Vers un système universitaire payant

* Voici comment le système de prêts aux étudiants que propose le gouvernement pour les étudiants cache en fait la mise en place d'un système universitaire payant.

C'est du moins se que ne cachent pas 92 députés de la majorité qui ont récemment déposé une proposition de loi là dessus. Il s'agit en gros d'un système calqué sur le modèle anglo-saxon.



En effet, pour que les universités et les grandes écoles publiques françaises puissent devenir
payantes, il faut au préalable mettre en place un système permettant réellement aux étudiants de s'endetter massivement. Telle est la philosophie des 92 députés UMP signataires de la proposition de loi déposée le 21 janvier 2009 (et rendue publique le 20 février) "relative à la création du prêt étudiant garanti par l'Etat et à remboursement différé et conditionnel". Le lien direct est celui là.
 
Accordés par les banques, les prêts seraient garantis par l'Etat. Leur remboursement débuterait à l'entrée de la vie active et pourrait être modulé en fonction du niveau de rémunération atteint par l'emprunteur au cours de sa vie professionnelle.
 
Selon l'exposé des motifs : "Le système universitaire français est actuellement fondé sur la gratuité de l'enseignement supérieur et le versement d'allocations de bourse en faveur des étudiants issus de milieux modestes. Force est toutefois de constater que ce sont les enfants issus de milieux favorisés qui profitent du système public d'enseignement supérieur financé par la collectivité".
 
Dans un raisonnement spécieux, les députés font le lien entre gratuité et inégalité. Cette affirmation, pour le moins péremptoire, vise à accréditer l'idée que la gratuité de l'enseignement supérieur est injuste et immorale et à saper ainsi la légitimité du modèle républicain.
 
Toujours dans l'exposé des motifs, les députés du parti majoritaire n'hésitent pas ensuite à se prévaloir de leur propre turpitude, en rappelant à dessein la faiblesse des aides et surtout la baisse des dépenses de l'Etat par étudiant, pour mieux prétendre en déduire la nécessité d'un financement complémentaire par ces mêmes étudiants, autrement dit la nécessité d'un système payant :La situation est aujourd’hui devenue préoccupante en France : notre pays dépense deux fois moins en aides pour les étudiants que l’Allemagne et la Belgique et huit fois moins que le Danemark ou la Norvège. Par ailleurs, la dépense par étudiant est passée de 5 414 euros en 2001 à 5 268 euros en 2005, ce qui prouve la nécessité de prévoir des formes complémentaires de financement de l’enseignement supérieur."
 
S'inspirant "d'un dispositif existant en Australie depuis 1988, en Nouvelle-Zélande depuis 1992 et au Royaume-Uni depuis 2004", cette perspective d'un système payant avec prêts à remboursement conditionnel sur le modèle anglo-saxon, dessinée par les 92 députés de l'UMP, est d'autant plus grave qu'elle émane d'une partie de la représentation nationale.



* Qu'ils sont forts ces députés UMP .


Tous les éléments pseudo-techniques de leur exposé des motifs relatifs à la loi proposition de loi qui vient d'être indiquée sont en fait tirés, en une manière de "copier-coller",  d'une seule et même étude publiée en octobre 2008 par l'Edhec (Ecole de commerce payante située à Lille). Cette étude de l'Edhec (1) milite ouvertement pour un système universitaire payant, avec prêt à remboursement conditionnel, tout en rappelant que cette dernière idée a été formulée il y a 50 ans par Friedman. Décédé en 2006, Milton Friedman est l'ancien chef de file de l'Ecole dite de Chicago qui regroupe la frange la plus extrémiste des économistes ultra-libéraux. L'étude est consultable ici.


Cette étude précise ainsi : le système mis en place en 1989 [en Australie] en remplacement d'un système de gratuité (...) demandait [aux étudiants] une même contribution d'environ 25% du coût moyen d'une année d'enseignement" (p. 27); "En 2008, les contributions annuelles supportées par l'étudiant [australien] selon les domaines d'enseignement varient de 4000 à 8500 AUS$" (p. 28). 



* Presque aussi forts que le ministère qui gère les muts.


De source syndicale -
Les syndicats ont fait une nouvelle déclaration commune au sujet des nombreuses erreurs (+ de 1000 cas) relevées lors de la préparation du mouvement. Erreurs dont le MEN est responsable, dans des proportions 4 à 5 fois supérieures au mouvement de l’an passé.
Et tout cela pour faire une opération de communication supposée discréditer le rôle des syndicats auprès des enseignants.
Paradoxalement, l’opération se retourne contre le MEN qui d’ores et déjà provoque, à l’insu de son plein gré, des centaines d’adhésions à ces mêmes organisations qu’il entendait voir disparaître du champ syndical.
M. Le GOFF, directeur général des ressources humaines, a insisté sur la transparence garantie par le ministère qui a voulu communiquer les résultats aux professeurs dans une volonté de continuum. Pour lui, le mouvement a été tellement transparent que « tout le monde le voit » Les milliers d’erreurs aussi.
 
Au terme d’une mutation que le MEN refuse, M. Le GOFF ponctue par : « On ne joue quand même pas sa vie dans une mutation. Il y a des choses plus importantes dans la vie. Il ne faut pas dramatiser »

D'après nos infos certaines mutations dans l'académie de Versailles sont devenues des affectations dans l'académie de Créteil... Légère erreur ou pas bon en géographie au ministère ?

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