Biblique

* La multiplication des postes. Dans l'enseignement supérieur décidément il ne faut pas désespérer. Voici que Rue89 nous explique comment un poste de Prag devient miraculeusement un poste de maître de conférence (attribué à l'avance). Un miracle présidentiel ?

Rue89- L'histoire se passe à Paris-IV, où l'on enseigne l'histoire, la géographie, les lettres ou les langues. Une fac dont on dit souvent qu'elle n'est pas connue pour son activisme frénétique. Pourtant, avant même de signer l'appel contre la réforme Pécresse, Paris-IV s'est distinguée par un courrier signé de la direction de l'UFR d'histoire.
L'enjeu: un poste de maître de conférences attribué à une jeune universitaire
Cette lettre, qui date de début décembre, tranche avec le ton consensuel d'usage: Jean-Noël Luc, Alain Tallon et François-Xavier Romanacce, à la tête du département, dénoncent entre les lignes l'intervention du gouvernement sur un poste. En l'occurence celui qu'occupe Laurence Saint-Gilles, jeune universitaire, titulaire de l'agrégation du secondaire.

Les responsables de son département n'avaient rien demandé
Luc, Tallon et Romanacce précisent même, histoire d'enfoncer le clou, que c'est par voie administrative qu'ils ont eu vent de ce qu'ils appellent une "initiative du ministère". Autant dire qu'ils n'étaient pas franchement pour.
Pourquoi? Parce qu'il est rarissime qu'on transforme un poste pour en faire un emploi sur mesure pour quelqu'un qui vient d'arriver. Et "parce que son arrivée à la fac d'Amiens où elle a démarré comme Prag en début de carrière était déjà largement entachée d'une intervention en haut lieu: l'université d'Amiens n'avait rien demandé non plus", ajoute un maître de conférences de Paris-IV qui a accepté de parler à Rue89 sous couvert d'anonymat.

Car il faut savoir que Laurence, épouse Saint-Gilles, est née Marleix. Qu'elle est la fille de son père, Alain (actuellement secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales), et la soeur de son frère, Olivier (conseiller technique à l'Elysée après un passage auprès de Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux).
La suite là.

D'ou l'intérêt d'avoir un concours, national, anonyme...

* Exégèse scolaire : alors le niveau ça monte ou ça baisse ? Un grand bravo à ce site produit par des enseignants de Clermont qui point par point reviennent sur les vérités qu'on nous assène et montrent -s'il le fallait encore- que tout est discours politique. Leur site est très riche et se trouve là.

Il font le point dans une de leur page (précisément ici) sur les différentes évaluations des systèmes scolaires européens. Le bilan n'est pas aussi assuré que cela. Tout au contraire.

Mais quand on veut tuer son chien...


* Tu n'obéiras point. 11e commandement ? Pourquoi pas. Après les profs des écoles qui ont le courage de refuser d'obéir à la demande de la hiérarchie, c'est au tour des enseignants du secondaire de s'associer à ce type de démarche. Voici la lettre que certains adressent au recteur. Depuis Marseille.

Les personnels du lycée V. Hugo de Marseille soussignés

Le 11 décembre 2008

Monsieur le Recteur,


Nous vous écrivons cette lettre car aujourd’hui, en conscience, nous ne pouvons plus nous taire !

Le démantèlement des fondements de l’Education Nationale est un processus que nous ne pouvons accepter sans réagir.

L’objet de notre lettre est de vous informer que nous ne participerons pas à ce démantèlement. En conscience, nous refusons de nous prêter par notre collaboration active ou notre silence complice à la déconstruction du système éducatif de notre pays, à sa privatisation interne (emplois précaires) et externe (ouverture de structures privées d'accueil des élèves et étudiants).

C’est pourquoi en toute responsabilité :

* Nous refusons de gérer la pénurie d'effectifs, de moyens et d'en assumer le poids alors qu'année aprés année, les dotations en personnel et en matériel et les offres de formation continue pour les personnels se réduisent (à titre d'exemple, le non renouvellement des contrats d'assistants d'éducation, les non remplacements des personnels malades, la réduction de près de 70% cette année du budget des fonds sociaux, les locaux vétustes et dangereux).

Cela se traduit en particulier par :

- le refus de faire passer le B2I dans notre lycée, sachant que le parc des ordinateurs est géré par des emplois précaires qui se renouvellent beaucoup trop vite pour un véritable entretien, sachant qu'aucune réelle formation ne nous a été proposée pour faire passer ce brevet.

- le refus de prendre la place des conseillers d'orientation en faisant passer des entretiens d'orientation en fin de première et de terminale à nos élèves, alors qu'en parallèle le maintien des postes de COPSY est chaque année remis en cause.

- le refus de subir des pressions de la part de l'administration (pour nous faire accepter des heures supplémentaires, pour abréger un congé maladie, ...).

- le refus de remplacer en interne un collègue absent.

* Nous refusons une vision rétrograde de la pédagogie qui se traduit par un recentrage sur des connaissances dites « de socle commun », véritable cache-misère d'une éducation dévalorisée. En particulier, dans le projet de réforme du lycée qui est en discussion, la remise en cause de savoirs fondamentaux (qu'ils soient théoriques ou techniques) au profit de modules fourre-tout comme celui qui s'appellerait indûment « technologies » et qui mélangerait sciences de l'ingénieur, hotellerie et pratique sportive! Nous réaffirmons en particulier notre attachement aux enseignements de la classe de seconde que sont les SES, MPI, IGC, ISI, Arts, EPS, etc. Nous continuerons d'enseigner dans le respect des programmes actuels qui ont été élaborés à l'issue d'une véritable discussion entre les acteurs pédagogiques de l'éducation nationale. Nous continuerons d'exercer, en équipe ou individuellement, notre liberté pédagogique.

* Nous constatons l'apparition de plus en plus fréquente de la publicité à l'école : nous ne distribuerons plus aucun document pédagogique reprenant un logo ou sigle d'une entreprise privée. Nous refuserons le financement ou le mécénat venant d'entreprises privées.

* Nous sommes opposés aux primes et heures supplémentaires qui divisent les enseignants au lieu de favoriser le travail en équipe ou rémunèrent des actions en dehors du temps scolaire alors même que les moyens manquent pour assurer l’essentiel sur le temps scolaire. Nous ne nous porterons donc pas volontaires pour les stages de remise à niveau pendant les vacances et nous ne participerons pas à la mise en place de ce dispositif. Nous continuerons à travailler solidairement et en équipe avec nos collègues.

* Nous demandons l'arrêt de la surveillance des mouvements syndicaux et des discussions entre collègues, surveillance qui a fait l'objet d'un appel d'offre de la part du ministère le 15 octobre dernier. Nous refusons d'étre surveillés et que nos impôts servent à du contrôle social plutôt qu'à des moyens pour l'éducation.

Nous faisons ce choix pour affirmer notre volonté de construire une école du respect, de la coopération, de la solidarité et de la réussite pour tous et pas une école dont le seul but est de faire du tri social.

Nous prenons la liberté de faire connaître cette lettre et de l’associer à d’autres courriers similaires car elle s’inscrit dans une prise de conscience et une action collectives de défense du service public d’éducation et des valeurs qui fondent notre école républicaine et laïque.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le Recteur, l’assurance de nos sentiments déterminés et respectueux.


On me dit que d'autres actions toutes aussi répréhensibles se profilent... Bientôt plus sur le Blog du Mammouth.


* Tu convoiteras ton dû. 12e commandement.
Culottés, ces précaires qui ont occupé le rectorat de Versailles et à 10 obtenus en un journée ce qu'ils réclamaient depuis 6 mois. Toute leur histoire est là (deuxième parie de la page)

Comme quoi le dialogue social, ne passe plus par la négociation, mais par l'action...


* Fin d'un temps. L'appareil idéologique d'Etat serait-il en train d'imploser dans un mai 68 à l'envers ? Médiapart vient sans doute de capter ce qui sera un moment historique de la sociologie française. Amphi de la Sorbonne, lundi 9 février, rébellion des présidents des universités qui dirigent l'AG et poussent à un ton encore plus dur. On croit rêver...



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