Mise en place de la réforme
« Même si le décret [De Robien] est abrogé,
nous retrouverons la bivalence dans la grande
discussion
qui doit avoir lieu sur le métier d'enseignant
»,
Xavier D.,
Le Point, 11.06.07.
Souvenons-nous.
*Subrépticement,
ce que l'on annonçait se met en
place.
Premier exemple,
dans l'enseignement agricole c'est
parti.
Cela se passe dans les Pyrénées orientales. Cela
s'annonce aussi du coté de Roanne. Déclaration des
établissements concernés (Pyrénées Orientales) :
"Le ministère de
l’agriculture et de la pêche vient de décider
brutalement la fermeture de nombreuses classes
des deux Lycées agricoles publics du département des
Pyrénées-Orientales
à partir
de la prochaine rentrée scolaire 2008.
Le lycée Claude Simon de Rivesaltes et le lycée
Federico Garcia Lorca de Théza vont dès lors subir
des décisions dictées uniquement par des soucis
d’économie et de restrictions budgétaires sans
réflexion préalable ni discernement.
• classe de 4ème, bac
pro viticulture pour le Lycée Claude Simon de
Rivesaltes
• Baccalauréat
STL, pour le Lycée agricole Federico Garcia
Lorca de Théza
Les établissements oeuvrent depuis de nombreuses
années chacun à leur manière pour un enseignement de
proximité destiné à former les futurs acteurs ruraux
et économiques de notre département.
Les différentes missions : formation, développement,
animation, coopération internationale, insertion
auxquelles le personnel de ces deux lycées s’est
dévoué depuis de nombreuses années sont reconnues et
appréciées localement et bien au delà de notre
territoire.
En dépit d’une crise structurelle sans précédent,
l’agriculture départementale continue de représenter
un des piliers majeurs de la dynamique économique des
Pyrénées Orientales.
En détruisant son enseignement, c’est l’agriculture
et la ruralité de ce département qui sont détruites.
Nous, personnel de ces deux lycées, soutenus par nos
collègues du CFPPA et du CFA, ne pouvons l’accepter
et nous y résoudre. "
Une pétition est à
signer sur le site dédié à ces fermetures
; c'est là.
Quand à Roanne, voici
un extrait de leur texte contre la fermeture de 4e
techno :
"CONTRE LA FERMETURE DE LA CLASSE DE
QUATRIEME AU LEGTA DE ROANNE CHERVE
Le lycée de Roanne Chervé
n’a jamais rencontré de problèmes de recrutement : 20
élèves en quatrième, 22 en troisième à la rentrée
2007. Nous aurions pu augmenter les effectifs de
façon significative. En raison du profil particulier
de ces classes, nous les avons limités volontairement
pour travailler dans des conditions satisfaisantes.
(...)"
Rappelons que
pour tous, la réforme sera officiellement
dévoilée en janvier. Un aperçu déjà
dans nos pages, là.
*C'est peut-être pour
cela qu'on va vers une nouvelle mobilisation
? Pas certain.
Voici le texte des
organisation syndicales (du 30 novembre)
annonçant qu'ils vont (peut-être)
se fâcher. Ils se revoient le 4 décembre si le
ministre ne donne pas de réponses (mais à quelles
questions, ça ce n'est pas dit).
Lettre commune de l'Intersyndicale à Darcos
Montreuil, le 30 novembre
2007
Monsieur le Ministre,
Le 20 novembre, en participant, nombreux, à la grève
et aux manifestations auxquelles nous les avions
appelés dans le cadre de l’action fonction publique,
les personnels de l’Education ont tenu à vous faire
part de leur mécontentement et inquiétudes et vous
rappeler leurs revendications.
Ils sont en désaccord avec une politique salariale
qui aboutit depuis plusieurs années à une dégradation
continue de leur pouvoir d’achat.
Ils
condamnent les 11 200 suppressions
d’emploi
prévues par le budget de l’Education 2008 qui
s’ajoutent aux milliers d’autres intervenues depuis 5
ans.
Ils
dénoncent les différentes mesures et décisions prises
sans concertation (sur la carte scolaire,
sur le collège, sur l'enseignement professionnel, sur
l'éducation prioritaire…) qui, tournant le dos à
l’ambition d’une école qui garantisse la réussite de
tous, participeront à la mise en place d’une école à
plusieurs vitesses et au renforcement des inégalités
sociales et scolaires.
Les personnels ont exprimé de fortes attentes. Avec
eux, nous vous demandons d’y répondre rapidement.
Faute de réponses et d’engagements satisfaisants de
votre part, nos organisations qui ont prévu de se
réunir à nouveau le 4 décembre, décideront d’une
nouvelle étape de mobilisation.
Nous
vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre,
l’expression de nos respectueuses salutations.
Signataires
:
FAEN, FERC CGT, FSU, SGEN CFDT, UNSA
"Salutations
respectueuses", c'est peut-être là le problème...
Le 4 décembre,
SUD-Education,
elle, appelle à la GREVE.
*En effet,
dans
quelle mesure faut-il respecter un ministre de
l'éducation dont l'administration demande aux chefs
d'établissements de se transformer en RG ? On
se souvient du mail de l'inspection académique du
Bas-Rhin. Bis
repetita. Le SNES 31 dénonce :
Nous venons de prendre connaissance
d'une
directive adressée par l'Inspecteur d'Académie de
Haute-Garonne aux chef
d'établissement du département.Dans ce
texte, l'I.A. 31 demande aux chefs d'établissement de
lui communiquer les informations concernant les
mouvements lycéens.
Si nous pouvons admettre que l'administration
souhaite connaître la situation dans les
établissements du département, nous ne pouvons
que nous
élever contre une demande de renseignements précis
qui relève d'une enquête policière.
En effet,
l'I.A. 31 demande
"la situation détaillée et précise : AG, rumeurs,
manifestations prévues, rassemblements prévus,
tracts, nombre d'élèves mobilisés, origine - si
possible des leaders -, présence des étudiants et
leur nombre". Il ajoute également
qu'il sait gré aux chefs
d'établissement "de lui faire connaître les modes de
transport utilisés ainsi que leurs moyens de
financement".
La section départementale du SNES Haute-Garonne
demande immédiatement que cessent de telles pratiques
qui constituent une atteinte grave aux libertés
individuelles et visent à transformer les chefs
d'établissement en auxiliaires de police.
Faudrait-il penser que la Police
de Monsieur Sarkozy n'a plus les moyens de vérifier
tout cela elle-même ?
*La Police
c'est fait , parlons armée
maintenant. Encore une belle initiative d'un
recteur qui est bien au
service de notre bon Président. Il faut soutenir le
moral des troupes ! Envoyez un dessin de vos chers
élèves. C'est une info Libération (29.11.07).
Extraits :
Les écoliers mobilisés pour le moral des
troupes
«Quand j’ai ouvert ce courrier de l’inspection
arrivé mi-novembre dans la boîte mail de l’école,
j’ai pensé : “C’est une blague !” J’étais en colère,
je l’ai jeté»,
raconte Nathalie, institutrice dans une classe de CM2
à Montpellier. Le courrier en question
explique
l’intérêt de faire participer les enfants de l’école
primaire à une opération de dessins envoyés pour Noël
aux
«13 000 soldats français actuellement
engagés dans les opérations extérieures
pour la restauration ou le maintien de la
paix».
Il est signé Christian Nique, recteur de l’académie
de Montpellier, qui juge cette action
«citoyenne, civique, facteur de cohésion
nationale, formatrice».
Colis.
Les dessins sont à envoyer directement à
l’association Solidarité Défense, qui
«a pour but de contribuer à resserrer les liens
entre la société civile et la communauté
militaire».
Cette association, créée en 1994 par l’amiral
Jacques Lanxade (à la tête des armées françaises lors
de l’opération Turquoise au Rwanda) et soutenue en
partie par le ministère de la Défense, envoie chaque
année des colis de Noël aux militaires en poste dans
des pays comme la Côte-d’Ivoire, l’Afghanistan ou le
Tchad.
A chaque colis est joint un dessin d’enfant, collecté
par
«des personnes, anciens militaires ou femmes de
militaires, qui vont présenter dans les écoles ce
qu’est l’armée, à quoi elle sert»,
explique le trésorier de l’association Solidarité
Défense, qui confirme que,
«cette année, ça a mieux marché que les autres
années, on a déjà reçu près de 20
000 dessins.
Le ministre de l’Education nationale, monsieur
Darcos, a été plus insistant, et on a eu un véritable
soutien avec les recteurs
d’académie».
A l’image de celui de Montpellier, qui participe à
cette opération pour la première
fois.
Repos
!
Voilà enfin une façon de leur faire faire de
l'éducation civique (mon général), ladite éducation
que ces gauchistes d'enseignants ne veulent pas leur
faire faire.
Ordre (et désordres)
Réforme [MAJ4],
c'est plus bas sur la page ou toujours ici
* Darcos
est bien
du parti de l'ordre. Il soutient les
proviseurs qui interdisent la tenue d'AG dans
leurs établissements.
AFP —
Blocages: Darcos "soutient" les
proviseurs
Xavier
Darcos a assuré dans une lettre rendue publique jeudi
les proviseurs de son "soutien
plein et entier", tandis que
parallèlement la Fidl a protesté contre une lettre du
recteur de Nantes demandant aux mêmes proviseurs
d'interdire les assemblées générales.
"Voués au savoir et à
l'étude", les lycées
"ne sauraient être affectés, en aucune manière, par
les revendications qui s'expriment au delà
de leurs murs", écrit le ministre de l'Education aux
proviseurs, alors que certains établissements sont
bloqués depuis une quinzaine de jours par la
contestation lycéenne de la loi Pécresse.
"J'ai pleinement conscience qu'aujourd'hui vous êtes
confrontés à des situations difficiles et je tiens à
vous assurer de mon soutien plein et entier",
ajoute-t-il, en les encourageant à se méfier "des
inquiétudes infondées".
"Je vous
rappelle notamment qu'il n'y a jamais eu
le moindre projet de création d'un +baccalauréat
unique+ ni de
suppression du diplôme du BEP",
deux inquiétudes exprimées par les lycéens, dont les
mouvements d'humeur sont très redoutés par les
gouvernements."
"Pas le moindre" en
effet ...
*Darcos
recrée les BEP. Finalement et face à l'émoi,
le diplôme (seul reconnu par les conventions
collectives) existera toujours. On le donnera à la
fin de la deuxième année de Bac Pro.
Déclaration de Darcos, en ligne sur le site du ministère.
*
Ordre, toujours du même ministre, mais
cette
fois de ne pas mettre la pagaille avant les
élections : C'est le syndicat des inspecteurs
qui nous l'apprend, Darcos aurait demandé
que les
questions de fermeture et ouverture de classes soient
reportées. Extrait du site dudit syndicat
(l'original est ici):
|
|
Le SNPI-fsu reçoit de toute la France des informations qui indiquent que le ministère a transmis des consignes orales aux IA-DSDEN, via les recteurs d’académie, pour que les opérations de gestion d’ouvertures et fermetures de postes dans les écoles du premier degré n’aient pas lieu avant la fin des élections municipales. La plus grande discrétion leur a été prescrite sur ce dossier, notamment envers les maires qui sont leurs premiers partenaires en matière de carte scolaire. Or, d’ordinaire, la procédure commence en décembre et s’achève en février.
Le SNPI-fsu s’interroge sur les conditions et les conséquences d’une telle mesure.
Son caractère furtif interpelle. S’il s’agit simplement de ne pas perturber le débat électoral, la mesure peut être annoncée en toute transparence républicaine et démocratique. Ce n’est pas le cas. On peut supposer que les limites du budget qui a été voté par le Parlement, plus basses que ce qui avait été annoncé, aboutissent à une carte scolaire particulièrement tendue juste avant les élections. Il s’agirait alors de ne pas handicaper les listes des candidats proches de la majorité présidentielle : ce serait donc une instrumentalisation purement politicienne du service public d’enseignement au détriment de la transparence et de l’équité du débat public.
Enfin, ce retard des opérations, s’il se confirme, provoquerait forcément des retards et des contraintes de calendriers extrêmement importants pour les personnels enseignants et administratifs. Le mouvement des personnels pourrait être repoussé fin juin ou début juillet. (...)"
* A Caen la révolte ? Dans le supérieur, on use du mail pour diffuser les infos et essayer d'atteindre des média qui, on l'a vu, rapportent une vision très partielle de la loi LRU. Cela part de l'Université de Caen, dont les personnels seraient à la pointe de la contestation . Extrait du mail adressé mercredi à de très nombreux journalistes :
"Cette loi ne répond en rien aux problèmes des Universités :
- elle marque le désengagement financier de l'Etat dans la transmission du savoir au plus grand nombre : les Universités doivent se tourner de plus en plus vers les entreprises et les collectivités territoriales pour trouver des fonds leur permettant de fonctionner ;
- elle exacerbe la concurrence entre établissements, entre filières et entre individus sans garantir une offre de formation de qualité sur l'ensemble du territoire ;
- elle accentue les inégalités entre Universités et Grandes Ecoles, au lieu de remettre en cause ce système d'enseignement supérieur à deux vitesses ;
- elle accroît la précarité des personnels par un recours plus important aux contractuels ;
- elle remet en cause le fonctionnement démocratique des institutions universitaires en ce qu'elle accorde les pouvoirs, quasi-exclusivement et sans garde-fou, au Président de l'Université, assisté d'une poignée de conseillers.
*Pagaille toujours : les étudiants anti-LRU, eux préfèrent aller au devant de la loi et vendre leur université. C'est sur ebay.
Hier c'était l'université d'Evry qui était en vente. Vous remarquerez ci-dessous que les enchères ont été élevées... Aujourd'hui, c'est au tour de l'Université de Nice (en vente encore ici)

Réformes (suite) : discours sur la méthode
Pour voir les
principaux points de la réforme,
et les précisions mises à jour [MAJ4],
c'est plus bas sur la page ou toujours ici.
*Les BEP supprimés
depuis déjà un mois ?
C'est en effet on apprend dans une déclaration du SNUEP-FSU,
que le Darcos a fait passer une note le 29 octobre aux seuls
recteurs, pour ordonner la généralisation du
Bac Pro en 3 ans. On peut alors considérer que la
mise en application est pour la prochaine
rentrée. Tous les documents sont publiés sur
le site dudit syndicat, à savoir ici.
Le SNUEP-FSU, comme d'autres, appelle à la
mobilisation générale.
*En plus, cela commence à
tanguer sérieusement à la commission
Pochard-Rocard, d'où sortent une partie des
annonces publiées précédemment.
On avait
déjà évoqué certaines de ses interventions
[—dont celle d'Allègre— rappel : toutes les vidéos sont
placées en ligne sur le site du
ministère], on avait vu aussi
son
étrange sondage (ici, souvenez-vous) réalisé par une
non moins étrange société
de sondage OpinionWay qui s'avère être
un bon serviteur du pouvoir en place
(voir l'article de SABOTAGE).
Il y a quelques jours
c'était le SNES qui
écrivait à Pochard ses sentiments sur le déroulement
du débat, semble-t-il pas en rapport avec un
véritable dialogue, ni même une concertation
(mais
plutôt des invitations privées).
Une
autre déclaration du SNES
(sur le site du
SNES)
fait le point et révèle qu'en fait :
" L’organisation d’une première table
ronde sur "les enseignants dans leur établissement",
à
laquelle n’étaient pas invitées les organisations
[syndicales] les plus représentatives
d’enseignants ne peut que renforcer les inquiétudes.
[les sujets abordés : autonomie des établissements ,
annualisation des services d’enseignement, évaluation
des enseignants, locaux, le projet
d’établissement...]
Le SNES a protesté auprès du président du comité
Marcel Pochard avec envoi du courrier au ministre et
à la presse
Le lendemain 22 novembre la FSU était invitée
en catastrophe à une deuxième table ronde
prévue le 23 novembre sur la formation des maîtres.
Une 3eme table ronde se tiendra le 26 sur
les missions des
enseignants ." [Elle s'est tenue quelqu'un en
sait quelque chose ?]
Petite note, dans la première table ronde
les
invités étaient triés : 1 chef d’établissement
(le proviseur du lycée Hoche à Versailles), 1
directeur d’école, 3 enseignants (école collège et
lycée), 1 parent d’élève FCPE, 1 représentant de
conseil général et 1 de mairie + 2 syndicats,
le SNPDEN
(chefs
d’établissements, UNSA) , et le SGEN(-CFDT) ;
L’un des professeurs était un jeune maître des écoles
précédemment... chef d’entreprise ; l’animateur
était Constant Lecoeur (du ministère de
l’Agriculture).
Aujourd'hui,
c'est le SNALC
qui s'en retire
(on en déduit donc qu'il y était aussi), voici leur
déclaration :
"LE
SNE-CSEN ET LE SNALC-CSEN CLAQUENT LA PORTE
Le Syndicat national des Lycées et Collèges
(SNALC-CSEN), second syndicat le plus représenté de
l’enseignement secondaire, et le Syndicat National
des Ecoles (SNE-CSEN) s’abstiendront dorénavant de
participer aux « travaux » de la Commission Pochard
sur la « modernisation du métier d’enseignant ». Par
avance, ils déclarent qu’ils considèrent comme nulles
et non avenues toutes les conclusions auxquelles
pourrait parvenir cette commission, dont ils
contestent radicalement la composition et les
méthodes.
Le SNE-CSEN et le SNALC-CSEN ont quitté la table
ronde du 26 novembre sur le métier d’enseignant,
après avoir été pratiquement privés de
tout temps de parole par son animateur. Les
deux organisations dénoncent la totale
opacité dans laquelle se déroulent les
débats, où les
syndicats représentatifs ne sont secrètement admis
que selon l’arbitraire et le « bon vouloir » des
principaux responsables de la
commission. Le SNALC et le SNE
notent, par ailleurs, que la commission semble ne
vouloir prendre en compte que le discours de
spécialistes auto-proclamés ou de personnalités
individuelles sans représentativité, choisies pour
leur totale allégeance à la doxa pédagogiste. "
*Stratégie
syndicale, encore, pour terminer. Voici un
extrait du du Compte-rendu du BDFN de la FSU du 26 nov
2007 : on s'orienterait
vers une menace de grève fonction publique,
ou
un accord
syndical plus restreint (mais plus efficace ?)
:
"Un accord se dégage autour de la stratégie suivante
: si annonce de négociations proposer aux fédérations
de fonctionnaires de décider d’un préavis de grève
pour début décembre et le lever si les négociations
donnent un résultat positif ; s’il n’y a pas accord
large sur une proposition de ce type, l’avis
majoritaire est de rechercher un appel dans une
configuration plus étroite (FSU, CGT, FO,
Solidaires). "
[MAJ4] Projets de réformes lycées
Suite des annonces
au 20/01/08 : voir ici.
[Les MAJ sont placées en fin d'article]
Il en circule
quelques fuites qui permettent de cerner
clairement les orientations. L'article suivant est la
reprise de certains messages qui circulent sur la
toile et d'informations glanées par le Mammouth.
Les propositions faites par le ministère ne sont pas
totalement inconnues car elles sont issues de la
commission sur l'évolution du métier d'enseignant
présidée par Marcel Pochard, conseiller d'Etat.
Les
annonces officielles sont prévues pour
janvier. Pourquoi donc ? Allez savoir ... Les
contenus semblent donc déjà arrêtés alors que la
commission Pochard lance une consultation auprès des
profs. Un vrai foutage de gueule donc.
Lors de ces réunions le ministère aurait
annoncé entre autres :
- la
suppression des BEP et donc des classes
d'adaptation permettant aux meilleurs élèves
de BEP, de passer par la suite un bac technologique
et par conséquent de poursuivre des études
supérieures. Annonce confirmée
par l'inspection à certains collègues de
lycées professionnels et également confirmée
implicitement par une déclaration de la FCPE du 23/11
qui semble bien informée, elle.
[nota : le BEP étant
un des rares diplômes reconnu par les conventions
collectives, à la différence du Bac Pro, le supprimer
participe à la dérégularisation des emplois les plus
bas, ainsi qu'à l'abolir le salaire minimum. Cavous
surprend ? On en parlait justement là il y a peu . Curieuses coïncidences...]
[Le programme de Math/sciences dans certaines
sections devait changer en 2008. Le gouvernement a
donné ordre aux éditeurs de tout arrêter]
- le
transfert des BTS vers les lycées
professionnels. Il reste à savoir comment on
va financer l'agrandissement des lycées qui ne sont
pas polyvalents. Comme par hasard il apparaît que le
gouvernement a dans les cartons un projet Darcos sur
l'autonomie des lycées qui est la copie conforme du
projet de loi Pécresse. On peut gager que les
financements privés constitueront la solution pour la
voie professionnelle...
- la
mise en place de Bac pro en 3 ans à la place des
BEP avec volonté d'atteindre 50 % des effectifs
en apprentissage. (Annonce faite d'ailleurs ce
jour par le ministre - déclaration de la FCPE comme
quoi elle est d'accord, ici).
- Enfin
la suppression des bacs technologiques STI
(sciences et techniques industrielles) qui
deviendraient une
filière du bac S. [D'ailleurs la réforme des STI
qui devait être engagée est officiellement repoussée
à 2009].
La mise en place de la
réforme semble bien avancée car déjà le
recteur
de Nancy sait comment vont être évalués les futurs
Secondes et Premières STI. Lors d’un CTPA
celui-ci aurait dit que les futurs formations se
feraient sous forme de
modules, ce qui signifierait aussi des
validations par module. (Merci
FO
de nous le préciser - voir la déclaration sur la
suppression des BEP).
- le
passage d'une partie du bac technologique ST2S en
contrôle continu en EPS et pour la première
langue vivante; et ce dès la rentrée prochaine.
- Un
tiers des postes seraient supprimés dans
l'enseignement agricole, déjà touché par un
certain malaise depuis la parution de cette note de service là et voir aussi
l'article du Café Pédagogique qui fait le point
sur cette espèce en voie de disparition (c'est celui-là)
- l'organisation du
bac devrait connaître pour des raisons de coût des
bouleversements. En effet le
gouvernement envisage d'envoyer les copies aux
enseignants chez eux et de les faire bosser jusqu'au
16 juillet pour ce qui est des séries
générales.
Et il semblerait que
les fédérations syndicales qui participent à ces
réunions gardent ces infos sous le coude, attendant
janvier et les annonces officielles pour appeler à la
mobilisation. Cela risque d'être trop
tard...
Nous pas. Faites circuler.
[MAJ1 du 24/11, 18 heures]
Réaction du
SNETAA contre le projet Bac Pro 3 ans à cette adresse là.
Le SNES, lui, vient d'adresser ce courrier à Pochard
pour souligner l' absence de transparence des travaux
de sa commission.fr_21-11-07_lettre_pochard
SNES National
[MAJ2 du 26/11, 10 heures]
Motus
syndical
?
Voici les dernières réactions syndicales qu'a reçu la
rédaction. Alors que tout le monde semble bien au
fait des propositions de réforme, curieusement on ne
se bouscule pas pour les dénoncer :
- la
lettre
flash
du
SNES,
qui annonce que peut-être il y aurait une réforme et
qu'ils en saurons plus à la mi décembre :
"Préparation de la rentrée 2008
Une
réforme importante des lycées est en préparation pour
janvier, touchant sans doute les 3 voies
technologique, générale et professionnelle.et ayant
des conséquences sur l'orientation des élèves en
collège. D’ores et déjà les informations remontant
des académies sont très inquiétantes en
particulier avec de très nombreuses fermetures de BEP
et le développement de BAC pro en 3 ans permettant au
passage d’économiser de très nombreux postes.
Nous disposerons d’informations plus précises d’ici
la mi décembre."
Roland
Hubert Claudie Martens Daniel Robin Frédérique Rolet,
co secrétaires généraux du SNES FSU (24/11/2007)
- Une
déclaration de
FO
qui
aurait rencontré le ministère le 9 novembre pour
évoquer la réforme des STI et qui annonce aussi le
calendrier.
FO-STI
Un bon point à
FO,
tout de même qui publie la liste des
sections des Bac Pro touchés par la réforme des 3
ans, avec l'effectif touché par ladite
réforme. Objectif : virer un
prof sur 4.
La lettre
du ministre précise les pourcentage des
effectifs qui devront être concernés par le bac pro 3
ans dès la rentrée 2008 :
Vente
action marchande 50%
Métiers de la comptabilité 50%
Métiers du secrétariat 50%
Métiers de la communication et industries graphiques
50%
Métiers de l’électrotechnique 30%
Métiers de la restauration et de l’hôtellerie 30%
Electronique 30%
Métiers de la productique mécanique informatisée 25%
Maintenance des équipements industriels 20%
Techniques des installations sanitaires et thermiques
15%
Métiers du bois 10%
Maintenance des véhicules
et des matériels 10%
[MAJ3 du 27/11, minuit]
Rattrapage de
glissade du ministre sur le Bac Pro en 3 ans.
Communiqué du ministère, repris par l'AFP :
AFP — "Le
ministre de l'Education Xavier Darcos a défendu lundi
sa réforme du bac professionnel en trois ans au lieu
de quatre, comme une
"valorisation" selon lui de
l'enseignement professionnel, avec en ligne de mire
l'objectif "d'amener
80% d'une génération au bac".
Cette réforme, qu'il avait annoncée à la rentrée et
qu'il a détaillée jeudi, vise à multiplier par 10 à
la rentrée 2008 le nombre d'élèves qui en fin de 3e
choisiront un bac pro en trois ans et à généraliser
ce nouveau cursus à la rentrée 2009.
En réponse aux très nombreuses inquiétudes et
critiques qui se sont succédé depuis de la part de
cinq syndicats enseignants (Sgen-CFDT, SE-Unsa,
Snetaa-EIL, Snalc-CSEN, SNFOLC) et des parents
d'élèves FCPE, le ministère a repris dans un
communiqué les points de la réforme.
"Ce cursus
d'une durée de quatre ans limite aujourd'hui le
nombre d'élèves de la filière professionnelle
susceptible d'atteindre le niveau du
baccalauréat", dans le cadre de
l'objectif des 80% au bac, a-t-il estimé.
Il a rappelé la création de "passerelles
supplémentaires" pour poursuivre après un CAP ou au
contraire rejoindre un CAP et a certifié que "le BEP
sera rénové", sans préciser sur quel support, mais en
assurant que celui-ci permettrait "une insertion
professionnelle".
Enfin, la généralisation du bac pro en 3 ans
"conduira à la
création de filières bac pro dans des établissements
qui n'en ont pas pour l'instant", selon le ministère."
Bref,
on ne sait pas ce que l'on gagne, il faut croire...
Ne nous prendrait-on pas pour, comment dire, des
imbéciles ?
[MAJ4 du 27/11, 19 heures]
Début de
mobilisation ?
Voici un extrait
d'une dépêche de l'AFP qui en témoigne.
Mobilisation des élèves pour l'instant.
A Villeneuve-sur-Lot, élèves et profs "bac pro"
inquiets pour l'avenir
"Si les
élèves n'ont pas le bac pro en trois ans, que
vont-ils devenir?" Réunis mardi en AG, enseignants et
élèves d'un lycée de Villeneuve-sur-Lot
tentent de se
mobiliser contre la réforme du baccalauréat
professionnel en 3 ans au lieu de 4.
"Avec la réforme du bac pro qui va passer de quatre à
trois ans, on ne se pose pas la question du devenir
des élèves. S'ils échouent au bac pro, que va-t-il
leur rester, puisqu'il n'y aura plus de BEP ?",
s'énerve Bernard Baugier, prof d'électrotechnique au
lycée Couffignal, un établissement de 400 élèves
consacré aux métiers de l'habitat.
"Aujourd'hui, même si un élève n'est pas capable
d'aller en bac pro, au moins il a son BEP en poche",
insiste M. Baugier.
Son collègue Francis Foulou, prof de génie civil,
déplore pour sa part l'abrogation "d'une filière en
France sans que personne ne soit consultée, d'autant
qu'un rapport de l'inspecteur général de l'Education
nationale a jugé l'expérimentation du bac pro en
trois ans peu concluante".
Florence, élève de troisième, renchérit: "je suis
contre la suppression des BEP parce que c'est le seul
diplôme que je peux avoir. Le bac pro, ce n'est pas
possible pour moi, je ne suis pas assez forte",
dit-elle d'une petite voix.
"Ils ne pensent pas à la destruction de l'éducation",
lâche cette jeune fille de 15 ans, qui rêvait d'être
architecte mais optera plutôt pour un BEP peinture en
finition.
"Ici, on est tous contre la réforme. Mais comment
faire passer le message auprès de tous les élèves,
même ceux qui sont en lycée général ?", s'inquiète
une lycéenne en baskets, foulard noué autour du cou.
Une
enseignante se lève: "le blocage est une
action lourde. Il faut du monde... Envoyez des
messages, vous qui passez votre temps sur MSN!"
Puis les débats se concentrent sur la participation à
une manifestation jeudi à Agen.