Ménages en tout genre...

* SNUIPP : ça chauffe ?

« Premier » syndicat du primaire, le SNUipp entre en congrès prochainement ( à Saint-Malo) et différents courants et tendances commencent à tirailler.

L’inquiétude monte.

Les tensions vont au delà des traditionnelles oppositions de courants et s’affichent désormais aux conseils nationaux du SNuipp, parfois au sein même de la tendance majoritaire Unité et Action (UA), dans laquelle des prises de positions assez radicales circulent.

Il faut dire que
les positions de l’actuelle direction ont eu de quoi secouer : les positions au CSE ou le syndicat est finalement favorable aux réformes, discours ambigus, positionnement sur la grève du 12 février...
A tel point que
des sections entières du courant majoritaire (UA) ont décidé d’intervenir auprès de leur propre direction, que des syndicats locaux entiers ne se retrouvent plus dans la pensée officielle du boulevard Blanqui (siège du SNuipp) voire pactisent avec les diables (CGT-SUD, comme à Paris, contre les rythmes).

L’inquiétude est grande de voir naître « un syndicalisme qui négocierait « dans les marges », », certains reprochent de ne plus être dans la revendication, mais dans la politique d’accompagement et ainsi d’être en rupture totale avec la base. En fait cela fait un certain temps que la ligne jaune a été franchie.

Pire, il en va de la démocratie interne pour certains : les mandats de congrès ne sont pas repris par la direction du syndicat. De même les militants UA ont eu la surprise de découvrir que l'échange de postes contre des projets dans le cadre de la mise en place du « plus de maîtres que de classes » ou de la scolarisation des enfants de moins de trois ans était considérée par le syndicat comme une avancée. Adieu les critères d’attribution et la transparence... tout comme la prise en compte de l’avis de la base syndicale pour élaborer le positionnement syndical.

L’inquiétude est d’autant plus forte que se profilent des questions importantes sur lesquelles la direction entretien le plus grand flou et n’active ni ne relaie les questions dans sa presse : écoles du socle, le conseil commun d'école et de collège, l'arrivée progressive des « projets éducatifs de territoire », la multiplication des postes à profil, ...


* Grand ménage de printemps...

Alors que le gouvernement s'interroge sur l'opportunité d'interdire le "Printemps français", mouvement informel aux contours assez flous qui s'est illustré ces derniers mois par nombre d'actions violentes et antirépublicaines, la sainte alliance des ultralibéraux et des cathos conservateurs qui gravitent autour de cette nébuleuse fait son grand ménage de printemps. Souci de respectabilité oblige ?  C'est ainsi en tous cas que l'IFP ("institut de formation politique" dont nous avons déjà parlé dans notre billet sur les fondations pieuses liées à l'enseignement catho, et  auquel adhèrent des dirigeants des très droitières iFRAP et IFSP, associations aux tendances anti-services-publics et anti-fonctionnaires  marquées ) a décidé de rendre certaines pages de son site uniquement accessibles par mots de passe, comme celle notamment qui présente ses intervenants.

Il serait toutefois dommage de cacher au grand public ce que le cache de Google ne demande qu'à nous dévoiler : Qui sont-ils ? En effet, aux côtés de partisans bien connus du chèque éducation et des écoles privées hors contrat représentés par Anne Coffinier (présidente de Créer son école et de la Fondation pour l'école), Philippe Némo (écrivain catho obnubilé par les "rouges", les syndicats et la décadence soixante-huitarde), ou Vincent Laarman (disciple de Nemo et fondateur de SOS Education), figurent également parmi les intervenants de l'IFP, outre une belle brochette d'excités de la droite extrême comme le suicidé de Notre-Dame Dominique Venner,  les principales personnalités ayant eu un rôle actif dans le "Printemps français".

Comme le rapporte Le Monde dans un article consacré à l'influence de l'Institut  catholique conservateur Ichtus, il s'agit notamment de:
* l'avocat Jacques Trémolet de Villers (proche de l’Action française) : il est le fondateur d'Ichtus et c'est à lui que l'on doit la première utilisation de l’expression «Printemps français» dans le quotidien traditionaliste Présent
*
Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps français, qui prône une «résistance à la Gandhi éventuellement illégale» ; "le 13 octobre 2012, elle est l’une des intervenantes du colloque «Catholiques en action», organisé par Ichtus au lycée Saint-Jean-de-Passy, à Paris.
«Les élections ont consacré la mainmise totale de la “subversion permanente” sur tous les pouvoirs politiques, dit la plaquette d’invitation. Il faudra donc, dans les prochains mois, intervenir sur tous les fronts: familles, écoles, communes, partis politiques, médias. (…) Un ravaudage électoral ne suffira pas.»"
*
Philippe Darantière, ancien militaire habitué des universités d'été d'Ichtus "– dont l’implication dans le Printemps français a été relevée par Mediapart –est encore plus direct. Pour lui, «il n’existe pas d’autre solution que d’imprimer à ce mouvement une certaine radicalité qui serve aussi d’avertissement à la classe politique de droite»."

Mais se montrer idéologiquement très "accueillant" comme c'est le cas à l'IFP empêche-t-il pour autant de faire un peu de ménage sur son site et de taire certaines informations aux internautes, surtout lorsqu'il est question de dissoudre des associations aux visées antirépublicaines?
intervenants IFP

* Parents encore plus mauvais que les élèves :

nouvelobs.com
Devoirs : les mauvaises notes des parents !
Déçus, voire vexés, ceux qui, à l'occasion, planchent à la place de leur ados récoltent souvent des résultats peu brillants...
Cadres, chef d’entreprises, chercheurs, journalistes…  Un soir ou l’autre, pour une raison ou une autre, ils ont franchi la ligne rouge. Ils se sont retrouvés à plancher en direct sur la dissertation ou le commentaire de fiston ou fifille. Eux même de brillants lycéens en leurs temps, une fois à l’ouvrage, ils se sont piqués au jeu. On allait voir ce qu’on allait voir : quitte à fauter, ils allaient décrocher une super note à leur bambin. Et… Patatras ! "Franchement, je n’ai pas compris les attentes de la prof", raconte ainsi Anne, journaliste spécialisée en économie. Elle avait largement participé à la copie de géo de sa fille, élève de seconde dans un bon lycée parisien. "C’était un devoir sur les pays en développement et l’agriculture, une problématique que je connais en principe très bien… Je m’attendais à ce que, pour le coup, ma fille ait une très bonne note, elle a eu 11, à peine mieux que la moyenne…"
La suite.
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