Pas de deux ?
Beaucoup d'infos cette semaine - MAJ quotidiennes
* Retrait, recul, report ? Flou en tout cas. Comme toujours.
Sarko dit donc vouloir de nouvelles pistes pour le statut des enseignants chercheurs. Aurait-il encore peur de voir des émeutes ? Voyez toute la complexité sybilline du propos gouvernemental, rapporté par cette dépêche AFP
AFP - Evaluation des enseignants-chercheurs: Sarkozy veut de "nouvelles pistes"
Le président Nicolas Sarkozy a demandé vendredi que soient "rapidement explorées de nouvelles pistes pour l'évaluation des enseignants chercheurs et l'organisation de leurs services", selon un communiqué de l'Elysée.
Le chef de l'Etat "s'est entretenu" vendredi à l'Elysée avec Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Claire Bazy-Malaurie, médiatrice désignée par la ministre, "afin de faire un point sur les discussions en cours concernant la réforme du décret statutaire sur les enseignants-chercheurs", indique le communiqué.
Mme Bazy-Malaurie, présidente de chambre à la Cour des comptes et spécialiste des questions universitaires, avait été nommée lundi "médiatrice" par Mme Pécresse afin de "prolonger la concertation" sur la réforme controversée du statut des enseignants-chercheurs.
La présidence n'a donné aucune précision sur les intentions ou souhaits du chef de l'Etat en la matière.
Mme Bazy-Malaurie avait assuré mercredi vouloir "un texte nouveau" sur le statut des enseignants-chercheurs, au lendemain d'une journée de forte mobilisation contre le texte de Mme Pécresse.
La médiatrice avait souligné que sa mission n'était "pas de retirer" le texte mais de "l'améliorer", après deux mois de concertation.
* Lycée. La consultation s'organise pour la future réforme, mais pas à partir de rien.
Comme quoi, l'ancienne réforme n'est pas abandonnée. Voici la lettre de Darcos envoyée aux différents réctorat . Elle est là en pdf.
C'est d'abord une opération de communication puisque le ministre stipule bien que la consultation doit être répercutée dans la presse.
Autre curiosité, les résultats devront être transmis à la DEGESCO en juin alors que Descoings doit faire de premières propositions en mai.
Comme quoi ...
* La masterisation fait bien elle l'unanimité. On n'en veut pas.
L'ironie c'est que finalement c'est la LRU qui permet cette opposition frontale des universités. On leur disait bien que l'autonomie c'était pas bien. Bien fait pour eux.
Lutte toujours, voici un site qui tente de faire le lien de la maternelle à l'université :
http://sauverlaformationdesprofs.over-blog.org/
* Sous-chef d'entreprise (de démolition).
Suite aux propos de Darcos chef-recruteur (voir et écouter sur le post précédent, plus bas), les condamnations se multiplient. En voici une qui est claire.
Des universitaires (de Paris I), scandalisés par les propos que Darcos a tenus hier sur RMC, au sujet de la formation des enseignants (suite à la demande de la CPU de repousser d'un an la mastérisation des concours), lancent une pétition "réponse républicaine à Darcos", demandant notamment sa démission.
Lettre à Xavier Darcos, Citoyen, futur ancien Ministre de la République
La totalité est là , mais en voici des extraits :
Monsieur, ces propos sont ceux d’un chef d’entreprise. Ils relèvent d’une logique qui est celle du privé. Mais vous n’êtes pas chef d’entreprise, l’école n’est pas une société par actions dont vous seriez le président-directeur général. Vous êtes vous-même au service du recruteur et de l’employeur, qui ne coïncide pas avec votre personne, aussi remarquable puisse-t-elle être : le recruteur et l’employeur, c’est l’Éducation Nationale, c’est l’école de la République, c’est l’école de tous les citoyens, de tous les contribuables, de tous les électeurs, de tous les parents d’élèves, de tous les habitants de ce pays. Vous n’êtes pas doté des pleins pouvoirs. Vous êtes au service des citoyens de ce pays, vous êtes au service de la France. (...)
Vous ne teniez votre légitimité de Ministre, Monsieur, que de l’expression de la volonté populaire. La volonté populaire ne vous a pas donné mandat de détruire au nom de la république un système fondé sur les valeurs de la république.
Nous vous accusons, Monsieur, d’indignité républicaine. L’école n’est pas votre propriété. Par vos propos, vous vous êtes montré inapte à assumer vos responsabilités républicaines et le mandat qui vous a été confié par le peuple français. Vous avez révélé que vous méprisiez et ne compreniez pas l’essence même de votre fonction de Ministre.
En tant que citoyens, électeurs, contribuables, parents d’élèves, habitants de ce pays, nous ne reconnaissons plus la légitimité morale et républicaine de la position que vous occupez.
Nous exigeons votre démission.