La Réforme en douce (et non pas en douceur)

* Le petit doigt sur le culture de l'évaluation. Propos de Recteur .

Et pas n'importe lequel : Ch. Nique, nouveau recteur de l'académie de Nice. Certains rigolent déjà j'en suis sûr. Il faut savoir aussi que celui-ci a été conseiller de F. Mitterrand. Voyez donc ce qu'il dit maintenant, alors que la réforme (Darcos) s'annonce.

Metrofrance.fr —Christian Nique, docteur en linguistique française, ancien conseiller du président Mit­terrand, vient d’être nommé recteur de l’académie de Nice. Sans langue de bois, il évoque “le paradoxe” azuréen : des élèves qui ont un début de scolarité prometteur, mais des taux d’échec supérieurs à la moyenne nationale.


Est-ce un problème de pédagogie ou d’orientation ? J’ai le sentiment pour l’instant que c’est plutôt un problème d’orientation. L’envie de faire des études supérieures est moins forte chez les élèves, et peut-être les professeurs ne les incitent-ils pas…

Quelle sera votre politique ?
Nous allons utiliser une méthode particulière. Il faut libérer l’initiative en aidant les professeurs à imaginer des solutions adaptées aux différentes populations scolaires. Il faut aussi développer une culture de l’évaluation. L’Education nationale n’a pas l’habitude de rendre des comptes.

C’est un discours de chef d’entreprise assez inhabituel pour un recteur…
Il n’y a pas de raison qu’un service public ne s’évalue pas et ne dise pas à la po­pulation ce qu’il fait. L’hô­pital le fait. Ce n’est pas une question d’argent ou de rentabi­li­té : je reste sur le qualitatif et la pédagogie

Mon oeil.
Au moins c'est dit clairement.



* Echos des futures suppressions de postes.

Dans les Echos -
20 000 professeurs en moins en 2010 ?

En 2010 34 250 postes de fonctionnaires devraient être supprimés dont 21 000 dans l'éducation. Selon Les Echos, les négociations ont commencé entre Bercy et les ministères pour fixer le nombre des emplois en 2010. L'objectif fixé par Nicolas Sarkozy est de remplacer un départ en retraite sur deux. On s'attend à 68 500 départs en retraite en 2010 ce qui devrait entraîner la suppression de 34 250 postes. C'est nettement plus qu'en 2008 (22 791), 2009 (30 529). Au total près de 100 000 emplois ont été supprimés en 3 ans. La mesure devrait rapporter un peu moins d'un milliard d'euros d'économie. Une somme importante qui est à rapporter au déficit public (Etat) en 2009 (104 milliards) ou aux subventions accordées à la seule industrie automobile (7 milliards). L'éducation nationale première touchée. Avec son million d'agents, l'éducation nationale est forcément le ministère le plus touché par ces suppressions de postes. Ce nouveau tour de vis la frappera durement : 21 200 postes pourraient être supprimés. Ce serait nettement plus qu'en 2008 et 2009 (11 000 et 13 500).

tout l'article est sur ce lien là.


* Meirieu a-t-il toujours l'espoir un jour de piloter la réforme des lycées ? Sans doute. Drôle de poisson en tout cas.

Voici un de ces textes qui exprime avec d'autres concepts ce qu'est exactement la réforme Darcos.

Extrait d'un texte qu'on trouve là.

"Repenser l’organisation de l’établissement :

entre le chef d’établissement et ses collaborateurs directs, d’une part, et chaque enseignant dans son cours, d’autre part, il manque une unité intermédiaire de gestion pédagogique. Cette unité de gestion doit permettre d’éviter la fragmentation extrême des enseignements et l’absence de travail d’équipe. Le bons sens, l’expérience des pédagogues et les recherches scientifiques se rejoignent ici :nous devrions créer des « unités fonctionnelles » de cent à cent cinquante élèves et les confier chacune à une équipe de professeurs qui en auraient collectivement la responsabilité. Dans ce cadre, l’équipe disposerait d’un ensemble d’heures qu’elle pourrait utiliser en fonction de ses besoins et dont elle justifierait de l’usage a posteriori. Elle aurait les moyens de regrouper tous les élèves pour préciser le cadre et les exigences du travail, de mener des projets en commun mais aussi d’organiser des regroupements différenciés avec des activités spécifiques. Elle serait l’interlocuteur privilégié des parents et des élèves, avec une existence institutionnelle et une visibilité qui font cruellement défaut aujourd’hui…

Repenser le service enseignant :

pas de réforme du lycée sans une autre conception du métier de professeur. Le suivi des élèves, l’implication dans l’organisation pédagogique, le travail avec les partenaires de l’école doivent être pleinement reconnus comme participant des missions des enseignants… et non plus comme des activités plus ou moins bénévoles effectuées dans les interstices des cours. Il faut aussi reconnaître et valoriser la fonction de professeur principal comme cadre intermédiaire, avec les moyens effectifs pour animer un travail d’équipe et être l’interface nécessaire avec les familles. Enfin, il est important que le professeur de lycée soit reconnu comme un acteur culturel et un formateur dans la Cité : tous les professeurs de lycée devraient pouvoir effectuer une partie de leur service dans l’encadrement d’activités culturelles, sportives ou dans la formation d’adultes."

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