Alors, crétins ou pas ?
Pour relativiser le pessimisme ambiant, la déclinologie à la mode, et appréhender le phénomène dans sa complexité, allez lire cet article de Télérama qui remet un peu les choses au point en reprenant les propos d'un analyste, Eric Maurin auteur d'un essai, La Nouvelle Question scolaire.
En voici deux extraits, mais je vous encourage plutôt à aller voir l'article en ligne. Ce qui est dit là on ne l'entend pas assez souvent à mon goût. On préfère parler pédago-show, c'est plus rassurant.
Le premier remet l'EN dans une perspective historique qui manque bien souvent :
« Contrairement à une idée aujourd’hui ressassée, la qualité de l’insertion professionnelle à la sortie de l’école tend à s’améliorer de façon tendancielle depuis les générations des années 60 », (je vous laisse découvrir les arguments).
Le second remet l'EN dans une perspective socio-culturelle qui n'est pas non plus à la mode (il est loin le temps de la fracture sociale) :
« On sait que la capacité à bien apprendre à lire et à écrire dépend surtout d’une bonne pratique du langage, de la syntaxe et du vocabulaire. Et cette acquisition se joue d’abord en maternelle. C’est en grande section que l’on constate les plus grandes disparités entre élèves, souvent liées à leurs origines sociales. Les 15 % qui peinent à lire en sixième ne souffrent donc pas de telle ou telle méthode d’apprentissage de la lecture, mais de difficultés antérieures, liées à la pauvreté effroyable dans laquelle grandissent aujourd’hui 15 % des tout-petits en France. »
Contrairement à ce que dit Brighelli sur son blog (pas content d'être mouché par l'auteur), il faut comprendre à mon sens la pauvreté culturelle (et non pas que sociale) effroyable dans laquelle grandissent les tout-petits (je rajouterais même les plus grands). La cuculture touche aussi les bourgeois, et même certains enseignants.
Guy Môquet, le retour. Sortie le 22 octobre
Allez, rompez ! Fonctionnaires, fonctionnez !
C'est une annonce Reuter
La journée d'hommage à Guy Môquet, jeune résistant communiste fusillé en 1941 par les Nazis, a été fixée au 22 octobre, jour anniversaire de l'événement, et sera limitée aux lycées, déclare le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos.
Annoncée par le président Nicolas Sarkozy le jour de son investiture en mai, la lecture de la dernière lettre envoyée par cet adolescent de 16 ans à ses parents juste avant son exécution sera accompagnée d'une information plus générale, par la distribution d'un fascicule.
Le document comportera des textes évoquant les résistants allemands au nazisme et la collaboration. La lecture sera suivie d'une "réflexion collective" en classe.
"Il ne s'agit pas de faire quelque chose de sottement cocardier et patriotique. Il s'agit de parler de la jeunesse insurgée contre la tyrannie, en général", a expliqué Xavier Darcos lors d'une conférence de presse sur la rentrée. Les élèves les plus jeunes ont été exclus de ce travail de mémoire jugé complexe à aborder par la missive de Guy Môquet.
Cette initiative de Nicolas Sarkozy avait été critiquée dans les milieux enseignants, où certains craignaient que la lecture ne réveille de vieux sentiments anti-allemands et se plaignaient d'être recrutés pour des tâches qui ne sont pas les leurs. Xavier Darcos a d'ailleurs rapporté qu'un enseignant lui avait dit : "Je suis professeur d'histoire pas de patriotisme".
Des personnalités, députés, sénateurs, anciens résistants ou déportés, mais aussi des sportifs célèbres, seront sollicitées pour lire aux lycéens, éventuellement en classe, la fameuse lettre de Guy Môquet qui commence par les mots : "Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé. Je vais mourir !".
Le ministre lui-même lira la lettre dans une école, a-t-il annoncé. Il voit cette journée comme un moment de "trêve collective", "le moment d'exprimer l'idée qu'on ne fonde pas une école sans un certain nombre de valeurs".
Le fascicule comprend un texte sur le groupe allemand de résistance appelé "La rose blanche", dont fit partie Sophie Scholl, qui a inspiré un film allemand à succès.
Une autre lettre fournie aux élèves rappelle la collaboration du régime de Vichy avec les Nazis. Un Italien, Guido Brancadoro, fusillé pour actes de résistance à 21 ans, écrit à ses parents : "Ce sont les Français qui me livrent, mais je crie 'vive la France', les Allemands qui m'exécutent et je crie 'vive le peuple allemand et l'Allemagne de demain'".
[Mise à jour du 31 août : Le texte du BO sur cette journée Guy Moquet est à cette adresse là. Le dossier documentaire que l'on sera prié d'exploiter — en toute liberté, bien sûr — est à cette adresse là (11 textes et 15 pages]
Je vous encourage toujours à lire le texte "Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Giuy Môquet à mes élèves, sur le site du cvuh, et aussi cet article sur les usages étatiques de la lettre de Guy Môquet.
Un Rocard sinon rien !
Darcos sollicite
Rocard
sur la revalorisation du métier d'enseignant
Le
ministre de l'Education Xavier Darcos a choisi de
placer "sous la haute autorité" de l'ex-Premier
ministre socialiste Michel Rocard le comité
sur la revalorisation du métier
d'enseignant, a annoncé mercredi le
ministère, confirmant une information du site
internet du Monde.
Ce comité sera présidé par le conseiller d'Etat
Marcel Pochard, ancien directeur général de
l'administration publique, sous la haute autorité de
l'ancien Premier ministre Michel Rocard, a précisé le
ministère.
Le Monde.fr précise que M. Darcos devrait "commenter
le symbole que constitue l'acceptation par M. Rocard
de se porter caution de cette concertation promise
par Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale"
lors de sa conférence de presse de rentrée, mercredi.
Michel Rocard, 76 ans, député européen, a été le
premier Premier ministre du second septennat de
François Mitterrand, de 1988 à 1991.
La concertation sur le métier d'enseignant, promise
par le candidat Nicolas Sarkozy, est le premier
chantier qui attend en septembre Xavier Darcos. Elle
doit aboutir d'ici Noël à un Livre
vert réunissant toutes les
propositions formulées par les syndicats.
Cette concertation sera conduite par
"un comité
composé de personnalités reconnues auquel les
syndicats seront associés", avait précisé le
ministère. Elle
concernera tant les salaires que le temps de
travail, l'entrée
dans le métier, la
mobilité ou la
reconnaissance de la fonction. Une seconde phase de
concertation s'ouvrira au début du printemps à partir
des propositions du gouvernement (Livre blanc).
Les mesures qui en découleront seront mises en place
à la rentrée
2008.
D'après
AFP.
* Il n'est pas sûr en tout cas que les
conclusions
dudit Rocard
proposent d'utiliser toujours plus
lesTICE.
Elles
sont pourtant plus qu'à la mode
dans l'E.N. Tout prof qui veut avoir une bonne note
de son inspecteur pour espérer un jour passer au
grand choix se doit d'utiliser l'ordinateur.
Soit.
Mais
il semblerait que l'utilisation de l'ordinateur par
les élèves
n'a pas que des effets bénéfiques.
Loin de là et c'est
PISA
qui nous le dit (sainte PISA, patronne des
prospectivistes néo-libéraux de l'E.N.).
Voici un extrait du Telegraph en réaction à l'idée du
gouvernement anglais de dépenser beaucoup d'argent
pour acheter des ordinateurs pour l'école.
«
Moins les élèves utilisent les ordinateurs à l'école
et à la maison, mieux ils réussissent les tests
internationaux de lecture, rédaction et
mathématiques, indique aujourd’hui la plus grande
étude réalisée sur ce sujet. Celle-ci soulève des
interrogations quant à la décision du gouvernement,
annoncée par Gordon Brown la semaine dernière, de
dépenser encore £1.5 milliards pour des ordinateurs
dans les écoles, en plus des £2.5 milliards déjà
dépensés. M. Brown a dit : "L'enseignement et la
révolution éducative ne peuvent se faire avec des
tableaux noirs et de la craie, mais avec des
ordinateurs et des cartables électroniques."
Cependant, l'étude éditée par la Société Royale
d’Economie indique : "En dépit des nombreuses
réclamations de politiciens et de fournisseurs de
logiciels, l'utilisation d'ordinateurs dans les
écoles n’aide à l’évidence aucunement les élèves à
acquérir les qualifications de base en mathématiques,
en lecture ou en rédaction".
Au contraire, plus les élèves utilisent l’ordinateur,
plus leurs performances dans ces domaines sont
mauvaises,
ont indiqué Thomas Fuchs et Ludger Wossmann, de
l'université de Munich. Les chercheurs ont analysé
les comportements à l’école et à la maison de 100.000
adolescents de 15 ans dans 31 pays participant à
l'étude Pisa. L'étude montre que plus les élèves ont
accès à des ordinateurs à la maison, plus leurs
résultats sont bas.
De même, les élèves font moins bien dans les écoles
généreusement équipées d’ordinateurs, où
l'instruction automatisée a remplacé des formes plus
efficaces d'enseignement.
»
* Par contre,
une orientation
est sans doute donnée par ces
propos sinistres de ministre
sur la
série ES
et
qui laissent perplexes et certains s'en inquiètent.
Heureusement que
Paris Match
est là, soit dit en passant :
Xavier
Darcos : un ministre mal informé ou mal
intentionné ?
L’Association
des professeurs de sciences économiques
et sociales
(A.P.S.E.S.) s’étonne des propos tenus par Xavier
Darcos dans un entretien accordé récemment à Paris
Match (jeudi 23 août 2007). Selon le Ministre de
l’Education Nationale,
la filière E.S. serait « sans débouché
évident » et attirerait « beaucoup d’élèves
qui occupent ensuite de grands amphis mais se
retrouvent avec des diplômes de droit, psychologie,
sociologie... sans toujours un emploi à la
clef ».
Notre
ministre méconnaît-il les études et statistiques
produites par ses propres services ?
La déclaration de l'association est
là.
Au rapport !
Le rapport du HCE est accéssible à tous directement sur le site du Mammouth, désormais
27 pages.
Le premier qui en fait un rapport a gagné.
Et en voilà le sommaire.
En gros :
- beaucoup de constats ;
- on ose dire (enfin!) que le problème n'est
pas que le collège (même unique) ;
- aucune proposition, ce qui laisse tout envisager
(surtout le pire car réacs et pédagos vont tirer la
couverture chacun de leur côté).
Et surtout : rien sur
la place
de l'école et de la culture dans la
société,ni de
remise en cause de la société (mais là ...).
Donnez-leurs tout de même leur laissez-passer quotidien
Voila comment notre bon maître de l'école et son seigneur lige entendent flatter la classe enseignante.
Les grands
moyens !
Notez bien également, le "sans difficulté" et le
"rationaliser l'offre éducative".
Xavier Darcos veut "revaloriser" le métier de
professeur
(selon AFP)
Le
ministre de l'Education Xavier Darcos souhaite
"revaloriser (le) métier" de professeur, estimant
"par exemple anormal qu'un professeur doive payer
pour aller dans un lieu de culture, un musée ou une
bibliothèque", dans un entretien publié lundi par le
quotidien Sud Ouest.
"Nous allons mettre en place dans les
jours qui viennent un groupe de travail pour
améliorer leur situation, trouver un moyen
de redonner
de la dignité à la fonction, que les débuts de
carrière soient plus faciles, et les salaires
meilleurs", affirme le ministre.
"D'une manière générale, il faut revaloriser ce
métier", ajoute-t-il.
"Les jeunes professeurs passent un concours
difficile, se retrouvent parfois dans un univers
hostile, tout cela pour 1,3 fois le Smic.
Il est
légitime qu'ils soient mieux traités et
respectés. Je trouve par exemple
anormal qu'un professeur doive payer pour aller dans
un lieu de culture, un musée ou une
bibliothèque. Il lui
faudrait une carte pour y entrer
gratuitement", propose M. Darcos.
Revenant sur l'annonce de la suppression de 11.000
postes de fonctionnaires dans l'Education dans le
budget 2008, le ministre estime que la question des
postes "n'est pas la pierre angulaire de la réussite
éducative".
"Nous
disons que l'on peut sans difficulté retirer 11.000
emplois d'un système qui en compte 1,2
million. (...) Nous voulons
réformer le contenu et l'organisation scolaire pour
avoir de meilleurs résultats, et non pour
gagner des postes", explique-t-il.
"Il s'agit
de rationaliser notre offre
éducative", dit-il.
Si
ce n'est pas pour gagner des postes, il fait tout ça
par plaisir alors non ? Non parce que ce n'est pas
avec des postes en moins qu'il y aura de meilleurs
résultats (si l'on parlait de redistribuer des postes
encore on pourrait le croire, mais
là...).