Guaino problem

Dans les propos de H. Guaino, mentor du notre Grand timonier, le comble c'est la "prise en otage". Il critique le refus des certains (qui ? cela ne vient pas de nous au moins ?) de lire la lettre de Guy Môquet.
En gros il se pose en Incarnation de la Nation et redéfinit ce que doit être l'éthique et les devoirs de ce que devrait être un professeur de la RéEducation Nationale .

Voilà quelques uns de ses propos (sur Canal + et d'après AFP) :

"Je ne comprends pas. L'école, ce n'est pas un self-service". (...) "C'est un très beau texte, ce n'est pas un texte de propagande. Le gouvernement a décidé que c'était un document intéressant. Il demande aux professeurs de le lire", a-t-il rappelé. Il a souligné que les enseignants étaient "libres d'analyser la signification du texte, le contexte historique dans lequel il s'inscrit".
Mais "il y a des gens qui préfèrent une fois de plus en tirer l'argument de la division (...) je trouve ça très, très triste", a estimé M. Guaino.Interrogé jeudi sur RTL sur le même sujet, M. Guaino s'était montré beaucoup plus virulent à l'égard des enseignants refusant de lire cette lettre, les accusant d'avoir "
une attitude purement politicienne" et de se livrer à "une prise en otage corporatiste, idéologique".
"Tout ça est très triste
mais amène à s'interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l'éthique et les devoirs d'un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants." [c'est justement pour toutes ces raisons que je ne veux pas lire cette lettre]


Heureusement, on a nos chevaliers blancs :
- Hamon, député PS qui dit :


"M. Guaino devrait arrêter d'insulter les enseignants et le président de la République devrait demander à ses collaborateurs d'arrêter d'insulter les gens", a affirmé M. Hamon, lors d'un point de presse du Parti socialiste.
Rappelant le "travail difficile" des enseignants, M. Hamon a affirmé
qu'il était plus facile d'"écrire des discours" dans des bureaux aux "moquettes épaisses", dans une allusion à M. Guaino, l'une des plumes du président Nicolas Sarkozy."

- Le député-maire socialiste de Limoges, Alain Rodet :

(AFP)— Il refuse d'assister à la lecture de la lettre de Guy Môquet dans un lycée de la ville le 22 octobre comme le souhaite le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a-t-on appris vendredi auprès de son cabinet.
Le ministre a invité par courrier M. Rodet, comme tous les parlementaires, à préciser au recteur de l'académie de Limoges dans quel lycée de la ville il entendait commémorer l'exécution de Châteaubriant (Loire-Atlantique), au cours de laquelle Guy Môquet, âgé de 17 ans et demi, avait été fusillé par les troupes d'occupation allemandes.
Par une lettre en date de jeudi et publiée vendredi, M. Rodet a informé le recteur, Anne Sancier-Château, qu'il ne souhaitait "prendre part à aucune commémoration".
Exprimant ses "doutes sur l'instrumentalisation faite de l'histoire par le gouvernement", M. Rodet "déplore" dans ce courrier "la lecture de cette lettre faite aux joueurs de l'équipe de France de rugby (...) sur les conseils de leur entraîneur, Bernard Laporte, dont l'arrivée au gouvernement est programmée dans les tout prochains jours".
Estimant "évident que d'autres écrits évoquant la Résistance auraient pu remplacer ce texte", le député-maire de Limoges affirme
partager "le sentiment de nombreux historiens et enseignants (qui) n'approuvent pas l'injonction du président de la République".

- Enfin Le Monde donne les avertissements d'un psy
(c'est là):

Xavier Pommereau : "En lisant la lettre de Guy Môquet, j'ai été frappé par ses similitudes avec les lettres d'adieu de jeunes qui veulent se suicider ou qui l'ont fait. Aujourd'hui, un adolescent qui voudrait en finir n'écrirait pas autre chose que ce qu'a écrit Guy Môquet.(...) Cette lettre reste sur le registre de l'émotion et il faut éviter tout contresens. Rien ne dit que le jeune homme n'a pas choisi de mourir, y compris en se sacrifiant. Sortie de son contexte, elle peut avoir un aspect extrêmement pathétique et mobilisateur. Les lettres d'adieu que l'on trouve aujourd'hui ne sont pas celles de jeunes résistants mais de jeunes suicidants. Et le suicide est la seconde cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route. Je le répète, il faut impérativement lever le doute. Ce n'est pas la lettre de quelqu'un qui a choisi de mourir."


Si Guy Môquet est une si belle figure, pourquoi alors ne pas avoir fait lire ce poème, confisqué le jour de son arrestation (site du PCF) :

Tuer le capitalisme

Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades

Vous êtes tous trois enfermés
Mais Patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage

Les traïtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme

Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortitr de la prison
Pour tuer le capitalisme

Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice.

Guy Môquet
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