Déformation

* Education équitable. C'est la dernière trouvaille idéologique de l'OCDE, qui vient de publier un rapport à la suite des tests PISA pour trouver des solutions. Ils en donnent 10, parce que nous, pauvres nuls on est pas capable de les trouver tout seul (enfin, ce serait peut être pas les mêmes solutions il faut dire...). Tout cela parce que "les coûts sociaux et financiers à long terme de l’échec scolaire sont conséquents". Le document est là.

Extraits :
"Ceux qui n’ont pas les compétences pour prendre leur place dans la société et dans l’économie engendrent des coûts plus élevés en matière de santé, d’aides sociales, de protection de l’enfance et de sécurité.  La montée en puissance des migrations pose de nouveaux défis pour la cohésion sociale de certains pays tandis que d’autres sont confrontés à des problèmes déjà anciens d’intégration des minorités. Face à ces défis, une éducation offrant l’égalité des chances et l’inclusion aux migrants et aux minorités est cruciale. L’équité dans l’éducation conforte la cohésion et la confiance sociales".

Les 10 mesures à prendre (extrait de la page 9 dudit rapport) :
1. Limiter l’orientation précoce en filières et classes de niveau et reporter la sélection par les résultats.
2. Gérer le choix de l’école afin de contenir les risques pour l’équité.
3. Dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, proposer des alternatives attrayantes, éliminer les voies de garage et prévenir le décrochage scolaire.
4. Offrir une seconde chance.
5. Repérer ceux qui prennent du retard à l’école et leur apporter une aide systématique, et réduire les taux élevés de redoublement.
6. Renforcer les liens entre l’école et la famille pour aider les parents défavorisés à aider leurs enfants à apprendre.
7. Tenir compte de la diversité et permettre l’inclusion des migrants et des minoritaires dans l’éducation ordinaire.
8. Offrir une solide éducation à tous, en privilégiant les dispositifs pour la petite enfance et l’instruction de base.
9. Orienter les ressources vers les élèves et les régions qui en ont le plus besoin.
10. Fixer des objectifs chiffrés et concrets pour davantage d’équité–en particulier en matière d’échec scolaire et de décrochage.
"Ce rapport formule des recommandations de hiérarchisation des priorités dans le cadre d’un budget limité, en tenant compte des contraintes des dépenses publiques. Les coûts ou économies découlant de ces recommandations n’ont pas été estimés car ils dépendent des contextes nationaux."

Cette dernière phrase résume tout et donne son sens au reste. C'est curieux comme tout se fait écho en ce moment. De là à voir un véritable complot...

*
Formation continue. D'après vous combien on investit par prof pour la formation continue ? Moi, je sais pas. Par contre on avait un peu oublié que la Cour des comptes s'irrite un peu des 122 000 € dépensé par Xavier Darcos pour sa propre formation à la communication gouvernementale (il était alors ministre de la coopération). On appelle ça du media-training. Un article de politique.net qu'on peut lire là nous le rappelle en relisant un article ancien du canard. Extraits :

L'Etat a financé les media-training de Xavier Darcos pour 122 000 euros


L'information du Canard Enchaîné est passée complètement inaperçue. Dans son édition du 11 avril 2007, en pleine campagne présidentielle, le journal satirique a révélé que des magistrats de la Cour des Comptes ont exprimé des réserves sur une dépense du ministère des Affaires étrangères effectuée entre 2004 et 2005. La cour des comptes est chargée d'examiner la gestion financière de tous les ministères et établissements publics. Au milieu de l'année 2007, des magistrats ont analysé les comptes du ministère des Affaires étrangères et ont demandé des explications à propos d'une facture jugée trop élevée.

122 000 euros pour la formation de Xavier Darcos
Il s'agit d'une note réglée à une société de communication d'un montant de 122 000 euros pour la formation accélérée de Xavier Darcos. A l'époque, l'actuel ministre de l'Education nationale était ministre délégué à la Coopération et au développement. Il a bénéficié d'une formation à la communication : média-training pour la radio, la télévision, pour tenir une conférence de presse mais aussi préparer des documents divers (sur l'Afrique, la coopération, etc.). Xavier Darcos a confirmé au Canard Enchaîné avoir bénéficié de cette formation. Sauf que pour la Cour des comptes, celle-ci était beaucoup trop élevée, d'autant que la séance journalière facturée par l'agence de communication est passée de 1913 euros à 2392 euros sans raison. En outre, la Cour des comptes reproche au Quai d'Orsay de n'avoir pas lancé d'appels d'offre pour cette formation si coûteuse.

La question de la formation des ministres
Sous prétexte d'élections, les services du Quai d'Orsay ont botté en touche et n'ont pas donné suite à la requête de la Cour des comptes. L'affaire, révélée en page 4 du Canard Enchaîné du 11 avril, n'a pas été reprise par les médias, trop occupés par la présidentielle. Pourtant, cette histoire pose la question à la fois de la formation des hommes politiques, de leur nomination à des postes sans qu'ils en aient au préalable les compétences, et de la prise en charge par l'Etat de cette formation. En clair, est-ce au contribuable de financer des média-training d'homme politique ?



* Le B2i fait pshitt ? Certains s'en plaignent, pas nous. Un arrêté du 28 décembre provoque l'émoi dans les rangs des défenseurs de cette fausse qualification, car il viendrait remettre en cause son attribution. Celle-ci reviendrait en dernier lieu, pour le niveau collège, au jury de Brevet, qui peut décider ce qu'il veut; décision prise car le B2i est obligatoire pour avoir ledit Brevet mais ledit B2i n'est pas installé dans un collège sur deux. Dans la situation actuelle, cela voudrait dire qu'un collégien sur deux ne pourrait pas avoir son Brevet.
Rappelons que ce B2i est une véritable crasse dont l'objectif n'est pas de pousser les élèves à utiliser les Tice, mais bien de forcer tous les profs à s'y coller. Bruno, nous en reparlera un de ces jours.


*Histoire de l'art (de rêver ?). Quelques petites nouvelles supplémentaires suite au rapport publié il y a quelques semaines. (infos trouvées là, article de Didier Rykner)

"Des différents échos que nous avons pu avoir, il semble que l'on pourrait s'orienter vers les mesures suivantes [nos [de l'auteur de l'article en question, NDLR] remarques sont entre crochets].
- un
enseignement obligatoire d'histoire des arts [et non d'histoire de l'art] serait bien instauré dès le primaire, et jusqu'au baccalauréat ;
- le nombre d'heure n'est pas encore fixé mais il ne devrait pas dépasser
20 heures par an dans le primaire, et 36 heures dans le secondaire, soit dans ce dernier cas une heure hebdomadaire, ou plutôt l'équivalent réparti en quelques sessions de plusieurs heures. [Ce point reste encore incertain, bien qu'il soit fondamental ; décréter l'histoire de l'art obligatoire en ne dégageant pas des horaires spécifiques, comme le suggèrait le rapport Gross, reviendrait à ne rien faire. Il est par ailleurs essentiel que les visites de musées ou de monuments historiques ne mordent pas sur cet horaire réduit, d'autant que les sorties culturelles sont déjà largement pratiquées dans nombre d'établissement scolaire.] ;
- une
option « histoire des arts » serait créée aux agrégations d'histoire et de lettres [il ne s'agirait donc pas d'une véritable agrégation d'histoire de l'art] ;
- les co
urs seraient dispensés en primaire par les professeurs des écoles et dans le secondaire par les agrégés titulaires d'une agrégation avec option d'histoire des arts. Ces derniers formeraient également les professeurs des écoles [en attendant que les agrégés titulaires d'une option d'histoire des arts soient formés, qui tiendra leur rôle ?]. A terme, cela devrait aboutir à la création d'une cinquantaine de postes d'agrégés supplémentaires ce qui pourrait constituer de nouveaux débouchés pour les historiens de l'art.    Notons enfin que la création d'un poste d'Inspecteur Général de l'histoire de l'art a été proosé au ministre par le Haut Conseil et qu'un bilan des classes d'options « histoire des arts » testées depuis 1993 dans des lycées français (actuellement 127) devrait être fait. Cette expérimentation a été organisée sans que jamais les historiens de l'art y soient associés.
Sans vouloir critiquer, il me semble que cet article fait preuve d'un optimisme important. Il semble ignorer que la qualification "histoire de l'art" existe déjà. Créer des agrégés en plus, ce serait vraiment contradictoire avec la politique actuelle. Une mention complémentaire, oui, et encore. On peut se demander si tout ce foin n'est pas plutôt pour obliger les profs de Français et d'Histoire à construire leurs séquence autour des oeuvres d'art. Ce qu'ils ne font pas, bien sûr, ce sont tous des cons.

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