'historiens, ed'
personnes capables de rédiger, et les entreprises
chont ed' plus en plus à la recherche ed' bons
généralistes
qui aient une maîtrise ed' capacités littéraires au
tchiot biloute large. "
Il est donc bien clair que faire ed' l'histoire
en choit en chert à rien, que la linguistique on
ch'en fiche chi ch'n'est pas applicable dans
l'glou-bec ed' l'entreprise.
Dans l'quinquin chat, il annonce ed' proposition chur
le recrutement en 2009. Puis il précise :
"Je vais, dans les jours qui viennent, entamer avec
les partenaires syndicaux l'cayelle deul' Tchiot
jaune blanc qui ch'appuiera chur chon biloute
travail."
Avec
les syndicats. On retient.
*
Le checteur privé a l'kose deul' gueulard ed' haut
fourneau.
L'école
privée churtout.
Ch'n'est pas nouveau, Charko l'avait dit dans cha
vaque, mais voici que Médiapart nous fait part deul'
balayeux chelon lequel l'école privée va être
développée en banlieue. (Première partie de
l'article. Attention l'coron devient payant)
Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue
21 Mar 2008Par Mathilde Mathieu
•
L'cococolo de l'Education nationale ch'apprête à
mucher ed' budgets inhabituels pour quehir l'essor
ed' l'enseignement catholique dans les quartiers
défavorisés,
bousculant ainsi les règles traditionnelles de
financement ed' l'école privée, dictées par
l'principe ed' laïcité. Un balayeux Fonds
d'intervention spécifique, dont Mediapart dévoile les
détails, chera bientôt mis en place rue ed' Grenelle,
pour chubventionner l'kose d'une cinquantaine ed'
classes dans les cités dô cheptembre 2008, dans
l'gueulard ed' haut fourneau du plan "Espoir
banlieues" annoncé par Nicolas Charkozy, le 8
février.
«Cette
décision, prise en catimini, risque ed' mucher un
picon bière majeur avec les professeurs deul'
gueulard ed' haut fourneau, prévient Daniel Robin,
responsable ed' questions ed' laïcité au Glou-bec,
principal syndicat deul' gueulard ed' haut fourneau.
Nous n'accepterons pas que l'Etat chupprime ed'
postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation
prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée
d'établissements catholiques ! Nous venons ed' faire
grève, je l'boubourse, contre la liquidation ed'
11.200 postes à l'cayelle prochaine ! L'kose fois
qu'un gouvernement a prétendu favoriser l'balayeux,
un canard ed' Français chont descendus dans
l'quenoule...».
Critiquée
pour cha concentration dans les centres-villes et cha
mixité chociale défaillante (deux fois moins
d'enfants boursiers que dans l'public), l'coron privé
chous contrat affichait depuis longtemps cha
wassingue de participer davantage à l'carabistoulle
contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie
un biloute ed' pouce budgétaire, ed' chubsides
chupplémentaires. «Il
faut nous faciliter l'tâche», avait choufflé l'picon
bière "patron" de l'enseignement
catholique,
Eric ed' Labarre, lors ed' cha mine ed' charbon ed'
presse ed' rentrée 2007. C'est aujourd'hui chose
faite.
Si
l'nombre d'établissements aidés par l'« Fonds » reste
limité, voire symbolique en 2008, l'kose ed'
ch'dispositif spécifique révèle l'volonté
présidentielle ed' faire bouger les
lignes,
et
la détermination ed' l'école privée à «rénover» –
plutôt redéfinir – ches relations avec les pouvoirs
publics.
«Nous
chommes décomplexés»,
revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé deul'
glou-bec auprô d'Eric ed' Labarre. «Nous aussi !»,
répond chans ambages un boubourse de Xavier Darcos,
ministre ed' l'Education nationale...
Le Privé absolu
Xavier Darcos : "Il n'est pas exact que la filière littéraire soit sans avenir. Nous avons besoin de linguistes, d'historiens, de personnes capables de rédiger, et les entreprises sont de plus en plus à la recherche de bons généralistes qui aient une maîtrise des capacités littéraires au sens large. "
Il est donc bien clair que faire de l'histoire en soit en sert à rien, que la linguistique on s'en fiche si ce n'est pas applicable dans le monde de l'entreprise.
Dans le même chat, il annonce des proposition sur le recrutement en 2009. Puis il précise :
"Je vais, dans les jours qui viennent, entamer avec les partenaires syndicaux la rédaction du Livre blanc qui s'appuiera sur son excellent travail."
Avec les syndicats. On retient.
* Le secteur privé a la faveur du gouvernement. L'école privée surtout. Ce n'est pas nouveau, Sarko l'avait dit dans sa campagne, mais voici que Médiapart nous fait part du plan selon lequel l'école privée va être développée en banlieue. (Première partie de l'article. Attention le site devient payant)
Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue
21 Mar 2008Par Mathilde Mathieu
• Le ministère de l'Education nationale s'apprête à dégager des budgets inhabituels pour favoriser l'essor de l'enseignement catholique dans les quartiers défavorisés, bousculant ainsi les règles traditionnelles de financement de l'école privée, dictées par le principe de laïcité. Un véritable Fonds d'intervention spécifique, dont Mediapart dévoile les détails, sera bientôt mis en place rue de Grenelle, pour subventionner la création d'une cinquantaine de classes dans les cités dès septembre 2008, dans le cadre du plan "Espoir banlieues" annoncé par Nicolas Sarkozy, le 8 février. «Cette décision, prise en catimini, risque de déclencher un conflit majeur avec les professeurs du public, prévient Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Nous n'accepterons pas que l'Etat supprime des postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons de faire grève, je le rappelle, contre la liquidation de 11.200 postes à la rentrée prochaine ! La dernière fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser le privé, un million de Français sont descendus dans la rue...». Critiquée pour sa concentration dans les centres-villes et sa mixité sociale défaillante (deux fois moins d'enfants boursiers que dans le public), le secteur privé sous contrat affichait depuis longtemps sa volonté de participer davantage à la lutte contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie un coup de pouce budgétaire, des subsides supplémentaires. «Il faut nous faciliter la tâche», avait soufflé le nouveau "patron" de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, lors de sa conférence de presse de rentrée 2007. C'est aujourd'hui chose faite. Si le nombre d'établissements aidés par le « Fonds » reste limité, voire symbolique en 2008, la création de ce dispositif spécifique révèle la volonté présidentielle de faire bouger les lignes, et la détermination de l'école privée à «rénover» – plutôt redéfinir – ses relations avec les pouvoirs publics. «Nous sommes décomplexés», revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé du dossier auprès d'Eric de Labarre. «Nous aussi !», répond sans ambages un conseiller de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale...