Réformés ou protestants ?

Rappel : Vers la Une du Mammouth qui vient d'être mise à jour

Bon tout le monde s'accorde pour dire que c'était une grosse mobilisation hier. Mais les réformes, elles continuent :

* Lycées en réforme : suite de suite de suite mais pas fin.
Maintenant on nous dit que les élèves pourront changer de spécialisation en cours de cursus. (Darcos, sur TF1).
Bientôt des cartes de visite du style "Monsieur X, gynécologue, ancien plombier".

* La fin des RASED mise en musique. Infos du SNUIPP qui dénonce qu'avant même que cela soit vraiment décidé (vote du budget) on organise le massacre.

Communiqué SNUIPP — "
Selon des informations émanant de plusieurs départements, les inspecteurs d’académie ont d’ores et déjà reçu la consigne de préparer la fermeture de 3000 postes E et G entraînant la suppression d’un tiers des RASED dès cette année.
Les inspecteurs d’académie sont chargés de repérer dans des écoles des postes d’enseignants partant en retraite ; certains de ces postes seraient fléchés et les maîtres E ou G seront nommés sur ces postes classe dès la rentrée 2009.
Il ne s’agit absolument pas d’une « sédentarisation » des Réseaux d’Aides Spécialisées pour les Elèves en Difficulté comme l’a prétendu le ministre mais bien d’une suppression d’un dispositif d’aides aux élèves en difficulté et d’une affectation des maîtres spécialisés sur un poste classe existant.
Il est stupéfiant que des mesures soient préparées dans les départements alors que le budget n’est pas encore voté, qu’aucune instance consultative au plan national comme départemental n’a été saisie et qu’aucune consultation des personnels n’a été effectuée."


* Le SNESUP - FSU réclame l’abandon du projet de modification des concours. Encore faut-il pour lui que tous les syndicats de la FSU se retirent de la négociation sur ce point (et c'est pas joué le SNEs et le SNUIPP y sont toujours !). En effet les Facs n'ont peut-être pas à y gagner. Extraits

Le SNESUP a pris connaissance du texte intitulé « Les nouveaux concours de recrutement de professeurs » mis en ligne sur le site du ministère de l'Éducation Nationale. Ce texte n’a aucun statut réglementaire ; il ne modifie donc pas les concours. (...)
Ce pilotage de fait des masters par les concours conduirait à ce que l'essentiel des contenus de formation des masters soit étroitement lié au contenu des concours et fasse donc l'objet d'une revalidation par le concours. C'est en contradiction avec les objectifs affichés dans le texte ministériel. Cela priverait les étudiants de réelles possibilités de réorientations au cours du Master.
(...)
- La disparition de certaines matières dans les concours (EPS, musique ou arts visuels pour le Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles par exemple, technique documentaire pour le CAPES Documentation...) entraînerait, dans les nouveaux masters, la disparition à terme de tout enseignement universitaire dans ces matières. Le tirage au sort de certaines épreuves rend la réussite aux concours particulièrement aléatoire. Le "dogme" de la réduction du nombre d'épreuves apparaît uniquement guidé par un objectif de réduction des coûts.
- La définition de certaines épreuves provoque des lectures tellement contradictoires, qu'elle rend impossible la conception d'une préparation. (...)
- On peut s'inquiéter de l'importance du coefficient de l'épreuve d'admission « Connaissance du système éducatif ». Pour la première fois, des personnes extérieures au système éducatif, qualifiées de « membres de la société civile », feraient partie du jury de recrutement des fonctionnaires de l'Éducation Nationale.
- A la marge de ces textes, figure le maintien de l’agrégation qui semble conçue par le ministère comme un moyen de creuser la differentiation entre les établissements universitaires dans le cadre concurrentiel de la loi LRU ; dispositifs visant à concentrer les moyens de recherche sur quelques sites et à maintenir les autres (limités au niveau L ?)° dans un rapport affaibli à la recherche.

Plus largement le SNESUP déplore l'absence persistante de tout engagement ministériel sur le  maintien du recrutement par concours national - avec un nombre de postes correspondant aux besoins - comme le mode normal d'accès au métier d'enseignant dans le service public d'éducation,.
Le SNESUP demande l'abandon de ces projets de concours et la mise en place, dans la transparence, de groupes de travail intégrant l'ensemble des acteurs de la formation, pour l'élaboration concertée de nouveaux projets de concours et d'un cadrage national des masters.


* Les primés sont : les enseignants du supérieur. Tant mieux pour eux. Mais 15 000 € quand même. Ce n'est pas ce qui va améliorer la bonne ambiance qui règne déjà à l'Université. C'est ça aussi une université de droite.

AFP -Prime annuelle de 3.500 à 15.000 euros à certains enseignants d'universités (Pécresse)

"Les "meilleurs" enseignants des universités recevront, à partir de la rentrée 2009, une "prime de responsabilité pédagogique" de "3.500 à 15.000 euros par an", a annoncé dimanche la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse.
"Aujourd'hui, la fonction enseignante n'est pas reconnue et elle n'est pas valorisée. Moi, je souhaite une meilleure rémunération, dès l'année prochaine, des
meilleurs enseignants à l'université selon leur engagement pédagogique", a-t-elle dit au Grand rendez-vous Europe 1-Le Parisien Aujourd'hui en France.
"Je veux une prime de responsabilité pédagogique, 3.500 à 15.000 euros par an", a-t-elle ajouté. Prévue dans le projet de budget 2009, la prime entrerait en vigueur à la rentrée universitaire 2009, a-t-on précisé au ministère.
Mme Pécresse a notamment évoqué les enseignants qui mettent leurs cours en ligne, ce qui est "extraordinairement bénéfique pour les élèves".
"Dans toutes les grandes universités du monde, on met les cours sur Internet. Pourquoi ? Parce que ça permet aux étudiants d'avoir le cours au départ et, au cours lui-même, de devenir un vrai échange interactif, et donc d'être beaucoup plus profitable aux élèves", a-t-elle commenté.
L'évaluation se fera de manière "collégiale, à la fois par l'université, mais aussi, tous les quatre ans, par le Conseil national des universités, c'est-à-dire par une instance indépendante nationale qui validera l'évaluation", a-t-elle précisé."

Ou comment renforcer encore le copinage...

* Comment obliger les enseignants à utiliser les tice (au lieu d'un bon vieux rétroprojecteur) ? Fastoche. Les intégrer dans les examens. E. Besson le dit noir sur blanc dans son dernier rapport. L'objectif n'est pas du tout pédago. Mais alors quel est-il ?

Le rapport est là.

Il faut dire qu'il est aidé par un certain nombre de zozos, profs, qui en remettent une couche. C'est le cas des Clionautes, profs d'histoire-géo, qui ne pensent que les Tice sont le remède miracle et qui déclarent dans leur dernier communiqué :

"[vouloir] l’intégration des compétences liées à une utilisation raisonnée des TICE dans les savoir-faire indispensables aux lycéens.

Pour les Clionautes la réforme du lycée doit s’accompagner des moyens matériels et humains à même de favoriser l’utilisation des TICE dans l’enseignement en général et en histoire-géographie en particulier."

Quand les Tice remplaceront l'histoire géo ce sera trop tard pour réagir...

* Pour finir une petite perle venue de Bretagne. Rien à voir avec l'EN (ou presque)

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