Ca va saigner encore plus [MAJ 2]

Et toujours l’école hors contrat s’affiche au sénat : rubrique Du fond de la trompe.

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[MAJ2] Les pistes de la « recherche de l’efficience » pour l’EN (2011-2013)

Finalement, jusque là les restrictions dans l’EN c’était de la rigolade. Le pire, sur le terrain, reste à venir.


Mammouth déchainé - On l’avait déjà dit dans ces pages, mais pas de façon aussi précise. Viennent de fuiter du ministère les conditions exactes dans lesquelles se fait depuis l'Etat le serrage budgétaire de tout l'édifice éducation nationale. Serrage non pas pour 2011 mais pour 2011-2013 au moins. Vous en trouverez les modalités exactes dans le diaporama qui se diffuse sur le net ces jours-ci (il est là : PPt_5Mai_Revu_4_05). C'est assez cynique. Il leur faut trouver comment assurer le non remplacement des départs en retraite alors qu'il y a toujours des élèves [faudrait peut-être supprimer les élèves ?]. 

[
MAJ : Circule également d’ autres documents qui exposent clairement la portée des scénarios comptables du gouvernement. Par exemple pour le ministère
« Il s’agit également de recentrer ces personnels sur la politique éducative, d’éviter la dispersion de leur activité au profit d’activités périphériques et de réexaminer le bien-fondé de certaines situations, qui correspondaient à des besoins ponctuels. »
Le café pédagogique met en ligne ce jour l’ensemble des fiches de renseignement produites par le ministère pour étudier la fermeture des établissements, réduire les remplacements, supprimer la scolarité à deux ans et les IDD, supprimer les décharges...C’est là. ]


Pour l'EN les leviers sont clairs (diapo 11, 12) et sont en grande partie
les implications de la fermeture d'établissements (ce que d'ailleurs Darcos avait annoncé il y a plus d'un an, voir ici), mesures qui ne sont pas précisées ici puisqu'elles relèvent des Conseils généraux ou régionaux.
Il s’agit de prévoir :

Augmentation de la taille des classes: relèvement des seuils d’ouverture et de fermeture de classe , regroupement des structures / augmentation du nombre d’élève par classe

Réduction du besoin de remplacement: réduction du besoin de remplacement, ouverture du vivier de remplacement / réduction du volume des décharges nécessaires, optimisation du rendement des TZR

Baisse de la scolarisation à 2 ans

Sédentarisation des enseignants « hors la classe »: enseignement spécialisé – RASED, coordination/ animation pédagogique, personnels affectés à d’autres fonctions


Intervenants extérieurs/assistants de langue

Ce n'est pas par hasard si en parallèle commencent à fleurir certains propos dans les collectivités locales, dont certaines, nous le disions il y a peu, prévoient de fermer plusieurs établissements à la fois à la rentrée 2011 (5 d’un coup en Indre-et-Loire par exemple).

Ces propos sortent mi-mai, période qui correspond exactement à celle ou l'EN mène une enquête interne auprès de ses acteurs de terrain (chef d'établissement, recteurs ...) pour cadrer l'exercice budgétaire 2011 (diapo 10). Il est clair que vu les compétences croisées de l'Etat et des collectivités locales sur le domaine de l'enseignement que cette « recherche de l'efficience" ne peut se faire que dans une concertation étroite.  

Complémentarité étroite donc avec
des collectivités qui cherchent à faire des économies d’échelle et pour lesquelles la la réduction des dotations constitue un effet d’aubaine. C’est bien là que non seulement les deux politiques se rejoignent, mais surtout sont bien menées conjointement. Ironie du sort (ou hypocrisie générale) quand il s’agit de régions ou de Conseils généraux de gauche.

D’après le calendrier tout est bouclé le 15 juin (diapo 10), date de la synthèse nationale. A cette date les arbitrages seront pris, sans avoir laissé le temps aux acteurs de terrain (parents, profs et sans doute aussi bon nombre d’élus) de comprendre ce qui se passe.

Pour le moment il ne s’agit que de procédures et d’hypothèses de travail mais si ces rapports fuitent c'est qu'il n'y a pas unanimité sur ce point.


* Sarko applique son programme pour l’EN : on ne peut pas dire qu’on ne savait pas.

Programme de Sarkozy en 2007. Les points quinze et vingt-sept sont intéressants :

« Permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l'après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives. »

« Expérimenter, avec des communes et des enseignants volontaires, une répartition des compétences entre, d'un côté, l'Éducation nationale chargée de " l'école du savoir ", de l'autre côté, la commune chargée de " l'école de la vie " (citoyenneté, culture, sport, activités d'éveil, découverte des métiers...) »


Il y a même quelques nuances qui n’ont pas encore fait l’objet de mesures précises. Cela ne saurait tarder.


* La crise ne touche pas Chatel.

Comme on sait il refuse de baisser son salaire (car il serait aligné sur la grille des fonctionnaires, ah, ah !). Cependant ses dividendes divers, eux, tombent toujours.

Luc Chatel qui, depuis les dernières élections régionales, n'est plus conseiller dans l'assemblée de Champagne-Ardennes mais conserve néanmoins son mandat de maire de Chaumont, va donc pouvoir continuer à arrondir un peu ses fins de mois, son traitement de ministre n'étant que de 14.000 euros mensuels.

On comprend pourquoi les amendements déposés par René Dosière (apparenté socialiste), prévoyant que les ministres qui ont conservé un mandat de maire ou d’élu local ne perçoivent, «au titre de ses mandats locaux, aucune rémunération, aucune indemnité et aucun avantage», aient été repoussés...


* Léger problème à Strasbourg. Mais vraiment léger.

AFP -
Tir à blanc dans un lycée strasbourgeois: peine clémente pour le lycéen

L'adolescent de 16 ans qui avait tiré un coup de feu à blanc sur une enseignante le 31 mars dans un lycée de Strasbourg a été condamné vendredi à
une peine clémente de 15 jours de stage de citoyenneté par le tribunal correctionnel.
Le jeune homme, présent avec ses parents lors de l'audience qui s'est tenue à huis clos, restera également en liberté surveillée jusqu'à sa majorité.
Il a aussi été condamné à verser
1 euro de dommages-intérêts à sa professeur, qui elle aussi s'était déplacée devant le tribunal, et il devra rembourser les frais d'avocat engagés par celle-ci, soit 800 euros.
Il encourait jusqu'à 5 ans de prison.
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