Solutions éducatives de droite ?
Ce n'est pas exactement qu'une énième boite privée de cours de soutien, mais bien un "partenaire de référence des principaux acteurs de l'Education". Partenaire, cela est nouveau. Exit la concurrence ? Pas sûr, bien au contraire...
Comme le dit la page d'accueil du site de l'institution pseudo scolaire, Paraschool a su s'imposer comme le "leader français des plates-formes éducatives, en facilitant la construction des démarches personnelles d'accès aux savoirs grâce à Internet".
Que faut-il voir derrière tout ce blabla ?
Il est clair qu'il s'agit de vendre clés en mains des solutions pédagogiques (par internet) à des institutions en charge de l'éducation.
Et il apparaît que dans certaines régions l'entreprise a déjà largement développé son activité. Le conseil général de l'Oise a ainsi passé un accord depuis deux ans pour permettre à ses 66 collèges de bénéficier des services de Paraschool. Le CG des Côtes d'Armor a fait de même en 2006. La région Centre est également entrée dans le jeu. Et tous les prétextes sont bons surtout les plus charitables : c'est dans le cadre de l’égalité des chances (axe fort du Projet académique de la Région Centre) que le dispositif est expérimenté dans une trentaine d’établissements de l’académie Orléans-Tours. C'est aussi le cas en Alsace, à Versailles ou en Seine-Saint-Denis , dans ce dernier cas c'est directement l'Inspection académique qui a demandé un partenariat. Sur son site Paraschool se vante ainsi de plus de 800 partenariats.
Avec l'annonce de la réforme de la seconde, la multiplication du temps d'autonomie des élèves et des aides individualisées, et après la mise en place de l'école après 16 heures et tous les trucs modernes qui ont été créés ces dernières années, l'entreprise peut voir se dessiner de beaux jours devant elle.
Créée en 2000 cette petite entreprise est passée depuis (en 2006) sous la coupe d'Editis (filiale à 100 % de WENDEL de notre ami Ernest Antoine Sellière) et son chiffre d'affaire atteint 3 millions d'euros en 2007. Elle possède 30 000 objets pédagogiques interactifs qui couvrent les programmes scolaires du CE2 à la Terminale y compris dans les filières professionnelles.
Face à ces perspectives on comprend mieux pourquoi cette institution privée insiste parfois lourdement pour effectuer des séquences de formation auprès des profs pour vendre ses produits. Elle revient à la charge plusieurs fois dans certains établissements où les cadres sont invités à des séances d'information. en effet, il faut les persuader pour mieux faire payer les formations qui accompagne l'adhésion à Paraschool. C'est dans ce cadre qu'elle s'adresse aux collectivités locales qui elles payent (aussi) les droits d'accès.
De quoi avoir des doutes, tout de même...
Quand on parcourt le site de ladite institution on s'aperçoit que que le logo EN est largement présent. il semble donc bien que ce soit l'EN qui en finance une partie ou du moins prête certains contenus. Et Paraschool sait de plus utiliser les moyens d'Etat pour faire sa promo (c'est ici).
Décidément tout converge vers les mêmes horizons dans les réformes en cours.
Une belle façon pour l'Etat, de mettre en concurrence ses propres services, d'opérer ce que l'OCDE réclame depuis des années, à savoir développer encore plus ce grand marché de l'éducationdans le cadre de l'AGCS. Façon aussi à terme de réduire ses propres coûts d'exploitation. Bref, Paraschool, c'est un peu comme Parapoux en quelque sorte.
La surprise vient aussi des acteurs politiques...
On ne serait pas trop surpris de voir se développer toutes ces solutions innovantes dans nos bons conseils généraux de droite. C'est le cas à Versailles ou en Alsace. Qu'en est-il ailleurs? Le CG de l'Oise est socialiste, et qui plus est dirigé par un ancien enseignant (Yves Rome, qui devait vraiment croire à son travail), le CG du 22 est lui aussi socialiste, la région Centre est socialiste bien sûr (dirigée qui plus est, après Michel Sapin et d'autres par François Bonneau, un ancien conseiller d'orientation, il sait donc où il va).
Et ce n'est qu'une petite étude non exhaustive. Bref une certaine classe politique s'accorde...
Question : quand Paraschool aura vendu ces solutions internet y aura-t-il encore besoin d'autant de profs ? Ah, ça...
* La Mayenne, terre du progrès (de droite) ? Il faut croire. C'est l'un des deux département avec le Rhône à tester les "jardins d'éveil" souhaités par Darcos pour faire reporter le poids financier des maternelles sur les collectivités locales. Voici ce que déclare à Ouest France le président du conseil général : Il veut reconvertir les bâtiments qui abritent les maternelles en crèche collective.
[Celui-ci] accueille « très positivement » cette annonce. « Nous avons déjà testé, avec succès, le regroupement des assistantes maternelles (elles gardent les enfants collectivement, NDLR). Chez nous, les mamans sont très nombreuses à travailler et nous avons le plus fort taux de natalité de France ».
Des classes reconverties
Par ailleurs, le président du Département a la « conviction profonde » que avant trois ans, ce que l'on propose aux enfants, « ça n'est pas de l'école, mais de la garderie. Nous n'avons pas les moyens d'y mettre des enseignants à Bac + 5 ».
Pour l'instant, il ignore les modalités du dispositif. Il pourrait être financé par les communes, les conseils généraux, la Caisse des allocations familiales et une contribution des parents. « Au niveau des locaux, ce qui se profile est la reconversion des classes qui accueillaient des enfants de deux ans, indique Jean Arthuis. Des locaux qui n'auront plus un statut scolaire. D'ailleurs, ce sera sans doute moins coûteux pour les communes que d'ouvrir une classe de maternelle. »
Et je président du conseil général c'est qui ? Bien Jean Arthuis, il n'y a pas de hasard, souvenez-vous :

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