Accord Darcos-syndicats, le vrai "plan primaire" ? Et petite lettre entre amis

* A deux semaines d'un appel à la grève déposé par tous les syndicats, cette annonce est vraiment surprenante.
Il apparaît que deux syndicats du primaire (et pas des moindres oh!, la bonne blague) signent un accord de discussion avec le ministre Darcos.
La décence aurait voulu qu'ils attendent au moins le 21 novembre...

EN — Le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, le secrétaire général du S.N.U.I.P.P., Gilles Moindrot et le secrétaire général du S.G.E.N.-C.F.D.T. Thierry Cadart, ont décidé de travailler ensemble pour améliorer les résultats de l'école primaire et utiliser de la manière la plus efficace les heures libérées le samedi matin au profit des élèves en difficultés. Pour cela, ils ont conclu un protocole de discussion qui pose des principes communs et fixe un calendrier de travail. Ce protocole est ouvert aux autres syndicats représentatifs qui souhaiteraient s'engager dans cette discussion sur la base de ces principes.

Des principes communs ? Discussion, c'est bien là le problème ...

AFP — Darcos et deux syndicats du primaire signent un "protocole de discussion"

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a signé jeudi avec deux syndicats du primaire, le Snuipp-FSU et la Sgen-CFDT, un "protocole de discussion" sur la réforme de l'école primaire, à deux semaines d'une grève à laquelle appellent les cinq fédérations de l'Education.
"C'est un peu une première que deux syndicats majoritaires et un ministre signent un accord sur un protocole de travail", s'est félicité M. Darcos devant la presse à l'issue de la signature.[si le ministre s'en félicite, alors là il faut craindre le pire]
Ce protocole est
un préalable à la discussion qui sera engagée entre le ministre et les syndicats, "pendant un gros trimestre", sur la réforme de l'école primaire, après l'annonce de la suppression de deux heures de classe le samedi matin.
M. Darcos a annoncé la finalisation "d'ici 48 heures d'un document d'orientation", constituant "ses propositions" de réforme et devant servir de base à la discussion.
L'objectif est de finaliser en janvier les mesures et les textes réglementaires, selon le protocole. M. Darcos avait annoncé la présentation du "plan primaire" fin octobre-début novembre.
Interrogés sur l'hypothèse d'un désaccord à l'issue des discussions, le
Snuipp a précisé qu'il ne s'agissait "pas d'un contrat de mariage", tandis que le Sgen-CFDT assurait que le document d'orientation du ministre serait soumis à ses "critiques constructives".

L'objectif est donc de gérer au mieux la pénurie si on comprend bien entre les lignes. Mais est-ce le rôle d'un syndicat de gérer la pénurie ? Le SNIUPP et la CFDT seront-ils encore en grève le 20 novembre ?


*Les étudiants auraient-ils raison de se mobiliser ? Voici une lettre révélée par Rue89 qui montre -si on en doutait- que cette loi sur les universités est bien dangereuse.


Rue89Voici un courrier qui pourrait bien contribuer à jeter beaucoup d'huile sur le feu qui couve actuellement dans beaucoup d'universités françaises à propos de la loi sur l'autonomie des universités. Le 6 novembre dernier, le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, a adressé une lettre aux anciens élèves du prestigieux établissement de la rue Saint-Guillaume. Elle mérite d'être ici reproduite dans son intégralité et se passe presque de commentaires:
Paris, le 6 novembre 2007
Cher X,
Révolution dans le monde de l'Université et des Grandes Ecoles : le Parlement a décidé cet été que c'est de plus en plus par des crédits d'impôts au bénéfice des particuliers et des entreprises que seront financés les établissements d'enseignement supérieur et de recherche.
Ainsi, 66 % des dons que vous accepteriez de faire à Sciences Po en 2007 seront déductibles du montant de l'impôt sur le revenu que vous paierez en 2008 (dans la limite de 20 % de votre imposition). Et si vous êtes redevable de l'ISF, vous pourrez verser à Sciences Po jusqu'à 50.000 euros au titre de cette imposition.
En somme, vous avez désormais le choix entre verser vos impôts à l'Etat ou bien vous en acquitter, à hauteur des 2/3, par une affectation dont vous décidez vous-même.
Cette révolution financière est aussi une révolution culturelle.
Elle me conduit à vous demander de soutenir Sciences Po, à titre personnel, ce que, contrairement aux universités anglaises ou américaines, on n'a pas l'habitude de faire en France. Nous allons être sûrement nombreux à nous concurrencer pour tenter de vous convaincre. Saine émulation !
Alors pourquoi choisir Sciences Po plutôt que les autres ? Et, dans ce cas, à quoi servira votre argent ?
Choisir Sciences Po aujourd'hui, c'est nous juger sur des résultats : l'intégration internationale des études, la diversité sociale du recrutement de nos élèves, la professionnalisation de notre diplôme qui confère désormais le grade de master, la présence de nos chercheurs dans tous les grands débats de société.
Soutenir financièrement Sciences Po aujourd'hui, c'est nous permettre d'être un champion universitaire français dans la compétition internationale. Les idées, le sens de l'innovation, l'énergie, nous les avons, vous le savez. Avec vous, et seulement avec vous, nous réunirons les moyens de réaliser cette ambition.
Vous pouvez plus précisément vous informer sur notre campagne de levée de fonds sur le site :
www.construire.sciences-po.fr
Avec toute ma gratitude et l'engagement personnel de mériter votre confiance,
Richard Descoings