Réformes de l'Université et des concours
Ne manquez pas aujourd'hui la vidéo de la fin
* L'Université tout d'abord. Il faut savoir que viennent d'être envoyées au ministère, depuis les universités, un certain nombre de maquettes (propositions pour la réforme des cursus) pour la prochaine réforme des premiers cycles universitaires.
Selon nos informations les demandes du ministère qui ont conduit à ces maquettes ont été de ne pas mettre d'enseignements disciplinaires en première année de Licence, mais de placer en grande quantité des heures de méthodologie, un peu de droit, un peu de questions actuelles, des langues, du français.
C'est à partir de cela que les enseignants du supérieur doivent construire un portail commun, c-a-d une première année pour toutes les sciences humaines par exemple(mais sans découverte des disciplines !).
La cerise sur le gâteau, si l'on peut dire, sera en plus la mise en place d'une UE "Projet personnel professionnel"… dont on peut imaginer l'objectif.
En ce qui concerne les emplois de profs on a pas fini de rire non plus, car il est dit qu'à terme ces premiers semestres sans discipline seraient assurés par des enseignants du secondaire, manière sans doute de ne pas recruter de trop chers maîtres de conférences. La course aux places est donc dors et déjà lancée dans le secondaire...
De plus, il semblerait que la meilleure des ambiances règne dans le milieu universitaire. La plus grande opacité est entretenue sur ces réformes, et les projets (maquettes) qui sont formulés au sein même des universités sont tenus secrets. Certains universitaires "gauchistes" sont même carrément exclus de la concertation sur le sujet, de peur qu'ils balancent des infos subversives trop tôt.
* De l'Université aux concours, il n'y a qu'un pas. On (re)parle de leur suppression.
L'affaire n'est pas neuve, le bruit court depuis 1989 au moins. L'intégration des IUFM dans l'université il y a quelques années a montré aussi une direction. Mais voilà que par plusieurs canaux (syndical, université, et IUFM), l'idée de créer un Master professionnel à l'Université qui remplacerait les concours nationaux fait son chemin. Attention les changements vont être nombreux et fondamentaux.
Pour l'instant c'est le snalc qui lance les informations les plus précises, et en particulier la parution en novembre 2007 d’un rapport de la Conférence des directeurs d’IUFM envisageant un certain nombre de possibilités quant au recrutement des profs.
Extrait de la déclaration du snalc sur ledit rapport :
" Avant même tout recrutement, il s’agirait d’introduire des éléments de pré-formation dès la première année de licence, dans le cadre d’un "parcours professionnel vers les métiers de l’enseignement" : le futur professeur, outre les contenus strictement disciplinaires, recevrait au cours des trois années de licence une formation en recherche documentaire, TICE, langue(s) vivante(s) étrangère(s), suivrait des modules d’épistémologie de sa discipline et d’histoire de son enseignement scolaire, de connaissance du système éducatif (...) ainsi qu’un enseignement dans une ou plusieurs disciplines connexes (permettant, bien entendu, de préparer une future bi, voire polyvalence, que pédagogistes et gestionnaires appellent de leurs vœux !). Cette pré-formation serait complétée par des stages en établissements scolaires, de la maternelle à l’université (...) Après cette primo-formation courant sur l’ensemble de la licence, trois options sont proposées :
• Première option : les étudiants passeraient, en même temps que leurs examens de licence, un "concours de recrutement d’Etat" (ce qui laisse supposer qu’un recrutement à l’échelle nationale est maintenu…), dont les épreuves seraient à la fois disciplinaires et pratiques (s’appuyant sur les contenus de pré-professionnalisation antérieurs). Ils entreraient ensuite en M1, avec un statut de professeur stagiaire ou d’allocataire, pour suivre à la fois un approfondissement disciplinaire, une formation à la didactique des disciplines enseignées et des enseignements transversaux articulés en particulier autour de la psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Les futurs professeurs seraient également amenés à accomplir des stages de pratique accompagnée dans les classes de collègues expérimentés. L’année de M2 serait ensuite conçue comme une année de spécialisation dans un niveau d’enseignement donné, "sur la base des choix exprimés par l’étudiant et de ses résultats aux évaluations de première année". La titularisation interviendrait après obtention du master, sur critères pédagogiques (évaluation de pratiques) et universitaires (travail d’études et de recherche).
• Seconde option, aucune sélection n’est envisagée avant l’obtention du master lui-même : tous les étudiants le désirant pourraient suivre la formation en alternance précédemment décrite. Le recrutement effectif, a priori par concours national, s’effectuerait en fin de seconde année de master, immédiatement après l’obtention de ce diplôme, et serait suivi d’un stage alternant formation et pratique d’une durée de un an, dont la validation permettrait ou non la titularisation.
• Troisième option : le "recrutement par paliers successifs" est la troisième option proposée, et l’on comprend assez rapidement - quoi qu’ils s’en défendent - que c’est celle qui séduit le plus les auteurs de ce rapport. Un premier palier de recrutement serait ainsi mis en place en fin d’année de licence, permettant de sélectionner un nombre d’étudiants en fonction des besoins de l’Institution. Les enseignements de M1 seraient les mêmes que dans les options précédentes. Une seconde sélection serait effectuée pour le passage en M2, les étudiants ayant échoué étant réorientés vers d’autres filières. Enfin, l’obtention du master constituerait le dernier palier de recrutement, "appuyé éventuellement sur le classement établi". "
Autant d'infos qui sont à recouper avec les annonces de la mise en place d'un "Collège universitaire" dont on commence à parler dans le supérieur et qui serait créé par la prochaine réforme de l'Université (maquettes évoquées plus haut), et plus encore avec les propositions présentées en août 2007 par la Commission européenne sous le titre "Propositions visant à améliorer la qualité des études et de la formation des enseignants dans l’Union européenne" et que l'on peut consulter ici .
On peut remarquer dans tous les cas que il n'est plus question d'agrégation. Il semblerait aussi qu'il y ait un autre risque majeur dans ces évolutions, c'est que le recrutement passe totalement dans les mains de l'inspection, des rectorats et des conseillers pédagos divers et variés (sauf les universitaires mettent le nez dans toutes ces histoires ce qui n'est pas certain). On voit bien aussi comment derrière un concours qui pourrait rester national, se profile une territorialisation certaine.
* La vidéo de la fin. On y prend goût a ces petites vidéos. Aujourd'hui, de toutes ces réformes, mieux vaut en rire que s'en foutre, c'est aussi la devise de celui-là qui est en train de réinventer le militantisme :
Didier Super, un grand chanteur social à découvrir de toute urgence si vous ne le connaissez pas : allez sur son site.