Grève de désorientation ?
* Grève le 20 dans le secondaire aussi. Après la CGT hier matin, tous les syndicats présents à l'intersyndicale d'hier étaient d'accord sur ce point mais n'ont pas réussi à ce mettre d'accord sur un texte. Aujourd'hui en gros chacun en propose un aux autres en criant tous à l'unité.
FO dans un communiqué veut l'abandon de la réforme et appelle les autres à le suivre.
SUD veut une grève intercatégorielle dans le primaire et le secondaire et appelle les autres à le suivre.
Le SNACL veut appeler que sur le lycée et appelle les autres à le suivre.
SE-UNSA ne veut pas signer le texte des autres (parce qu'il y croit à cette réforme).
Le SGEN veut appeler le gouvernement à négocier mais ne veut pas mobiliser sur la réforme du lycée.
Le SNES essaie de ce maintenir au centre de l'échiquier syndical et veut un compromis à tout prix et appelle les autres à le suivre.
Voici la proposition d'appel qui découle cependant de cette réunion sur la base des propositions SNES. Le SGEN l'aurait édulcoré de tout ce qu'il ne veut pas (référence aux disciplines, au Bac sans contrôle continu) mais a finalement refusé de le signer (cétait bien la peine...) :
Alors que la rentrée 2008 s’est déroulée dans des
conditions matérielles très difficiles pour
l’ensemble des établissements du 2nd
degré, le projet de budget 2009 ne peut que renforcer
l’inquiétude des personnels. Les collèges, pourtant
en augmentation démographique subiront les plus
fortes suppressions d’emplois. Les lycées et les
lycées professionnels ne seront pas épargnés. De
surcroît, les diminutions programmées du nombre de
places aux concours de recrutement et des moyens de
remplacement annoncent un recours massif à la
précarité.
Alors que le parlement délibère sur la loi de
finances 2009, les organisations syndicales dénoncent
des perspectives budgétaires qui vont nuire
gravement et durablement aux élèves et aux
enseignants. Le gouvernement entend mener une
politique pilotée et contrainte par un budget en
régression et une logique de réduction de l’offre de
formation, en particulier dans la voie
professionnelle.
A la dégradation constante et programmée des moyens
d’enseignement et des conditions de travail,
s'ajoutent des attaques répétées contre le
paritarisme et le droit syndical. La politique
du fait accompli et la marche forcée ne peuvent tenir
lieu de méthode de dialogue social.
C’est parce qu’elles font du développement du système
éducatif un enjeu fondamental pour l’avenir du pays
et des jeunes que les organisations soussignées
appellent à la grève dans les collèges, lycées et
lycées professionnels le jeudi 20 novembre
pour :
– Un budget 2009 à
la hauteur des exigences, ce qui nécessite notamment
de revenir sur les suppressions de postes
prévues ;
– Une rénovation du système éducatif avec comme axe
principal la réussite et l’élévation de la
qualification de tous les jeunes, ce qui va de pair
avec l’amélioration des conditions de travail des
élèves et des personnels ;
– Le maintien et le développement du paritarisme et
des droits syndicaux ;
– Un véritable dialogue social sur les questions
éducatives, ce qui nécessite que toute réforme prenne
en compte les propositions des personnels, des
parents, des élèves et de leurs organisations
représentatives ce qui exclut la précipitation dans
laquelle le ministère entend actuellement
travailler ;
– La revalorisation de l’ensemble des personnels
d’enseignement, d’éducation et d’orientation ;
– Une réforme des lycées reconnaissant les apports
disciplinaires, respectant les métiers, définissant
des parcours cohérents dans les 3 voies de formation
pour mener davantage de jeunes au Baccalauréat,
examen national garantissant l’accès à l’Université.
Bref,
à un mois des élections, ils veulent tous faire un
truc mais en même temps ils ne veulent pas bouger. En
fait, celui qui n'appelle pas est électoralement
mort. Rien que du foireux
donc...
* "Je refuse
d'obéir". Une
intéressante lettre d'un de nos collègues à son
inspecteur. Faudrait peut-être l'envoyer aussi aux
syndicats si dispersés ces jours-ci...
C'est là. Voici le début.
Colomiers, le 6 novembre 2008
Monsieur
l'Inspecteur,
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en
conscience, je ne puis plus me taire ! En
conscience, je refuse d'obéir.
Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un
processus négatif de déconstruction de l'Education
Nationale s'est engagé qui désespère de plus en
plus d'enseignants. Dans la plus grande
précipitation, sans aucune concertation digne de ce
nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont
pourtant les « experts » du quotidien sur
le terrain, les annonces médiatiques de
« réformes » de l'école se succèdent,
suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la
colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de
découragement. La méthode est détestable. Elle
témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance
vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La
qualité d'une réforme se juge autant par son contenu
que par la façon dont est elle est préparée,
expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale
n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux
qui décident et d'un autre côté ceux qui
exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi
de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.
Le
démantèlement des fondements de l'Education Nationale
est un processus que je ne peux accepter sans
réagir. L'objet
de ma lettre est de vous informer que je ne
participerai pas à ce
démantèlement.
En conscience, je refuse de me prêter par ma
collaboration active ou mon silence complice à la
déconstruction d'un système, certes imparfait, mais
qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre
tout autant un « art de faire » qu'un
« art de vivre », en donnant toutes ses
chances à chaque élève, sans aucune distinction
Aujourd'hui,
la coupe est pleine ! ...lire la suite.