L'E.N a la rage
01/01/08 18:00
Pour reprendre les bonnes habitudes, en ce premier article de l'année, voici de nouveaux rapports sur l'EN. Et comme l'an dernier, rien ne va plus. Encore une fois, il faut tuer le chien.
* En ce qui concerne les matières scientifiques, voici un rapport sur la Série S qui pousse à retarder la spécialisation des lycéens. Ca vous étonne ? C'est dans la droite ligne des économies budgétaires annoncées (moins d'options, moins de coût). Une fois encore on nous ressort le coup de l'harmonisation européenne. L'Europe a bon dos. Ce n'est qu'un rapport, mais quand même. Pour consulter ce rapport c'est là.
Les grandes lignes :
"La mission ne préconise ni un renforcement de la spécialisation des trois séries générales, ni une fusion de ces dernières qui conduirait à former de la même manière tous les élèves. Au cycle terminal de la voie générale, l’élève doit construire son parcours de formation au fur et à mesure que ses goûts et que ses aptitudes se révèlent, c’est à dire progressivement. La progressivité dans la construction de son parcours permet à l’élève d’affiner son projet, de l’ajuster ou même de le revoir".
On veut y démontrer l'inefficacité du système des options en seconde. "La classe de seconde ne joue pas son rôle de classe de détermination. Cela tient d’une part à la méconnaissance qu’ont les élèves et les familles de la nature et des débouchés des différentes voies de formation, et d’autre part aux effets pervers du choix des options. Ce choix est en effet opéré dans une liste trop étendue et difficile à décrypter qui ne place ni les familles, ni les établissements, en situation équitable et il est souvent ressenti par les différents acteurs comme une prédétermination à entrer dans telle ou telle série". "Cette préparation au choix d’un parcours de formation s’appuierait sur des activités de découverte ; leur cadre réglementaire serait déterminé par un cahier des charges et non par un programme ; les lycées les déclineraient en fonction du projet d’établissement, du contexte local, des partenariats possibles (avec des universités, des établissements technologiques voisins, des institutions culturelles…), des compétences disponibles dans l’établissement, et des intervenants extérieurs susceptibles d’être mobilisés". TPE étendus aux options ?
On y prône : en première et terminale tous les élèves partageraient un tronc commun avec des enseignements d'approfondissement. Ces derniers pèseraient peu en première face au tronc commun et c'est seulement en terminale qu'une véritable différenciation se ferait.
"L’organisation en séries de la voie générale est une particularité française" écrivent les auteurs. "Lui substituer une logique de construction de parcours de formation faciliterait la réussite du projet professionnel de l’élève, et permettrait un rapprochement des pratiques rencontrées dans différents pays de l’Union européenne. Cela favoriserait les échanges et la reconnaissance des formations et des diplômes entre les pays".
* En histoire géo, les élèves ont perdu le nord. Deux autres rapports pointent le niveau médiocre. C'est Le Figaro qui le dit (qui cite des sources ministérielles). Les instits qui suivent ce blog nous dirons ce qu'ils en pensent dans les commentaires.
Le Figaro — "En fin de primaire, 41,7% des élèves sont jugés en difficulté dans ces matières.
Selon une étude que vient de publier le ministère de l'Éducation nationale, «seuls 28 % des élèves maîtrisent de façon satisfaisante les exigences de compétences et de connaissance attendues par les programmes d'histoire et géographie en fin de primaire». 41,7% des élèves sont jugés en difficulté (26,7%) ou en grande difficulté (15%). À croire que les noms de Jeanne d'Arc, de Louis XIV, la localisation de la Seine ou de l'Asie sont trop souvent méconnus des apprentis collégiens... Au total, 7688 élèves de CM2 ont été testés en 2006 à partir de 32 thèmes contenant chacune 10 questions.
Il s'agissait entre autres de nommer un personnage à partir d'une image, localiser sur une carte un fleuve et un pays, mais aussi situer des personnages et des événements dans le temps ou encore relier des événements par ordre chronologique. À cet égard, l'étude révèle que les lacunes portent plus sur l'interprétation et la chronologie que sur la connaissance ponctuelle des faits historiques.
Faut-il incriminer les programmes, le traitement qu'en font les enseignants ou des difficultés de compréhension liées à une mauvaise maîtrise du français ? Le rapport note à cet égard que beaucoup d'enseignants estiment que les programmes sont très ambitieux et s'autorisent à ne pas traiter tous les points de chaque chapitre (48%), voire des chapitres entiers (28%). Autre point : «Une des difficultés est de distinguer la part qui est due à la maîtrise du langage et de la langue française et ce qui est dû aux compétences propres à l'histoire, à la géographie et à l'éducation civique». Quoi qu'il en soit, le pourcentage d'élèves en difficulté dans ces matières ressemble étrangement à celui avancé fin août par le Haut Conseil à l'Éducation, qui indiquait que 4 élèves sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes en lecture, écriture et calcul.
"Lacunes en français»
Un deuxième rapport évoque le niveau des élèves dans ces matières à la fin du collège. Elle montre que 43,1% des 5856 élèves testés réussissent moins de la moitié des thèmes proposés, principalement sous la forme de questions à choix multiples. Au total, 15% ont très peu de connaissances ou très fragmentaires et restreintes et 28,1% ont plus des difficultés d'interprétation.
Selon Éric Till, secrétaire général de l'association des professeurs d'histoire-géographie, «ces résultats sont loin d'être satisfaisants, d'autant qu'ils montrent qu'il n'y a pas de progression entre l'école et le collège». Et d'ajouter que «les difficultés sont souvent liées à des lacunes en français, ce qui oblige les enseignants en histoire-géographie à mettre également l'accent sur la lecture et l'écriture». Autre point soulevé, certains aspects du programme font l'objet d'un traitement plus léger. Un rapport de l'Inspection générale de l'éducation nationale datant de fin 2005 avait d'ailleurs jugé sévèrement le rôle des enseignants d'histoire-géographie. Par ailleurs, le programme d'histoire et géographie de 6e est en cours de refonte et devrait être présenté au printemps au Haut Conseil de l'éducation pour être appliqué à la rentrée 2009-2010."
Eric Till aurait mieux fait de dire qu'au collège l'objectif n'est pas de de répondre à des QCM, mais qu'il y a des ambitions méthodologiques et intellectuelles que ledit questionnaire semble vouloir ignorer. Quand à l'apprentissage de dates par coeur, il y a bien longtemps que l'on ne fait plus ce genre de truc à la con et tant mieux (savoir que 1515 c'est Marignan c'est bien, mais demandez un peu à ceux qui prônent ces dates quels sont les belligérants et les enjeux de la bataille et vous n'aurez pas fini de rigoler - réponse là). Je signale que le brevet a une épreuve de dates (souvent assez réussie).
* Enfin, il se dit que le CAPES de documentation serait supprimé à partir de 2010. Source à vérifier tout de même.
De toute façon, comme avait dit une élève, avoir un CAPES pour passer sa vie à garder des livres ...
Voilà de quoi fêter la nouvelle année...
Youpi.
* En ce qui concerne les matières scientifiques, voici un rapport sur la Série S qui pousse à retarder la spécialisation des lycéens. Ca vous étonne ? C'est dans la droite ligne des économies budgétaires annoncées (moins d'options, moins de coût). Une fois encore on nous ressort le coup de l'harmonisation européenne. L'Europe a bon dos. Ce n'est qu'un rapport, mais quand même. Pour consulter ce rapport c'est là.
Les grandes lignes :
"La mission ne préconise ni un renforcement de la spécialisation des trois séries générales, ni une fusion de ces dernières qui conduirait à former de la même manière tous les élèves. Au cycle terminal de la voie générale, l’élève doit construire son parcours de formation au fur et à mesure que ses goûts et que ses aptitudes se révèlent, c’est à dire progressivement. La progressivité dans la construction de son parcours permet à l’élève d’affiner son projet, de l’ajuster ou même de le revoir".
On veut y démontrer l'inefficacité du système des options en seconde. "La classe de seconde ne joue pas son rôle de classe de détermination. Cela tient d’une part à la méconnaissance qu’ont les élèves et les familles de la nature et des débouchés des différentes voies de formation, et d’autre part aux effets pervers du choix des options. Ce choix est en effet opéré dans une liste trop étendue et difficile à décrypter qui ne place ni les familles, ni les établissements, en situation équitable et il est souvent ressenti par les différents acteurs comme une prédétermination à entrer dans telle ou telle série". "Cette préparation au choix d’un parcours de formation s’appuierait sur des activités de découverte ; leur cadre réglementaire serait déterminé par un cahier des charges et non par un programme ; les lycées les déclineraient en fonction du projet d’établissement, du contexte local, des partenariats possibles (avec des universités, des établissements technologiques voisins, des institutions culturelles…), des compétences disponibles dans l’établissement, et des intervenants extérieurs susceptibles d’être mobilisés". TPE étendus aux options ?
On y prône : en première et terminale tous les élèves partageraient un tronc commun avec des enseignements d'approfondissement. Ces derniers pèseraient peu en première face au tronc commun et c'est seulement en terminale qu'une véritable différenciation se ferait.
"L’organisation en séries de la voie générale est une particularité française" écrivent les auteurs. "Lui substituer une logique de construction de parcours de formation faciliterait la réussite du projet professionnel de l’élève, et permettrait un rapprochement des pratiques rencontrées dans différents pays de l’Union européenne. Cela favoriserait les échanges et la reconnaissance des formations et des diplômes entre les pays".
* En histoire géo, les élèves ont perdu le nord. Deux autres rapports pointent le niveau médiocre. C'est Le Figaro qui le dit (qui cite des sources ministérielles). Les instits qui suivent ce blog nous dirons ce qu'ils en pensent dans les commentaires.
Le Figaro — "En fin de primaire, 41,7% des élèves sont jugés en difficulté dans ces matières.
Selon une étude que vient de publier le ministère de l'Éducation nationale, «seuls 28 % des élèves maîtrisent de façon satisfaisante les exigences de compétences et de connaissance attendues par les programmes d'histoire et géographie en fin de primaire». 41,7% des élèves sont jugés en difficulté (26,7%) ou en grande difficulté (15%). À croire que les noms de Jeanne d'Arc, de Louis XIV, la localisation de la Seine ou de l'Asie sont trop souvent méconnus des apprentis collégiens... Au total, 7688 élèves de CM2 ont été testés en 2006 à partir de 32 thèmes contenant chacune 10 questions.
Il s'agissait entre autres de nommer un personnage à partir d'une image, localiser sur une carte un fleuve et un pays, mais aussi situer des personnages et des événements dans le temps ou encore relier des événements par ordre chronologique. À cet égard, l'étude révèle que les lacunes portent plus sur l'interprétation et la chronologie que sur la connaissance ponctuelle des faits historiques.
Faut-il incriminer les programmes, le traitement qu'en font les enseignants ou des difficultés de compréhension liées à une mauvaise maîtrise du français ? Le rapport note à cet égard que beaucoup d'enseignants estiment que les programmes sont très ambitieux et s'autorisent à ne pas traiter tous les points de chaque chapitre (48%), voire des chapitres entiers (28%). Autre point : «Une des difficultés est de distinguer la part qui est due à la maîtrise du langage et de la langue française et ce qui est dû aux compétences propres à l'histoire, à la géographie et à l'éducation civique». Quoi qu'il en soit, le pourcentage d'élèves en difficulté dans ces matières ressemble étrangement à celui avancé fin août par le Haut Conseil à l'Éducation, qui indiquait que 4 élèves sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes en lecture, écriture et calcul.
"Lacunes en français»
Un deuxième rapport évoque le niveau des élèves dans ces matières à la fin du collège. Elle montre que 43,1% des 5856 élèves testés réussissent moins de la moitié des thèmes proposés, principalement sous la forme de questions à choix multiples. Au total, 15% ont très peu de connaissances ou très fragmentaires et restreintes et 28,1% ont plus des difficultés d'interprétation.
Selon Éric Till, secrétaire général de l'association des professeurs d'histoire-géographie, «ces résultats sont loin d'être satisfaisants, d'autant qu'ils montrent qu'il n'y a pas de progression entre l'école et le collège». Et d'ajouter que «les difficultés sont souvent liées à des lacunes en français, ce qui oblige les enseignants en histoire-géographie à mettre également l'accent sur la lecture et l'écriture». Autre point soulevé, certains aspects du programme font l'objet d'un traitement plus léger. Un rapport de l'Inspection générale de l'éducation nationale datant de fin 2005 avait d'ailleurs jugé sévèrement le rôle des enseignants d'histoire-géographie. Par ailleurs, le programme d'histoire et géographie de 6e est en cours de refonte et devrait être présenté au printemps au Haut Conseil de l'éducation pour être appliqué à la rentrée 2009-2010."
Eric Till aurait mieux fait de dire qu'au collège l'objectif n'est pas de de répondre à des QCM, mais qu'il y a des ambitions méthodologiques et intellectuelles que ledit questionnaire semble vouloir ignorer. Quand à l'apprentissage de dates par coeur, il y a bien longtemps que l'on ne fait plus ce genre de truc à la con et tant mieux (savoir que 1515 c'est Marignan c'est bien, mais demandez un peu à ceux qui prônent ces dates quels sont les belligérants et les enjeux de la bataille et vous n'aurez pas fini de rigoler - réponse là). Je signale que le brevet a une épreuve de dates (souvent assez réussie).
* Enfin, il se dit que le CAPES de documentation serait supprimé à partir de 2010. Source à vérifier tout de même.
De toute façon, comme avait dit une élève, avoir un CAPES pour passer sa vie à garder des livres ...
Voilà de quoi fêter la nouvelle année...
Youpi.
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