Un livre vert (de gris)
05/02/08 18:46
Beaucoup de choses aujourd'hui. tout d'abord, le vrai rapport est là. 271 p.
* Une nouvelle étude fait le point sur l'évolution salariale des profs, avec tout un tas de nuances. Les syndicats semblent l'accepter. Son résumé sur Le monde.fr qui donne un titre un peu réducteur (n'en tenez pas compte, lisez jusqu'au bout, cela relativise bien). Extraits :
"Entre 1990 et 2005, les augmentations des salaires nets des professeurs sont similaires à celles des professions intermédiaires de la fonction publique d'Etat (personnels administratifs de catégorie B). Ces augmentations sont également identiques à celles de l'échelon supérieur de la fonction publique (catégorie A), avec toutefois une exception notable : celles des enseignants en milieu de carrière (40-50 ans), pour lesquels la progression salariale est moindre (1,7 % contre 2, 5 %). "Ce décrochage salarial est la conséquence d'une politique de rémunérations complémentaires (primes et indemnités) moins dynamique dans l'éducation nationale que dans d'autres secteurs de la fonction publique, explique M. Maurin. En brut, un professeur du secondaire va avoir une rémunération proche de celle d'un cadre catégorie A, mais il va gagner en net près de 50 % de moins du fait d'indemnités et de primes beaucoup plus faibles."
"Présenté aux syndicats enseignants à la mi-décembre, ce travail n'a pas suscité de critiques de fond. "C'est un diagnostic modéré, qui décrit une situation qui n'a rien de fantastique, considère M. Maurin. Les enseignants continuent à être moins bien payés que les autres cadres de la fonction publique ou du privé tout en gardant leur place dans la hiérarchie salariale."
* Retour sur LE site à la con de la semaine, celui qui note les profs.
En fait il y en aurait un second du même tonneau : http://www.note-tes-profs.com/
(il était en dérangement à 18 heures...)
Plusieurs infos sur note2be.com/:
Ses auteurs seraient : Stéphane COLA Collaborateur politique 35 ans (ancien collaborateur de Philippe Séguin, ancien chef de cabinet de Margie Sudre, Secrétaire d'Etat à la Francophonie , ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Epinal, ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Argenteuil, ancien chargé de mission à la Fédération des Maires de Villes Moyennes (FMVM) -ouf !-) et Anne-François de Lastic (prorpiétaire du château de Parentignat).
sinon, il semble que le SNALC ait saisi la Cnil (voir ici), et qu'il revient à tout à chacun de faire de même. Il semblerait que l'on puisse directement s'adresser à l'auteur du site pour faire enlever son nom (voire le nom d'un établissement), c'est en vertu de l'article 38 alinea 1 de la loi informatique et libertés.
* Ensuite, retour sur la remise du rapport tout d'abord :
- Darcos remercie Rocard. C'est dans son discours à Pochard, le jour de la remise du rapport du même nom. Extrait :
"Je veux rendre un hommage tout particulier à Michel Rocard qui, en démissionnant à la veille de la remise du rapport, a voulu exprimer son profond désaccord avec les tentatives de récupération et de déformation des travaux de cette commission. « Rémunération au mérite », « flexiprof », « libéralisation du système » sont autant d'expressions militantes de tout bord qui ne sont pas, en effet, à la hauteur des enjeux de la réflexion que nous cherchons à conduire depuis près d'un an et à laquelle la commission Pochard vient d'apporter une première contribution très substantielle."
Comment renvoyer la balle à l'envoyeur...
- Sinon il fixe le calendrier : 3 mois pour proposer et discuter (mais c'est pas clair...) (même source) :
"Le temps de la décision, sera en effet celui du livre blanc qui rassemblera les propositions du gouvernement pour faire avancer la condition enseignante. Je me donne trois mois pour parvenir à en définir le contenu et à le discuter avec les syndicats, que j'associerai prochainement à la définition du calendrier et de la méthode de travail qui sera la nôtre. J'aurai à cœur, naturellement, d'approfondir les grands thèmes ouverts par la commission Pochard autour de l'amélioration des conditions de travail, de la reconnaissance sociale et des évolutions de carrière."
Donc il approfondira les thèmes mais que fera-t-il des propositions ? Mystère et dialectique.
- Et rappelle son idée fixe (mais couillonnée) :
"Mais j'aurai une préoccupation centrale : celle de permettre aux enseignants d'améliorer substantiellement leur pouvoir d'achat en leur donnant la possibilité de travailler plus pour gagner plus, comme le Président de la République en a déjà offert la possibilité à tous les Français. "
Et encore merci, fallait pas... non, non vraiment. Sans façon.
*Enfin le rapport, en lui même. Le meilleur compte-rendu (pour l'instant) est celui du snalc (pour ceux qui ne veulent pas tout lire, c'est donc là). Extrait sur le temps de service des enseignants :
"Si les rapporteurs de ce texte proposent une classification pour le moins claire des missions et activités des professeurs (définition d’un « socle commun » et d’activités modulables, ceci se justifiant parfaitement dans le cadre de la multiplication « sauvage » des tâches annexes), leur prise en compte peut laisser perplexe. Plusieurs options sont envisagées pour intégrer l’ensemble de ces missions dans le temps de travail, sans qu’aucune ne soit véritablement satisfaisante :
1ère option : l’alignement sur les 1607 h des autres fonctionnaires, mais la commission reconnaît elle-même la difficulté de mise en œuvre…
2ème option : une obligation de service, soit hebdomadaire, soit annuelle, limitée au seul temps d’enseignement, soit 648h, communes aux certifiés et agrégés, avec complément de rémunération pour les agrégés. Si cette solution a le mérite de proposer une contrepartie financière à l’allongement de la durée de travail des professeurs agrégés, il n’est pas évident que cette compensation soit suffisante (c’est-à-dire équivalente à trois heures supplémentaires-semaine). Par ailleurs, cette proposition suppose bien évidemment l’annualisation du temps de travail…
3ème option : une obligation de service incluant enseignement et activités dites « indissociables » (accompagnement des élèves, conseils de classe, orientation, etc), celles-ci étant soit incluses dans le temps de travail (ce qui signifie une diminution des horaires d’enseignement eux-mêmes), soit ajoutées statutairement au temps d’enseignement (avec rémunération supplémentaire), soit modulées au niveau des établissements eux-mêmes (le chef d’établissement décidant d’un nombre d’heures ou de jours dûs, avec rémunération correspondante). "
* Une nouvelle étude fait le point sur l'évolution salariale des profs, avec tout un tas de nuances. Les syndicats semblent l'accepter. Son résumé sur Le monde.fr qui donne un titre un peu réducteur (n'en tenez pas compte, lisez jusqu'au bout, cela relativise bien). Extraits :
"Entre 1990 et 2005, les augmentations des salaires nets des professeurs sont similaires à celles des professions intermédiaires de la fonction publique d'Etat (personnels administratifs de catégorie B). Ces augmentations sont également identiques à celles de l'échelon supérieur de la fonction publique (catégorie A), avec toutefois une exception notable : celles des enseignants en milieu de carrière (40-50 ans), pour lesquels la progression salariale est moindre (1,7 % contre 2, 5 %). "Ce décrochage salarial est la conséquence d'une politique de rémunérations complémentaires (primes et indemnités) moins dynamique dans l'éducation nationale que dans d'autres secteurs de la fonction publique, explique M. Maurin. En brut, un professeur du secondaire va avoir une rémunération proche de celle d'un cadre catégorie A, mais il va gagner en net près de 50 % de moins du fait d'indemnités et de primes beaucoup plus faibles."
"Présenté aux syndicats enseignants à la mi-décembre, ce travail n'a pas suscité de critiques de fond. "C'est un diagnostic modéré, qui décrit une situation qui n'a rien de fantastique, considère M. Maurin. Les enseignants continuent à être moins bien payés que les autres cadres de la fonction publique ou du privé tout en gardant leur place dans la hiérarchie salariale."
* Retour sur LE site à la con de la semaine, celui qui note les profs.
En fait il y en aurait un second du même tonneau : http://www.note-tes-profs.com/
(il était en dérangement à 18 heures...)
Plusieurs infos sur note2be.com/:
Ses auteurs seraient : Stéphane COLA Collaborateur politique 35 ans (ancien collaborateur de Philippe Séguin, ancien chef de cabinet de Margie Sudre, Secrétaire d'Etat à la Francophonie , ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Epinal, ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Argenteuil, ancien chargé de mission à la Fédération des Maires de Villes Moyennes (FMVM) -ouf !-) et Anne-François de Lastic (prorpiétaire du château de Parentignat).
sinon, il semble que le SNALC ait saisi la Cnil (voir ici), et qu'il revient à tout à chacun de faire de même. Il semblerait que l'on puisse directement s'adresser à l'auteur du site pour faire enlever son nom (voire le nom d'un établissement), c'est en vertu de l'article 38 alinea 1 de la loi informatique et libertés.
* Ensuite, retour sur la remise du rapport tout d'abord :
- Darcos remercie Rocard. C'est dans son discours à Pochard, le jour de la remise du rapport du même nom. Extrait :
"Je veux rendre un hommage tout particulier à Michel Rocard qui, en démissionnant à la veille de la remise du rapport, a voulu exprimer son profond désaccord avec les tentatives de récupération et de déformation des travaux de cette commission. « Rémunération au mérite », « flexiprof », « libéralisation du système » sont autant d'expressions militantes de tout bord qui ne sont pas, en effet, à la hauteur des enjeux de la réflexion que nous cherchons à conduire depuis près d'un an et à laquelle la commission Pochard vient d'apporter une première contribution très substantielle."
Comment renvoyer la balle à l'envoyeur...
- Sinon il fixe le calendrier : 3 mois pour proposer et discuter (mais c'est pas clair...) (même source) :
"Le temps de la décision, sera en effet celui du livre blanc qui rassemblera les propositions du gouvernement pour faire avancer la condition enseignante. Je me donne trois mois pour parvenir à en définir le contenu et à le discuter avec les syndicats, que j'associerai prochainement à la définition du calendrier et de la méthode de travail qui sera la nôtre. J'aurai à cœur, naturellement, d'approfondir les grands thèmes ouverts par la commission Pochard autour de l'amélioration des conditions de travail, de la reconnaissance sociale et des évolutions de carrière."
Donc il approfondira les thèmes mais que fera-t-il des propositions ? Mystère et dialectique.
- Et rappelle son idée fixe (mais couillonnée) :
"Mais j'aurai une préoccupation centrale : celle de permettre aux enseignants d'améliorer substantiellement leur pouvoir d'achat en leur donnant la possibilité de travailler plus pour gagner plus, comme le Président de la République en a déjà offert la possibilité à tous les Français. "
Et encore merci, fallait pas... non, non vraiment. Sans façon.
*Enfin le rapport, en lui même. Le meilleur compte-rendu (pour l'instant) est celui du snalc (pour ceux qui ne veulent pas tout lire, c'est donc là). Extrait sur le temps de service des enseignants :
"Si les rapporteurs de ce texte proposent une classification pour le moins claire des missions et activités des professeurs (définition d’un « socle commun » et d’activités modulables, ceci se justifiant parfaitement dans le cadre de la multiplication « sauvage » des tâches annexes), leur prise en compte peut laisser perplexe. Plusieurs options sont envisagées pour intégrer l’ensemble de ces missions dans le temps de travail, sans qu’aucune ne soit véritablement satisfaisante :
1ère option : l’alignement sur les 1607 h des autres fonctionnaires, mais la commission reconnaît elle-même la difficulté de mise en œuvre…
2ème option : une obligation de service, soit hebdomadaire, soit annuelle, limitée au seul temps d’enseignement, soit 648h, communes aux certifiés et agrégés, avec complément de rémunération pour les agrégés. Si cette solution a le mérite de proposer une contrepartie financière à l’allongement de la durée de travail des professeurs agrégés, il n’est pas évident que cette compensation soit suffisante (c’est-à-dire équivalente à trois heures supplémentaires-semaine). Par ailleurs, cette proposition suppose bien évidemment l’annualisation du temps de travail…
3ème option : une obligation de service incluant enseignement et activités dites « indissociables » (accompagnement des élèves, conseils de classe, orientation, etc), celles-ci étant soit incluses dans le temps de travail (ce qui signifie une diminution des horaires d’enseignement eux-mêmes), soit ajoutées statutairement au temps d’enseignement (avec rémunération supplémentaire), soit modulées au niveau des établissements eux-mêmes (le chef d’établissement décidant d’un nombre d’heures ou de jours dûs, avec rémunération correspondante). "
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