CLAIR-obscur
Nouvel article dans Du fond de la trompe :
L'école : terrain de racolage des ultralibéraux
* Dernière trouvaille : des profs sans poste sur des postes d’aides-éducateurs.
Mammouth déchainé - On arrête pas le progrès de la flexibilité en marche.
De plusieurs établissements nous vient cette trouvaille géniale de l’administration, alors que se font des derniers ajustements pour la rentrée 2010.
Face à la pléthore de profs de matières techniques sans postes (cf les dernières réductions horaires des matières ex-STI pour la seconde) et avec la volonté de faire des économies, l’administration a l’astucieuse idée de les affecter sur des postes d’aides-éducateurs. Et ça tombe bien, comme par hasard, ceux-ci connaissent un amaigrissement certain.
Belle opportunité en tout cas ! Il sera difficile pour les enseignants en question de refuser la demande d’un proviseur qui voudrait leur faire surveiller un devoir, leur faire faire de l’aide personnalisée, voire remplacer au pied levé un enseignant. Chers payés ? sans doute, mais comme ils sont payés de toute façon... Et les économies sont à prendre sur les postes d’Aides éduc qui eux sont bien supprimés, petit à petit.
Auront-ils la possibilité de refuser le poste ? Une fois, deux fois, ... n’y-a-t-il pas une réforme récente de la fonction publique qui pourrait alors entrer en application ?
* C’est CLAIR : nouveaux types de postes, sur projet d’établissement. Toujours plus fort.
CLAIR : Collège et lycée pour l'ambition, l'innovation et la réussite
L’innovation majeure du programme Clair consiste à autoriser le recrutement sur profil des enseignants afin de stabiliser les équipes pédagogiques dans les établissements les plus difficiles, où sont souvent affectés par défaut des enseignants débutants. « Il faut que quand un professeur vient dans un établissement, il y vienne parce qu’il partage son projet et qu’il s’engage sur cinq ans, a dit, vendredi 25 juin 2010, Luc Chatel. On veut des enseignants supermotivés et qui seront récompensés pour ça. » A la clef « une formation préalable avant que l’enseignant soit muté dans l’établissement » et « une rémunération et des évolutions de carrière tenant compte des choix réalisés par les enseignants », a promis le ministre de l’éducation
Mammouth déchaîné - Dans certaines académies, fleurissent de nouveaux postes fixes mais provisoires. J’explique :
Certains collègues viennent de se voir nommés sur des postes spcifiques à l’issu du mouvement postes qui sont liés au projet d’établissement.
Ces postes sont de durée limitée : 4 ans, renouvelable ou non ensuite en fonction justement de l'évolution du projet d'établissement. Si le projet change et n'induit plus de besoin spécifique sur ce poste, le poste disparaîtra. L’enseignant affecté repasserait au mouvement "normal". Il disposerait alors d'une bonification pour retrouver un poste, mais moins importante que dans le cas d'une mesure de carte scolaire.
Dans l'académie de Versailles, ce type de poste vient d'être créé dans le cadre du dispositif expérimental lancé par le ministère et appelé postes CLAIR dans le but officiel de stabiliser les équipes enseignantes.
Ces postes ne passent plus au mouvement et sont réservés à des enseignants (titulaires ou non) proposés par le chef d'établissement.
Ca promet un sacré copinage, ou mieux de nouvelles formes d’inféodation.
* Chatel se prend (encore) pour un fonctionnaire (et refuse de baisser son salaire)
Faut lui dire qu’il n’est pas fonctionnaire et qu’il risque d’être virer au prochain remaniement ministériel...
AFP - Chatel ne voit "pas pourquoi" les ministres devraient baisser leur salaire
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a affirmé mardi sur Europe 1 que les annonces de Nicolas Sarkozy sur le train de vie de l'Etat n'étaient "pas des mesures gadget" et qu'il ne voyait "pas pourquoi" les ministres devraient voir baisser leur salaire.
"Réduire le train de vie de l'Etat de 7 milliards d'euros comme nous l'avons fait depuis 2007, je n'ai pas le sentiment que ce soit une mesure gadget", a-t-il argué, estimant que "depuis 2002, il y a eu la volonté des gouvernements successifs d'aller vers une transparence et une exemplarité des membres du gouvernement". (...)
Quant à une éventuelle baisse du salaire des ministres, "c'est différent", a fait valoir le porte-parole, "la France ne s'est pas engagé dans une politique déflationniste où on va demander à tous les fonctionnaires de réduire leur salaire. Il n'en est pas question".
Aussi, "à partir du moment où il n'y a pas de réduction des salaires des fonctionnaires, des agents publics et autres, je ne vois pas pourquoi les chefs des administrations qui sont les ministres, les responsables politiques qui sont à des niveaux de rémunération équivalents aux plus hauts responsables de l'administration, seraient amenés à réduire leur salaire", a-t-il dit.
Il pourra d’autant mieux supprimer les réseaux d’aide...
* Les subventions accordées à la FCPE ont été divisées par 2 depuis 2007.
Source
Explication du ministère publiée au JO le 22/06/2010:
"L'aide apportée par le ministère de l'éducation nationale aux associations s'inscrit dans une logique de financement sur projets. De ce fait, les associations sont invitées à orienter résolument leurs actions dans le champ des priorités définies par le ministère."