Mise en place de la réforme

« Même si le décret [De Robien] est abrogé,
nous retrouverons la bivalence dans la grande discussion
qui doit avoir lieu sur le métier d'enseignant »
, Xavier D., Le Point, 11.06.07.
Souvenons-nous.


*Subrépticement, ce que l'on annonçait se met en place. Premier exemple, dans l'enseignement agricole c'est parti. Cela se passe dans les Pyrénées orientales. Cela s'annonce aussi du coté de Roanne. Déclaration des établissements concernés (Pyrénées Orientales) :

"Le ministère de l’agriculture et de la pêche vient de décider brutalement la fermeture de nombreuses classes des deux Lycées agricoles publics du département des Pyrénées-Orientales à partir de la prochaine rentrée scolaire 2008.
Le lycée Claude Simon de Rivesaltes et le lycée Federico Garcia Lorca de Théza vont dès lors subir des décisions dictées uniquement par des soucis d’économie et de restrictions budgétaires sans réflexion préalable ni discernement.
classe de 4ème, bac pro viticulture pour le Lycée Claude Simon de Rivesaltes
Baccalauréat STL, pour le Lycée agricole Federico Garcia Lorca de Théza
Les établissements oeuvrent depuis de nombreuses années chacun à leur manière pour un enseignement de proximité destiné à former les futurs acteurs ruraux et économiques de notre département.
Les différentes missions : formation, développement, animation, coopération internationale, insertion auxquelles le personnel de ces deux lycées s’est dévoué depuis de nombreuses années sont reconnues et appréciées localement et bien au delà de notre territoire.
En dépit d’une crise structurelle sans précédent, l’agriculture départementale continue de représenter un des piliers majeurs de la dynamique économique des Pyrénées Orientales.
En détruisant son enseignement, c’est l’agriculture et la ruralité de ce département qui sont détruites.
Nous, personnel de ces deux lycées, soutenus par nos collègues du CFPPA et du CFA, ne pouvons l’accepter
et nous y résoudre. "
Une pétition est à signer sur le site dédié à ces fermetures ; c'est là.

Quand à Roanne, voici un extrait de leur texte contre la fermeture de 4e techno :

"CONTRE LA FERMETURE DE LA CLASSE DE QUATRIEME AU LEGTA DE ROANNE CHERVE

Le lycée de Roanne Chervé n’a jamais rencontré de problèmes de recrutement : 20 élèves en quatrième, 22 en troisième à la rentrée 2007. Nous aurions pu augmenter les effectifs de façon significative. En raison du profil particulier de ces classes, nous les avons limités volontairement pour travailler dans des conditions satisfaisantes. (...)"
Rappelons que pour tous, la réforme sera officiellement dévoilée en janvier. Un aperçu déjà dans nos pages, là.


*C'est peut-être pour cela qu'on va vers une nouvelle mobilisation ? Pas certain. Voici le texte des organisation syndicales (du 30 novembre) annonçant qu'ils vont (peut-être) se fâcher. Ils se revoient le 4 décembre si le ministre ne donne pas de réponses (mais à quelles questions, ça ce n'est pas dit).

Lettre commune de l'Intersyndicale à Darcos

Montreuil, le 30 novembre 2007
Monsieur le Ministre,

Le 20 novembre, en participant, nombreux, à la grève et aux manifestations auxquelles nous les avions appelés dans le cadre de l’action fonction publique, les personnels de l’Education ont tenu à vous faire part de leur mécontentement et inquiétudes et vous rappeler leurs revendications.
Ils sont en désaccord avec une politique salariale qui aboutit depuis plusieurs années à une dégradation continue de leur pouvoir d’achat.
Ils condamnent les 11 200 suppressions d’emploi prévues par le budget de l’Education 2008 qui s’ajoutent aux milliers d’autres intervenues depuis 5 ans.
Ils dénoncent les différentes mesures et décisions prises sans concertation (sur la carte scolaire, sur le collège, sur l'enseignement professionnel, sur l'éducation prioritaire…) qui, tournant le dos à l’ambition d’une école qui garantisse la réussite de tous, participeront à la mise en place d’une école à plusieurs vitesses et au renforcement des inégalités sociales et scolaires.
Les personnels ont exprimé de fortes attentes. Avec eux, nous vous demandons d’y répondre rapidement.
Faute de réponses et d’engagements satisfaisants de votre part, nos organisations qui ont prévu de se réunir à nouveau le 4 décembre, décideront d’une nouvelle étape de mobilisation.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.
Signataires : FAEN, FERC CGT, FSU, SGEN CFDT, UNSA

"Salutations respectueuses", c'est peut-être là le problème...
Le 4 décembre,
SUD-Education, elle, appelle à la GREVE.


*En effet, dans quelle mesure faut-il respecter un ministre de l'éducation dont l'administration demande aux chefs d'établissements de se transformer en RG ? On se souvient du mail de l'inspection académique du Bas-Rhin. Bis repetita. Le SNES 31 dénonce :

Nous venons de prendre connaissance
d'une directive adressée par l'Inspecteur d'Académie de Haute-Garonne aux chef d'établissement du département.Dans ce texte, l'I.A. 31 demande aux chefs d'établissement de lui communiquer les informations concernant les mouvements lycéens.
Si nous pouvons admettre que l'administration souhaite connaître la situation dans les établissements du département, nous ne pouvons que
nous élever contre une demande de renseignements précis qui relève d'une enquête policière. En effet, l'I.A. 31 demande "la situation détaillée et précise : AG, rumeurs, manifestations prévues, rassemblements prévus, tracts, nombre d'élèves mobilisés, origine - si possible des leaders -, présence des étudiants et leur nombre". Il ajoute également qu'il sait gré aux chefs d'établissement "de lui faire connaître les modes de transport utilisés ainsi que leurs moyens de financement".
La section départementale du SNES Haute-Garonne demande immédiatement que cessent de telles pratiques qui constituent une atteinte grave aux libertés individuelles et visent à transformer les chefs d'établissement en auxiliaires de police.

Faudrait-il penser que la Police de Monsieur Sarkozy n'a plus les moyens de vérifier tout cela elle-même ?


*La Police c'est fait , parlons armée maintenant. Encore une belle initiative d'un recteur qui est bien au service de notre bon Président. Il faut soutenir le moral des troupes ! Envoyez un dessin de vos chers élèves. C'est une info Libération (29.11.07). Extraits :

Les écoliers mobilisés pour le moral des troupes

«Quand j’ai ouvert ce courrier de l’inspection arrivé mi-novembre dans la boîte mail de l’école, j’ai pensé : “C’est une blague !” J’étais en colère, je l’ai jeté», raconte Nathalie, institutrice dans une classe de CM2 à Montpellier. Le courrier en question explique l’intérêt de faire participer les enfants de l’école primaire à une opération de dessins envoyés pour Noël aux «13 000 soldats français actuellement engagés dans les opérations extérieures pour la restauration ou le maintien de la paix». Il est signé Christian Nique, recteur de l’académie de Montpellier, qui juge cette action «citoyenne, civique, facteur de cohésion nationale, formatrice».
Colis. Les dessins sont à envoyer directement à l’association Solidarité Défense, qui «a pour but de contribuer à resserrer les liens entre la société civile et la communauté militaire». Cette association, créée en 1994 par l’amiral Jacques Lanxade (à la tête des armées françaises lors de l’opération Turquoise au Rwanda) et soutenue en partie par le ministère de la Défense, envoie chaque année des colis de Noël aux militaires en poste dans des pays comme la Côte-d’Ivoire, l’Afghanistan ou le Tchad. A chaque colis est joint un dessin d’enfant, collecté par «des personnes, anciens militaires ou femmes de militaires, qui vont présenter dans les écoles ce qu’est l’armée, à quoi elle sert», explique le trésorier de l’association Solidarité Défense, qui confirme que, «cette année, ça a mieux marché que les autres années, on a déjà reçu près de 20 000 dessins. Le ministre de l’Education nationale, monsieur Darcos, a été plus insistant, et on a eu un véritable soutien avec les recteurs d’académie». A l’image de celui de Montpellier, qui participe à cette opération pour la première fois.
Repos !
Voilà enfin une façon de leur faire faire de l'éducation civique (mon général), ladite éducation que ces gauchistes d'enseignants ne veulent pas leur faire faire.

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Ordre (et désordres)

Réforme [MAJ4],
c'est plus bas sur la page ou
toujours ici

* Darcos est bien du parti de l'ordre. Il soutient les proviseurs qui interdisent la tenue d'AG dans leurs établissements.
AFP — Blocages: Darcos "soutient" les proviseurs
Xavier Darcos a assuré dans une lettre rendue publique jeudi les proviseurs de son "soutien plein et entier", tandis que parallèlement la Fidl a protesté contre une lettre du recteur de Nantes demandant aux mêmes proviseurs d'interdire les assemblées générales.
"Voués au savoir et à l'étude", les lycées "ne sauraient être affectés, en aucune manière, par les revendications qui s'expriment au delà de leurs murs", écrit le ministre de l'Education aux proviseurs, alors que certains établissements sont bloqués depuis une quinzaine de jours par la contestation lycéenne de la loi Pécresse.
"J'ai pleinement conscience qu'aujourd'hui vous êtes confrontés à des situations difficiles et je tiens à vous assurer de mon soutien plein et entier", ajoute-t-il, en les encourageant à se méfier "des inquiétudes infondées".
"Je vous rappelle notamment qu'il n'y a jamais eu le moindre projet de création d'un +baccalauréat unique+ ni de suppression du diplôme du BEP", deux inquiétudes exprimées par les lycéens, dont les mouvements d'humeur sont très redoutés par les gouvernements."

"Pas le moindre" en effet ...

*Darcos recrée les BEP. Finalement et face à l'émoi, le diplôme (seul reconnu par les conventions collectives) existera toujours. On le donnera à la fin de la deuxième année de Bac Pro. Déclaration de Darcos, en ligne sur le site du ministère.

* Ordre, toujours du même ministre, mais cette fois de ne pas mettre la pagaille avant les élections : C'est le syndicat des inspecteurs qui nous l'apprend, Darcos aurait demandé que les questions de fermeture et ouverture de classes soient reportées. Extrait du site dudit syndicat (l'original est ici):


"Carte scolaire : information sous embargo ?

Le SNPI-fsu reçoit de toute la France des informations qui indiquent que le ministère a transmis des consignes orales aux IA-DSDEN, via les recteurs d’académie, pour que les opérations de gestion d’ouvertures et fermetures de postes dans les écoles du premier degré n’aient pas lieu avant la fin des élections municipales. La plus grande discrétion leur a été prescrite sur ce dossier, notamment envers les maires qui sont leurs premiers partenaires en matière de carte scolaire. Or, d’ordinaire, la procédure commence en décembre et s’achève en février.

Le SNPI-fsu s’interroge sur les conditions et les conséquences d’une telle mesure.

Son caractère furtif interpelle. S’il s’agit simplement de ne pas perturber le débat électoral, la mesure peut être annoncée en toute transparence républicaine et démocratique. Ce n’est pas le cas. On peut supposer que les limites du budget qui a été voté par le Parlement, plus basses que ce qui avait été annoncé, aboutissent à une carte scolaire particulièrement tendue juste avant les élections. Il s’agirait alors de ne pas handicaper les listes des candidats proches de la majorité présidentielle : ce serait donc une instrumentalisation purement politicienne du service public d’enseignement au détriment de la transparence et de l’équité du débat public.

Enfin, ce retard des opérations, s’il se confirme, provoquerait forcément des retards et des contraintes de calendriers extrêmement importants pour les personnels enseignants et administratifs. Le mouvement des personnels pourrait être repoussé fin juin ou début juillet. (...)"

* A Caen la révolte ? Dans le supérieur, on use du mail pour diffuser les infos et essayer d'atteindre des média qui, on l'a vu, rapportent une vision très partielle de la loi LRU. Cela part de l'Université de Caen, dont les personnels seraient à la pointe de la contestation . Extrait du mail adressé mercredi à de très nombreux journalistes :

"Cette loi ne répond en rien aux problèmes des Universités :
  - elle marque le désengagement financier de l'Etat dans la transmission du savoir au plus grand nombre : les Universités doivent se tourner de plus en plus vers les entreprises et les collectivités territoriales pour trouver des fonds leur permettant de fonctionner ;
  - elle exacerbe la concurrence entre établissements, entre filières et entre individus sans garantir une offre de formation de qualité sur l'ensemble du territoire ;
  - elle accentue les inégalités entre Universités et Grandes Ecoles, au lieu de remettre en cause ce système d'enseignement supérieur à deux vitesses ;
  - elle accroît la précarité des personnels par un recours plus important aux contractuels ;
  - elle remet en cause le fonctionnement démocratique des institutions universitaires en ce qu'elle accorde les pouvoirs, quasi-exclusivement et sans garde-fou, au Président de l'Université, assisté d'une poignée de conseillers.

*Pagaille toujours : les étudiants anti-LRU, eux préfèrent aller au devant de la loi et vendre leur université. C'est sur ebay.
Hier c'était l'université d'Evry qui était en vente. Vous remarquerez ci-dessous que les enchères ont été élevées... Aujourd'hui, c'est au tour de l'Université de Nice (en vente encore ici)

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Réformes (suite) : discours sur la méthode

Pour voir les principaux points de la réforme,
et les précisions mises à jour [MAJ4],
c'est plus bas sur la page ou
toujours ici.

*Les BEP supprimés depuis déjà un mois ?
C'est en effet on apprend dans une déclaration du SNUEP-FSU, que le Darcos a fait passer une note le 29 octobre aux seuls recteurs, pour ordonner la généralisation du Bac Pro en 3 ans. On peut alors considérer que la mise en application est pour la prochaine rentrée. Tous les documents sont publiés sur le site dudit syndicat, à savoir ici.
Le SNUEP-FSU, comme d'autres, appelle à la mobilisation générale.

*En plus, cela commence à tanguer sérieusement à la commission Pochard-Rocard, d'où sortent une partie des annonces publiées précédemment.

On avait déjà évoqué certaines de ses interventions [—dont celle d'Allègre— rappel : toutes les vidéos sont placées en ligne sur le site du ministère], on avait vu aussi son étrange sondage (ici, souvenez-vous) réalisé par une non moins étrange société de sondage OpinionWay qui s'avère être un bon serviteur du pouvoir en place (voir l'article de SABOTAGE).

Il y a quelques jours c'était le SNES qui écrivait à Pochard ses sentiments sur le déroulement du débat, semble-t-il pas en rapport avec un véritable dialogue, ni même une concertation (mais plutôt des invitations privées).

Une autre déclaration du SNES (sur le site du SNES) fait le point et révèle qu'en fait :
" L’organisation d’une première table ronde sur "les enseignants dans leur établissement", à laquelle n’étaient pas invitées les organisations [syndicales] les plus représentatives d’enseignants ne peut que renforcer les inquiétudes. [les sujets abordés : autonomie des établissements , annualisation des services d’enseignement, évaluation des enseignants, locaux, le projet d’établissement...]
Le SNES a protesté auprès du président du comité Marcel Pochard avec envoi du courrier au ministre et à la presse
Le lendemain 22 novembre la FSU était invitée en catastrophe à une deuxième table ronde prévue le 23 novembre sur la formation des maîtres.
Une 3eme table ronde se tiendra le 26 sur les missions des enseignants ." [Elle s'est tenue quelqu'un en sait quelque chose ?]

Petite note, dans la première table ronde les invités étaient triés : 1 chef d’établissement (le proviseur du lycée Hoche à Versailles), 1 directeur d’école, 3 enseignants (école collège et lycée), 1 parent d’élève FCPE, 1 représentant de conseil général et 1 de mairie + 2 syndicats, le SNPDEN (chefs d’établissements, UNSA) , et le SGEN(-CFDT) ; L’un des professeurs était un jeune maître des écoles précédemment... chef d’entreprise ; l’animateur était Constant Lecoeur (du ministère de l’Agriculture).

Aujourd'hui, c'est le SNALC qui s'en retire (on en déduit donc qu'il y était aussi), voici leur déclaration :

"LE SNE-CSEN ET LE SNALC-CSEN CLAQUENT LA PORTE

Le Syndicat national des Lycées et Collèges (SNALC-CSEN), second syndicat le plus représenté de l’enseignement secondaire, et le Syndicat National des Ecoles (SNE-CSEN) s’abstiendront dorénavant de participer aux « travaux » de la Commission Pochard sur la « modernisation du métier d’enseignant ». Par avance, ils déclarent qu’ils considèrent comme nulles et non avenues toutes les conclusions auxquelles pourrait parvenir cette commission, dont ils contestent radicalement la composition et les méthodes.

Le SNE-CSEN et le SNALC-CSEN ont quitté la table ronde du 26 novembre sur le métier d’enseignant, après avoir été pratiquement
privés de tout temps de parole par son animateur. Les deux organisations dénoncent la totale opacité dans laquelle se déroulent les débats, où les syndicats représentatifs ne sont secrètement admis que selon l’arbitraire et le « bon vouloir » des principaux responsables de la commission. Le SNALC et le SNE notent, par ailleurs, que la commission semble ne vouloir prendre en compte que le discours de spécialistes auto-proclamés ou de personnalités individuelles sans représentativité, choisies pour leur totale allégeance à la doxa pédagogiste. "

*Stratégie syndicale, encore, pour terminer. Voici un extrait du du Compte-rendu du BDFN de la FSU du 26 nov 2007 : on s'orienterait vers une menace de grève fonction publique, ou un accord syndical plus restreint (mais plus efficace ?) :
"Un accord se dégage autour de la stratégie suivante : si annonce de négociations proposer aux fédérations de fonctionnaires de décider d’un préavis de grève pour début décembre et le lever si les négociations donnent un résultat positif ; s’il n’y a pas accord large sur une proposition de ce type, l’avis majoritaire est de rechercher un appel dans une configuration plus étroite (FSU, CGT, FO, Solidaires). "

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[MAJ4] Projets de réformes lycées

Comme vous ne le savez pas, les syndicats de l'éducation nationale participent actuellement à des groupes de travail ministériels mis en place par le ministère de l'éducation nationale et portant à la fois sur l'avenir des filières, des examens et du métier d'enseignement.

Suite des annonces au 20/01/08 : voir ici.
[Les MAJ sont placées en fin d'article]

Il en circule quelques fuites qui permettent de cerner clairement les orientations. L'article suivant est la reprise de certains messages qui circulent sur la toile et d'informations glanées par le Mammouth.
Les propositions faites par le ministère ne sont pas totalement inconnues car elles sont issues de la commission sur l'évolution du métier d'enseignant présidée par Marcel Pochard, conseiller d'Etat.

Les annonces officielles sont prévues pour janvier. Pourquoi donc ? Allez savoir ... Les contenus semblent donc déjà arrêtés alors que la commission Pochard lance une consultation auprès des profs. Un vrai foutage de gueule donc.

Lors de ces réunions le ministère aurait annoncé entre autres :

- la suppression des BEP et donc des classes d'adaptation permettant aux meilleurs élèves de BEP, de passer par la suite un bac technologique et par conséquent de poursuivre des études supérieures. Annonce confirmée par l'inspection à certains collègues de lycées professionnels et également confirmée implicitement par une déclaration de la FCPE du 23/11 qui semble bien informée, elle.
[nota : le BEP étant un des rares diplômes reconnu par les conventions collectives, à la différence du Bac Pro, le supprimer participe à la dérégularisation des emplois les plus bas, ainsi qu'à l'abolir le salaire minimum. Cavous surprend ? On en parlait justement là il y a peu . Curieuses coïncidences...]
[Le programme de Math/sciences dans certaines sections devait changer en 2008. Le gouvernement a donné ordre aux éditeurs de tout arrêter]


- le transfert des BTS vers les lycées professionnels. Il reste à savoir comment on va financer l'agrandissement des lycées qui ne sont pas polyvalents. Comme par hasard il apparaît que le gouvernement a dans les cartons un projet Darcos sur l'autonomie des lycées qui est la copie conforme du projet de loi Pécresse. On peut gager que les financements privés constitueront la solution pour la voie professionnelle...

- la mise en place de Bac pro en 3 ans à la place des BEP avec volonté d'atteindre 50 % des effectifs en apprentissage. (Annonce faite d'ailleurs ce jour par le ministre - déclaration de la FCPE comme quoi elle est d'accord, ici).

- Enfin la suppression des bacs technologiques STI (sciences et techniques industrielles) qui deviendraient une filière du bac S. [D'ailleurs la réforme des STI qui devait être engagée est officiellement repoussée à 2009].
La mise en place de la réforme semble bien avancée car déjà le recteur de Nancy sait comment vont être évalués les futurs Secondes et Premières STI. Lors d’un CTPA celui-ci aurait dit que les futurs formations se feraient sous forme de modules, ce qui signifierait aussi des validations par module. (Merci FO de nous le préciser - voir la déclaration sur la suppression des BEP).

- le passage d'une partie du bac technologique ST2S en contrôle continu en EPS et pour la première langue vivante; et ce dès la rentrée prochaine.

- Un tiers des postes seraient supprimés dans l'enseignement agricole, déjà touché par un certain malaise depuis la parution de cette note de service là et voir aussi l'article du Café Pédagogique qui fait le point sur cette espèce en voie de disparition (c'est celui-là)

- l'organisation du bac devrait connaître pour des raisons de coût des bouleversements. En effet le gouvernement envisage d'envoyer les copies aux enseignants chez eux et de les faire bosser jusqu'au 16 juillet pour ce qui est des séries générales.

Et il semblerait que les fédérations syndicales qui participent à ces réunions gardent ces infos sous le coude, attendant janvier et les annonces officielles pour appeler à la mobilisation. Cela risque d'être trop tard...

Nous pas. Faites circuler.

[MAJ1 du 24/11, 18 heures]

Réaction du SNETAA contre le projet Bac Pro 3 ans à cette adresse là.
Le SNES, lui, vient d'adresser ce courrier à Pochard pour souligner l' absence de transparence des travaux de sa commission.fr_21-11-07_lettre_pochard SNES National

[MAJ2 du 26/11, 10 heures]

Motus syndical ?
Voici les dernières réactions syndicales qu'a reçu la rédaction. Alors que tout le monde semble bien au fait des propositions de réforme, curieusement on ne se bouscule pas pour les dénoncer :
- la lettre flash du SNES, qui annonce que peut-être il y aurait une réforme et qu'ils en saurons plus à la mi décembre :

"Préparation de la rentrée 2008

Une réforme importante des lycées est en préparation pour janvier, touchant sans doute les 3 voies technologique, générale et professionnelle.et ayant des conséquences sur l'orientation des élèves en collège. D’ores et déjà les informations remontant des académies sont très inquiétantes  en particulier avec de très nombreuses fermetures de BEP et le développement de BAC pro en 3 ans permettant au passage d’économiser de très nombreux postes. Nous disposerons d’informations plus précises d’ici la mi décembre." Roland Hubert Claudie Martens Daniel Robin Frédérique Rolet, co secrétaires généraux du SNES FSU (24/11/2007)

-
Une déclaration de FO qui aurait rencontré le ministère le 9 novembre pour évoquer la réforme des STI et qui annonce aussi le calendrier.
FO-STI

Un bon point à FO, tout de même qui publie la liste des sections des Bac Pro touchés par la réforme des 3 ans, avec l'effectif touché par ladite réforme. Objectif : virer un prof sur 4.

La lettre du ministre précise les pourcentage des effectifs qui devront être concernés par le bac pro 3 ans dès la rentrée 2008 :
Vente action marchande 50%
Métiers de la comptabilité 50%
Métiers du secrétariat 50%
Métiers de la communication et industries graphiques 50%
Métiers de l’électrotechnique 30%
Métiers de la restauration et de l’hôtellerie 30%
Electronique 30%
Métiers de la productique mécanique informatisée 25%
Maintenance des équipements industriels 20%
Techniques des installations sanitaires et thermiques 15%
Métiers du bois 10%
Maintenance des véhic
ules et des matériels 10%

[MAJ3 du 27/11, minuit]

Rattrapage de glissade du ministre sur le Bac Pro en 3 ans. Communiqué du ministère, repris par l'AFP :

AFP — "Le ministre de l'Education Xavier Darcos a défendu lundi sa réforme du bac professionnel en trois ans au lieu de quatre, comme une "valorisation" selon lui de l'enseignement professionnel, avec en ligne de mire l'objectif "d'amener 80% d'une génération au bac".
Cette réforme, qu'il avait annoncée à la rentrée et qu'il a détaillée jeudi, vise à multiplier par 10 à la rentrée 2008 le nombre d'élèves qui en fin de 3e choisiront un bac pro en trois ans et à généraliser ce nouveau cursus à la rentrée 2009.
En réponse aux très nombreuses inquiétudes et critiques qui se sont succédé depuis de la part de cinq syndicats enseignants (Sgen-CFDT, SE-Unsa, Snetaa-EIL, Snalc-CSEN, SNFOLC) et des parents d'élèves FCPE, le ministère a repris dans un communiqué les points de la réforme.
"Ce cursus d'une durée de quatre ans limite aujourd'hui le nombre d'élèves de la filière professionnelle susceptible d'atteindre le niveau du baccalauréat", dans le cadre de l'objectif des 80% au bac, a-t-il estimé.
Il a rappelé la création de "passerelles supplémentaires" pour poursuivre après un CAP ou au contraire rejoindre un CAP et a certifié que "le BEP sera rénové", sans préciser sur quel support, mais en assurant que celui-ci permettrait "une insertion professionnelle".
Enfin, la généralisation du bac pro en 3 ans "conduira à
la création de filières bac pro dans des établissements qui n'en ont pas pour l'instant", selon le ministère."

Bref, on ne sait pas ce que l'on gagne, il faut croire...
Ne nous prendrait-on pas pour, comment dire, des imbéciles ?

[MAJ4 du 27/11, 19 heures]

Début de mobilisation ?
Voici un extrait d'une dépêche de l'AFP qui en témoigne. Mobilisation des élèves pour l'instant.

A Villeneuve-sur-Lot, élèves et profs "bac pro" inquiets pour l'avenir

"Si les élèves n'ont pas le bac pro en trois ans, que vont-ils devenir?" Réunis mardi en AG, enseignants et élèves d'un lycée de Villeneuve-sur-Lot tentent de se mobiliser contre la réforme du baccalauréat professionnel en 3 ans au lieu de 4.
"Avec la réforme du bac pro qui va passer de quatre à trois ans, on ne se pose pas la question du devenir des élèves. S'ils échouent au bac pro, que va-t-il leur rester, puisqu'il n'y aura plus de BEP ?", s'énerve Bernard Baugier, prof d'électrotechnique au lycée Couffignal, un établissement de 400 élèves consacré aux métiers de l'habitat.
"Aujourd'hui, même si un élève n'est pas capable d'aller en bac pro, au moins il a son BEP en poche", insiste M. Baugier.
Son collègue Francis Foulou, prof de génie civil, déplore pour sa part l'abrogation "d'une filière en France sans que personne ne soit consultée, d'autant qu'un rapport de l'inspecteur général de l'Education nationale a jugé l'expérimentation du bac pro en trois ans peu concluante".
Florence, élève de troisième, renchérit: "je suis contre la suppression des BEP parce que c'est le seul diplôme que je peux avoir. Le bac pro, ce n'est pas possible pour moi, je ne suis pas assez forte", dit-elle d'une petite voix.
"Ils ne pensent pas à la destruction de l'éducation", lâche cette jeune fille de 15 ans, qui rêvait d'être architecte mais optera plutôt pour un BEP peinture en finition.
"Ici, on est tous contre la réforme. Mais comment faire passer le message auprès de tous les élèves, même ceux qui sont en lycée général ?", s'inquiète une lycéenne en baskets, foulard noué autour du cou.
Une enseignante se lève: "le blocage est une action lourde. Il faut du monde... Envoyez des messages, vous qui passez votre temps sur MSN!"
Puis les débats se concentrent sur la participation à une manifestation jeudi à Agen.

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