Enseignement religieux à l'école publique et concours
"C’est l’autre bombe du discours prononcé par Nicolas Sarkozy au dîner annuel du CRIF, le 13 février. Une bombe encore plus lourde de conséquences que la proposition de confier aux élèves de CM2 la mémoire des 11 000 enfants français juifs exterminés par les nazis.
En violation du principe de séparation de l’’Eglise et de l’Etat, le Président de la République a tout simplement annoncé son intention d’introduire à l’école publique un enseignement religieux. Une intention formulée en ces termes : « Nos enfants ont aussi le droit de rencontrer, à un moment de leur formation intellectuelle et humaine, des religieux engagés qui les ouvrent. »
C’est donc bien dans l’enceinte de l’école, lieu privilégié de la « formation intellectuelle et humaine » que cette rencontre avec des religieux doit intervenir. Le cheminement rhétorique qui conduit à cette annonce est, sur ce point, sans équivoque.
Premier mouvement, Nicolas Sarkozy se prononce pour l’enseignement d’une morale laïque à l’école. Il souligne aussitôt que morale laïque et morale religieuse sont complémentaires. Dès lors, il peut revendiquer – c’est le troisième mouvement de la démonstration – une place pour l’enseignement religieux, au moins équivalente à celle qu’occupera l’enseignement de la morale laïque.
Raisonnement dont on discerne tout de suite la faille : la laïcité, par un tour de passe-passe sémantique (laïcité/ morale laïque), devient une… confession parmi d’autres, alors qu’elle se borne à organiser leur coexistence."
*Réforme des concours : plus vite que prévu ? Plus radicale en tout cas. Voici ce que dit l'AFP d'un rapport donné ce jour. Tout ce met en place pour avoir des fonctionnaires-à-tout-faire. Avec un couplet sur les concours plus spécifiquement d'enseignement. Voir aussi ici sur le site du ministère le communiqué officiel.
Capes, agrégation: réforme en 2008 de tous les concours de l'Etat
Le gouvernement va engager en 2008 une réforme des concours d'accès à la fonction publique, qui touchera les quelque 700.000 candidats aspirant chaque année à devenir enseignant, contrôleur des impôts, infirmier, policier ou faire carrière dans l'un des 500 corps de l'Etat.
"L'objectif pourrait être de recentrer les recrutements autour d'un nombre réduit de grands concours professionnalisés, en lieu et place des milliers de procédures annuelles qui existent actuellement" ont annoncé mardi les ministres Eric Woerth et André Santini, qui ont reçu dans la journée un rapport sur le sujet, remis par l'inspectrice générale de l'administration Corinne Desforges.
Les ministres comptent également "modifier substantiellement" les épreuves des concours, pour les rendre "plus adaptées à la recherche des compétences, pour permettre l'égalité réelle des chances entre tous les candidats et pour répondre au souci légitime des fonctionnaires d'être promus en fonction de leurs compétences professionnelles" ont ajouté les ministres.
Les concours d'entrée dans la fonction publique, dont les plus connus sont le Capes et l'agrégation pour les enseignants, sont accusés dans le rapport de Mme Desforges de nuire à la diversité des profils et de privilégier les savoirs académiques sur la valorisation des compétences professionnelles.
Le rapport de Mme Desforges montre que "l'Etat sélectionne ses agents au lieu de les recruter", souligne le ministère, car les concours sont "des machines à sélectionner des candidats sans objectif précis en termes d'emplois à pourvoir".
Le rapport critique aussi "l'opacité" du cadre juridique des concours. "Chaque statut particulier des plus de 500 corps de l'Etat fixe des règles différentes" avec une information "difficile d'accès, éclatée et incomplète". "Les savoirs académiques évincent par trop la valorisation d'autres compétences" ajoute le rapport.
Son auteur propose d'organiser des procédures de recrutement autour de quelques grands concours, dont les épreuves seraient "aussi professionnalisées que possible".
Pour accroître la diversité et lutter contre les discriminations, le rapport propose également la création d'une option bac professionnel "métiers de la fonction publique" et l'organisation d'une formation universitaire sur les savoirs de base pour entrer dans la fonction publique en catégorie A.
Délirant. Ce la confirme le fait que l'on veut des animateurs et non des enseignants capables d'argumenter leur propre discipline.
* Enfin, on attendait mieux tout de même d'un membre de l'UMP. Le site Note2be annonce qu'il va peut-être migrer à l'étranger si la législation nationale le persécute. Ca c'est du vrai esprit de la droite décomplexée qu'on a : tout est bon pour se faire de l'argent. Bravo à son fondateur membre de l'UMP. Qu'il ne viennent pas nous faire la morale.
Que d'actualité ! Et dire que c'est les vacances...