Concours et insultes

* Coup d'essai pour voir la réaction ? Il faut croire que les infos du week end sur l'histoire géo et les maths (hors trognon commun) sont fausses tout en étant parfaitement vraies. Voici comment Darcos se défend de ne pas y avoir pensé :

AFP, ce jour —
Darcos: rien n'est "arrêté" sur la réforme du lycée

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a affirmé mardi sur i-télé que rien n'était encore "arrêté" concernant la réforme du lycée, "niant" la "disparition supposée" des mathématiques et de l'histoire-géographie à ce niveau d'étude.
Le ministre répondait à plusieurs organisations de professeurs par discipline, à des syndicats enseignants et aux deux principales organisations lycéennes, qui se sont émus de ce que certaines disciplines pourraient disparaître d'un futur tronc commun des enseignements, sur la foi d'informations de presse.
"Rien de ce qui est publié n'est définitif et avéré. Je pourrais même aller plus loin: concernant par exemple la disparition supposée des mathématiques et de l'histoire, et autres inventions, je nie absolument que ceci soit arrêté", a déclaré M. Darcos."

C'était donc bien prévu... pas arrrêté certes, mais pas loin.
LUNL de rajouter :

L'Union nationale lycéenne a fait savoir dans un communiqué qu'elle "ne peut accepter le fait de transformer l'Education nationale en un supermarché où le lycéen ferait ses courses. En effet, fait-elle valoir, tous les lycéens doivent avoir un socle commun de connaissance et avoir accès à la culture. Or le fait de rendre certaines matières facultatives poussera les lycéens à ne pas travailler".
"Les enseignements cités (mathématiques et histoire-géographie notamment, ndlr) sont fondamentaux et ne doivent pas être mis à la trappe et délaissés par les lycéens", a ajouté l'UNL.

* Selon les propos de M. Sherringham, conseiller du ministre de l'Éducation nationale voici les grandes orientations retenues pour la réforme des concours :

Pour l''agrégation les épreuves devront avoir un caractère pédagogique plus marqué, et une épreuve transversale de connaissance du système éducatif sera ajoutée.

Le CAPES verra le nombre d'épreuves restreint. L'hypothèse de travail est celle de deux épreuves disciplinaires à l'écrit, et de deux épreuves à l'oral. L'une des deux épreuves d'oral sera une épreuve à support disciplinaire, où le candidat devra traiter une question de cours pour un niveau déterminé, ce qui l'amènera à justifier ses choix pédagogiques. M. Sherringham évoque la possibilité d'introduire à l'écrit une question d'histoire et / ou d'épistémologie de la discipline, qui s'ajouterait à l'une des épreuves disciplinaires.

M. Sherringham indique que si le niveau de recrutement doit être le même pour tous les concours (le M2), la nature des concours et les perspectives de carrière qu'ils ouvrent doivent être différenciées : l'agrégation est destinée à tirer le système vers le haut. Les agrégés ont vocation à enseigner dans les classes d'examen des lycées, dans les classes préparatoires aux grandes écoles et dans le premier cycle universitaire.

Ce qui vient détruire les discours (rêves) de certains universitaires (Cf. rencontres
entre la Conférences de doyens de Lettres, langues, arts et sciences humaines et sociales
et la Conférences des directeurs d'IUFM (CDIUFM). Mais c'est pas mieux. Bon ce-ci dit, ceux là voulaient des trucs du genre : déclarer agrégés les meilleurs titulaires du CAPES, fusionner agrégation interne et agrégation externe en un concours accessible aux titulaires du master, pour recruter des enseignants qui seraient affectés à cheval sur lycées et post-bac.


* Les cadres intermédiaires de l'appareil idéologique d'Etat l'ont dans le fion ? L'inspection est touchée aussi par la réforme. Le ministère vient de publier un rapport sur ladite inspection et la formation des inspecteurs. Tout irait bien dans le meilleur des monde, mais pour raison d'économie une réforme se profile qui réduirait l'année de (dé)formation à 1 an. Du coup, l'activité de l'école de (dé)formation, l'ESEN (à Poitiers) serait réduite. De plus, les IEN, "appelés à jouer un rôle central dans l’adaptation du système éducatif et la mise en oeuvre des réformes" passent sous le contrôle des recteurs et voient leur lien avec l'Inspection générale relâché. Le SIEN -UNSA discute (et signe) la réforme avec le ministère. Pour certains c'est une mise au pas ! Ah bon, ils ne l'étaient pas déjà ? Seuls les aveugles ne voulaient pas le voir...

Le rapport est là. Voici les propos de Pierre Frackowiak sur le Café péda (mieux vaut aller tout lire sur cette page): "Dans le cadre de la mise en œuvre de ce protocole, le ministre et le SIEN-UNSA s’accordent sur les points et le calendrier suivants :
1)-Le recrutement :
Les modifications de l’évaluation des enseignants, l’élévation du niveau de sortie de l’enseignement professionnel comme l’aspiration des IEN à voir leur métier mieux reconnu et leur statut de personnels d’encadrement supérieur conforté, nécessitent d’améliorer l’entrée dans le métier. Il s’agit d’encourager la diversification des voies d’accès et de permettre une prise de responsabilité immédiate.
Pour cela :
* Le reclassement est effectué dès la nomination dans le corps. La titularisation est prononcée par le ministre sur proposition du recteur. Elle intervient à l’issue d’un stage ramené à une année. Il s’effectue en responsabilité
* La formation est repensée et adaptée à la diversité des parcours et aux exigences des missions d’encadrement : elle est individualisée et largement externalisée, l’ESEN étant chargée de l’ingénierie de cette formation et effectuant notamment un bilan de compétences à l’entrée dans le corps."

Ou bilan d'incompétence, à vous de juger...


*Annales rectorales ou trou du cul ? Les deux pour le recteur d'Orléans-Tours. Le voici qui se met à insulter ses personnels. De la part d'un ministre soit, mais d'un recteur...

AFP- Le recteur d'Orléans aurait "perdu son calme" et "insulté" des infirmières

Le recteur de l'académie d'Orléans-Tours aurait "perdu son calme" jeudi devant des infirmières et "insulté" l'une d'entre elles au cours d'une audience sur le projet académique de santé, selon un communiqué des syndicats publié lundi.
"Lors d'une audience avec les syndicats représentatifs infirmiers de l'éducation nationale (SNIES-UNSA éducation et SNICS-FSU), le recteur a perdu son sang froid et insulté une collègue de la délégation", affirment les syndicats dans ce texte.
"Je vais vous gifler", "je vous em...", répété à trois reprises, seraient les propos tenus par le recteur de l'académie d'Orléans-Tours, Ali Bencheneb, selon le SNIES.
Les infirmières ont immédiatement quitté la salle et ont déposé une main courante au commissariat d'Orléans, de même source.
Après avoir attendu en vain des excuses, les huit représentantes syndicales des infirmières scolaires, en poste dans différents établissements de la région Centre, ont décidé de révéler l'incident.
"Malgré des démarches syndicales auprès du ministère pour une médiation et des excuses, la situation est restée bloquée et nous ne pouvons que dénoncer un tel comportement de la part d'un haut responsable national", conclut le SNICS-FSU.
Contacté par la presse, le recteur s'est refusé pour le moment à tout commentaire.

Finalement ledit recteur vient de présenter sa démission. (07/10, 12 h)
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