Rééducation
Juste un podcast :
Le Podcast du grand
soir
(je sais cela fait deux ans que je le passe à cette
date, mais moi j’aime ça)
*
Territorialisation de l’EN : un pas en avant à Lyon :
La ville de Lyon candidate pour une réorganisation de
l'école
Et si à l'avenir, dans les écoles, les petits
Lyonnais pouvaient étudier, bénéficier de soutien
scolaire et se divertir ? C'est en tout cas
l'objectif de la municipalité qui, selon nos
informations, souhaite
créer à titre expérimental à la rentrée 2010 quatre
établissements publics locaux de coopération
éducative (EPLCE). Chacun
regrouperait quatorze classes, soit deux écoles, et
serait piloté par l'Education nationale et la
commune, dont les compétences en matière scolaire
seraient clairement accrues. « Il y a urgence à
mettre en cohérence au sein de l'école le travail des
enseignants, des agents communaux et des intervenants
extérieurs, estime l'adjoint aux Affaires scolaires,
Yves Fournel (Gaec). Nous avons proposé des pistes de
travail qui sont à l'étude au ministère. »
Le projet semble pourtant déjà bien abouti.
La mairie prévoit en effet d'alléger la journée
scolaire, d'allonger la pause déjeuner et de rouvrir
les écoles volontaires le mercredi
matin.
Le temps libre avant, après la classe et pendant la
pause de midi serait consacré aux activités
périscolaires. Une réorganisation qui ne fait pas
l'unanimité du côté des syndicats. «
Dans ces EPLCE, la municipalité aura beaucoup plus de
pouvoir et sera davantage impliquée dans le
fonctionnement de l'école et la pédagogie. Accepter
cela, c'est accepter la privatisation de
l'école »,
dénonce Jean-Paul Maury, délégué Snudi-FO.
Lyon dirigée par la majorité gouvernementale
?
*
Dernières nouvelles de la
masterisation...
-
Calendrier des concours : épreuves d'écrit en
septembre 2010 pour les PE, toute fin novembre ou
début décembre pour les PLC. Epreuves d'admission en
janvier, pour des résultats au 20/01/2011, censés
permettre une reconversion en S4 pour les candidats
recalés vers des "masters hybrides" (Pro et
recherche).
- Calendrier d'exécution de la
réforme : qu'il s'agisse de la maquette des concours
ou du texte-cadre du MESR s'agissant du Master, l'un
et l'autre en discussion cette semaine, publication
officielle en décembre (pendant les congés de Noël)
ou dans la première semaine de janvier 2010, après
les consultations du CNESER. Au printemps,
c'est-à-dire en mars-avril, propositions des
universités, habilitation administrative (pas de
passage devant l'AERES en amont), tout cela pour
permettre l'ouverture à la rentrée 2010 de ces
Masters;
- Cadre général du Master, côté
MESR: flou complet et volontaire, qui devrai donner
aux universités toute latitude de fléchage, depuis le
niveau de la Mention jusqu'aux aménagements locaux
(Parcours/modules complémentaires), en passant par
l'option "Spécialité"
Epreuves d'admission du Capes: une
épreuve disciplinaire qui intègrerait une explication
de textes pour les lettres et une deuxième à
dimension professionnelle.
Spécial
lettres :
1. Les épreuves:
La configuration de l'écrit est celle de tous les
Capes qui comporteront tous deux épreuves. Le
concours de lettres modernes devrait comporter :
- deux épreuves écrites, centrées sur les savoirs
disciplinaires
- deux épreuves orales plus professionnalisantes.
1.1 Les épreuves écrites
consisteront en :
- une composition française en 5 ou 6 heures
- une épreuve de langue, d'une durée de cinq heures,
qui aura trois parties : 1.histoire de la langue
à partir d'un texte d'ancien ou de moyenfrançais,
avec des questions spécifiques concernant la période;
2.grammaire et linguistique synchronique à partir
d'un texte de français moderne; 3.stylistique à
partir du même texte de français moderne.
À titre de comparaison, l'écrit du Capes de Lettres
classiques consisterait aussi en une première épreuve
de composition française, une seconde de latin et de
grec, avec possibilité de choix pour les candidats
entre une majeure et une mineure.
1.2 À l'oral, les épreuves du Capes
Lettres modernes consisteraient en :
- une leçon, centrée sur une explication de texte,
suivi d'une question de grammaire référée au
programme de l'enseignement, le tout en quarante
minutes.
- une épreuve sur dossier.
1.3 Le programme. Dans l'esprit de
la commande ministérielle, le Capes reste un concours
sans programme spécifique et
annuel.
* Délit de pensée ?
Eric
Godelier faisait partie d'un groupe d'experts chargés
de faire des propositions de réforme pour les
enseignements d'économie et de gestion auprès du
ministère de l'Education nationale. Jusqu'à ce qu'il
signe la pétition contre la suppression des cours
d'histoire-géo en terminale S. Son nom a été rayé de
la liste sur ordre du ministère! Nous publions la
lettre d'Eric Goelier qui raconte sa mésaventure. En
attendant les explications du cabinet du
Ministre.
Quoi de
plus normal a priori pour un chercheur et un
universitaire que de contribuer au débat pédagogique
et démocratique dès lors que celui-ci relève de sa
discipline. Il faut croire qu’une nouvelle conception
de la liberté d’expression commence à s’instituer
dans la France d’aujourd’hui. Elle ne concerne plus
seulement les écrivains « noirs » rappelés à leur
devoir de réserve, les préfets mutés pour ne pas
avoir su préserver la quiétude des visites
officielles victimes de l’expression de
revendications syndicales. Voici une histoire qui
pourrait rester amusante si elle ne s’inscrivait sur
une liste assez significative pour en devenir
préoccupante.
Un professeur agrégé des universités, votre
serviteur, intervient depuis plusieurs années au sein
de groupes d’experts pour réformer l’enseignement
d’économie et de gestion dans le cycle de
l’enseignement secondaire. L’organisation et le
pilotage de cette démarche sont en général confiés à
l’inspection générale d’économie et gestion. Par le
passé, elle a abouti à la réforme du baccalauréat de
sciences et technologies de gestion et à la mise en
place d’un programme de management des organisations
dans lequel les élèves apprennent que l’économie
n’est pas seulement constituée de marché, de prix et
de concurrence pure et parfaite mais aussi
d’entreprises publiques et privées, d’États ou
d’association qui régulent les échanges. Cette
réforme a été saluée par les enseignants et les
élèves, notamment pour son ouverture intellectuelle
et pédagogique à d’autres doctrines que le
libéralisme pur et dur. Logiquement, la démarche de
réforme qui vient d’être relancée par M. Luc Chatel,
Ministre de l’éducation nationale, concernant les
enseignements d’économies et de gestion reprend la
même procédure. Je suis donc sollicité au début du
mois de décembre par l’inspection générale, qui me
propose de participer à un groupe de 4 experts
chargés de faire des propositions de réforme pour le
mois de janvier. J’accepte de contribuer à
l’évolution de la formation des lycéens conformément
à ce que je considère comme une des missions des
universitaires. La première réunion est fixée au
lundi 14 décembre, le reste du travail devant se
faire par Internet. Fin du premier acte.
En parallèle, la réforme des enseignements d’Histoire
et de Géographie en Terminale S est annoncée. Elle
prévoît une réduction du volume horaire à 2 heures et
la possibilité pour les élèves d’un choix optionnel.
Étant moi-même historien de formation et participant
activement à des associations académiques
d’historiens économistes ou d’entreprise, soutenant
par ailleurs l’idée que l’histoire est un outil
indispensable de compréhension, de décentrement et de
prise de distance vis-à-vis de l’actualité et des
questions de société, je signe la semaine dernière
l’appel de l’association des professeurs d’Histoire
et de Géographie pour refuser cette proposition du
Ministère de l’éducation nationale. Le texte est
publié par Marianne. Fin du deuxième acte.
Surprise. Vendredi matin 11 décembre, je reçois un
coup de fil de l’inspection générale m’informant que
le cabinet de Monsieur le Ministre Luc Chatel, ayant
vu mon nom sur la liste des signataires, demande que
je sois exclu du groupe d’experts. L’inspection
générale me téléphone alors avec une gêne visible, et
m’explique que le cabinet reprend en main le pilotage
du groupe d’experts et a décidé de nommer directement
un de mes collègues pour me remplacer. Fin du «
dernier » acte...
Quelle conclusion tirer de cette décision qui
apparaît visiblement comme une censure intellectuelle
et politique ? La bourde d’un membre du cabinet du
Ministre face au contexte délicat du débat sur la
réforme de d’Histoire et de Géographie? Pourquoi pas
? Mais on peut également y voir une forme
d’autoritarisme se substituer à la démocratie
universitaire et à la liberté intellectuelle qui
traditionnellement y prévaut. À quand les signatures
anonymes... ?
Eric Godelier
Président du département des Humanités et Sciences
sociales de l’École Polytechnique
Titulaire du poste « Entreprises et sciences sociales
»
Ancien élève de l’ENS Cachan
Agrégé d’économie
Docteur en Histoire de l’EHESS
Professeur agrégé de Sciences de Gestion