Fin annoncée du fonctionnariat pour les enseignants [MAJ]

Visitez la Une du Mammouth, elle vient d'être mise à jour.

* Fin annoncée du fonctionnariat pour les enseignants. On croyait à un canular. Ben non c'est un vrai. L'autonomie des universités pourrait entraîner la perte du statut de fonctionnaire pour les enseignants du supérieur. Préfiguration de ce qui pourrait s'étendre à tous les profs, avec la diffusion de l'autonomie des établissements.

Mammouth— Voici la lettre de la ministre qui précise toutes ces choses. La lecture montre que après passage aux responsabilités de compétences élargies (RCE- l'autonomie complête NDLR) le ministère considère que TOUS les personnels anciennement payés sur budget de l'Etat relèvent désormais du statut actuel des postes gagés ! Outre la multiplication potentielle des conflits, ceci montre que le statut des personnels ITARF, ASU et tous les enseignants-chercheurs actuellement fonctionnaires est amené à changer par le biais du passage aux RCE. Le passage aux RCE s'accompagne donc bien d'une perte du statut de fonctionnaire, sans compter les multiples inégalités qui pourront se développer en matière sociale, suivant que les universités voudront ou pourront mettre en oeuvre en interne une politique sociale digne de ce nom.



Toute la note de la ministre en pdf ici : Note du 27 janvier 2009 Action Sociale

* Confidentiel : le gouvernement préparerait un texte découplant la réussite aux concours et l'obtention d'un poste.

Mammouth - Les lauréats sont inscrits sur une "liste d'aptitude" et se présentent ensuite devant une "Commission rectorale" (formée essentiellement d'IPR) Et ils sont - ou non - recrutés après cet entretien d'embauche selon le nombre de postes disponibles et le profil souhaité pour chaque poste. Il y aura donc forcément des lauréats qui n'auront pas de poste, parfois pendant plusieurs années de suite. Surtout s'ils commettent l'erreur de demander une "bonne académie" au lieu de porter leur choix sur une académie déficitaire. Avec des effets pervers probables puisque si tout le monde fait le même raisonnement, il y aura afflux de candidatures dans les Académies déficitaires et, par suite, moins de chances d'obtenir un poste. Une belle pagaille en perspective...

Il s'agit officiellement de se rapprocher d'un "modèle européen" et il me semble que le système est en effet en vigueur en Italie.

Sortie prévue le 15 août certainement...
Bref, on veut faire des futurs profs au mieux des fonctionnaires territoriaux au pire de vrais vacataires. Allez , au pire...


* Le cheval de Troie pour mieux atteindre le talon d'Achille. Même la presse s'en rend compte (alors que certains de nos collègues toujours pas).

educpros.fr- Réforme du lycée : Xavier Darcos et la stratégie du cheval de Troie
Changement de stratégie au ministère de l’Education nationale. Pour réformer le lycée, Xavier Darcos a décidé de passer en douceur. A la demande du ministre, les recteurs d’académie sont actuellement en train de relancer le processus de concertation en organisant, dans les établissements, des discussions entre élèves, enseignants et autres membres de la communauté éducative. Et ceci alors que Richard Descoings, le directeur de Sciences po nommé chargé de mission lycée par Nicolas Sarkozy, a lui-même entamé, de son côté, une large concertation sur le terrain…  

Contournement de l’obstacle  
En parallèle,
les rectorats incitent les lycées volontaires à mettre en place des expérimentations, dès septembre 2009, sur des points de la réforme repoussée…
Dans l’académie de Bordeaux, par exemple, les établissements qui désirent mettre en place « un accompagnement individualisé », « une semaine de bilan et d’orientation en milieu d’année », « des groupes de compétences » en langues et « des séquences de préparation à l’enseignement supérieur en fin d’année et pendant les vacances d’été » doivent se manifester avant le 20 février 2009.

Cent lycées expérimenteront la réforme Darcos
Au total, une centaine d’établissements qui auront répondu à cet « appel d’offre » seront sélectionnés. « Probablement des établissements qui fonctionnent déjà très bien et n’en ont pas besoin », avance le SNES-FSU (syndicat majoritaire dans le second degré). « Nous avons très peur que cette expérimentation serve ensuite à une généralisation », avouent les représentants des professeurs, qui estiment que le ministère « veut les contourner ». En riposte, les professeurs appellent donc leurs collègues « à ne pas mener une expérimentation qui ressemble à une mise en place anticipée de la réforme ».  

Une stratégie payante ?  
Cette stratégie sera-t-elle la bonne ? Possible, si on la compare à celle employée pour réformer le lycée professionnel. Expérimenté en 2008, le bac pro en trois ans sera généralisé en 2009, alors que les textes officiels ne sont pas encore publiés...

Les yeux, pour pleurer...



* Le SNESup n'ira pas discuter avec Précresse. Coitus interruptus ou rien.

AP - Universités: le SNESUP refuse d'aller "discuter d'une charte" avec Valérie Pécresse


Le secrétaire général du SNESUP-FSU, premier syndicat des enseignants du supérieur, Jean Fabbri, a annoncé vendredi à l'Associated Press que son organisation
ne se rendrait pas à la rencontre prévue le 11 février avec Valérie Pécresse "s'il s'agit uniquement de discuter d'une charte qu'on a déjà rejetée à plusieurs reprises".

La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a annoncé jeudi qu'elle recevrait les représentants du secteur universitaire mercredi prochain au sujet de la charte de "bonne utilisation" du décret réformant le statut des enseignants-chercheurs. Jeudi soir lors de son intervention télévisée, Nicolas Sarkozy a confirmé que le gouvernement était prêt à discuter des "modalités" de la réforme, mais pas de son principe.

"Sur cet ordre du jour, nous n'irons pas et nous invitons les autres organisations à faire de même", a précisé le secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNESUP-FSU), organisation à la tête de la mobilisation des enseignants-chercheurs avec la coordination nationale des universités.

"Nous estimons que la mobilisation exceptionnelle appelle complètement autre chose puisque ce n'est évidemment pas de ça dont il est question.
Nos revendications sont parfaitement claires et on ne va pas aller accompagner une charte qu'on a déjà rejetée à plusieurs reprises. Il faut changer la donne, retirer les textes et ensuite on discutera", a-t-il poursuivi.

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