Inspecteurs et chevaliers blancs
Bref ils sont vexés comme des poux, peut-être parce qu'ils viennent de comprendre qu'ils ne sont pas si utiles que cela et qu'ils ne sont surtout que des gardes-chiourmes. Il faut leur rappeller qu'ils sont aussi des fonctionnaires comme ils savent si bien le dire à ceux qu'ils inspectent ...
Les
inspecteurs s'inquiètent des intentions de
Darcos
"S’il s’agit de donner aux chefs d’établissement un
rôle d’inspecteur qui n’est pas le leur, on fait
fausse route de manière dramatique : ils ne peuvent,
par fonction, être seuls juges et parties, dans une
communauté scolaire qu’ils doivent animer en toute
sérénité pour obtenir l’adhésion et la cohésion de
tous les enseignants. Et ce faisant, réduire le champ
d’intervention des inspecteurs aux seuls cas de
manquements graves et aux récompenses honorifiques
(ou sonnantes et trébuchantes) des « meilleurs »,
consisterait à
dénaturer profondément leur
professionnalité pour n’en faire que
des censeurs
stériles, des gardiens
obtus du nouveau dogme d’État : ne réussissent et ne
sont récompensés que ceux qui composent la minorité
de l’élite, la masse stagne dans son marais, et les «
derniers » de la classe sont punis". Le commentaire
du Snpi-Fsu, syndicat des inspecteurs Fsu, est
sévère. [moi :
Ah bon ce n'est pas ce qu'ils sont déjà ?
]
Les inspecteurs ne digèrent pas les propositions de
Xavier Darcos : évaluer les enseignants selon leurs
résultats et confier cette évaluation aux chefs
d'établissement. Pour eux, "la valeur d’un enseignant
est en fait toujours relative à un contexte nourri de
l’histoire de sa carrière (son âge, sa formation, son
expérience professionnelle), de celle de
l’établissement, de celle de chaque élève composant
la mosaïque humaine d’une classe que seule l’année de
naissance a initialement composée ; un contexte
conditionné aussi par le profil cognitif de chaque
élève et par le travail en équipe pédagogique, engagé
dans l'établissement. Oublier cela reviendrait à ne
valoriser par l’argent que les seuls enseignants
ayant face à eux de « bons » élèves, dans de « bons »
établissements (comme par hasard, situés dans de «
beaux » quartiers), et à stigmatiser les enseignants
qui consacrent leur carrière aux élèves en grande
difficulté d’apprentissage (issus ou situés, comme
par hasard, dans les espaces socio-économiques
modestes, ou marqués par le handicap mental). Ce
serait aussi mépriser l’investissement intellectuel
et humaniste des enseignants qui s’efforcent
d’améliorer leurs pratiques pédagogiques pour prendre
en compte la réalité cognitive ou culturelle de leurs
élèves afin de n’en laisser aucun sur le bord du
chemin. Ce serait donc faire fi de la pédagogie,
voire de la didactique, c’est-à-dire de ce qui fait
le cœur du professionnalisme enseignant".
[moi :
c'est beau le discours d'un inspecteur non ?
]
Rectificcatif/
précision (mise à jour du 8/06) :
Selon un postulat lancé par Robert Ballion,
sociologue de l'éducation, et rapporté par mon chef
d'établissement, l'efficacité d'un corps dans
l'administration ne peut être apprécié qu'en négatif,
par la pertubation qu'entraîne sa disparition. Il y a
quelques années, ce fut le cas du corps des
inspecteurs dans l'académie de Toulouse (disparus
pour des raisons que je ne connais pas). La
perturbation entraînée a été nulle.
A
écouter en podcast, le nouvel hymne de
l'inspection.
*La bonne
nouvelle du jour reste quand même
que le privé
devra attendre un peu pour empocher
les millions :
Voici ce que nous apprend Libé :
La dernière rentrée scolaire à peine faite que la
grogne avait monté, le plus souvent chez des élus de
communes rurales : pas question de
subventionner la scolarisation des enfants inscrits
dans une école privée
d'une autre commune, alors qu'il existe une école
publique sur place. Hier,
le Conseil d'Etat a annulé la
circulaire,
elle-même issue d'une loi sur la décentralisation du
13 août 2004, qui imposait cette obligation.
[Mais]
Tout comme le ministère de l'Education, ses
responsables soulignaient toutefois, hier, que la
circulaire avait été annulée pour un motif
«de pure forme» , et
que la loi devait donc continuer à
s'appliquer.