Agitation et provocations

* Cela bouillonne à la FSU. Après avoir tergiversé des semaines, participé aux négociations, dit vouloir le changement, la FSU enfin semble vouloir entrer dans l'action et ce même si elle doit y aller seule. Quel courage soudain, mais on me dit qu'il y aurait eu quelques réunions syndicales houleuses. Elle proposera vendredi aux autres organisations syndicales une grève pour la semaine du 8 au 15 décembre sur la base des mots d'ordre suivants (extrait du texte rédigé ce jour en CDFN) : (la totalité du texte en pdf : action


"- Pour un autre budget répondant à l’ensemble des besoins sociaux et pour le retrait des suppressions d’emplois programmées
- Pour l’abandon des réformes qui remettent en cause la réussite de tous les jeunes  et  pour l’ouverture d’un véritable dialogue social sur les questions éducatives 
- Pour nos statuts, les droits syndicaux et le paritarisme et pour le pouvoir d’achat et la revalorisation de tous"


De source autorisée on nous dit que toutes les tendances ne semblent cependant pas avoir été dans le même sens... ça nous rassure quelque part.


* "Effort résolu en faveur de l'Ecole". Qui a dit ça ? X. Darcos. Foutage de gueule, alors qu'il dit lui-même qu'il faut réduire les dépenses liées à l'école
Extraits de la conférence de X. Darcos devant conférence mondiale de l'UNESCO sur l'éducation, le 25 novembre. Je vous laisse juger :

Le ministre a affirmé que
« l’investissement dans l’éducation et la formation est essentiel pour préparer nos sociétés à affronter les défis de l’avenir et pour que chacun puisse y prendre sa place »

"l’équilibre et la cohésion des sociétés contemporaines passent par l’accès de tous les enfants à la connaissance, par l’élévation du niveau général de qualification et donc par un effort résolu en faveur de l’école »

« Qu’elle soit primaire ou plus encore secondaire, l’éducation est absolument incontournable pour favoriser le processus « d’inclusion » auquel cette conférence est consacrée. [...] De fait, c’est d’abord à l’école que peuvent et doivent se corriger les inégalités liées à la naissance. »


Il se met au Sarkozisme primeur ? Le Sarkozisme primeur est au socialisme ce que le beaujolais primeur est au vin : une pâle imitation libérale.

* L'école avant 3 ans n'a jamais existé. La preuve : tout le monde y est allé. Les IG croient-ils à ce qu'ils font ou sont-ils totalement inféodés? tout le monde votera pour la seconde solution, on en doute pas. Voici encore un bel exemple, toujours à propos des couches de l'école maternelle. Cela se passe sur l'île de La Réunion. Un article de Clicanoo.com.

"ce n’est pas la très souriante inspectrice générale de l’Éducation nationale, Viviane Bouysse, en visite sur l’île, qui rassurera les inquiets [sur la scolarisation des moins de 3 ans]. Invitée hier à visiter l’école maternelle des Badamiers (Saint-Denis), Viviane Bouysse rappelle que l’école à 2 ans a toujours été un dispositif dérogatoire. “C’était pour donner plus de chances aux enfants de bien réussir à l’école”, notamment pour ceux des quartiers défavorisés [NDLR : on ne veut donc plus donner aux enfants plus de chances de réussir, oups, c'est bien lâché cela]. Or, que constate-t-on ? “Dans la majorité des cas, l’accueil des élèves de 2 ans ne s’est pas développé dans ces zones-là. Les mères qui n’ont pas de vie professionnelle gardent leurs enfants à la maison. La demande d’accueil précoce vient de foyers où les deux parents travaillent” note Mme Bouysse. Or, “l’école n’est pas une garderie”. Ce dont tout le monde convient. Notamment les professeurs, qui enseignent le langage, les règles de vie sociale, et se sentent particulièrement humiliés d’être considérés par le ministre (voire par certains parents) comme de simples surveillants de sieste. D’ailleurs, une classe de 28 élèves de 2 ans, ce n’est pas gérable. “Il vaudrait mieux un enseignant pour 15 élèves” suggérait hier Marie Constans, professeur aux Badamiers. Mais ce n’est pas le chemin que prend la maternelle. L’Éducation nationale se désengagerait-elle de la scolarisation à 2 ans ? “Non, riposte Mme Bouysse. L’Education nationale a été investie par la société de quelque chose qui n’était pas à sa charge. Cela a peut-être empêché d’autres formules de se développer comme dans les pays du Nord”.

Oui des formules privatisées, crêches d'entreprises ou partenariat public privé un bouffe fric terrible, mais qui ouvre des marchés. Je croyais que tout fonctionnaire dans l'exercice de son service devait s'éfforcer d'être le plus politiquement neutre possible. Celle-ci confond la neutratité avec le politiquement correct.


* Enfin pour nos amis veilleurs. Vous n'imaginez pas le travail à la con qu'ils peuvent avoir. Alors ce soir une leçon spéciale . A moins, à moins, qu'il y ait derrière cette vidéo un message d'opinion, une alerte particulière. Allez savoir.