Ambiance de rentrée
05/01/09 21:00
*Un concerté vaut-il mieux que deux ? pas sûr. Darcos s'y (re)colle. C'est encore officieux. Tiens, pourquoi ?
Le Fig. - "Le ministre de l'Education Xavier Darcos a débuté une "vaste concertation" sur la réforme du lycée qui prendra plusieurs semaines et aura lieu tant au niveau national que local, a-t-on assuré au ministère de l'Education nationale. M. Darcos "a commencé à recevoir de manière informelle des leaders syndicaux" et ceci "va se poursuivre toute la semaine et la semaine prochaine", dans le but de "poser un constat indiscutable sur les améliorations qu'il est nécessaire d'apporter au lycée général et technologique". "La plupart des rendez-vous des semaines à venir" concernera la réforme du lycée, le ministre rencontrant aussi dès mardi le recteur chargé de piloter cette réforme, Jean-Paul de Gaudemar, précise-t-on au ministère. La consultation concernera aussi les acteurs de la société civile et la base de départ "demeure les points de convergences, d'objectifs et les principes directeurs de la réforme signés avec les syndicats et les organisations lycéennes en juin et juillet dernier"."
* Les élèves eux ne négocient pas. Ceux de la FIDL au moins.
AFP - Fidl: le retrait des suppressions de postes, un préalable aux discussions
"L'organisation lycéenne Fidl a annoncé lundi dans un communiqué qu'elle faisait désormais du "retrait des suppressions de postes" (13.500 dans le budget 2009) "le préalable à l'ouverture de discussions" avec le ministère de l'Education sur la réforme du lycée.
"Tant que le ministre ne reviendra pas sur les suppressions de postes, les lycéens se mobiliseront", a déclaré la présidente de la Fidl, Alix Nicolet, dans ce communiqué, appelant les lycéens à la mobilisation jeudi.
"En effet, il ne peut y avoir de réforme au service de l'éducation dans un climat de coupes budgétaires permanentes. Les suppressions de postes et les atteintes répétées au service public d'éducation sont autant d'éléments qui ne permettent pas d'élaborer une réforme qui puisse pallier les failles du lycée d'aujourd'hui (orientation, échec scolaire, meilleur encadrement...)", ajoute la Fidl.
Selon l'organisation, des assemblées générales et des réunions d'informations ont déjà eu lieu lundi matin dans une dizaine de lycées à Paris et une cinquantaine en banlieue parisienne.
La Fidl prévoit d'organiser ses propres Etats généraux des lycéens les 24 et 25 janvier, afin d'élaborer une plate-forme de propositions pour le lycée."
Enfin pour l'instant...
* Nos facultés se raidissent. Tant qu'il s'agit des facultés...
AFP - "Très grand état de tension" dans les universités, selon leurs présidents
La Conférence des présidents d'universités (CPU) a écrit au président Nicolas Sarkozy pour lui faire part du "très grand état de tension et d'inquiétude" dans lequel se trouvent les universités en ce début 2009, selon cette "lettre ouverte" disponible lundi sur le site de la CPU.
Alors que le chef de l'Etat a érigé l'Université et la Recherche "au rang de priorités nationales", les universités connaissent un "malaise grandissant" et des "mécontentements accumulés", selon la CPU.
En cause, des "interrogations persistantes" sur "la proportion des moyens nouveaux qui parviennent réellement aux universités", "la qualité de l'accueil des étudiants", "la réalité des dotations de l'Etat" pour les projets retenus par le plan Campus et "le devenir des statuts des personnels".
"Trois dossiers" sont "particulièrement sensibles" et "risquent de mettre le feu aux poudres", selon la lettre: la modification du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation des enseignants et l'accord France/Vatican du 18 décembre sur la reconnaissance des diplômes nationaux.
La réforme du statut des enseignants-chercheurs entend, notamment, inciter davantage de chercheurs à enseigner.
Selon la CPU, le "malaise" vient de la conception de la "modulation des services" (entre recherche et enseignement) qui consiste "à alourdir le temps d'enseignement de ceux que le Conseil national des Universités aura jugé moins performants en recherche".
"Une modulation des services qui transformerait l'augmentation du temps d'enseignement en sanction pour recherche insuffisante, voire en compensation pour des suppressions de postes constatées et annoncées, et qui cristalliserait par ailleurs les inégalités (...), créerait des dommages irréparables (...) sans pour autant augmenter significativement la capacité de recherche du système d'enseignement supérieur français", écrit la CPU.
* Bonne ambiance dans ce lycée de Nanterre ou la proviseure a porté plainte contre des élèves qui se sont retrouvé en examen pendant les vacances. Les profs demandent aujourd'hui à ladite proviseure de retirer sa plainte. Voici leur lettre qui présente toute l'histoire (de source syndicale):
Madame la Proviseure, l’équipe d’enseignants du lycée souhaite, par ce courrier exprimer sa position sur les évènements qui ont mené à la mise en garde à vue de deux élèves du lycée et à ses suites judiciaires.
Un conseil de discipline pour absentéisme a été fixé la veille du jour des vacances scolaires. Sa convocation répond au fonctionnement du règlement intérieur actuel de notre lycée, et il est vrai que les paliers intermédiaires avaient bien été respectés. Nous ne remettons pas en cause la légitimité des décisions de ce conseil.
Néanmoins, le contexte particulier dans lequel a été décidé ce CD soulève de nombreuses questions. On ne peut faire fi de la situation de mobilisation contre le projet de réforme du lycée dont les élèves sont partie prenante et que beaucoup d’enseignants soutiennent sur le fond. Il y a donc eu un brouillage des motifs du CD. Ajouté à la présence en tant que délégués de Gaëlle et Sarah, elles-mêmes deux des leader du blocage, on est là dans une accumulation de maladresses qui auraient justifié une discussion collective avec l’équipe éducative (ou au moins ses représentants) sur l’opportunité de tenir le CD le vendredi 19 décembre ou celle d’attendre et de réfléchir aux possibilités d’un déroulement plus serein.
Il est clair également que ces tensions ont trouvé dans le cadre de ce conseil une expression qui a dépassé toutes les parties en présence. Nous condamnons la violence des dérapages verbaux des trois élèves, mais aussi celle de la réponse apportée par la direction, sans aucune concertation, et dans un tel contexte de tension, qui a mené deux des trois adolescents à passer une nuit en cellule.
En effet, vous sentant objectivement menacée, vous avez préféré porter plainte au pénal, prenant au pied de la lettre les incontestables dérapages verbaux des élèves. Les trois élèves ont été convoqués au commissariat, Sarah et Christophe (mineurs tous deux) ont subi le lundi 29 décembre, et la nuit qui a suivi, une garde à vue. Le mardi matin, ils ont été déférés au parquet pour passer devant le juge des enfants, avec prise en compte des "menaces sur des édifices pouvant mettre en danger la vie d’autrui et menaces de mort" sans mise sous contrôle judiciaire, mais une mise en examen avec jugement dans un an. Gaëlle, majeure, avait été libérée le lundi après-midi et passera en jugement dans un mois.
L’affaire a pris aujourd’hui une dimension dramatique et médiatique que nous aurions sans doute pu éviter. Les élus de la mairie, le délégué de la Ligue des Droits de l’Homme, le Snes, la FSU, les mouvements lycéens, se sont interrogés légitimement sur le traitement lapidaire et judiciaire de cet évènement. Nous voulons réaffirmer ici que notre rôle est celui de l’apprentissage de la citoyenneté, et que cela passe par la nécessité de rendre possibles les formes démocratiques du débat, capable de résoudre les conflits sans recours aux extrêmes qui affaiblissent la confiance des élèves dans notre système éducatif public.
C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la Proviseure, de retirer la plainte contre les élèves et d’accepter la mise en place d’une commission médiatrice chargée d’œuvrer au rétablissement du dialogue avec l’ensemble des élèves, de mettre par écrit les engagements des uns et des autres et d’en informer l’ensemble des personnels de l’établissement, préalable à l’instauration de conditions plus sereines de travail.
Le Fig. - "Le ministre de l'Education Xavier Darcos a débuté une "vaste concertation" sur la réforme du lycée qui prendra plusieurs semaines et aura lieu tant au niveau national que local, a-t-on assuré au ministère de l'Education nationale. M. Darcos "a commencé à recevoir de manière informelle des leaders syndicaux" et ceci "va se poursuivre toute la semaine et la semaine prochaine", dans le but de "poser un constat indiscutable sur les améliorations qu'il est nécessaire d'apporter au lycée général et technologique". "La plupart des rendez-vous des semaines à venir" concernera la réforme du lycée, le ministre rencontrant aussi dès mardi le recteur chargé de piloter cette réforme, Jean-Paul de Gaudemar, précise-t-on au ministère. La consultation concernera aussi les acteurs de la société civile et la base de départ "demeure les points de convergences, d'objectifs et les principes directeurs de la réforme signés avec les syndicats et les organisations lycéennes en juin et juillet dernier"."
* Les élèves eux ne négocient pas. Ceux de la FIDL au moins.
AFP - Fidl: le retrait des suppressions de postes, un préalable aux discussions
"L'organisation lycéenne Fidl a annoncé lundi dans un communiqué qu'elle faisait désormais du "retrait des suppressions de postes" (13.500 dans le budget 2009) "le préalable à l'ouverture de discussions" avec le ministère de l'Education sur la réforme du lycée.
"Tant que le ministre ne reviendra pas sur les suppressions de postes, les lycéens se mobiliseront", a déclaré la présidente de la Fidl, Alix Nicolet, dans ce communiqué, appelant les lycéens à la mobilisation jeudi.
"En effet, il ne peut y avoir de réforme au service de l'éducation dans un climat de coupes budgétaires permanentes. Les suppressions de postes et les atteintes répétées au service public d'éducation sont autant d'éléments qui ne permettent pas d'élaborer une réforme qui puisse pallier les failles du lycée d'aujourd'hui (orientation, échec scolaire, meilleur encadrement...)", ajoute la Fidl.
Selon l'organisation, des assemblées générales et des réunions d'informations ont déjà eu lieu lundi matin dans une dizaine de lycées à Paris et une cinquantaine en banlieue parisienne.
La Fidl prévoit d'organiser ses propres Etats généraux des lycéens les 24 et 25 janvier, afin d'élaborer une plate-forme de propositions pour le lycée."
Enfin pour l'instant...
* Nos facultés se raidissent. Tant qu'il s'agit des facultés...
AFP - "Très grand état de tension" dans les universités, selon leurs présidents
La Conférence des présidents d'universités (CPU) a écrit au président Nicolas Sarkozy pour lui faire part du "très grand état de tension et d'inquiétude" dans lequel se trouvent les universités en ce début 2009, selon cette "lettre ouverte" disponible lundi sur le site de la CPU.
Alors que le chef de l'Etat a érigé l'Université et la Recherche "au rang de priorités nationales", les universités connaissent un "malaise grandissant" et des "mécontentements accumulés", selon la CPU.
En cause, des "interrogations persistantes" sur "la proportion des moyens nouveaux qui parviennent réellement aux universités", "la qualité de l'accueil des étudiants", "la réalité des dotations de l'Etat" pour les projets retenus par le plan Campus et "le devenir des statuts des personnels".
"Trois dossiers" sont "particulièrement sensibles" et "risquent de mettre le feu aux poudres", selon la lettre: la modification du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation des enseignants et l'accord France/Vatican du 18 décembre sur la reconnaissance des diplômes nationaux.
La réforme du statut des enseignants-chercheurs entend, notamment, inciter davantage de chercheurs à enseigner.
Selon la CPU, le "malaise" vient de la conception de la "modulation des services" (entre recherche et enseignement) qui consiste "à alourdir le temps d'enseignement de ceux que le Conseil national des Universités aura jugé moins performants en recherche".
"Une modulation des services qui transformerait l'augmentation du temps d'enseignement en sanction pour recherche insuffisante, voire en compensation pour des suppressions de postes constatées et annoncées, et qui cristalliserait par ailleurs les inégalités (...), créerait des dommages irréparables (...) sans pour autant augmenter significativement la capacité de recherche du système d'enseignement supérieur français", écrit la CPU.
* Bonne ambiance dans ce lycée de Nanterre ou la proviseure a porté plainte contre des élèves qui se sont retrouvé en examen pendant les vacances. Les profs demandent aujourd'hui à ladite proviseure de retirer sa plainte. Voici leur lettre qui présente toute l'histoire (de source syndicale):
Madame la Proviseure, l’équipe d’enseignants du lycée souhaite, par ce courrier exprimer sa position sur les évènements qui ont mené à la mise en garde à vue de deux élèves du lycée et à ses suites judiciaires.
Un conseil de discipline pour absentéisme a été fixé la veille du jour des vacances scolaires. Sa convocation répond au fonctionnement du règlement intérieur actuel de notre lycée, et il est vrai que les paliers intermédiaires avaient bien été respectés. Nous ne remettons pas en cause la légitimité des décisions de ce conseil.
Néanmoins, le contexte particulier dans lequel a été décidé ce CD soulève de nombreuses questions. On ne peut faire fi de la situation de mobilisation contre le projet de réforme du lycée dont les élèves sont partie prenante et que beaucoup d’enseignants soutiennent sur le fond. Il y a donc eu un brouillage des motifs du CD. Ajouté à la présence en tant que délégués de Gaëlle et Sarah, elles-mêmes deux des leader du blocage, on est là dans une accumulation de maladresses qui auraient justifié une discussion collective avec l’équipe éducative (ou au moins ses représentants) sur l’opportunité de tenir le CD le vendredi 19 décembre ou celle d’attendre et de réfléchir aux possibilités d’un déroulement plus serein.
Il est clair également que ces tensions ont trouvé dans le cadre de ce conseil une expression qui a dépassé toutes les parties en présence. Nous condamnons la violence des dérapages verbaux des trois élèves, mais aussi celle de la réponse apportée par la direction, sans aucune concertation, et dans un tel contexte de tension, qui a mené deux des trois adolescents à passer une nuit en cellule.
En effet, vous sentant objectivement menacée, vous avez préféré porter plainte au pénal, prenant au pied de la lettre les incontestables dérapages verbaux des élèves. Les trois élèves ont été convoqués au commissariat, Sarah et Christophe (mineurs tous deux) ont subi le lundi 29 décembre, et la nuit qui a suivi, une garde à vue. Le mardi matin, ils ont été déférés au parquet pour passer devant le juge des enfants, avec prise en compte des "menaces sur des édifices pouvant mettre en danger la vie d’autrui et menaces de mort" sans mise sous contrôle judiciaire, mais une mise en examen avec jugement dans un an. Gaëlle, majeure, avait été libérée le lundi après-midi et passera en jugement dans un mois.
L’affaire a pris aujourd’hui une dimension dramatique et médiatique que nous aurions sans doute pu éviter. Les élus de la mairie, le délégué de la Ligue des Droits de l’Homme, le Snes, la FSU, les mouvements lycéens, se sont interrogés légitimement sur le traitement lapidaire et judiciaire de cet évènement. Nous voulons réaffirmer ici que notre rôle est celui de l’apprentissage de la citoyenneté, et que cela passe par la nécessité de rendre possibles les formes démocratiques du débat, capable de résoudre les conflits sans recours aux extrêmes qui affaiblissent la confiance des élèves dans notre système éducatif public.
C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la Proviseure, de retirer la plainte contre les élèves et d’accepter la mise en place d’une commission médiatrice chargée d’œuvrer au rétablissement du dialogue avec l’ensemble des élèves, de mettre par écrit les engagements des uns et des autres et d’en informer l’ensemble des personnels de l’établissement, préalable à l’instauration de conditions plus sereines de travail.
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