Les ministres passent...


L’Education nationale va bien. Va mieux même. Aujourd’hui, de la grande cacophonie à tous les niveaux (et surtout aux plus hauts*)
* je dis cela pour ceux qui voient les choses d’en bas et qui trouvent que ce n’est déjà pas terrible. Ne vous inquiétez pas, en haut s’est encore pire...

* Le bac tout d’abord : l’histoire géo à des fuites.

Non ce n’est pas un problème de robinet qui relèverait de l’épreuve de maths, mais les deux compo de la série ES et une de la série S auraient été fuitées sur Facebook, ce qui a demandé des changements en début d’épreuve. Sauf que partout ces changements n’ont pas été faits, et que certains candidats en n’ont pas tenu compte.


* le Brevet ensuite. 15426e épisode de la réforme pour l’année prochaine.

L’histoire de l’art devient obligatoire sans l’être... Allez comprendre.

En commission spécialisée des collèges le 24 juin, le ministère propose un amendement au texte qui sera examiné le 1er juillet en Conseil supérieur de l’Education : l’histoire des arts ne serait plus expérimentée en 2009-2010 mais imposée à tous les collèges à la rentrée 2009.
L’épreuve ne serait pas obligatoire, mais tous les élèves qui le souhaitent pourraient s’y présenter.
Seraient pris en compte les points au-dessus de 10. En revanche pour la session 2011, l’épreuve d’histoire des arts serait coefficient 2 au brevet.


* Principe de base de la gestion des flux d’orientation : la conformité.

Voici une lettre d’un proviseur à ses enseignants qui en dit long sur la façon de gérer l’orientation, et ce que doivent être les performances d’un établissement.
ishot-11


What else ?

* Laïcité (dans la gueule).

Lettre d’un parent d’élève qui trouve un peu gros que son fils, scolarisé dans un lycée public, soit convoqué à passer la bac dans une institution privée
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Monsieur ****

à Monsieur le Recteur de I'Académie d'Orléans-Tours

Objet: convocation d'examen de mon fils dans un établissement privé confessionnel

le 24 juin 2009

Monsieur le Recteur,

J'ai découvert avec stupéfaction il y a quelques jours que mon fils *****, élève de 1ère du lycée public ****** était convoqué pour le passage de son épreuve de Français du baccalauréat au lycée privé confessionnel St Ursule ***. Je tiens par ce courrier à vous faire connaître mon indignation de parent devant un tel fait qui bafoue totalement de façon générale la laïcité, et en particulier mes convictions personnelles athées.

Comment est-il possible 104 ans après l'adoption dans notre pays de la grande loi de séparation de l'église et de l'état, portée par le combat commun de Ferdinand Buisson, d'Aristide Briand et de Jaurès, aboutissement du combat des philosophes du siècle des Lumières, de la grande Révolution de 1789, des demandes répétées de tous les progressistes: Paul Louis Courrier, Paul Bert, Michelet, Anatole France, etc....(autant de noms donnés à nos écoles collèges et lycées publics...) au premier rang desquels se tient Victor Hugo et son combat contre la très réactionnaire loi Falloux, comment est-il possible que I'on bafoue aussi ouvertement la liberté de conscience des jeunes scolarisés dans les établissements publics et de leurs familles ?

Monsieur le Recteur, les règlements intérieurs des établissements publics laïques ne font-ils pas mention de I'interdiction du port de signes religieux distinctifs afin d'éviter tout dérapage communautariste ?,.. alors pourquoi convoquer les élèves de I'enseignement public dans des établissements privés confessionnels à dénomination religieuse ostentatoire, contenant , tant dans la cour de l'établissement, que dans différents couloirs ou salles de classe, statues, crucifix ou représentations de personnages religieux ?

Monsieur le Recteur, est-il normal que des jeunes soient obligés, par leurs conditions d'examen, d'être contraints de passer sous les symboles et les idoles d'une religion dont les plus hautes autorités se répandent en déclarations contre le port du préservatif en Afrique < qui aggraverait l'épidémie du sida >, émettent ou laissent émettre en leur nom des doutes sur I'existence des chambres à gaz, ou se portent caution morale des commandos anti-lVG comme le fit un évêque de Tours (devenu depuis une sommité de la hiérarchie de sa religion) il y a quelques années... Est-il normal que les convictions lalques des familles de l'enseignement public soient ainsi méprisées ?

Monsieur le Recteur, la loi de 1905 de séparation de l'église et de l'état, est une loi d'apaisement et de concorde qui, en établissant que la religion est une affaire privée, permet la cohabitation à égalité de droits des citoyens dans le cadre républicain. Propulser et missionner délibérément et volontairement, les établissements privés confessionnels comme centres d'examen c'est y porter atteinte ouvertement et laisser se développer le risque des graves conséquences civiles qui pourraient en découler .

Au témoignage de mon indignation devant mes convictions personnelles laïques et athées bafouées je vous rajoute I'expression de ma volonté de citoyen libre d'oeuvrer sans relâche, avec tous ceux qui partagent cette exigence démocratique, pour que la loi de 1905 soit intégralement respectée.

Je vous prie d'agréer Monsieur le Recteur I'expression de ma parfaite considération.