Jour du seigneur
* Les voix du SNPDEN.
En courageux délateurs, les proviseurs (via leur syndicat) tiennent un blog qui dit tout haut ce qui se passe tout bas. L’info du jour :
« Selon les informations qui circulent, le ministère ne sachant plus où trouver 16.000 nouveaux postes à supprimer à la rentrée 2011 (c’est le chiffre actuellement évoqué), il demanderait aux rectorats de les proposer (spontanément !) eux-mêmes.
Il leur suggèrerait un inventaire « à la Prévert » de possibilités (qui sont aussi un vrai « musée des horreurs ») : augmenter le nombre d’élèves par classe, supprimer des formations, faire assurer le remplacement par des vacataires, supprimer tous les postes non pourvus, diminuer la scolarisation ou les places aux concours, transférer les précaires à qui veut bien les payer, etc.
Effectivement, on ne voit pas très bien où le ministère peut encore « taper » : le remplacement, c’est fait ; les stagiaires, c’est fait ; il n’y a plus rien à « gratter » dans les collèges, déjà rudement mis à contribution, et le ministère exclut de toucher aux moyens des lycées (un engagement présidentiel)… du moins jusqu’en 2012. »
Le blog est là.
Quand le management participatif s’applique aussi aux chefs...
* Prières pour la formation :
Quelle rentrée pour l’IUFM de Lyon ? (et les autres qui doivent être dans le même cas)
Mammouth déchaîné (de notre envoyée spéciale) - Tandis que les nouveaux master PE (professeur des écoles) sont en passe d’être validés nationalement, la rentrée s’annonce…mal. A Lyon, en tous cas. Jusqu’à présent, seule l’IUFM, récemment rattachée à Lyon 1, assurait la formation publique des PE.
A la rentrée prochaine, en plus de l’université catholique et d’une boite privée, Lyon 2 et Lyon 3 ouvrent un nouveau master : cinq cadres différents proposent donc une formation pour le concours de professeur des écoles. Dans les journaux locaux, l’université catholique fait déjà de la publicité pour sa formation. Il s’agit donc maintenant de recruter des étudiants pour suivre ce master, en se marchant sur les pieds, y compris entre universités publiques.
Et la concurrence ne fait que commencer ! L’année prochaine, les étudiants choisiront leurs cadres de formation en fonction des résultats des diverses institutions…Que restera-t-il de l’IUFM dans ces conditions ? Un de ses atouts majeurs était la didactique et la pédagogie. Le concours PE de l’an prochain qui a lieu en septembre, dorénavant, n’intègre plus ces questions au concours. Il ne pourra plus faire valoir cet atout pour de futurs enseignants, mais, a quoi bon puisque ce qui leur importe dans un premier temps c’est d’avoir le concours. Par ailleurs, que vont devenir les petits cadres de formations rattachés à l’IUFM comme Bourg-en-Bresse ? En l’état, encore aucune information sur le sujet…
La mort annoncée des IUFM et de la formation des enseignants est en marche. LEs formateurs cherchent désormais des heures par-ci par-là pour subsister…un temps : jusqu'à quand ? Dans quelles conditions ?
A l’IUFM de Lyon, c’est donc la démoralisation qui domine. Le mouvement très puissant de l’année dernière et les multiples initiatives de cette année n’ont pas abouti. On y espére donc que la rentrée soit une telle empoignade que le ras-le-bol soit, enfin, largement dépassé dans l’éducation nationale pour qu’un mouvement de grève important se relance entrainant tant les personnels que les étudiants et les lycéens.
* Pardonnez-lui ses offenses :
Mammouth Déchaîné - Il y a peu, les cathos voulaient déjà faire taire l'historien de l'éducation Claude Lelièvre (souvenez-vous) parce qu'il avait l'aplomb de se demander si les établissements privés sous contrat allaient dispenser une "éducation sexuelle spécifique": il se permettait en effet d'ironiser sur le fait que "pour la première fois de son histoire, l’enseignement catholique [avait] promulgué le 16 avril un document consacré à «l’éducation affective, relationnelle et sexuelle dans les établissements catholiques d’enseignement»"! (c’était là).
Eh bien, le mécréant va maintenant mériter l'excommunication, car non content de les avoir fâchés, le voilà qui récidive en publiant un nouveau texte où il reproche cette fois à l'enseignement catholique de promouvoir une "éducation sexuelle très orientée", affirmant que "c'est particulièrement patent pour tout ce qui concerne l'homosexualité" et se demandant même si "cette orientation prise par l'enseignement catholique en matière d'éducation sexuelle est compatible avec celle recommandée par l'Education nationale depuis le début des années 2000." (C’est là)
* Abomination !
MD - Les pauvres cathos vont de déception en déception en ce moment : apprenant que le député Bataille avait osé interroger le ministre sur la présence inopportune de crucifix dans les centres d'examen prêtés par les établissements cathos, ils ont cru pouvoir lui faire la leçon :
"Les documents d'organisation du bac (Bac info émanant du SIEC) précisent que la loi sur les symboles religieux à l'école ne s'applique pas aux centres d'examen...il faut se renseigner monsieur le Député." (là)
Las! Les Frères des Ecoles Chrétiennes auraient dû, en effet, se renseigner mieux, car les voix du SIEC [Service interacadémique des examens et concours] n'allaient pas cette année leur apporter la rédemption souhaitée et il leur a fallu déchanter quelques jours plus tard en découvrant l'horrible vérité (déjà révélée dès le 05/05/2010 par Le Mammouth Déchaîné)!
"Luc Chatel exige que les crucifix soient retirés des établissements catholiques sous contrat durant la session 2010 du Bac" Et toc.
Mais les cathos n’ont pas dit leur dernier mot. Ceux de "Riposte catholique" veulent engager une épreuve de force avec le ministre et veulent créer des incidents dans les centres d'examen: selon eux, l'État ne serait "pas en position d’exiger le retrait des crucifix des établissements catholiques sous contrat… Aux catholiques de ne pas céder !
* L’au-delà (de la loi). Ecole privée mais pas de moyens.
Selon une information de Claude BARRATIER, les maires versent bien plus de fric aux écoles privées que la loi ne le prévoit !
Une affaire soulevée par Sauvons L’école, à recommander.
Petit historique:
" 1985: une circulaire donne la liste des dépenses à prendre obligatoirement en compte pour verser une contribution à l'école privée sous contrat d’association.
2005: une nouvelle circulaire (complémentaire de la circulaire 1985) multiplie la dépense par 2,5
2007: une circulaire divise la dépense exigée en 2005 par 2, alors que la circulaire 2005 est annulée pour illégalité
2010: la circulaire 2007 est à son tour annulée, car liée à l'article 89 cassé par le conseil d’Etat.
On revient donc à la seule circulaire en vigueur: 1985.
Conclusion, la plupart des maires payent probablement trop à l'école privée ! D’autant plus que très nombreux ils en étaient même restés à la circulaire 2005 pourtant annulée en 2007.
D’ou cet appel aux Maires et Conseillers municipaux est donc lancé par le Collectif pour la Défense de l'Ecole Publique de proximité, rappelant la loi et invitant à ne payer (aux frais du contribuable) que ce qui est dû à l'école privée, appel lancé par un conseiller municipale d’une petite localité de Bourgogne (qui doit s’y connaitre en vin de messe). C’est là.
D'ici à ce qu'une troupe impie de contribuables mécréants se lève et brandisse les lois et textes réglementaires comme des armes pour raviver la guerre scolaire en tentant de mettre fin aux subventions inutilement gonflées...
* On ne saurait finir par une vidéo de bon goût. Jesus Christ The Musical