A la soupe !

* Les chefs d'établissement en redemandent déjà. Voici la discussion que propose Education & Devenir sur son site. Education & Devenir est une association de chefs d'établissement mais pas seulement (y a des profs aussi et même des documentalistes) et qui sont très comment dire, progressistes, sinon dans le vent.

"Les lois de décentralisation placent les établissements à la croisée de logiques complexes et le champ des missions qui leurs sont confiées ne cesse de s’élargir (...). Il nous semble alors bien difficile de défendre l'idée d'un pilotage des établissements et de maintenir une architecture fonctionnelle quasiment napoléonienne avec un proviseur et un adjoint, deux hémisphères pas toujours synchrones dans le petit cerveau d'un grand corps invertébré, incapable d'embrasser ces ensembles dans leur complexité.
Nous pensons que le moment est venu de lancer la réflexion sur l'organisation de la direction des EPLE.
La responsabilité des missions de management (orientation pédagogique, stratégie, organisation, amélioration, contrôle) ne saurait sans doute échapper aux personnels de direction, non plus que les missions liées à la mise en œuvre des ressources : direction des ressources humaines, gestion des infrastructures, gestion des achats, gestion financière et comptable, gestion du système documentaire. Mais considérons l'ensemble des missions reliées au cœur du métier en plus de l'enseignement : orienter, évaluer, valider, aider, accompagner le travail personnel, participer à la définition des services, gérer des projets, définir en équipe la gestion du temps, aménager des parties de programmes et individualiser des parcours, créer des dispositifs, adapter les pratiques pédagogiques, élaborer des indicateurs, étudier le devenir des élèves, communiquer vers l'exté-rieur, promouvoir l'établissement, etc. Toutes ces missions, et bien d'autres encore, sauraient-elles encore durablement sortir de la responsabilité effective des enseignants ?
On peut se réjouir que ces questions soient abordées dans le cadre des réflexions sur le métier d’enseignant mais il serait absurde de ne pas les articuler à celles du pilotage des établissements.
 
L'avenir du pilotage des établissements ne dépend-il pas nécessairement d'un maillage interne des établissements ? Il est temps de repenser cette organisation avec un jeu redéfini de délégations et de services, aboutissant à un partage des responsabilités, auxquelles devraient être étroitement associés les collectivités locales et territoriales, les parents et les élèves. La décentralisation est-elle aboutie tant que les usagers et les collectivités restent spectateurs plus ou moins actifs de l'organisation de l'éducation ?"

* Crachats rectoraux. Il s'agit de ceux d'un ancien recteur (A. Morvan) qui maintenant à la retraite (c'est plus facile il faut croire) dit tout ce qu'il pense de Nicolas S. C'est sur le site de 20minutes :

Le recteur « kärcherisé » réplique 

« J'ai été congédié comme un domestique [comme un vacataire il veut dire ?] après quatorze années comme recteur au service de l'Etat [recteur-vacataire au service de l'Etat, donc]. On m'a fait taire. Je rétablis ma vérité ». Révoqué en mars 2007 pour s'être opposé à l'ouverture du lycée musulman Al-Kindi, l'ancien recteur de l'académie de Lyon, Alain Morvan, publie aujourd'hui L'Honneur et les honneurs (Grasset), dans lequel il livre ses « souvenirs d'un recteur kärcherisé ». Ou comment cet ancien professeur d'anglais a réussi en quelques mois à se mettre à dos la droite locale, le préfet, ses ministres de tutelle, puis Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, « en ne faisant que son travail ».
Arrivé à Lyon en juillet 2002, ce recteur « de droite » se retrouve en 2004 confronté au cas de l'université Lyon-III, qui tarde à condamner les propos sur les chambres à gaz du professeur Bruno Gollnisch (FN). Le recteur affiche alors une fermeté inhabituelle vis-à-vis de l'université, déjà empêtrée dans des affaires de négationnisme et de gouvernance. Premier coup de semonce du ministère de l'Education, qui lui demande de lever le pied sur ce dossier à la demande d'élus locaux de droite.[non ? l'E.N. est capable de faire ça ?] Alain Morvan se montre ensuite réticent à l'ouverture d'un collège-lycée musulman à Décines, d'abord pour des raisons techniques de sécurité. « Mais Nicolas Sarkozy, ministre et candidat à la présidence, voulait cet établissement. On m'a fait comprendre que je ne pouvais pas m'y opposer », raconte Alain Morvan, qui fut convoqué au ministère de l'Intérieur et pense avoir été placé sur écoute. « Ce livre montre le rôle que peut jouer la peur dans la fonction publique. La crainte que Nicolas Sarkozy inspire est le grand ressort du régime actuel », estime-t-il. Pur produit de la méritocratie républicaine, Alain Morvan continue aujourd'hui de justifier son opposition à un établissement musulman. « L'école est faite pour mettre dans un même creuset des enfants d'horizon différents. Pas pour servir de support identitaire », dit-il. « Le discours de Nicolas Sarkozy à Rome, qui place la foi comme garant de la morale, est ahurissant. Je crois que le chef de l'Etat n'a pas les références culturelles pour accomplir sa mission. »

Encore un recteur qui fait semblant de ne pas savoir qu'il occupe une place éminemment politique... mais comment a-t-il été nommé ?

*Et les croutons ? Encore le Figaro, qui apprécie le sujet et qui donne la parole (entre autres) à Thibaut Lanxade, président de Positive entreprise, vous vous souvenez celui qui trouve les manuels de SES trop gauchistes, et

qui dit : "pour ce que l'on constate aujourd'hui dans les manuels scolaires de sciences économiques, c'est une image pessimiste, incomplète, réductrice de l'entreprise, bref, antibusiness, qui y est présentée. L'entreprenariat et la réussite ne sont pas valorisés, les développements consacrés au travail traitent surtout du chômage, de la précarité, de l'exclusion, du stress, du harcèlement… en revanche jamais l'épanouissement personnel grâce notamment à l'exercice de son métier n'y est traité".
[Allez savoir pourquoi ...]
Et rajoute : "Les entreprises reprochent aux jeunes de ne pas savoir mettre en pratique leurs connaissances et de ne pas connaître le monde économique, alors que les jeunes reprochent aux entreprises d'exiger qu'ils soient déjà qualifiés avant même toute expérience professionnelle. Il est grand temps de résoudre le décalage entre ces deux mondes, d'encourager et de rationaliser les passerelles, déjà fort nombreuses." (la suite ici).

*Et pour finir et subventionner la soupe populaire de ce soir, publicité en relation avec les cérémonies du 22 octobre dernier.

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