Mauvaise foi ou art politique ?
"La
plupart des mesures que je prends servent surtout
d'habillage aux suppressions de
postes." X.
Darcos (Canard Enchaîné, 22 octobre
2008)
*
Retour sur un audit de 2007. Comment faire pour
effectuer des réformes de structures dans l'EN
? Voilà la réponse et c'est ce qui se passe.
Repris par Christian Laval sur son blog (Médiapart).
C'est ici.
Un rapport d’audit
confidentiel rédigé par Pierre Lepetit ( inspecteur
général des finances) et par Françoise Mallet
(inspectrice générale de l’Éducation nationale) et
remis le 15 novembre 2007 à Claude
Guéant ( secrétaire général de
l'Élysée) et à Jean-Paul
Faugère (directeur de cabinet de
François Fillon) a étérendu opportunément public par
l’ AEF, une agence de presse spécialisée dans les
questions d’enseignement (communiqué AEF n°83598),au
mois d’août 2008.
Il éclaire singulièrementles intentions
ministérielles.
La problématique du rapport est simple.
Pour
parvenir aux objectifs de réduction du nombre de
fonctionnaires, il faut entreprendre des réformes
structurelles profondes : "Comment assurer la
poursuite voire l'accélération de l'effort
d'assainissement budgétaire sur la période
2009-2011-2012 sans réformes structurelles du système
éducatif ?" se demandent les experts commandités.
Leur réponse est limpide, en dépit d’une certaine
langue de bois :"À défaut
de réforme, le scénario d'optimisation des moyens
sera insuffisant pour atteindre les objectifs
budgétaires et conduira à dégrader les résultats du
système éducatif", estiment-ils. En
d’autres termes, pour parvenir à ces baisses
d’emplois, il faut opérer une série de grandes
réformes du système éducatif dans
tous les domaines : pédagogiques, organisationnelles,
statutaires.
Les trois scénarios de réforme proposés valent la
peine d’être examinés. Ces scénarios (optimisation,
autonomie maîtrisée, autonomie complète),
conformément
à la logique strictement comptable de la
RGPP,
sont évalués uniquement en termes d’économie de
postes.
Le premier scénario de "l'optimisation de la
gestion des ressources sans réforme majeure de
l'offre éducative"permettrait "une économie
potentielle de 41 000 à 43 000 emplois temps plein
(ETP) nets sur cinq ans".
Le second scénario d’autonomie
maîtrisée, "comprend
des réformes importantes sur l'offre éducative et sur
les conditions de travail des enseignants dans le
cadre d'une plus grande autonomie des établissements
pilotée par l'État". L'économie réalisée
est évaluée entre
85 000 à 93 000 ETP nets sur cinq ans.
Le troisième scénario correspond àune
"autonomie
complète" du système,
c’est-à-dire à la déconcentration
totale de l'offre éducative et à la décentralisation
des financements. L'économie réalisée est
la même que celle du deuxième scénario.
Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que
les auteurs valorisent le deuxième scénario, qui
permet de réduire le nombre total d’enseignants de
plus de 10 % en cinq ans, mais au prix d’une baisse
importante de « l’offre d’éducation » et d’une
transformation de l’organisation du travail des
enseignants.
On s’intéressera ici spécialement aux conséquences de
ce scénario sur le second degré, mais il n’est pas
inutile de savoir que dans le premier degré, cette
politique impose déjà un recul considérable de
l’offre d’éducation puisqu’il suppose une réduction
du nombre d’heures de cours, la réduction de la
scolarisation à deux ans voire à trois ans, la
suppression des réseaux de soutien et d’aide aux
élèves en difficulté.
Cette réduction importante sera donc prolongée dans
le second degré, en commençant par le lycée dès
2009. Fin des
redoublements, plafonnement
et annualisation des horaires
élèves, simplification
des programmes d’enseignement, telles sont
quelques-unes des préconisations du rapport
concernant l’offre éducative (à côté de celles qui
concernent les conditions de travail des
enseignants).
* Repression professionnelle. On publiait il y a
queqlues jours la lettre d'un instit dans laquelle il
exprimait tous les griefs qu'il formulait à l'EN et
son ministre. Le voila aujourd'hui convoqué à
l'Inspection.
Toulouse7.com
— Professeur à l’école Jules Ferry de Colomiers,
Alain Refalo a décidé de critiquer la politique menée
par son ministère. Convoqué par l’Inspection
d’académie, il serait aujourd’hui l’objet d’une
enquête.
Dans une lettre ouverte adressée le 6 novembre 2008 à
son inspecteur d’Académie ce militant a décidé
d’énumérer les nombreux griefs formulés à
l’égard de la politique menée par le Ministre Xavier
Darcos. (...)
Cette lettre a par la suite été publiée sur un site
internet.
Alain
Refalo a été convoqué par son Inspecteur de
circonscription qui l’a reçu, accompagné d’un
représentant de l’Inspecteur
d’Académie.
Selon
des sources non confirmées, l’inspection Académique
aurait reçu ordre du Ministère d’ouvrir une enquête
au sujet de cette affaire et de lui transmettre un
rapport.
L’entretien
a duré 1h30 durant lequel il lui a été demandé s’il
confirmait le contenu de la lettre. Alain Refalo a
confirmé point par point les sujets sur lequels il
considérait son devoir de désobéir.
Les inspecteurs ont voulu connaître ses motivations.
Alain Refalo a dit que depuis des mois les
enseignants n’étaient pas entendus, malgré les
pétitions, les grèves, les tribunes dans la
presse.
Il a affirmé avoir posé cette acte de désobéissance
en souhaitant que d’autres prennent le relais, que ce
mouvement s’amplifie afin de créer un débat public et
un rapport de forces avec
l’administration."
des
(pour)suites au prochain épisode ?
*Encore
la preuve que Darcos est de mauvaise foi
(car il
connaît bien le sujet, d'ailleurs il le
répète). Vidéo qui fait le
point à partir de ses récentes déclarations sur les
RASED.
Bon, ça c'est
fait.
Petite
précision trouvée dans le rapport de la cour des
comptes sur l'application des lois de financement de
la Sécurité sociale et face à la nouvelle attaque du
jour de Darcos sur la suppression de l'école avant 3
ans :
La
maternelle ne coûte que 4.570 € contre 13.368 € pour
les modes de garde alternatifs.
*
Capes Histoire géo de plus en plus
d'inquiétudes. Info du SNES qui est en
relation avec l'inspection qui elle aussi semble
s'inquiéter.
"Avis
de tempête sur le CAPES d'Histoire-Géographie
?
Nous venons de contacter l'Inspection Générale (IG)
sur la maquette du concours qui est en préparation.
l'IG doit en effet rendre sa copie fin novembre, mais
le cahier des charges est "très contraint" (sic).
La fin des questions
spécialisées ?
En effet, il est question d''harmoniser les concours,
et pour l'histoire géo cela donnerait deux épreuves
écrites de 5h (une en histoire, une en géographie)
mais
portant sur tous les programmes du secondaire (il
s'agit d'une commande ministérielle) !
Cela signifie donc qu'il
n'y aura plus de questions au programme, mais une vue
très générale et forcément très limitée des contenus
disciplinaires.
Nous avons dit qu'il nous semblait pas raisonnable
qu'il n'y ait plus de questions permettant une
approche plus approfondie et surtout un lien avec la
recherche universitaire, qui va se retrouver
totalement coupée de la formation des futurs profs,
sauf pour les candidats à l'agrégation. On comprend l'inquiétude des profs
du supérieurs !
La fin du commentaire
de document ?
L'étendue du
programme ne permettra sûrement pas, d'après
l'Inspection, un commentaire de document, qui
demanderait des connaissances "de détails" difficiles
à exiger. Exit donc l'évaluation de cette compétence
pourtant propre à notre discipline ? Il sera peut
être question d'un dossier documentaire, qui serait
là en guise d'appoint, pour un sujet de dissertation.
Pour l'instant, rien n'est arrêté... ?
Pour l'oral, il y aura
deux épreuves : l'une est commune à tous les CAPES
("connaissance du système éducatif"), l'autre
spécifique, portera sur une leçon qui devra intégrer
les aspects épistémologiques et didactiques
!
- Comment se fera le choix entre histoire et géo ?
Par tirage au sort ? Par "spécialité" en fonction du
choix des candidats ? Nous ne savons pas... -
Les candidats, qui
devront effectuer un pseudo stage entre l'écrit et
l'oral, devront donc, outre les contenus, se préparer
aussi à ces aspects, ce qui laisse perplexe...
Souhaite-on faire croire que cela suffira à pallier
la disparition de l'année de stage ?!
Il nous reste à mobiliser la profession, et à
instituer le rapport de force nécessaire pour que le
ministère revoie sa copie sur cette réforme des
concours !"
Instituer le rapport
de force. Voilà, tout est dit. Yzonquà justement au
lieu de faire semblant de se retirer des
discussions.
*Nouveau
rapport sur les Tice : très favorable (bien
sûr). Cela peut
être la suite de ce que l'on disait hier sur une
boite privée prestataire de services internet.
Voici
donc une nouvelle étude qui ne tarit pas d'éloges sur
l'utilisation de l'outil
informatique.
Elle est en pdf là .
Cette fois il s'agit de montrer toutes les
vertus pédago du bidule informatique.
Cependant tout le monde n'est
pas exactement d'accord sur la
question.
Le Mammouth
publiait en août 2007
déjà un article qui laissait penser le contraire.
Selon un journal anglais, (le Telegraphe) qui
reprend une étude de la
Société royale d'Economie, coroborée par des
chercheurs allemands montre que ce n'est pas
vrai.
Ce
serait même les tests PISA qui illustreraient que
plus on pratique l'informatique pédagogique plus on
est inapte.
Voici un extrait du Telegraph en réaction à l'idée
du gouvernement anglais de dépenser beaucoup d'argent
pour acheter des ordinateurs pour l'école :
« Moins les élèves
utilisent les ordinateurs à l'école et à la maison,
mieux ils réussissent les tests internationaux de
lecture,
rédaction et mathématiques, indique
aujourd’hui la plus grande étude
réalisée sur ce sujet. Celle-ci soulève des
interrogations quant à la décision du gouvernement,
annoncée par Gordon Brown la semaine dernière, de
dépenser encore £1.5 milliards pour des ordinateurs
dans les écoles, en plus des £2.5 milliards déjà
dépensés. M. Brown a dit : "L'enseignement et la
révolution éducative ne peuvent se faire avec des
tableaux noirs et de la craie, mais avec des
ordinateurs et des cartables électroniques."
Cependant, l'étude éditée par
la Société Royale d’Economie indique : "En
dépit des nombreuses réclamations de politiciens et
de fournisseurs de logiciels, l'utilisation
d'ordinateurs dans les écoles n’aide à l’évidence
aucunement les élèves à acquérir les qualifications
de base en mathématiques, en lecture ou en
rédaction". Au
contraire, plus les élèves
utilisent l’ordinateur, plus leurs performances dans
ces domaines sont mauvaises, ont indiqué Thomas Fuchs
et Ludger Wossmann, de l'université de
Munich. Les
chercheurs ont analysé les comportements à l’école et
à la maison de 100.000 adolescents de 15 ans dans 31
pays participant à
l'étude Pisa.
L'étude montre que plus les élèves ont accès à des
ordinateurs à la maison, plus leurs résultats sont
bas.
De
même, les élèves font moins bien dans les écoles
généreusement équipées d’ordinateurs, où
l'instruction automatisée a remplacé des formes plus
efficaces d'enseignement. »