Fouilles curieuses

Petit rappel pour ceux qui viennent là directement :
la UNE du Mammouth a été mise à jour.
Lien direct.

* Police partout (I) : dans les établissements scolaires, retour sur les propos du ministre.

A la suite des propos de Darcos à LA Rochelle sur les fouilles, et selon  l'entourage du ministre, il ne s'agirait pas d'agents de police mais  "de  personnes  formées  et  assermentées,  placées  auprès  des recteurs,   susceptibles  de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, opérer des fouilles si nécessaire".

Interrogé  par  des journalistes  M. Darcos a indiqué: "
pour que le contrôle  et  la  fouille se fasse à l'intérieur des établissements on pourrait  imaginer  que des chefs d'établissements, ou tout simplement peut  être  l'inspecteur  d'académie,  puisse être officiers de police judiciaire  de  sorte  de  commander  ces  actes  qui ont un caractère juridique", rappelant "que c'est une piste" de réflexion.

... et c’est surtout une façon de récupérer des voix à la droite extrême à 15 jours des européennes.
Ceci dit même à la PEEP cela a fait des vagues, alors...

Souvenez-vous : qui a déjà parlé de fouiller les élèves et de portiques ?
Réponse :
Ségolène Royal le 5 avril 1998, alors ministre déléguée aux enseignements scolaires, sur France 2 où elle avait estimé que " des fouilles ou des mises en place de portiques de détections d’armes pouvaient être envisagées dans certains cas, sur des opérations ponctuelles : on ne voit pas pourquoi on fouillerait à l’entrée de certains grands magasins et pas à l’entrée des établissements scolaires où il y a eu des signalements de détentions d’armes ".


* Police partout (II) : Criminalisation de l’esprit philosophique ou de l’humour tout court ?


Les deux, il faut croire. Après « Sarkozy, je te vois », lancé par un prof de philo à Marseille, voici le procès d’un autre prof de philo parisien, qui s’étonnait lui aussi de l’intervention policière dont il a fait l’objet. Un reportage de France 3 d’après AFP

"Milice de Sarko": un prof de philo au tribunal
Pour avoir qualifié la police de "milice de Sarko", Yves Baumgarten comparaît pour délit d'outrage.
Yves Baumgarten professeur de philosophie, comparaît aujourd'hui devant la 29e chambre du TGI de Paris pour délit d'outrage. Les faits remontent à mai 2008. Yves Baumgarten était à la terrasse d'un café à Barbés (18e arrondissement de Paris) avec un ami. Il avait amené son ordinateur portable pour lui demander conseil.
Interviennent alors des policiers en civil qui l'accusent d'avoir volé le portable.  Le professeur de philosophie s'étonne et leur demande
"vous n'avez trouvé que moi dans le quartier?". A ce moment un autre policier intervient et le plaque sol. Yves Baumgarten est menotté et emmené au commissariat dans un fourgon de police. la discussion s'envenime et le professeur traite les policiers de "milice de Sarko". Ces derniers portent plainte pour outrage.
Yves Baumgarten risque jusqu'à 7 500 euros d'amende et six mois de prison.


Les journalistes de France 3 et de l’AFP ont bien sûr été placés au placard.


Retour sur le premier cas :


REUTERS - Affaire "Sarkozy je te vois": le gouvernement nie être intervenu
Des poursuites inhabituelles pour "tapage diurne" intentées contre un enseignant marseillais accusé d'avoir perturbé un contrôle de police en criant "Sarkozy, je te vois!" ont amené le porte-parole du gouvernement mercredi à nier toute intervention politique.

L'affaire, qui a donné lieu à un procès mardi, a été qualifiée de "
malheureux excès de zèle" par Luc Chatel, qui l'a imputé à des magistrats.
Deux sources judiciaires, qui n'ont pas souhaité être identifiées, ont cependant précisé à Reuters que, aux termes de la procédure,
seule la police a pu conduire ce dossier devant le tribunal en question, et non un magistrat.


LA POLICE À L'ORIGINE DU PROCES

Selon des sources judiciaires, une telle procédure ne peut pas être lancée par le tribunal de police
mais seulement par la police, les charges retenues relevant d'une contravention.
C'est donc nécessairement un commissaire de police, placé sous l'autorité hiérarchique du ministère de l'Intérieur et non un magistrat, qui a orienté cette procédure vers le tribunal de police pour qu'elle y soit jugée, au lieu de la classer.
Cet officier de police, agissant en qualité de ministère public, a d'ailleurs requis mardi une amende de 100 euros à l'audience du tribunal de police contre ce professeur de philosophie de 47 ans, poursuivi pour "tapage diurne troublant la tranquillité d'autrui".

L’avocat a plaidé le "réflexe malheureux qui se voulait pédagogique pour détendre l'ambiance par l'humour". "Nous sommes en France dans un moment difficile, mais le fait de pratiquer l'ironie, même à l'égard des forces de l'ordre, n'est pas forcément une infraction", a expliqué Me Philippe Vouland.

Sinon à Floirac, après l'arrestation à la sortie des classes mardi à 16h30 de deux garçons de 10 et 6 ans, suspectés de vol de vélo, le , directeur départemental de la sécurité publique en Gironde, Albert Doutre déclare "c'est un non-évènement. Les services de police ont agi avec le discernement nécessaire et sans excès."

Oui c’est le mot juste : discernement et sans excès. Mais alors aucun.



* L’UMP Lycée censurée par le gouvernement ? Non, du calme...

C'est  l'abominable nouvelle que pourrait laisser croire le décret qui vient d'être publié au Journal Officiel [ JORF n°0116 du 20 mai 2009 Décret   n°   2009-553   du  15  mai  2009  relatif  aux  dispositions réglementaires du livre V du code de l'éducation ], et qui dit :

"Le fonctionnement, à l'intérieur des lycées, d'associations déclarées qui sont composées d'élèves et, le cas échéant, d'autres membres de la communauté  éducative  de  l'établissement est autorisé par le conseil d'administration,  après  dépôt  auprès  du chef d'établissement d'une copie  des  statuts  de  l'association, sous réserve que leur objet et leur  activité soient compatibles avec les principes du service public de l'enseignement ; en particulier, elles ne peuvent avoir un objet ou une activité de caractère politique ou religieux."

Les âmes sensibles de l'UMP-lycées peuvent toutefois se rassurer !
Non,  le  ministre  ne  peut  avoir  souhaité une telle cruauté à leur égard...


Car si l'UMP-lycées n'est pas une association à but syndical, mais bel et  bien la branche lycéenne d'un parti politique, tout est affaire de forme et de présentation...

Ainsi  les  responsables  de  l'UMP-lycées déclarent-ils eux-mêmes sur leur site:
"l'UMP  Lycées vous encourage fortement à vous présenter aux élections lycéennes  pour  porter haut et fort les idées et les valeurs que nous partageons  [...]  l'UMP  Lycée  n'est pas un syndicat et même si nous vous  encourageons à vous présenter pour favoriser la démocratie, vous ne pouvez en aucun cas vous réclamer du sigle UMP Lycées à l'intérieur des établissements."

Quant  au  ministre de l'Education Nationale, il avait indiqué lors de la création de cette organisation:

"Il  est  bon  qu'on puisse, non pas installer un parti politique dans les lycées, mais avoir des jeunes qui sont de notre sensibilité et qui sont organisés"...


affaire de nuances donc...

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