Insert (des)coin(g)s [MAJ2]
Descoings a
rendu son rapport. Premières analyses (de la presse)
Tout le texte est là.
* Rapport Descoings
: nom de code AF 447. Encore un truc qui va tomber à
l’eau.
1/ AFP (17
h)
Voici les
principales préconisations du rapport de Richard
Descoings pour
réformer le lycée:
- Orientation des élèves
. intégrer le temps de
l'orientation dans le temps scolaire, sous forme de
périodes banalisées; établir des parrainages entre
collégiens et lycéens, ou élèves de terminale et
étudiants; instaurer un réseau
des anciens dans
chaque lycée et un système de référent adulte pour
chaque lycéen; faciliter les stages
en entreprises.
. favoriser les passerelles entre
les filières,
grâce à des formations sur mesure, sur des durées
limitées, permettre des
réorientations en cours d'année.
. mettre en place un "carnet de l'orientation", sur
le modèle du carnet de santé, qui conserve la trace
des différents voeux, rencontres, stages de l'élève.
- Rééquilibrer les voies et les
séries
. une classe de seconde avec les mêmes enseignements
obligatoires pour tous pour pouvoir faire un choix
éclairé entre filière générale et technologique;
dispenser un enseignement
technologique comme élément de culture
commune.
. pour équilibrer les filières (S, ES et L) de la
voie générale, revaloriser la série L (lettres),
notamment en introduisant de la culture scientifique
et en renforçant les
langues vivantes; rééquilibrer les
coefficients des
épreuves du bac.
. renforcer la
part des
élèves des filières technologiques dans les IUT et
BTS, pourquoi
pas en posant des objectifs chiffrés d'accueil de ces
élèves.
. dans la voie technologique, faire de la filière
sciences et techniques industrielles une filière de
pointe.
- Enseignements, évaluation
. former les élèves à
la prise de parole, à la rédaction d'un
CV, mettre en
place des cours de
méthodologie.
. faire participer les
élèves à leur évaluation.
. langues: développer les
épreuves orales,
reconnaître (par des points supplémentaires pour le
bac par exemple) les séjours d'études à l'étranger,
donner le droit à une année de césure à l'étranger
aux jeunes bacheliers, développer les bourses de
mobilité, faire en sorte que chaque lycéen fasse dans
le cadre de sa scolarité au moins un séjour d'études
à l'étranger.
. le cadre national du baccalauréat est un principe
maintenu.
- Emplois du temps de l'élève,
missions de l'enseignant
. pour l'élève, pas de
cours magistral après 15H; inscription, dans le temps
scolaire, d'heures
d'accompagnement personnalisé pour tous
(travail personnel,
travaux personnels encadrés, orientation).
. renégociation du
statut de l'enseignant pour que toutes leurs missions
soient reconnues.
- Rôle du lycée
. mieux répartir les moyens dans les lycées: tendre
vers une diminution du nombre
d'élèves par classe en seconde, mais en concentrant les moyens là
où les classes sont les plus hétérogènes ou sur les
langues vivantes.
. impliquer les
étudiants en master pour faire de l'accompagnement
scolaire au
lycée
2/ AFP (vers 13
h)
AFP -
Chargé d'une mission de concertation par Nicolas
Sarkozy, M. Descoings a remis dans la matinée à
l'Elysée ses "préconisations sur la réforme du
lycée".
Insistant beaucoup sur la méthode, notamment la
"confiance" et la "concertation" indispensables dans
le système éducatif, M. Descoings affiche dans ses
conclusions trois choix possibles:
des
sujets à traiter "en urgence", une "vaste
refondation" à moyen terme, ou bien la décision de ne
rien faire.
Pour lui, ce dernier choix aurait "de nombreux et
puissants soutiens" mais serait "explosif" car "le
degré d'inégalité supporté par les spoliés du système
devient proprement insupportable".
"+L'élitisme républicain+ ravage une jeunesse de plus
en plus défiante à l'égard des pouvoirs (les médias
comme les partis politiques, les élites économiques
comme les élites intellectuelles) et des discours.
Sous cet angle, le déséquilibre des voies et des
filières et ce qu'on appelle +orientation+ couvrent
de plus en plus maladroitement un tri social",
écrit-il.
Dans les sujets à traiter "en urgence" figurent
l'orientation, la revalorisation de
la voie technologique, le rééquilibrage des séries au
sein de la voie générale (S, ES, L), la rénovation
des épreuves du bac en langue (notamment en insistant sur
l'oral).
Il prône aussi de diminuer le nombre
d'élèves par classe en seconde, mais en dissociant cette
question des horaires des
enseignants, afin de montrer
qu'on ne diminue pas les horaires lycéens pour
supprimer des postes de
professeurs.
A moyen terme, M. Descoings prône "une
vaste concertation sur une véritable
refondation", en partant "des
propositions des lycéens" et notamment en
"intégrant le temps
de travail personnel au sein de leur emploi du
temps".
Il préconise aussi "une négociation avec
les syndicats d'enseignants sur la nature de leur
mission et le décompte de leur
service: les
contreparties qu'il faudra leur donner seront à terme
compensées par la réduction du nombre
d'heures/élèves".
Et
il est payé cher pour dire des trucs pareils
?
*Méthode Descoings à
Sciences Po. Ca coince dans les langues
(justement, les
langues...).
Audits et sondages
auprès des étudiants, expulsion des vacataires, plan
social, augmentation des frais
d’inscription...
Quelques
informations du département des langues réuni par sa
direction le mardi 5 mai 2009
ou
CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE
Les
enseignants ont été informés que les
cours
d’anglais seraient réduits de 2h à 1h dès la
rentrée prochaine pour tous les
niveaux et qu’il n’y aurait plus de conférences à
thème pour les niveaux 4 et 5.
Il a
même été précisé que les cours d’anglais ne seraient
pas obligatoires, charge étant faite aux étudiants
d’obtenir le niveau requis C1 (niveau européen de
référence)
Le
sésame de l’apprentissage en anglais passera par le
« e-learning », a-t-il été
dit.
Les
enseignants d’anglais ont été informés que cette
décision faisait suite à un audit, un
« benchmark » (sic) et une enquête SOFRES
auprès des étudiants concluant que les critiques des
étudiants étaient générales sur l’enseignement des
langues en particulier (75% de mécontents).
Les autres
arguments avancés ont été que les étudiants ne
travaillaient pas assez de toutes façons et que ces
cours n’apportaient aucune certification du niveau de
langue.
Les
enseignants d’anglais n’ayant reçu aucune de ces
informations précédemment en ont été fort surpris et
ils déclarent n’avoir jamais été consultés sur une
éventuelle réforme des
enseignements.
Ils
s’étonnent que le contenu culturel qui, à leurs yeux,
est indissociable de la transmission des compétences
dans la langue elle-même, se voit ainsi évacué,
notamment pour les niveaux forts, et
les cours
réduits à un enseignement de type
« Berlitz » dans un institut d’élite
tel que « Sciences-Po ».
Ils se
demandent dans quelle mesure la communauté étudiante
dans son ensemble est informée de cette réforme
et voudraient donc la porter à sa
connaissance.
Sans
parler du « plan social » que ces réformes
impliquent pour des enseignants qui
se sont investis depuis des années dans ces
enseignements de haut niveau, ces
coupes budgétaires drastiques dont le but final ne
peut être qu’une réduction des
dépenses, semble être en
contradiction avec les frais
d’inscription de plus en plus élevés
demandés aux
étudiants.
Enfin,
aucune mesure de transition n’a été annoncée pour les
étudiants qui sont au milieu de leur cursus à
l’I.E.P.
Les
enseignants d’anglais jugent cette réforme
gravissime : ils tiennent à le faire savoir
*
LE SNESup- FSU quitte les groupes de travail sur la
masterisation (et désavoue
implicitement la FSU qui n’a pas voté contre au
dernier CTPM).
Lettre Flash
du 2 juin, extraits : Le SNESUP rappelle
qu’il s’est adressé le 26 Mai à la FSU « pour qu’elle
construise une réponse commune et solidaire et pour
qu’elle suspende sa participation aux groupes de
travail ». La présentation au CTPMEN(2) des projets
de décrets rend obsolète et caduc l’ensemble des
dispositifs ministériels de « concertation ». Le
SNESUP décide, dès ce mardi 2 Juin, de cesser sa
participation aux différentes auditions (« groupes de
travail », commission Marois-Filâtre) tant que les
conditions d’une réelle remise à plat totale de la
réforme de la formation et du recrutement ne seront
pas réunies.
* Viré
pour désobéissance ? Bientôt...
Gérard Trève, Inspecteur d'académie des
Bouches-du-Rhône, s'apprête à licencier un
désobéisseur !
Tract
à télécharger
Pétition
à télécharger
Plus d’info là
Erwan Redon, professeur des écoles à l'école des
Convalescents (1er),
fait partie des désobéisseurs. Depuis plusieurs
mois,
les désobéisseurs ont entamé un mouvement de
résistance contre la casse organisée du service
public d'éducation.
Erwan
Redon est convoqué le 7 juillet 2009 devant une
commission disciplinaire de l'Inspection d'académie
des Bouches-du-Rhône.
Il risque d'être licencié de l'Education
nationale.
Officiellement, il lui est reproché une "insuffisance
professionnelle", expression suffisamment vague pour
permettre l'arbitraire le plus inventif lors de
l'instruction du dossier.
La
vérité, c'est qu'Erwan Redon dérange. Hiérarchie
omnipotente, programmes scolaires rétrogrades et
utilitaristes, fichage généralisé des élèves, «
politique migratoire » qui enferme puis expulse des
familles dont les enfants devraient être en
classe…
ses critiques du système et son militantisme,
pédagogique comme politique, ont braqué l'Inspection
d'académie (IA).
*Comment
profiter du conflit universitaire pour se faire de la
pub?
Tout
simplement en utilisant le système de
liens sponsorisés Adwords de Google.
C'est par exemple ce qu'ont fait encore tout
récemment le Figaro et le syndicat
étudiant de droite UNI, comme le montre cette capture
d'écran du 29/05/2009.
Comme
on peut le constater, l'achat de certains
mots-clés évoquant le conflit universitaire
ou des secteurs en fortes
tensions sociales permet de faire
apparaître des liens
sponsorisés sur l'écran de l'internaute
qui utilise le moteur de recherche google.
L'exemple vient d'ailleurs de haut,
puisque le gouvernement lui-même ne s'est pas privé,
pendant le conflit, de tenter de dérouter de cette
façon les requêtes des internautes,
comme le déclare à Ouest-France Olivier Ertzscheid,
professeur de Sciences de l'information à l'IUT de La
Roche-sur-Yon et animateur du blog affordance.
* L’ENS toujours
(suite du post précédent).
Voici la lettre de
protestation envoyée par les 4 directeurs des Ecoles
Normales Supérieures à Xavier
Darcos, à propos
des projets de décrets concernant la formation et le
recrutement des enseignants, examinés aujourd'hui 27
mai au Comité Technique Paritaire du Ministère de
l'Education nationale (CTPMEN)
lettre_4ENS_25mai09