Tous les jours un truc nouveau sur la réforme du lycée...
Les infos pleuvent. Revenez souvent. Mises à jour (presque) quotidiennes.
Et aujourd'hui même plusieurs ...
* Les statuts seront-ils inchangés ? C'est ce qu'annonce le ministre aux syndicats qu'il a reçu ce jeudi.
Le Ministre a fermement déclaré que « la réforme du Lycée n’entraînerait aucun modification du statut des enseignants », et que « les services resteraient hebdomadaires ». Toujours selon le Ministre : « il faut que les professeurs restent dans leur discipline, leur statut, leur horaire ». Il tient au « maintien du professeur comme incarnant une discipline, même si d’autres syndicats ne sont pas d’accord ». Enfin, Xavier Darcos a indiqué, relativement aux concours de recrutement, que « la discussion était ouverte » et que les concours devraient « attester de la maîtrise des disciplines et des savoirs ».
Et demain, on rase gratis ?
*Bientôt un module lutte des classes en seconde ? non je déconne, mais voici ce que l'on apprend de source syndicale :
Nous savions par la rumeur qu'un groupe de travail se réunissait depuis le 15 novembre pour donner corps à la proposition ministérielle d'un module d'initiation aux sciences médico-sociales.
Nous savons aujourd'hui que ce module s'est transformé en module d'initiation aux sciences de la santé et du social : deux modules semestriels partagés entre les professeurs de STMS et de Biologie Humaine. Il s'agira de proposer aux élèves des « questionnements dans le domaine sanitaire et social avec des notions et des compétences méthodologiques à acquérir . Chaque questionnement devra faire référence aux deux disciplines et à une méthodologie transversale ». Le tout devant se négocier au niveau de l'établissement, entre les équipes des professeurs des deux disciplines et les proviseurs !
On va nous dire que c'est pour palier la disparition de la moitié des heures d'enseignement en SMS et Biologie Humaine en seconde.
Du flou, de la souplesse, de la diminution (d'horaires), du torpillage et de la collaboration. Qui dit mieux ?
* Les proviseurs paranos tentent le durcissement sécuritaire : (Libé ce jour): Les proviseurs s'accordent à distinguer parmi ces jeunes un noyau dur «complètement inorganisé» et «très déterminé» qui «casse, sans aucun slogan», et un groupe plus «structuré» de «lycéens qui réfléchissent et cherchent à manifester pacifiquement».
On nous signale de plus une certaine forme de pression sur les élèves. On envoie des lettres (menace d'avertissement), on ressort des vieux dossiers (ceux qu'on croyait effacés), la suspicion règne, on fait des menaces sur les poursuites d'études...
Allez, une pastille ?
* Stages intensifs de langue pendant les vacances. Voici ce que dans certaines académies on reçoit dans les casiers.
Ministère de l’Education Nationale, Secrétariat de [...]
[...], le 20 novembre
Le Recteur de l’Académie, à Mesdames et Messieurs les Proviseurs de lycées
Mesdames et messieurs les coordonnateurs de langues vivantes
Objet : organisation de stages intensifs d’anglais
En début d’année scolaire, un certain nombre de mesures destinées à favoriser l’enseignement de l’anglais au collège et au lycée ont été annoncées par Monsieur le Ministre de l’Education Nationale. Parmi celles-ci, figure la mise en place de stages intensifs pendant les vacances, notamment celles d’hiver (février) et d’été (début juillet et fin août).
L’objectif visé étant de se rapprocher des stages linguistiques en immersion , il est envisagé de privilégier la langue orale et de permettre aux élèves d’utiliser l’anglais dans des situations de communication aussi authentiques que possible.
Je vous demande donc de réfléchir dès maintenant à l’organisation de tels stages en répertoriant notamment les ressources disponibles dans votre établissement :
_ ressources humaines : professeurs, assistants de langue étrangère qui n’auraient pas l’intention de s’éloigner pendant les vacances d’hiver, étudiants Erasmus, parents d’origine étrangère.
_ ressources technologiques : salles pupitres, salles multimédia, possible visio-conférences, réception de chaînes de télévision étrangères, connexions Internet…
Je sais pouvoir compter sur vous pour relever ce nouveau défi qui vise à réduire les inégalités sociales et à offrir à tous nos lycéens les mêmes opportunités d’améliorer leurs compétences en langue anglaise.
* Le président de l'université de Poitiers explique à la ministre pourquoi il n'est pas content de voir augmenter son budget. Extraits et sa lettre en pdf.
Madame la Ministre,
Monsieur le Directeur Général,
Vous m’avez communiqué les moyens alloués en 2009 à l’université de Poitiers tels qu’ils résultent du nouveau système d’allocation. J’ai pu ainsi constater que le budget de mon établissement progresserait en 2009 de 4,8% par rapport aux crédits 2008 (pour une moyenne nationale de + 15%),
et qu’il lui était demandé :
- de ne pas renouveler 3 départs à la retraite ;
- de contribuer à l’effort de redéploiement d’emplois en faveur des universités les moins bien dotées à hauteur de 5 non renouvellements de départs à la retraite ;
- d’intégrer dans ses perspectives de nouveaux efforts de non renouvellements à hauteur de 5 emplois pour 2010 et de 5 emplois pour 2011.
(...) Je suis convaincu que nous devons faire évoluer nos universités car la situation qui leur est faite depuis longtemps est inacceptable. Encore faudrait-il que les conditions soient réunies. La déception créée par les annonces récentes va renforcer tous les conservatismes, tous les immobilismes, et créer un climat de défiance qui ne demande qu’à être entretenu.
La lettre est là : Gesson-Poitiers
* Chèque éducation : un pas de plus vers sa mise en place (vieille mesure réclamée depuis longtemps par l'extrême droite):
Il ne concernait jusqu'ici que les écoles libres situées hors commune de résidence, il pourra désormais concerner aussi les écoles publiques sous certaines conditions (pour l'instant); la mesure ne coûte pas cher à l'Etat, puisque ce sont les communes qui payent. Il suffira ensuite de prévoir des financements analogues des départements et des régions pour les collèges et lycées et le tour sera joué...
(On comprend pourquoi il était si urgent de s'attaquer à la carte scolaire après l'élection présidentielle.)
Voir les infos Ouest France.
* Mieux vaut en rire ? Oui mais pas trop quand même . Merci à Vidberg. Visitez son site. 