Performitude Darcosienne
Darcos annonce un prêt immobilier à taux zéro pour les professeurs mutés
Les professeurs qui obtiennent une mutation vont pouvoir bénéficier d'un prêt immobilier à taux zéro, a annoncé le ministre de l'Education Xavier Darcos dans un entretien au Monde daté de samedi, assurant qu'il venait "d'engager les négociations avec les banques sur ce sujet".
Le ministre a aussi annoncé "une prime exceptionnelle" de 400 euros pour les professeurs de CE1 et CM2 qui seront chargés "en février 2009" des nouvelles évaluations des écoliers de ce niveau mises en place par l'Education nationale.
Enfin, il assure qu'"avant la fin de l'année", en accord avec la ministre de la Culture Christine Albanel, sera lancé le "Pass Culture", qui permettra aux enseignants "d'accéder gratuitement aux lieux de culture".
"Personne ne doit pouvoir dire que les enseignants sont les mal-aimés de ce gouvernement", a dit M. Darcos au sujet de ces trois annonces.
Le Monde a par ailleurs demandé au ministre si "avec la crise et la remontée du chômage", il était "pertinent de continuer de supprimer 30.000 postes de fonctionnaires pour économiser 776 millions d'euros sur le budget 2009, alors que, pour prendre ce seul exemple, un incident de trading vient de faire perdre 751 millions aux Caisses d'Epargne?"
Réponse de M. Darcos: "Vous ne pouvez pas mettre sur le même plan une logique de désendettement sur le long terme et un gaspillage instantané, aussi scandaleux soit-il". En nous abstenant de recruter 30.000 fonctionnaires, dont 13.500 dans l'Education nationale, ce n'est pas 776 millions que nous économisons, mais ce chiffre-là répété pendant 40 ans. Soit, sans même compter les pensions, environ 30 milliards. Ce n'est pas rien. Notre devoir est de continuer à alléger le fardeau que nous léguons aux générations futures", a-t-il ajouté.
40 milliards sur 30 ans ? C'est pas énorme non plus (tout juste de quoi inviter 13 fois l'Homme qui valait 3 millards).
* Performance gouvernementale et scolaire. Extrait d'un discours de Darcos sur les objectifs de sa politique : travailler à l'amélioration des performances de l'EN. Propos tenus à la conférence européenne de Poitiers sur le thème "Gouvernance et performance des établissements scolaires en Europe
Très instructif pour comprendre comment toutes les mesures gouvernementales sont liées les unes aux autres. A mettre sous le nez de tous les incrédules.
En ligne sur le site du ministère. Là.
"La performance au coeur des systèmes éducatifs
La performance, c’est d’abord celle du système éducatif dans son ensemble. Il s’agit là d’un enjeu essentiel, notamment pour les décideurs politiques dont la mission est à mon sens de faire émerger des systèmes de plus en plus performants, capables de qualifier un nombre croissant de jeunes à des niveaux toujours plus élevés.
Améliorer les performances d’un système éducatif suppose de porter un regard lucide sur ses résultats, mais aussi d’en identifier les atouts à conforter et les faiblesses à combattre. Dans ce domaine les comparaisons internationales sont d’un grand secours pour parvenir à situer les performances d’un système éducatif par rapport à ceux qui l’entourent.
C’est également cette recherche de la performance éducative qui guide mon action depuis mon arrivée à la tête du ministère de l’Éducation nationale en mai 2007. Ainsi, à l’hiver dernier, la publication des résultats des enquêtes PIRLS et PISA a permis de prendre conscience de la dégradation des résultats de nos élèves, en particulier en ce qui concerne l’apprentissage de la lecture.
C’est aussi cette recherche de la performance qui m’a conduit à réformer nos lycées, qu’ils soient professionnels ou généraux et technologiques. En effet, il s’agit à la fois de lutter contre les sorties sans qualification, d’amener davantage d’élèves au niveau du baccalauréat et d’offrir à nos élèves de nouveaux services de soutien, d’accompagnement ou d’aide à l’orientation qui les prépareront à être plus performants dans l’enseignement supérieur.
Comme vous le savez, selon les critères établis par l’O.C.D.E., la « bonne gouvernance » est celle qui repose sur les principes de la démocratie car elle permet d’assurer non seulement les relations entre l’administration, les citoyens et le parlement, mais aussi un fonctionnement conforme aux attentes de l’État. Je sais, à ce propos, que le Conseil de l’Europe travaille sur le concept de gouvernance démocratique de l’école et s’interroge sur l’articulation entre la gouvernance et les responsabilités du chef d’établissement.
Jusqu’à présent, la massification à l’oeuvre ne s’est pas suffisamment traduite par une transformation des modes de pilotage et de gouvernance. Pourtant, si je prends l’exemple de la France, un certain nombre d’initiatives ont été prises depuis le milieu des années 1980.
En effet, les collèges et les lycées sont devenus en 1985 des « établissements publics locaux d’enseignement », dotés d’une autonomie administrative plus grande. La rédaction de « projets d’établissement » s’est systématisée. Plus récemment, en 2005, la loi d’orientation et de programme sur l’avenir de l’école, dite loi Fillon, a ouvert le droit à l’expérimentation pédagogique et les autorités académiques signent de plus en plus de « contrats d’objectifs » avec les établissements du second degré.
* Big Brother. Voici un appel d'offre passé le 15 octobre par le gouvernment pour assurer une veille internet. Tout le doc est là en pdf. Extraits (une info Fabula.org) :
Il devra avoir pour objectifs :
"•
Repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte
et analyser leur potentiel d'influence et leur
capacité à se constituer en réseau
•
Décrypter les sources des débats et leurs modes de
propagation
• Repérer les informations signifiantes (en
particulier les signaux faibles)
• Suivre les informations signifiantes dans le temps
• Relever des indicateurs quantitatifs (volume des
contributions, nombre de commentaires,audience, etc.)
• Rapprocher ces informations et les interpréter
• Anticiper et évaluer les risques de contagion et de
crise
• Alerter et préconiser en conséquence "
Parmi
les "sources surveillées":
"La
veille sur Internet portera sur les sources
stratégiques en ligne : sites
« commentateurs » de l'actualité,
revendicatifs, informatifs, participatifs,
politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en
ligne, les sites de syndicats, de partis politiques,
les portails thématiques ou régionaux, les sites
militants d'associations, de mouvements revendicatifs
ou alternatifs, de leaders d'opinion.
La veille portera également sur les moteurs
généralistes, les forums grand public et spécialisés,
les blogs, les pages personnelles, les réseaux
sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en
ligne, et sur les autres formats de diffusion
(vidéos, etc.)
[…]Les
interactions entre des sources de nature différente,
les passages de relais d'un media à l'autre seront
soigneusement analysées.
Et pour les finalités:
"L'analyse
attendue des principaux arguments, des critiques et
des tendances, à partir du corpus défini, tous les
canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes
de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse
hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et
débats en présence).
Plus particulièrement en matière de veille Internet,
l'analyse permettra un suivi précis de l'évolution de
l'opinion internaute et des arguments émergents
relayés et commentés sur ce canal.
"
[…]
Clé de voûte du dispositif de veille, le passage en
« mode alerte » visera à transmettre
systématiquement les informations stratégiques ou les
signaux faibles susceptibles de monter de manière
inhabituellement accélérée.
Les notes de veille pourront porter ou sur l'ensemble
des canaux (média traditionnels et Internet formel et
informel) ou être limitées à l'internet (cf. liste
des produits au bordereau des prix).
Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission,
doivent être suivis avec une attention particulière
et signalées en temps réel.
Des éléments quantitatifs (nombre d'interventions,
nombre de commentaires, mots les plus fréquemment
cités) seront systématiquement inclus. L'audience et
l'influence des sources et des relais seront
précisées. "
Et l'étape d'après
c'est quoi ?
* Enfin, certains
trouvent que Darcos ne va pas assez loin dans sa
réforme du lycée, et
refusent de
comprendre qu'elle est avant tout faite pour
supprimer des postes. Alors ils remettent la gomme.
Voici donc un nouvel appel des
naïfs. Extraits :
La mission de Jean Paul de Gaudemar ouvrait, à nos
yeux, des perspectives très positives pour que le
lycée soit plus démocratique et prépare mieux à
l’enseignement supérieur : elle prônait davantage de
souplesse dans les parcours d’études, dans
l’organisation de l’année scolaire, dans la
répartition
des activités des élèves, dans l’architecture de la
classe de seconde, pour favoriser des choix
d’orientation plus lucides , pour éviter les
redoublements ; ces propositions impliquaient un
suivi rigoureux des élèves, la mise en place de
nouvelles modalités d’évaluation, y compris en ce qui
concerne le baccalauréat, elles nécessitaient une
mise à jour des programmes, une clarification des
compétences attendues des élèves ; elles impliquaient
une évolution des pratiques et une redéfinition du
métier et du service enseignant ; elles rendaient
nécessaires l’autonomie des établissements et leur
accompagnement. Bref, elles promettaient, dans la
lignée des rapports précédents sur le lycée, de
former des citoyens actifs et ouverts. (...)
Les objectifs qui étaient assignés à la réforme nous
semblent hors de portée si elle reste en l’état.
(...)
Appel lancé par : Crap-Cahiers Pédagogiques,
Education&Devenir, Fédération des Conseils de
Parents d’Elèves, Ligue de l’enseignement